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Accueil/Fanfics/Que le meilleur gagne (part 4)
Informations :
Auteur : Rily
: 01/08/2006
Note : 9
Nombre de votes : 1


Histoire :
QUE LE MEILLEUR GAGNE SUITE :

(en espérant que ça plaît toujours !)

Dix minutes avant de partir en cendres, soit six cent secondes avant que tout ne soit que poussière. C'était peu, très peu. Hélène resta un moment sans rien faire, le regard errant dans le vide. Elle avait peur, elle était terrifiée par ce qu'ils les attendait... Elle ne reverrait plus la France et cela lui posa un sérieux problème. Paris la capitale, centre des problèmes, ses habitants moins qu'aimables, son métro soi disant entretenu, et le temps gris terne d'hiver lui manqueraient effroyablement. Elle sursauta à l'idée qu'elle ne retournerait plus dans son pays et se redressa vivement, prête à accueillir chaleureusement ce nouveau défit. Ils allaient mourir ? Très bien, mais ils ne mourraient les bras croisés ! Non ! Cela, elle le refusait ! Elle ordonna sèchement :
- Je veux que le Major Lorne et ses hommes soient maîtrisés immédiatement ! Utilisez ce que vous voulez, mais lorsque nous arriverons, je veux que le passage soit dégagé ? Est-ce clair ?
- Oui madame, approuva le chef de la sécurité par l'intermédiaire de sa radio.
Puis se tournant vers les autres elle enchaîna :
- Amenez-moi Radek !
- Le Docteur Zelenka ? hésita Christopher.
- Oui c'est bien ça, le Docteur Radek Zelenka ! répéta-t-elle agacée.
- Mais il est en cellule, enchaîna le jeune homme, je ne suis pas sûr que...
- Je vous ai donné un ordre ! Obéissez ! On n'a pas le temps de discuter ! s'emporta Gironde.
- Bien madame.
Le jeune homme sortit accompagné par deux soldats. Le scientifique porteur de la mauvaise nouvelle demanda d'une voix timide :
- Pourquoi ? Le Docteur Zelenka n'est-il pas une menace ? Je le croyais sous le contrôle des Wraith ?
- Non, je ne pense pas, déclara le Professeur. Si Zelenka était sous le contrôle des Wraith, pourquoi aurait-il empêché Kavanagh de pirater le jumper ? Ca n'a pas de sens ! De plus Zelenka est le plus qualifié pour maîtriser la bombe durant le laps de temps qu'il nous reste ! Il est notre seule chance !
- Oui mais son comportement, comment l'expliquez vous ?
- Une crise de nerf sans doute... Je peux le concevoir, ça m'arrive souvent aussi...
- J'espère que vous avez raison, murmura l'autre homme.
- Je l'espère aussi.
Radek arriva deux minutes plus tard, complètement essoufflé par sa course.
- Que se passe-t-il ? demanda-t-il en entrant dans la salle de contrôle.
- Venez, je vous expliquerai en chemin ! annonça Hélène en l'emmenant dans les vastes couloirs. Ils coururent longuement pour parvenir au bout de cinq minutes près du lieu de bataille. Un silence angoissant résidait dans l'endroit et les deux civils ralentirent, inquiets. Où étaient passé le chef de la sécurité et ses hommes ? Et que faisait l'équipe de Lorne ? Ils entrèrent dans la salle, d'abord hésitants, mais lorsque Radek aperçut le générateur prêt à s'autodétruire , il s'empressa sur l'engin sans se soucier des risques qu'il encourrait. Hélène le suivit, un peu plus lentement, jetant de temps à autre un regard en arrière et observant avec attention les coins sombre de la pièce obscure... Des balles de P-90 étaient au sol, mais aucune trace de sang ne se distinguait sur le parterre bleu. Hélène resta aux côtés de Zelenka et observa ses gestes et mouvements tantôt brefs et rapides, tantôt long et méticuleux. Elle regarda attentivement le minuteur.
