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Accueil/Fanfics/Que le meilleur gagne (part 5)
Informations :
Auteur : Rily
: 01/08/2006
Note : 9
Nombre de votes : 1


Histoire :

QUE LE MEILLEUR GAGNE

SUITE ET FIN :

Elisabeth s'étendait au sol, inerte. Son agresseur restait à genoux, à ses côtés, tremblant encore par l'acte qu'il venait de commettre. Il la contempla longuement sans rien dire. Dehors se distinguait le cri de la foule impatiente. Il ne bougea pas de sa position malgré le danger qu'il encourait s'il ne sortait pas au grand jour pour le loisir de ces gens cruels. Il se remémora ses derniers instants avec horreur.
Une rage profonde s'était emparée de lui, une frénésie avait pris le contrôle de tous ses membres et l'avait poussé à agir contre son idéal, contre sa passion. A moins que ce ne soit la passion et l'obsession qui l'ait contraint à lui ôter la vie. Il l'avait tuée, il était seul responsable de sa mort. Il l'avait assassinée de ses propres mains, sans lui laisser aucune chance. La scène défila plusieurs fois devant ses yeux terrifiés. Il s'était juré de ne jamais rien tenter contre elle et voilà qu'aujourd'hui, il était devenu son meurtrier.
Il caressa le visage du Docteur Weir. Elle gardait les yeux ouverts et semblait le fixer, sans désir de vengeance pour ce qu'il avait osé lui faire, sans déception ni regret pour ce qu'il s'était passé. Il lui referma les paupières d'une main encore tremblante. Du sang s'écoulait de sa blessure et tâchait son T-Shirt blanc qu'elle avait éraflé par endroit. L'homme serra les dents, sentant son cœur se déchirer en lambeaux. Il n'eut d'abord aucune réaction visible pour le crime qu'il avait commis, puis une larme traversa sa joue droite et il laissa s'échapper un sanglot. Il se pencha vers le Docteur Weir, prit délicatement cette dernière dans ses bras, et, la serrant contre lui, il se balança d'avant en arrière, la tête enfouie dans l'épaule d'Elisabeth, les yeux emplis de larmes...
Le Docteur Weir restait sans vie, ce qui accrût le désespoir de l'homme qui l'étreignit davantage, peut-être dans l'espoir qu'elle revienne vers lui. Mais rien. La gorge nouée, il prit conscience qu'il l'avait perdu à jamais. Il respirait fort, tentant de maîtriser toute la tristesse qui l'envahit soudainement et dans laquelle il se noya.
- Mon Dieu, mais qu'ai-je fait... murmura-t-il d'une voix plaintive. Qu'ai-je fait ?
Sa voix se faisait de plus en plus distante. Le chagrin qu'il éprouvait disparaissait peu à peu, remplacé par une colère noire, une haine profonde. Son double maléfique fit à nouveau surface et il le sentit prendre le contrôle de sa voix, une voix grave et cruelle qui déclara avec perversité :
- Tu n'as fait que survivre. Et tu continueras, encore et encore. La première fois est toujours la plus difficile, je te l'accorde... Mais ce ne sera sans doute pas la dernière...
- Non ! hurla l'autre désemparé par les propos qu'il s'entendait énoncer sans remors.
Il reposa Elisabeth sur le sol et frappa dans le sable de toutes ses forces, plusieurs fois de suite. De profondes entailles apparurent sur ses doigts et ses mains. Elles se régénérèrent. Il regarda horrifié les plaies qui s'effacèrent pour laisser apparaître une peau saine et désinfectée.
- Regarde, continua l'autre sadique, tu es invincible à présent. Fais-leur payer ton désespoir. Fais-les souffrir autant que tu souffre ! Massacre-les pour assoiffer ta vengeance !
Il se releva, sous l'ordre de son démon intérieur. Oui, il allait les faire souffrir... Oui, il sentait le pouvoir qu'on lui avait insufflé, le pouvoir de détruire. Le pouvoir de tuer, sans peur. Le peu d'humanité qu'il lui restait avait disparu dans la mort du Docteur Weir. Il n'avait plus besoin d'être un homme. Il n'était plus un homme. Il était un dieu, puissant, immortel, et il éliminerait tous les êtres qui se mettront en travers de son chemin. Hommes, femmes, enfants, ils mourraient tous pour leur crime. Ils les anéantiraient un à un. Un sourire se dessina sur son visage agressif. Ce n'était pas le beau sourire charmeur que les femmes appréciaient tant chez lui, mais celui du diable qui percevait l'avenir sombre ou il règnerait en maître.
