Accueil Forum Episodes Galerie Liens Contact


Accueil/Fanfics/Jugement - Partie 3
Informations :
Auteur : Rieval
: 25/11/2005
Note : 8
Nombre de votes : 1


Histoire :
La nuit porte conseil.

John aurait aimé que ce soit vrai. Hop, il fait nuit, vous dormez et tous vos problèmes sont résolus. Seulement, comme il le savait déjà, c'était de la foutaise : les problèmes ne trouvent pas de solutions dans le sommeil.

Ou dans la fuite.

Il se trouvait toujours devant la porte du bureau de Carson.

Wow, l'écossais savait frapper et frapper fort. Jamais John ne s'était senti aussi mal. Pas depuis que sa mère l'avait surpris à fumer du hasch dans le garage avec le fils des voisins. L'heure qui avait suivie avait été la plus horrible de toute son existence. Il avait l'impression d'avoir à nouveau treize ans.

Bien sûr, le plus terrible c'était que comme avec sa mère, Carson avait raison.

John avait décidé d'ignorer McKay. Purement et simplement. Il avait décidé de faire équipe avec Teyla et avait refilé McKay à Lorne, comme un paquet dont on veut se débarrasser. Et McKay n'avait rien dit. Il avait ensuite laissé McKay, suspendu par la cheville avec un homme dont ils ne savaient rien. Et McKay n'avait rien dit. Il avait sous entendu ... non, il avait dit qu'il aurait préféré voir McKay attaqué par ce foutu wraith plutôt que Ford.

Et McKay n'avait rien dit. Rien. Il était juste devenu un peu plus pâle, ses épaules s'étaient affaissées un peu plus et il était sorti du bureau d'Elisabeth. Et John lui, était parti se coucher tranquille.

Carson avait raison. Il ne méritait pas son grade de Colonel. Il ne méritait pas l'amitié de McKay.

Il ne comprenait pas ce qui se passait avec lui depuis leur retour. Il ne supportait tout simplement plus McKay. Ses plaintes, sa maladresse, son ego ... tout ce qui était Rodney, l'exaspérait. Au point qu'il ne voulait même plus faire équipe avec lui. Au point qu'il n'en voulait plus dans son équipe.

C'était juste ça, non ? McKay ne convenait pas à une équipe active et il avait voulu le démontrer. Le Major Lorne était d'accord avec lui. McKay avait changé et ... Non. Stop. Il fallait qu'il arrête de se mentir.

Ce n'était pas Rodney qui était en cause. C'était lui, John Sheppard.

oOo


John s'éloigna un peu de l'infirmerie. Il se retrouva face à une des magnifiques fenêtres dessinées par les Atlantes. Il était tôt et le soleil encore rose, baignait les vitraux d'une lumière tamisée. John ouvrit la fenêtre et s'assit sur le balcon. Il laissa un moment ses yeux se perdre dans les reflets de la mer. Une belle journée en perspective. Un cauchemar pour lui.

Bon sang que lui arrivait-il ? Jamais il n'avait agi en mettant en danger la vie de ses subordonnés. Alors pourquoi avec McKay ... Parce qu'il fallait qu'il soit honnête jusqu'au bout : si cela avait été Teyla ou Elisabeth, même Carson, il n'aurait jamais agi de la sorte. Lorsqu'il avait été avec Ronon Dex, il n'avait pas une minute, pensé à McKay, alors qu'il savait qu'il avait été enlevé. Il avait juste pris contact avec Elisabeth pour faire venir Beckett. Pour sauver Teyla. Il ne s'était pas préoccupé de ce qui était ou pouvait arriver à McKay.

Pourquoi ?

John leva les yeux vers le ciel, comme s'il pouvait lui donner une réponse. Bien sûr tout ce qu'il reçu fut un peu d'embruns. Il cligna des yeux.

Pourquoi McKay et pas Teyla ?

" Colonel ? "

La voix le fit sursauter. Une ombre se glissa à ses côtés. Quand on parle du loup ...