- Vous pensez pouvoir y arriver ?
Zelenka suait et ses nouvelles lunettes glissaient sur son nez. Il les replaça hâtivement et, sans se retourner vers le Professeur, il dit d'un ton perturbé :
- Je vais essayer...
Hélène ne lâchait pas le minuteur des yeux et observait les longues secondes vertes qui se décomptaient longuement sans jamais ralentir, sans jamais accélérer. Le Thèque émit un petit raclement de gorge avant de balbutier :
- Pour ce qu'il s'est passé tout à l'heure, je tenais à vous dire que...
- Concentrez-vous sur votre travail ! rétorqua Gironde.
- Oui mais si jamais on ne s'en sort pas, je voulais que vous sachiez...
- On s'en sortira ! C'est un ordre ! ajouta-elle implacable.
Le scientifique hocha la tête, doutant de ses capacités. Ils ne s'en rendirent pas contre mais il retinrent leur respiration. Chacun restait silencieux ce qui augmenta la pression. Hélène jeta un œil au minuteur. Il leur restait trente secondes.
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Troisième jour. Il ne restait que quinze hommes, les quinze meilleurs, ou les quinze plus chanceux. John et Ronon étaient parmi eux, quelques entailles apparaissant ça et là mais toujours aptes à se battre. Des sommes exorbitantes pesaient sur la tête des derniers prisonniers, si bien qu'à présent les parieurs préféraient pour la plupart retirer leur bénéfices avant de tout perde.
Dex restait étrangement silencieux à l'égard du Colonel, ce qui accrût l'hostilité entre les deux hommes. Sheppard ne parvenait pas à comprendre cette morosité soudaine chez son compagnon qui semblait s'éloigner progressivement de lui. John savait qu'à un moment ou un autre ils seraient obligés de s'affronter, c'était inévitable. Peut-être était-ce pour cette raison que Ronon se faisait de plus en plus distant ?
John demeurait pensif car bien que cette fatalité lui cause pas mal de préoccupations, il restait un autre problème. Depuis trois jours, il s'était surpris à développer une force et une rapidité presque surhumaine. Mais il sentait aussi qu'un instinct de prédateur prenait peu à peu place en lui et se manifestait de temps à autre par cette voix froide et cruelle qui lui dictait parfois ses actes et l'incitait au pire. Pour le moment il n'avait encore tué personne, enfin pas directement...
Cela ne saurait tarder mon Colonel !
Il ragea intérieurement à l'écoute de cette voix qui résonnait comme étant la sienne. Ils sortirent une fois de plus de leur cachot pour s'affronter. John trouva étrange que les hommes cessent le combat une fois la corne sonnée sans pour autant essayer de s'entretuer durant leurs heures de repos.
Quinze, mais un seul remportera le tournoi... Le meilleur gagnera, mais la question que se posait à présent était de savoir qui aurait le mérite de finir ?
Sheppard jeta un bref coup d'œil dans la foule. Elisabeth était toujours là, Icarro'v à ses côtés, ne la lâchant pas des yeux ne serait-ce une seconde. Ils profitaient des premières places, à seulement trois mètres de hauteur au-dessus de la piste. Le Docteur Weir sourit au Colonel, tentant de le rassurer. Certes, Icarro' v lui faisait endurer le pire, mais elle ne souhaitait pas que cela influe John et le déstabilise. Le Procureur cherchait sans cesse à " lui ouvrir les yeux " mais Elisabeth refusait toujours d'admettre que Sheppard était coupable, malgré les coups qu'elle recevait pour son entêtement. De nombreux hématomes se dessinaient sur sa peau mutilée, surtout au visage, et des traces d'étranglement apparaissaient au niveau du cou. Mais elle refusait de céder. Même le soir lorsqu'il la fouettait, elle ne voulait pas lui donner le plaisir d'avoir raison. Cela lui causait bien des souffrances et des pleurs mais qu'importe ! Elle avait foi en John plus qu'en n'importe qui d'autre....