Il avança dans l'arène, décidé à tuer tout en y prenant un malin plaisir. Le soleil blanc étincelait, le sable brûlant et la poussière levées par le vent rendait l'atmosphère aride et irrespirable. Le foule se tût en découvrant l'être sombre qui s'approchait, lentement mais sûrement, comme un prédateur sans pitié qui sentait son gibier désemparé. Une peur les envahit lorsqu'ils découvrirent son visage animé d'une vive cruauté et d'un désir de vengeance obscène. La panique s'empara de tous lorsqu'il escalada le mur, tel une araignée et parvint aux gradins élevés. John entama le génocide, massacrant chaque être qui se trouvait à sa portée, n'épargnant personne, tel le monstre incontrôlable qu'il était devenu.

Il tua sans relâche, désarmé, mais tout aussi féroce. Il brisa le crâne d'un individu obèse, jeta contre le mur un second homme qui mourut dans la seconde, le choc trop dur à supporter. Un jeune adolescent passa derrière lui dans le vague espoir de s'échapper mais le Lieutenant Colonel se retourna et l'attrapa par la gorge. Il resserra son emprise, l'étrangla avec force jusqu'au moment inévitable où le gamin cessa de vivre, étouffé par le manque d'oxygène.
John se sentait si faible malgré cette rage ténébreuse qui animait chacun de ses muscles et le poussait à la destruction. La mort du Docteur Weir l'accablait et l'affaiblissait au point de ne plus pouvoir intervenir face aux images terrifiantes qui défilaient sous ses yeux. Il se voyait dans la peau d'un meurtrier, tuant tout ce qui lui semblait vivre et il ne parvenait pas à le contrer intérieurement. Une jeune femme se dissimulait derrière un banc en bois. Avec un sourire diabolique, Sheppard recula le meuble et le plaqua contre le mur de sorte que cette dernière se retrouvât prise au piège, bloquée entre la pierre et le bois. Il s'approcha lentement, prêt à déguster son prochain repas. Mais quelque chose l'effraya soudainement chez sa prochaine victime.
Elle se tenait droite, dans une robe blanche qui révélait ses formes et lui donnait l'allure d'un spectre. Ses cheveux bruns tombaient en boucles sur ses épaules. Son visage dur reflétait une expression impassible qu'il avait rarement observé chez la gente féminine. Mais ce qui lui procura tant de frissons était ses grands yeux bleus gris qui brillaient d'une détermination peu commune. Le soleil l'éclairait dans son ensemble, formant ainsi un faible halo autour de sa silhouette si familière. Le démon du Colonel hésita face à cette étrange apparition. John crut un instant faire face à un fantôme de son passé, ce qui lui redonna l'espoir et la force de reprendre le dessus... Mais combien de temps tiendrait-il ainsi ? Très peu il le craignait. L'Autre ne voulait plus lui laisser la place. Le démon grondait au fond de lui et l'attaquait intérieurement, le blessant au plus profond de son âme :
Tu l'as tuée, sauvagement ! Tu te voiles peut-être la face en imaginant qu'il s'agissait là d'un crime passionnel mais tu sais très bien au fond de toi-même que tu n'es rien d'autre qu'un monstre déchaîné ! Pourquoi veux-tu tellement le nier ? Tu l'a assassinée comme tu assassines en ce moment même tous ses gens ! Pourquoi voudrais-tu croire que tu es meilleur ? Tu l'as utilisée comme une porte de sortie ! Pourquoi penses-tu que tu vaux mieux que ça ?
John tremblait et regarda tristement l'autre femme toujours prisonnière. Alors, sous un effort inconcevable, il fit un pas en arrière, puis un second et un autre encore... Il se recula de sa proie, lentement, malgré les cris incessants de la voix si cruelle :
De quoi a donc peur le grand John Sheppard ? Serait-ce cette fille qui t'effraies ? Pourquoi refuses-tu ce mets qui semble des plus délicieux ? Pleine de vie, pleine de fougue ! Exactement comme la dernière... Tu as adoré te nourrir d'elle, je le sais, j'étais là ! Voyons, ne me dis pas que tu n'aimerais pas recommencer !