" Hey, Teyla. "

La jeune femme s'installa près de lui. Ils restèrent silencieux un moment, jusqu'à ce que John rompe le silence.

" Et bien ? "

L'athosienne se tourna vers lui, un sourcil froncé.

" Et bien, quoi, Colonel. "

Sheppard leva les yeux au ciel.

" Allez Teyla, je sais que vous mourrez de le dire alors allez-y, il semblerait que ce soit ma fête aujourd'hui, de toute façon. "

" Votre fête ? "

" Oui, heu, c'est une expression terrienne, ça veut dire que ... que ... " il poussa un soupir, " laissez tomber, c'est stupide de toute manière. "

" Oh. "

Ils retournèrent tous les deux à l'examen du ciel. Il fallait bien reconnaître que les levers de soleil sur Atlantis étaient superbes. Teyla rompit le silence.

" Sur Athos, il n'y a qu'une seule mer, très loin du village où nous vivions. Je n'y suis jamais allée, mon père me racontait souvent les merveilles qu'elle recélait mais je n'aurais jamais cru que ce soit aussi beau, aussi paisible. "

John pouvait difficilement la contredire. Le soleil perdait peu à peu ses couleurs matinales, et le ciel bleu commençait à s'imposer.

" C'est peut-être pour cela que les Anciens ont choisi cet endroit pour installer une base militaire. "

" Pourquoi ? "

" L'esprit des guerriers est parfois en tumulte. Il a besoin de trouver un havre de paix, comme celui-ci. "

John n'y avait jamais songé mais Teyla n'avait pas tort. Ils se retrouvaient souvent, avec Ford et maintenant avec Lorne, sur un des balcons d'Atlantis. Et il était sûr de ne jamais y avoir vu un scientifique. Ils s'asseyaient et bavardaient autour d'un verre, mais le plus souvent, John venait seul. Apparemment, Teyla en faisait de même.

" J'ai trouvé Rodney ici une fois, c'était après le décès du docteur Gall (2). "

Ah, tiens, non après tout, il y avait aussi des scientifiques qui venaient par ici pas que des militaires et ...

Et soudain, John eu la réponse à la question qui le torturait depuis qu'il était sorti du bureau de Carson. Il savait enfin pourquoi McKay et pas Teyla.

Et bien sûr, il s'était trompé.

oOo


John avait laissé Teyla sur le balcon, en s'excusant rapidement. Elle lui avait adressé un petit sourire et était retournée à la contemplation de l'océan. John était sûr qu'elle l'avait fait exprès. Quel diable de femme ! Et quelle amie étonnante.

Okay, il fallait qu'il parle à McKay. Il espérait pouvoir ... Quoi ? S'expliquer, obtenir son pardon ? Un peu des deux sans doute.

Lorsque John arriva dans l'infirmerie, McKay était réveillé. John fonça droit vers lui.

Rodney était loin d'avoir l'air rétabli, ses joues étaient toujours un peu rouges, signe que la fièvre n'avait pas encore totalement disparu, et la perfusion se trouvait toujours là. Il fixait ses mains qui se trouvaient posées sur ses genoux.

" Hey, Rodney."

McKay leva les yeux vers lui.

" Colonel. "

Oula. Rodney avait peut-être encore de la fièvre mais son ton aurait pu geler les flammes de l'enfer ! Ouais, bon, il avait un peu mérité ça, non ?

" Je peux ? "

John désigna une des chaises qui se trouvaient près d'un autre lit.

McKay soupira.

" Je suppose que je pourrais toujours dire " surtout pas " mais vous vous installeriez quand même, non ? "

John fit un sourire, haussa un sourcil à la Spock (6), et posa la chaise devant le lit. Il s'installa en effet devant le scientifique.

" Ca va ? "

Rodney lui jeta un coup d'œil abasourdi.