Le combat commença à la tombée de la nuit. On éclaira l'arène à l'aide de torches enflammées. Il pleuvait, une pluie forte et frappante qui aveuglait les guerriers. La terre sèche s'humidifia et la piste en devint d'autant plus glissante. Le signal fut lancé par un coup de corne. La bataille s'engagea.
John, se servant toujours de son javelot fétiche, se tint prêt à recevoir ses adversaires dont la carrure valait deux à trois fois la sienne. L'un l'attaqua avec un cimeterre. Sheppard se baissa, évitant ainsi d'être décapité par la lame tranchante. L'autre était rapide et à peine eut-il remarqué l'échec de sa première offensive qu'il tourna sur lui-même, tentant de poignarder le Colonel qui se recula, mais pas suffisamment. En effet la lame lacéra ses vêtements et entailla profondément sa peau laissant le sang noir jaillir. Et c'est là que John comprit.
Elisabeth le vit elle aussi. Le Colonel blessé au torse, elle s'inquiéta et se leva de sa place afin de mieux observer le militaire, sous le regard méprisant du Procureur. Elle ignorait si Sheppard l'avait déjà remarqué, mais une chose était sûre, à présent il ne pouvait plus en faire abstraction.
John entra dans une rage soudaine. Il leva et planta sa lance dans la cuisse de son adversaire qui hurla subitement. Devenu incontrôlable, il le frappa de plusieurs coups brutaux, le plaqua au sol avant de le prendre par la gorge et de l'étrangler petit à petit, trop aveuglé par sa colère pour pouvoir se maîtriser...
- Vous êtes toujours certaine de son innocence ? demanda Icarro'v avec un sourire amusé...
- Vous....Vous..., bégaya Weir sous le coup de la colère, vous êtes immonde ! Vous l'avait transformé en ce qu'il déteste le plus dans cette galaxie ! Vous vous attendiez à quoi ? Qu'il saute de joie ?
- Non au contraire ! déclara l'autre sadique. Je n'ai fait que faire ressortir sa vraie nature ! Je voulais qu'il soit le meilleur, or pour cela, il devait également être le pire ! J'ai attisé sa colère au point de le rendre fou ! Il hait les Wraith plus que tout au monde ! Et cette haine, je l'ai retournée contre lui-même afin qu'il devienne incontrôlable ! Il vous suffit d'observer par vous-même !
Le Docteur ne regarda même pas en direction de Sheppard et dévisagea Icarro'v, le dégoût et la colère se lisant sur ses traits. Comment avait-il pu oser faire une chose pareille ? John ne méritait pas de replonger dans ses cauchemars ! Le Procureur n'avait pas le droit de modifié ainsi sa vie et d'en faire une machine à tuer ! Et tout ça pourquoi ? Pour de l'argent et une revanche datant de Mathusalem ?
- Vous méritez de rejoindre ces hommes et de mourir de sa main ! vociféra-t-elle.
Le Procureur la gifla avec violence et la saisit fermement par les épaules, enfonçant ses doigts dans sa chair si bien qu'elle gémit, mais sans baisser les yeux. Il rapprocha sa figure de la sienne et chuchota, trop étouffé par le mépris :
- Vous voulez le défendre ? Vous seriez prête à donner votre vie pour sa cause ? Prête à mourir s'il vous le demandait ?
- Oui, dit-elle implacable.
- Dans ce cas allez le rejoindre ! vociféra-t-il.
Il la poussa brusquement par dessus la rambarde et elle tomba dans le vide...