Il ne maintiendrait pas éternellement le contrôle de lui-même... Il sentait déjà l'Autre reprendre possession de son corps... Une vague de froid l'envahit. Il lui restait peu de temps... Pourtant il ne voulait plus continuer le massacre ! Il ne voulait plus causer la Mort et l'Apocalypse ! Il aperçut du coin de l'œil un objet qui brillait. Il regarda plus attentivement. Un sabre était planté dans un mur délabré et luisait sous le soleil. Il s'en approcha et glissa sa main sur la poignée en argent sculptée par des doigts de maître et dont le graphisme si minutieux imposait le respect et la sagesse d'esprit devant un travail si complexe. Sheppard referma son emprise sur le sabre et le retira d'un coup sec et vif dans un léger tintement métallique. La lame noire étincelait et tranchait l'air dans un sifflement sourd et distinct. Sheppard passa ses doigts du côté aiguisé afin d'en tester l'efficacité et s'entailla les phalanges tant la lame avait été forgée fine et acérée...
Il s'agit là d'une arme magnifique mon Colonel ! Utilise-la pour faire régner l'anarchie ! Massacre cette foule qui ne désirait qu'une chose : te voir mourir pour leur plus grand plaisir ! Fais leur découvrir ce que tu as enduré ! Fais-leur goûter ta douleur !
La tentation était des plus alléchantes et John frémissait à l'idée qu'il prendrait plaisir à se servir de cette arme... Mais il ne put se résoudre à tuer davantage ! Non ! Il ne voulait plus anéantir le monde et encore moins cette femme, malgré ce que lui soufflait l'autre... Sentant qu'il était à deux doigts de perdre le contrôle, il fit la seule chose qu'il lui restait à faire...
Prenant une profonde inspiration et rassemblant toutes ses forces pour combattre son démon intérieur il retourna le sabre contre lui-même...
Que fais-tu ? Arrête ! Espèce de fou tu...
... et se planta profondément la lame dans le ventre avant de la faire progressivement remonter vers le cœur comme les samouraïs jadis. Il tomba à genoux. Du sang remonta à ses lèvres. Il grelotta, soudainement assailli par le froid de la Mort. La douleur atroce lacéra son être si fragilisé. Sa vie l'abandonna en un éclair. Il s'écroula à terre, et, avec un sourire de vainqueur, il ferma paisiblement les yeux, libéré de tous ses tourments...
Le Lieutenant Colonel cessa de vivre... John Sheppard était mort, certes... Mais le meilleur de lui même avait finalement remporté sur le pire. Cela ne valait-il pas le sacrifice de sa vie ?
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John ouvrit les yeux et referma aussitôt les paupières, aveuglé par l'éclairage pourtant faible de la pièce. Il se sentait fiévreux et de fines pellicules de sueur imbibaient ses cheveux en bataille. Un mal de crâne intense envahit sa tête et il lutta pour ne pas vomir son déjeuner. Il était allongé sur une surface moelleuse. De sombres souvenirs envahirent son esprit, notamment ceux de l'arène, les combats incessants, le Procureur plus ignoble que jamais, la mort si terrifiante d'Elisabeth et le massacre qui en avait résulté... Il se souvint aussi de son suicide... Il frémit un instant puis la curiosité l'emporta sur sa peur. Que faisait-il ici ? Où était-il d'abord ? Pourquoi ce réveil ?
Finalement, n'en pouvant plus de toutes ces énigmes, il ouvrit les yeux et fronça les sourcils observant attentivement autour de lui. La première chose qu'il aperçu fut un plafond pour le moins délabré. Il entendit un faible gémissement à côté de lui. Il tourna la tête et découvrit avec stupeur la silhouette du Docteur Weir qui reprenait peu à peu connaissance. John en eut d'abord le souffle coupé puis le bonheur l'envahit et il soupira longuement, soulagé mais pas moins inquiet. Elle cligna plusieurs fois des paupières et regarda autour d'elle, surprise de se tenir en un seul morceau... Néanmoins était-elle vivante ? Elle ne sut le dire... Elle croisa le regard de John et lui fit un sourire gêné...