" D'après vous Colonel ? Je suis, au cas où vous ne l'auriez pas remarqué, coincé sur un lit d'hôpital, avec deux cathéter. "

Deux cathéters ? Mais ... Oh, oui bien sûr. Le second était ... John ne pu s'empêcher de croiser les jambes.

" Heu, oui, oui, mais ça va certainement mieux ? "

McKay poussa un autre soupir. Il posa sa tête sur son oreiller et ferma les yeux.

" Ecoutez Colonel, vous avez été très clair hier soir, je crois qu'il n'est franchement pas nécessaire de ... "

" Ah, vous êtes réveillé Rodney, et ... Colonel, vous êtes là, vous aussi ? Et bien Elisabeth, c'est parfait non ? "

Carson venait d'entrer dans l'infirmerie suivie par Elisabeth.

" John. "

Supeeerrr. Là aussi le ton était plus froid que les tempêtes de neige qu'il avait subi à McMurdo (7).

Carson avait rapidement ausculté Rodney et devait être satisfait des résultats puisqu'il ne marmonnait pas dans sa barbe en gaélique. Il se tourna vers son patient.

" Bien Rodney, vous pourrez sortir demain, à condition de respecter quelques consignes simples, bien sûr, du genre manger à intervalles réguliers et ne pas oublier de boire au moins un litre d'eau. "

" Parfait. "

" Hummm'oui, en attendant, Elisabeth et moi avons discuté de ce qui s'est passé sur P3M-736 et nous avons pris une décision. "

Carson fixait John en disant cela, il posa sa main sur l'épaule de Rodney. Elisabeth prit le relais. Sa voix était douce mais ferme, signe qu'elle s'attendait à de la résistance de la part du scientifique.

" Rodney, nous pensons qu'il est préférable que vous cessiez de participer à des missions, juste le temps de ... "

" D'accord. "

" NON ! "

Carson et Elisabeth regardèrent les deux hommes qui avaient parlé simultanément. Ce qui les étonnaient le plus c'était leur réaction respective : absolument le contraire de ce à quoi ils s'étaient attendus.

" Rodney, vous êtes sûr que ... "

" Oui, Elisabeth. Maintenant que cette urgente et gravissime décision a été prise et qu'elle convient à tout le monde, je ... "

" Non. Cette décision ne convient pas à tout le monde. "

Rodney jeta un regard surpris à John.

" Vraiment ? J'aurais pourtant cru que votre point de vue était on ne peut plus clair, Colonel. "

" Bon sang, McKay, je ... "

John soupira et se passa la main dans les cheveux. Il se tourna vers Carson et Elisabeth, l'air suppliant. Le médecin, les bras croisés sur la poitrine, le fixait, son regard indiquant clairement son mécontentement. Elisabeth prit la parole.

" Carson, je crois que nous devrions les laisser seuls. Ces messieurs ont visiblement des choses à se dire. "

Carson jeta un dernier regard assassin à Sheppard et il sortit avec Elisabeth.

" Et moi qui croyais que tout avait été dit hier, suis-je naïf, bien, je vous écoute, qu'auriez vous pu oublier, hummm, laissez moi deviner, peut-être ... "

John le coupa.

" Je suis désolé. Rodney, ce que j'ai dit était horrible et je comprendrais que vous, " il prit un large inspiration, histoire de se donner du courage, " que vous ne vouliez plus faire partie de mon équipe. "

Rodney le regardait mais restait silencieux, attendant manifestement que Sheppard termine de s'expliquer.

" Rodney, la façon dont je me suis conduit est inexcusable. Cela ne se reproduira plus. Vous êtes un membre à part entière de cette équipe. Je souhaite que vous restiez. "

Rodney détourna les yeux.

" Non. "

John se mordit les lèvres. Merdemerdemerde. Ca ne marchait pas ! Il allait rajouter quelque chose, n'importe quoi, pour plaider sa cause auprès du scientifique quand Rodney reprit.