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Sheppard était aveuglé par la haine et l'homme sur lequel il s'acharnait commençait à perdre connaissance. Il l'aurait tué s'il ne l'avait pas vue. La silhouette d'Elisabeth reposait à une cinquantaine de mètres sur sa gauche, inerte. Le Procureur observait le spectacle, amusé et satisfait tout comme la foule au regard cruel. John se sentit soudainement défaillir à l'idée qu'elle n'avait peut-être pas survécut à sa chute. Il regarda longuement dans sa direction sans apercevoir le moindre geste. Puis elle ouvrit les yeux et se redressa tant bien que mal. Quatre guerriers de carrure imposante et fortement armés s'approchaient. John se leva subitement et courut comme un possédé en direction du groupe, animé par la détermination de sauver Weir quel qu'en soit le prix...
Il arriva, d'abord désarmé, mais pas pour autant inapte à se battre. Les quatre l'encerclèrent. L'un l'attaqua. Sheppard lui saisit son bras armé d'un glaive, le frappa au nez puis lui déboîta l'articulation du coude avant de lui donner un sévère coup de pied dans la tête. Il se retourna et, tout en évitant la massue du second, il lui planta profondément le glaive dans le ventre.
Son instinct meurtrier lui dictait tous ses gestes et lui évitait ainsi de se faire massacrer, de commettre la moindre erreur, la moindre hésitation. Il ne pouvait se contrôler. La seule chose à laquelle il parvenait clairement à penser était les risques qu'encourrait Elisabeth Weir sans protection.
Ronon vint le rejoindre et attrapa un troisième qu'il assomma par derrière. Le dernier s'apprêtait à transpercer Weir de son yatagan. Après tout cette femme faisait à présent elle aussi parti du jeu, et elle s'avérait d'autant plus être une proie facile...
- Non ! hurla Sheppard.
Elisabeth roula sur elle-même évitant ainsi le coup fatal. John arriva tout de suite derrière l'homme, l'attrapa par la tête, et, à l'aide d'une force inconcevable, il lui planta le poing dans sa cage thoracique. Il tourna progressivement la main à l'intérieur du corps de l'individu, trop désireux de le voir souffrir. Le guerrier hurla à la mort mais John ne cessa pas, animé par une folie meurtrière et diabolique.
- John ça suffit ! cria Elisabeth horrifiée par l'amusement qu'elle lut dans ses yeux. Sheppard se ressaisit et abrégea bien vite les souffrances de l'autre en lui brisant la nuque. Il s'essuya ses mains recouvertes de sang sur son uniforme et vint s'agenouiller aux côtés de Weir.
- Vous allez bien ? demanda-t-il d'une voix inquiète.
Elle garda un instant le silence, perturbée par le visage démoniaque qu'affichait le Colonel quelques secondes auparavant.
Mais l'expression de John changea. Il observait Weir de ses yeux attendris et attendait une réponse qui tardait à venir. Il passa doucement une main dans les cheveux du Docteur afin de retirer en arrière les quelques mèches qui voilaient son visage. Il aperçut les nombreuses marques des coups que lui avait portés Icarro'v et serra les dents tentant d'apaiser sa rage profonde. Le Colonel avait peut-être livré bataille pendant trois jours, mais Elisabeth Weir avait enduré en silence le mépris et la haine d'un homme pour le moins cinglé et pervers. Ils restèrent longuement ainsi à s'observer l'un et l'autre. Bien que les pupilles de ses yeux se rétractaient à présent comme celle des reptiles, que sa peau avait peu à peu viré au vert et que ses mains prenaient une allure étrange, Elisabeth ne put s'empêcher d'admirer les traits doux et séduisants du Colonel, embellis par l'eau ruisselante sur son visage. Mais elle se ressaisit bien vite lorsqu'une ombre apparut derrière le militaire.
- Attention ! cria-t-elle.
Mais trop tard. L'ombre avait pris forme et dévoilait à présent un prisonnier tenant fermement une dague qu'il n'hésita pas à enfoncer profondément entre les deux omoplates du Colonel. John cria et se tordit de douleur. La souffrance se propagea dans tout son être et le brisa de l'intérieur. Il s'affaissa au sol, incapable de bouger.