Un grognement parvint à leurs oreilles. Le Docteur Rodney McKay marmonna quelques phrases incompréhensibles :
- we...are...champ...are...ion...la...
Il se releva subitement en sursaut suite à ses derniers souvenirs :
- Les Wraith ! Je suis mort ! Ils m'ont eu ! Je.... commença-t-il haletant.
Puis il s'interrompit en découvrant ce lieu si étrange et si... normal. En effet, il s'agissait là d'une pièce sale et encombrée avec quatre murs et une porte...
- Moi non plus je n'ai pas survécu, avoua Teyla en reprenant connaissance.
- Et moi donc..., murmura sombrement Dex.
Elisabeth garda le silence sur les origines de sa mort... McKay quand à lui, se lança dans un long récit héroïque digne des contes de Perrault : les sept nains, la Porte d'Eau, les ogres de Wraith,... Ronon rageait de s'être fait tué dans le dos et préféra se taire lui aussi... Finalement Weir reprit la parole :
- Mais au fait, où sommes-nous ?
Chacun se tût et réfléchit. Teyla fut la première à lancer des hypothèses :
- Peut-être sommes-nous vraiment morts ?
- C'est ça la Mort ? Se retrouver tous les cinq dans une pièce sordide ? Je n'ai jamais rien entendu de plus stupide ! commenta le scientifique.
- Si cela s'avère être la Mort, cela ne nous changera pas beaucoup de d'habitude ! remarqua Sheppard avec un sourire amusé...
Ils hochèrent la tête, en accord avec le Colonel. Certes ils étaient tous morts, mais au moins, ils étaient ensemble et cela leur apporta bien plus de réconfort. Ils analysèrent un moment encore la salle. Ils s'étaient réveillés sur des fauteuils épais disposés en cercle autour d'une unité centrale géante...
Un homme entra dans la pièce et leur sourit chaleureusement :
- Comment vous sentez-vous ? demanda soudainement Andro.
- Que faîte-vous ici ? Je vous croyais mort ! s'exclama Elisabeth un peu perdue.
- Et un de plus... marmonna l'astrophysicien.
- Oui, c'est vrai que je n'ai pas eu un bien grand rôle dans le jeu ! admit-il un tantinet attristé.
- Quoi ? s'esclaffa John. Quel jeu ?
Puis se remémorant comment tout avait débuté, il enchaîna aussitôt :
- Attendez, vous êtes en train de nous dire que tout ce que nous avons vécu n'était qu'une illusion ? Que nous ne sommes pas morts ?
- Bien sûr que si que vous êtes mort ! répondit l'autre amusé. Dans le jeu que nous avons mis au point !
Il désigna de l'index cinq ordinateurs qui correspondaient à l'évolution virtuelle de chaque joueur. Sur chacun des écrans on put apercevoir le célèbre " GAME OVER " d'une partie finie. Satisfait de l'effet produit, Andro fit la révérence à ses clients et s'installa sur un clavier pour vérifier l'état de ses patients.
- Non, non, non, non et non ! s'écria McKay. Ce n'est pas possible un tel réalisme ! Je refuse de le croire !
- Préférez-vous croire que vous êtes mort ? se moqua Médys en entrant soudainement dans la salle. Je vais vous énoncer les grandes lignes de notre réussite : Nous vous avons plongé dans un état de sommeil paradoxal où les rêves ont envahi votre esprit. De là nous avons lancé un programme de recherche afin de connaître votre passé à chacun, dans ses moindres détails, ainsi que vos sentiments face à telle ou telle situation. Une fois tous les éléments rassemblés, nous avons configuré le scénario d'une partie au fur et à mesure que vous avanciez dans le jeu ! Mais pour être certain que le réalisme serait une totale réussite, nous vous avons fait croire que vous étiez revenus dans le monde physique et réel que nous connaissons tous !
- Comment se fait-il que nous soyons si mal en point ? demanda Sheppard en se massant les tempes.
- Vous avez été en connexion complète avec nos ordinateurs pendant plus de six heures, il est normal que...
- Six heures ? le coupa Ronon. Mais nous avons passé beaucoup plus de temps...