" Vous savez, vous n'avez pas besoin de vous excuser. Je comprends. Je ... Je ne suis pas très utile sur le terrain, le Major Lorne a raison" il poussa un petit ricanement, " je serais peut-être moins dangereux si ... "

" Dangereux ? Mais de quoi est-ce que vous parlez ? "

Rodney resta silencieux, son regard fixé sur un accroc imaginaire dans sa couverture.

" Rodney, cela n'aurait rien changé. Ford est affecté par cette fichue enzyme. Il ne sait plus ce qu'il fait. Il ne m'a pas écouté davantage que vous. Il m'a aussi tiré dessus vous savez."

Sur une impulsion John ajouta.

" Et vous n'auriez pas non plus sauver les autres et vous le savez. "

John venait de comprendre ce qui hantait Rodney : la mort de ceux dont il avait été proche ces derniers mois, Gall, Abrams, Dumais, tous des jeunes gens plein de promesses, morts parce que le Docteur Rodney McKay n'avait pas trouvé la solution à temps.

Rodney tourna vers lui et hocha la tête.

" Rodney j'ai besoin de vous dans mon équipe. "

" Pourquoi ce brusque changement d'attitude ? "

Pourquoi, en effet.

Il avait compris sur le balcon grâce à Teyla. Il avait essayer de pousser McKay a démissionner parce qu'il ne voulait pas qu'il lui arrive quoique ce soit. Comme Ford. Ford était un soldat, un officier et pourtant, il n'avait pas été capable de le protéger, alors un civil ... mais il avait tort.

Rodney était bien sûr un civil, mais il avait plus d'une fois démontré son aptitude à réagir face au danger. Il était sans cesse à craindre le pire, et à s'en plaindre, mais lorsque le danger était réel, il était concentré et efficace. Redoutablement efficace, comme il l'avait démontré avec l'invasion wraith.

Il était sans doute aussi devenu un peu un guerrier. Okay, un guerrier débutant mais un guerrier quand même.

" Rodney, je veux de vous dans mon équipe si vous ... si vous voulez bien de moi comme CO (8). "

Rodney hésita un moment puis finit par hocher la tête.

" Pour le meilleur et pour le pire, hein ! "

John sourit. Oui, c'était ça. Pour le meilleur et pour le pire. Ensemble. Teyla, McKay et lui.

Ensemble, ils retrouveraient Ford.

Fini !

(1) Bon, ma traduc n'est pas mot à mot, mais en VO ça donne ça : RODNEY : " Major ", JOHN : " McKay ! " RODNEY : " What do I do now ! " JOHN : " Kept firing everything you've got ! " (Rodney vide son chargeur dans la créature) RODNEY : "Okay, now what !" JOHN "Reload !" : j'adore ce passage !
(2) Episode The defiant One//Duel.
(3) Episode Hot Zone//Virus.
(4) Voici le passage en question : SHEPPARD " Alright, for what it's worth, I'd never send you in there if I thought the guy was gonna hurt you " BECKETT "Is that opinion based on some sort of evidence, or is it just a gut feeling that this gentleman isn't dangerous?" SHEPPARD " I didn't say he wasn't dangerous. He could probably kill you in the blink of an eye ".
(5) Les " Bloody hell " et " Bloody idiot " de Carson avec son accent écossais me font littéralement craquer ! Et puis il y a son utilisation du " wee " en gros ça veut dire " petit " ! Et sa manière d'appeler les membres de l'équipe, " lad " ou " son ", alala, pas étonnant après que Nounours fasse craquer dans les chaumières (enfin surtout dans certaines et non, je ne donnerais pas de nom, mais suivez mon regard !).
(6) Le célèbre vulcain de la série américaine Star Trek.
(7) Base américaine située en Antarctique. C'est là que se trouvait Sheppard avant de rejoindre l'expédition Atlantis.
(8) CO : Commanding Officer.

Rechercher dans les fanfics (auteur, titre, mot, ...)


Reunion Stellaire David Hewlett - FR The Scifi World SeriesTele.net
Tous droits réservés © 2010 GateShip-One.net | Equipe | Copyright | Favoris
TinyButStrong