Imbécile ! Tu aurais dû être plus attentif au lieu de te préoccuper de cette fille ! s'emporta l'Autre.
John l'ignora et déclara faiblement à l'attention du Docteur :
- Fuyez !
Mais Elisabeth ne bougea pas de sa place. Au contraire, elle se plaça devant Sheppard et fit face à celui qui menaçait de les achever. Mais ce dernier n'eut pas le temps d'agir. En effet, Ronon, qui se trouvait à quelques mètres de là, s'empara d'une arbalète qui traînait au sol et, ramassant une flèche qui transperçait un cadavre, il visa et tira en direction du guerrier qui s'apprêtait à sauter à la gorge de Weir. Ce dernier tomba à la renverse.
Ronon arriva près de ses deux compagnons et analysa un moment la blessure de Sheppard avant de s'emparer fermement de la dague et de l'avertir :
- Cela risque de vous faire très mal !
- Merci de me prév....
Il n'eut pas le temps de finir sa phrase car Dex retira vivement la lame ce qui arracha un hurlement douloureux à John qui tomba subitement dans l'inconscience. Weir et Ronon se dévisagèrent l'instant d'une seconde puis l'homme annonça :
- Nous devons le mettre à l'abri avant que les Arbitres ne décident de l'éliminer.
- Bien, acquiesça gravement Elisabeth qui cherchait dans la nuit les archers invisibles.
- Aidez-moi ! ordonna respectueusement Dex.
Ils le soulevèrent puis le placèrent tous deux sur leurs épaules. A l'autre bout de l'arène, la grille des cachots commençait à se soulever, indiquant que la fin du combat allait bientôt sonner. Ils marchèrent péniblement vers cette sortie, trébuchant souvent dans la boue, ou bien évitant de justesse les attaques ennemies. Le labeur ne faisait que commencer. La pluie se déversait à torrent, et, bien que l'arène soit en partie recouverte, la piste de combat restait malgré tout difficile à arpenter. Le poids de John inanimé se faisait ressentir, pourtant ils n'abandonnaient pas et continuaient leur lente avancée.
Ils n'étaient plus qu'à une vingtaine de mètres lorsque Ronon poussa un cri et lâcha prise avant de s'effondrer au sol. Elisabeth le regarda, un instant horrifiée, puis comprit soudainement que les Arbitres avaient décidé de sa mort. Le guerrier était là, immobile à terre, une flèche épaisse plantée dans le cou. Son sang se déversa à flot de sa blessure et se mélangea progressivement à l'eau boueuse. Il ne pouvait parler et tremblait de par le froid saisissant de la mort qui l'inonda soudainement. Il cligna plusieurs fois des paupières avant de les refermer pour ne plus jamais les rouvrir...
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Une douleur atroce lacérait son dos. Il se sentait si faible en cet instant qu'il songea un moment à ne plus revenir vers ce monde de souffrance. Un contact doux au niveau du visage lui fit changer d'avis, une caresse de chaleur le réanima peu à peu. Il ouvrit les yeux avec peine et constata un peu surpris qu'Elisabeth était penchée au-dessus de lui, affichant un sourire forcé, peut-être dans le vague espoir de le réconforter, mais sans grand succès...
- Vous allez bien ? demanda-t-il finalement après un long silence gêné.
- Oui très bien, merci, répondit Weir attristée par l'état dégradé du Colonel.
- Bon, déclara Sheppard en clignant des paupières pour tenter de rester éveillé, c'est tout ce qui compte... Où est Ronon ?
- Il est mort lorsque nous vous avons ramené ici...Abattu par les Arbitres..., avoua sombrement Elisabeth.
- Et les autres ?
- Il ne reste que nous deux, souffla-t-elle en balayant du regard la vaste pièce obscure où un sinistre silence régnait. La Mort les guettait...