- Non, c'est faux ! le coupa Andro. L'esprit agit beaucoup vite que votre perception temporelle. Tenez voilà un exemple simple : récitez l'alphabet dans votre tête puis à haute voix ! Il vous faudra dix fois moins de temps dans le premier cas pour arriver à la dernière lettre !
- Et la douleur ? demanda Weir qui se souvenait avoir dégusté pendant trois jours les nombreux coups du Procureur Icarro'v.
- Qu'est-ce que la douleur Docteur ? la questionna Médys avec un sourire en coin. La douleur n'est rien d'autre qu'un signal nerveux envoyé par votre corps sous forme d'électricité pour être finalement analysé par votre cerveau ! Nous avons synthétisé la douleur dans votre esprit et vous pouvez constater sur vous même qu'il ne reste plus aucune trace de vos blessures !
Elisabeth acquiesça sans rien dire.
Chacun garda un profond silence de réflexion. Un jeu, cela ne s'agissait seulement que d'une aventure virtuelle. Ils ne savaient pas vraiment comment réagir. Teyla se sentit quelque peu déçue d'avoir été abattue dans le dos. Rodney était fier comme un coq et très satisfait de lui-même bien qu'un peu triste que les gamins qu'il ait sauvés n'existent pas dans la réalité. Au final il s'en voulait de ne pas avoir remarqué qu'il vivait dans un rêve ! Quel imbécile ! Des enfants aussi adorables ne pouvaient exister ! Ronon, lui, manifestait son mécontentement par un grognement contrarié, car il n'aimait pas être vaincu aussi facilement. Quant à John et Elisabeth cette expérience leur avait apporté bien plus que de simples frissons. Le Docteur connaissait à présent le comportement qu'elle aurait eu face à une telle situation, elle savait à présent quoi choisir entre sa vie et celle de Sheppard. Mais le Colonel restait des plus pensif. Durant cette aventure imaginaire, il avait découvert une partie de lui-même qu'il avait trop longtemps négligé. Il mesurait à présent son potentiel de destruction, ses capacités à tuer sans limite et il frémit en songeant aux horreurs qu'ils avait commises.
- Voulez-vous refaire une partie ? demandèrent simultanément les deux jeunes jumeaux.
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Hélène but une gorgée de son whisky, jeta un dix de trèfle devant elle avant de reposer un peu brusquement le verre et de se détendre au maximum sur la chaise inconfortable du mess.
A l'aide de ses doigts de magicien, le Docteur Zelenka avait neutralisé le système d'autodestruction de l'engin, onze secondes avant la détonation... Quelques minutes plus tard la Cité s'était rallumée comme par enchantement et fut remise sous tension par l'équipe des techniciens qui n'avaient eut qu'à rebrancher les générateurs. Elle avait reçut un appel de Carson lui signalant que l'équipe de Lorne avait été escortée à l'infirmerie par les hommes de la sécurité qui avaient pris soin de les paralyser à l'aide d'armes Wraith. Le médecin n'avait pas attendu leur réveil et s'était tout de suite mis au travail. En trois heures, Lorne et ses hommes furent débarrasser de leurs émetteurs d'ondes télépathiques, par opération chirurgicale. Puis, pendant deux heures, on avait passé un scanner à tous le personnel de la base dans le but de trouver d'autre membres infectés. Au grand soulagement de Gironde, personne d'autre ne semblait avoir reçut d'implants Wraith.
Maintenant elle jouait une partie de tarot en compagnie de Carson, de Zelenka et du jeune Christopher qui ne comprenait pas encore les subtilités du jeu. L'idée de départ avait été un poker, mais Hélène, ne connaissant pas les règles, avait donc proposé le divertissement typique européen.
En cherchant attentivement dans la cuisine, le Professeur, qui avait eu vent d'une certaine information, avait enfin trouvé deux bouteilles de Jack Daniel's dans un sombre placard, dissimulée derrière l'huile et la farine, l'une déjà vidée au trois quart.
Depuis le début de la partie elle servait des doses respectables à chacun. Il serait dommage de finir le délicieux breuvage en vitesse ! Elle aimait cette ambiance, peu recommandée par le règlement, mais où la détente et l'envie de parler était cause des rumeurs circulant dans la Cité. La conversation était depuis longtemps établie et avait pris une tournure étrange avec les appellations de cartes, car personne ne tenait vraiment à citer des noms à haute voix, de peur d'attirer l'attention.