John reposait allongé sur le sable, dans l'immense cellule qui l'avait accueilli durant les trois derniers jours. L'aube pointait au dehors, et Sheppard comprit que le repos ne durerait pas éternellement. D'ici peu de temps, ils devraient de nouveau s'aventurer à l'extérieur... Une sensation de brûlure parcourait son être. La fièvre fit son apparition. Il supposa qu'il s'agissait là de sa mutation. Il n'en doutait plus à présent : ce qu'Icarro'v lui avait injecté n'était autre que du sang de Wraith qui avait peu à peu modifié son organisme au point de lui donner leur force, leur rapidité mais aussi leur soif...
Il ne savait pas pourquoi mais il avait l'étrange pressentiment qu'il pouvait se régénérer si l'envie lui prenait. Il jeta un bref coup d'œil à ses mains. Elisabeth avait pris la peine de les bander, de sorte qu'il ne put apercevoir la transformation qu'elles avaient subit durant son sommeil...
- Et vous ? Comment vous sentez-vous ? l'interrogea Weir d'une voix qui trahissait son inquiétude.
Pour toute réponse Sheppard se redressa difficilement, sous le regard stupéfait du Docteur. Il gémit quelque peu et lui fit face. Elisabeth haussa un sourcil. Comment John pouvait-il se mouvoir après un tel coup ? Une lueur d'espoir brillait dans les yeux de la jeune femme. Se pourrait-il que le Colonel se soit régénéré ? que sa blessure se soit elle effacée, comme chez un Wraith ? Elle s'empressa de regarder dans son dos. Une profonde déception envahit son visage. Certes la plaie paraissait moins profonde mais de là à dire qu'il allait s'en sortir...
- Ne vous fiez pas aux apparences Elisabeth, déclara soudainement Sheppard. Je ne vais pas mieux, au contraire...
- Pourtant d'après ce que je vois... objecta le Docteur.
- Ce n'est qu'une illusion, la coupa John. Croyez-moi, je sens que je suis mourant...
- Quoi ?! Ne dites pas de bêtises ! Vous êtes plus fort à chaque minute qui s'écoule ! s'écria Weir qui dissimulait mal son désespoir.
- Oui mais pour combien de temps ? railla l'autre. Le Procureur a bien fait son travail..., marmonna-t-il...
- Que voulez-vous dire ?
- Il savait que je refuserais de tuer. De ce fait il m'a légué tous les " avantages " des Wraith... Notamment la capacité de me nourrir d'énergie vitale...
Il t'en a fallu du temps pour saisir la chance que tu avais !
- Et vous l'avez fait ? questionna Elisabeth intriguée par cette nouvelle.
- Non, avoua le militaire.
Pas encore ! rectifia la voix.
Le visage de John se troubla sous l'influence qu'exerçait son démon intérieur dont la personnalité n'était autre que la sienne lors d'un mauvais jour... Il inspira profondément mais cela n'empêcha pas l'autre de se taire. Il l'incitait toujours au pire et bien souvent, il se voyait contraint de l'écouter, agissant contre son gré...
- Que se passe-t-il ? demanda Weir qui remarqua l'expression perturbée que tentait de dissimuler Sheppard.
Tu te meurs et tu as besoin de te nourrir ! Voilà ce qu'il se passe ! Même sans être diplômée elle devrait être capable de comprendre ça !
- Je... J'ai peur..., avoua-t-il dans un murmure...
- Que craignez vous ? s'enquit le Docteur en plissant les yeux comme pour mieux lire en lui.
John poussa un long soupir, puis il fixa intensément Elisabeth pour lui énoncer clairement la vérité :
- J'ai peur de m'attaquer à vous ! Peur de ne plus me maîtriser, peur d'agir contre mon gré ! Un Wraith est né en moi, et il m'influence considérablement ! Parfois même, il prend le contrôle et dans ces moments là... Je reste impuissant...