Hélène regarda sa montre et dodelina la tête avant de jeter un trois de carreau et de déclarer :
- Voilà une demi-heure que l'équipe du Cavalier de Cœur aurait dû nous contacter.
- Alors ça, ça ne m'étonne pas ! s'écria Christopher en hoquetant, probablement sous l'effet de la boisson.
- Vraiment ? s'enquit Hélène en haussant un sourcil.
- Oui... hic ! C'est toujours comme ça quand la Dame de Carreau les accompagne ! hic ! Elle s'arrange toujours pour faire durer les missions...
- C'est le Roi de Pic qui va encore être de bonne humeur ! s'esclaffa Carson avec un sourire. Lui qui ne veut jamais être en retard pour manger !
- Sauf s'il a trouvé meilleure pitance ailleurs ! plaisanta Zelenka.
Il s'enchaîna un brusque éclat de rire, puis chacun reprit son sérieux sous les yeux inquisiteurs des autres personnes présentes au mess qui jetaient de brefs coups d'œil à leur table.
- C'est tout de même un comportement un peu étonnant de la part de notre Dame de Carreau, remarqua Carson.
- Pas tant que ça, objecta Gironde en ramassant l'ensemble des cartes qu'elle venaient de gagner. Il faut dire, ajouta-t-elle avec un sourire espiègle, que le Cavalier de Cœur est une bonne raison de prendre quelques risques...
- Comme à nouvel an, ajouta discrètement Zelenka.
Tous se regardèrent avec un sourire entendu et un petit silence de réflexion s'installa.
Songeuse, Hélène ne vit pas sa supérieure arriver dans le mess et n'eut pas le temps de dissimuler les bouteilles de whisky sous la table. Elisabeth était accompagné de Sheppard et de McKay dont le ventre criait famine.
- Alors Professeur ? Je vois qu'on prend du bon temps ! répliqua Weir qui ne paraissait pas vraiment surprise par l'attitude de la jeune Française.
John esquissa un sourire à la vue des bouteilles de Jack Daniel's qu'il avait discrètement importer sur Atlantis, à la demande de plusieurs soldats...
- Vous en voulez ? demanda Hélène à sa supérieure sur un air de défit.
- Non merci. Rangez ça en vitesse maintenant ! ordonna Elisabeth dont le visage impassible trahissait malgré tout un certain amusement.
- Colonel ? demanda Gironde sur un ton enjoué en lui tendant le verre.
- Eh bien... heum..., hésita John dont les yeux pétillaient d'envie.
Le Docteur se retourna brusquent vers lui et le dévisagea d'un air réprobateur. Il se ressaisit et déclara avec un sourire de regret :
- Pas en service !
- Comment s'est porté la Cité durant notre absence ? questionna Weir.
- Tout s'est passé pour le mieux ! s'exclama Gironde. Je dois admettre que je m'attendais à quelque chose d'un peu plus intéressant, ajouta-t-elle sur un ton faussement modeste. Je vous ai laissé mon rapport sur votre bureau.
- Il me tarde de lire ! conclut Elisabeth.

Un peu plus tard dans la soirée, Elisabeth sortit de son bureau et regagna le balcon, une tasse fumante de café à la main. La nuit enveloppait la Cité et la plongeait peu à peu dans un silence tranquille. Elle admira l'horizon émeraude du crépuscule et but une gorgée tout en écoutant le chant continuel des déferlantes. Elle ne parvenait pas à se lasser de cette vue formidable. Ce n'était que l'océan, certes, mais l'océan vue du haut d'une Cité fabuleuse, sur une planète étrangère, dans une autre galaxie ! A chaque fois qu'elle posait les yeux sur la crête des vague c'est ce sentiment d'émerveillement qui prenait place en elle et la faisait sourire.
Les portes s'ouvrirent derrière elle et elle reconnut le pas discret du Lieutenant Colonel qui s'installa à ses côtés, dissimulant derrière le dos quelque chose qui attira la curiosité du Docteur.
- Si vous parvenez à deviner de quoi il s'agit, je vous le donne ! déclara-t-il avec un sourire d'enfant farceur.