Au contraire ! Dans ces moments-là, tu deviens invincible !
- Vous devez me tuer Elisabeth..., déclara-t-il soudainement.
- Je vous demande pardon ? s'esclaffa Weir le souffle coupé.
Tu es devenu malade ?
- Vous avez parfaitement comprit ! reprit-il gravement.
- Je ne peux pas faire ça ! protesta Weir dont le cœur se serra subitement.
Elle détourna la tête afin d'échapper au dur regard réprobateur que lui lança John...
- Ecoutez-moi Elisabeth ! commença-t-il en l'obligeant à le regarder dans les yeux. Si je ne me nourris pas d'énergie vitale je vais mourir ! Je suis faible et je ne pourrais pas combattre éternellement l'instinct du Wraith qui ne me dicte qu'une chose : vous sauter à la gorge ! Tenez, dit-il en sortant un couteau de sa poche. Il m'empêche de le faire... C'est à vous que je dois m'en remettre à présent !
- Non, ne m'obligez pas...gémit Elisabeth les larmes aux yeux.
- Je vous en prie ! implora-t-il.
Le Docteur Weir le dévisageait, ne sachant que faire... Les larmes se déversèrent lentement sur son visage qu'elle avait pour habitude de laisser impassible. Elle s'empressa de les faire disparaître du revers de la main, mais rien n'y changea. John se mourrait ! Quelle ironie, le tournoi se finissait ! Il lui demandait d'achever ses jours sous prétexte de la protéger. Elle ne pouvait se résoudre à le tuer tout comme à le regarder mourir. C'était au-dessus de ses forces. Elle pouvait diriger une Cité, tenir tête aux plus obstinés, parvenir à des accords impossibles et cacher ses sentiments, mais là... elle se sentait incapable d'agir contre John, qui plus est, de le tuer... Son cœur se déchira à l'idée de prendre le couteau et de lui planter profondément dans la poitrine. Non, elle ne pouvait pas faire ça ! Même sous la torture elle ne parviendrait jamais à lui faire du mal ! Elle tenait trop à lui et c'est là que résidait sa faiblesse. Elle soupira longuement. Elle n'avait pas vraiment le choix...
- Si ce que vous dîtes est vrai, commença-t-elle en détournant la tête, il me suffit d'attendre que vous perdiez vos capacités à vous maîtriser...
- Quoi ? Vous n'y songez pas ! s'indigna Sheppard.
Ca n'est pas si bête comme idée...Voilà la première chose ingénieuse qu'elle dise depuis le début de la journée...
- Bien sûr que si ! C'est le seul moyen et...
- Hors de question que je fasse une chose pareille ! s'opposa le militaire.
- John vous savez très bien que c'est la seule solution pour que surviviez... justifia Weir.
- Quelle solution ? Vous sacrifier pour continuer à respirer et mourir le tournoi d'après ? lança ironiquement le Colonel qui sentait ses mains brûler sous la pression qu'exerçait la présence du Docteur Weir à ses côtés.
- Oui... mais vous pourrez vous échapper et regagner Atlantis. On vous a déjà soigné, Carson peut recommencer...
Pourquoi refuser après tout ? D'habitude, tu ne dis jamais non à une femme qui s'offre à toi...
- Vous déraisonnez Elisabeth ! Jamais je ne ferais une chose pareille, s'exclama-t-il d'une voix troublée.
Il faiblissait et elle le sentait. Il ne pourrait débattre ainsi bien longtemps, car si personne ne faisait rien, il mourait de sa grave blessure et du manque d'énergie...
Mais tu peux aussi guérir, si tu acceptes ce que tu es devenu, si tu écoutes ta faim !
Il la dévisagea longuement. Elle se livrait. Elle se sacrifiait dans le but que lui seul puisse vivre. Elle pouvait s'échapper de cet endroit infernal, pourtant, elle restait à ses côtés et ne bougeait pas de sa position.
- Pourquoi agissez-vous ainsi ? demanda-t-il faiblement, plus par crainte de connaître la réponse que par fatigue. Pourquoi prenez-vous de pareilles décisions ? Pourquoi me faire subir tout ça ?
Elle le fixa un moment et s'approcha davantage de sa figure livide et épuisée de sorte que chacun pouvait ressentir la faible respiration de l'autre caresser son visage.
- Je décide et j'agis selon ce que me souffle mon cœur... lui dévoila-t-elle dans un murmure tout en essuyant le sang qui s'écoulait sur le front du bel homme .
John en eut le souffle coupé et resta silencieux à l'écoute de ce doux aveu. Tout s'effondra en lui. Les sentiments tels que la passion, la colère, la tristesse, l'amour, la peur, l'envie,... l'inondèrent telle une immense vague dévastatrice qui brisa tous les barrages qu'il avait imposé à ses émotions. C'eut pour effet d'attiser de plus belle l'ardeur qu'il avait si habilement cachée en lui, mais, qui avec le temps, brûlait davantage et ne faisait que croître sans jamais diminuer. Ce feu dont la flamme s'embrasait chaque jour et le consumait chaque nuit lorsqu'il fermait les yeux, seul dans le noir, seul dans le silence profond qui régnait dans sa chambre.
Elle s'approchait toujours. Il serrait les poings de peur de ne plus pouvoir se contrôler mais ses mains s'ouvrirent d'elles-mêmes lorsque les doigts fins du Docteur les caressèrent et retirèrent délicatement les bandages qui l'avaient protégée jusqu'à présent. Elle observa non sans effroi le trou qui s'était peu à peu creusé dans ses paumes, seul endroit par lequel Sheppard pouvait à présent absorber l'énergie vitale de n'importe quel être humain. John luttait de toutes ses forces pour ne pas succomber à la tentation. Ses avant-bras tremblaient, et il sut dès cet instant qu'il ne se maîtriserait plus d'ici quelques minutes.
- Elisabeth, je vous en prie..., implora-t-il, ne restez pas là je...
Elle posa délicatement son index sur les lèvres du militaire et l'observa de ses grands yeux brillants.
- Et depuis tout ce temps, chuchota-t-elle, il ne bat plus que pour vous...
Elle effleura les lèvres du Colonel des siennes, tendrement, attisant encore plus sa soif d'énergie vitale. John l'étreignit davantage, abandonnant toute volonté de résister à ses sentiments plus longtemps. Le désir l'enivrait et il sentit ses mains échapper à son contrôle.
Elles glissèrent malicieusement sur le corps d'Elisabeth. Le Docteur se laissa violemment plaquée au sol par Sheppard qui l'enlaça plus encore. Les doigts de John parvinrent près du lieu où résidait la vie, cette vie dont-il avait tant besoin, cette énergie qui lui permettrait de survivre.
Il avait perdu le contrôle de lui-même, il ne lui restait plus que ses yeux pour observer avec terreur le spectacle qui s'offrait à lui. Sa main se resserra au niveau du cœur d'Elisabeth et le processus douloureux s'entama. Elle gémit et planta ses ongles dans l'épaule du Colonel sans pour autant lui demander de s'arrêter. La souffrance devint atroce mais elle ne se débattit pas. Sa vision se voila, elle sentit son énergie l'abandonner en l'espace de quelques secondes...
Enfin ! s'écria la petite voix.
Etrangement, Elisabeth ne vieillit pas comme on aurait pu l'imaginer. Serait-ce parce que John n'était pas encore un Wraith à part entière ? Rien n'était moins sûr et le Colonel continua ainsi jusqu'au bout. Il se retira, désaltéré, et la regarda désespéré et triste jusqu'au plus profond de lui-même. Elle caressa d'une main gelée le visage de John avant de laisser retomber son bras sur le sol comme la bougie dont la flamme s'éteint dans une dernière oscillation...
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