- Je dirais que c'est un beignet au chocolat recouvert de sucre en poudre et de chantilly ? supposa-t-elle en lui renvoyant son sourire espiègle.
John la regarda, abasourdi. Il lui tendit la pâtisserie, cherchant en silence les causes de son échec. Elisabeth goûta le dessert tout en s'expliquant :
- Rodney est venu se plaindre à mon bureau tout à l'heure, comme quoi vous auriez pris les deux derniers beignets avant qu'il n'ait pu se servir !
Sheppard soupira, et pensa intérieurement à se venger de l'astrophysicien d'ici peu. Disparition de sa boîte à outils ou bien missions supplémentaires, peut-être même trafiquer le jumper et l'envoyer dans l'espace tout seul ! Néanmoins, le fait de voir Weir déguster le gâteau avec plaisir le réconforta. Pourtant le Docteur n'était pas dupe et demanda :
- C'est très délicat de votre part... Je suppose que vous avez quelque chose à me demander ?
- Oui, avoua le militaire et baissant la tête, votre pardon.
Elisabeth ouvrit de larges yeux, s'étrangla quelque peu et attendit la suite qui ne tarda pas à venir :
- Je vous demande pardon pour ce qu'il s'est passé dans l'arène... Je...
- Vous savez Colonel, ce n'était qu'un jeu ! le coupa subitement Weir qui se sentit embarrassée.
Elle se remémorait sans cesse ce qu'elle lui avait déclarer peu avant qu'il ne la dévore... et surtout, ce qu'elle avait oser faire par la suite... S'en souvenait-il ? Elle espérait bien que non ! Mais d'un autre côté, elle se surprit à désirer qu'il n'ait pas tout oublier...
John se rapprocha un peu du Docteur, lentement. Elisabeth frissonna bien qu'elle n'ait pas froid. John défit son blouson et le passa par dessus les épaules de sa supérieure en déclarant avec son célèbre sourire charmeur :
- Je ne peux pas risquer que vous attrapiez un rhume !
- Je vais bientôt rentrer, annonça Weir qui se sentit frémir au contact de la veste chaude.
- Je n'ai pas fini, l'informa Sheppard.
- Quoi encore ? soupira Elisabeth qui ne tenait vraiment pas à en parler.
- Si un jour je venais à vous demander de m'abattre, de m'éliminer en bref de me tuer... N'hésitez plus...
Il se dévisagèrent longuement sans rien dire, chacun percevant les pensées de l'autre. Il ne se faisait entendre que la berceuse des vagues et la brise fraîche dans le lointain. Il était dur entre deux leaders de céder et de donner raison à l'autre. Elisabeth savait pertinemment que John était dans le vrai, néanmoins elle remarqua à haute voix, en surveillant chacun de ses mots :
- Si ce jour finissait par arriver Colonel, il vous faudra comprendre que je serais incapable exécuter votre requête et que vous devrez vous adresser à quelqu'un d'autre.
- Et s'il n'y a que vous ?
- Alors nous serons confronté à un dilemme, conclut Elisabeth.
John resta silencieux et fixa de ses yeux épris sa supérieure en se remémorant les dernières paroles qu'elle avait prononcé avant de mourir. Weir se sentait hypnotisée par son regard attendri et un temps infini s'écoula avant qu'elle ne se ressaisisse. A contre cœur, elle lui redonna sa veste puis s'éloigna d'un pas rapide en murmurant un faible " bonsoir ". Elle se dirigea vers sa chambre en silence, à la fois soulagée et déçue par elle-même.
Sheppard regagna lui aussi ses quartier. Il s'affala sur son lit et éteignit la lumière. Il ne parvenait pas à s'endormir, les évènements de la journée défilant sans cesse devant ses yeux. Il frémit devant les sombres images des combats qu'il avait livrés et des personnes qu'il avait tuées. Certes, tout cela n'avait été qu'un jeu, mais un jeu pour le moins dangereux qui aura des répercussions dans un avenir prochain...
Il faisait nuit noire et l'obscurité imprégnait la pièce dans un silence angoissant. John frissonna car la température baissa soudainement. La fatigue ne l'assaillit que tardivement, mais peu avant de plonger dans un sommeil profond, il lui sembla distinguer l'écho d'une voix étouffée qui lui murmura d'un ton moqueur :
Je suis là !

FIN

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