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Informations :
Auteur : Rily
: 03/10/2006
Note : 8
Nombre de votes : 1


Histoire :
ETERNITE (part 2)

LA SUITE :

Ronon pénétra discrètement dans la salle d'entraînement, alors que Teyla enseignait une riposte à main nue au Major Lorne. Le Satedien s'assit et observa le spectacle sans rien commenter. Deux militaires siégeaient à côtés de lui. Un Lieutenant rouquin et un Sergent aux yeux rieurs pariaient à voix basse :
- Elle le met au tapis en quatre coups !
- Cinq, émit le lieutenant.
- Deux ! rectifia Ronon. Et cette fois-ci il ne se relèvera pas !
Ils le dévisagèrent gravement sans répliquer et observèrent la scène avec attention. Lorne, dont la sueur gouttait au travers de son T-shirt, prit de l'élan et se rua sur l'Athosienne. La jeune femme para l'attaque par ce qui s'approchait d'une planchette japonaise au judo. Le Major plana un instant dans les airs et atterrit lourdement sur le dos. Fort heureusement pour lui, les tapis amortirent le choc mais il ne put s'empêcher de geindre.
- Je crois que nous allons nous en arrêter là pour aujourd'hui ! conseilla-t-elle avec un sourire de vainqueur.
- Excellente suggestion, approuva Marcus en se redressant difficilement.
Elle l'aida à se relever, puis se tenant droite, la tête haute, elle demanda avec assurance :
- A qui le tour ?
L'un des militaires présents leva une main hésitante puis s'empressa de la rabaisser aussitôt qu'il vit le Satedien se lever.
- Ronon ?! s'exclama-t-elle embarrassée. Mais vous n'avez rien à apprendre de moi !
- Je crois que si, au contraire !
Il s'avança au milieu de la pièce, un sourire en coin. Il semblait très sur de lui et de ses capacités à se battre. Teyla en revanche fronça les sourcils et plissa le front, inquiète de son comportement étrange.
Lorne, quant à lui, quitta les tapis d'un pas pressé et rejoignit ses hommes. Il s'assit lourdement sur le banc et déclara, encore essoufflé :
- Dix dollars sur Teyla !
Le Sergent Campell dodelina de la tête et s'avéra favorable au guerrier :
- Vingt sur Dex !
- Vous avez les moyens Sergent ! s'esclaffa le Major.
- C'est que vous ne devriez pas laisser traîner votre portefeuille dans les vestiaires monsieur ! répliqua le Lieutenant dans un fou rire.
Campell ravala sa salive et écarquilla les yeux sous le regard fulgurant de son supérieur.
- Quoi ?!!! rugit Lorne. C'est vous Sergent qui m'avez volé mon...
Marcus n'eut pas le temps d'achever sa phrase car le combat commença. Teyla assena au guerrier un puissant coup de pied qu'il para de justesse en se baissant. Elle le frappa des poings sans jamais ralentir et atteignit même sa mâchoire. Elle se recula, satisfaite. Elle souffla un instant dans le vide, ses mèches rebelles ondulant devant son visage ardent. Ronon se massa un instant l'endroit douloureux puis attaqua à son tour. Il chargea l'Athosienne, la saisit brutalement par les épaules et l'immobilisa de par derrière un léger instant pour lui murmurer à l'oreille :
- Pourquoi n'avez-vous pas dit à Weir ce qu'elle voulait savoir ?
- Je ne vois pas de quoi vous parlez, se défendit la jeune femme.
Sur ce, elle releva soudainement la tête en arrière et heurta de son crâne le nez de son adversaire. Elle s'échappa de son emprise et reprit ses distances. Elle plissa les yeux, cherchant à déceler une faiblesse dans cette armoire à glace. Ronon essuya le sang qui s'écoulait d'un revers de la main, puis avec une vitesse ahurissante qui dépassait l'entendement, il apparut de nouveau près de Teyla. En un éclair il l'attrapa par la gorge et la souleva du sol pour la maintenir un mètre dans les airs.
- Je ne vous crois pas, déclara-t-il finalement. Vous mentez bien c'est vrai, mais ce faisant, vous mettez Sheppard en danger.
- Je croyais que c'était un entraînement ! s'exclama Lorne en se levant. Pas un interrogatoire !
L'Athosienne profita de sa hauteur pour envoyer un puissant genou dans les côtes de son assaillant. Ronon se tordit de douleur et la relâcha. Elle atterrit gracieusement au sol et tenta de le déséquilibrer et martelant ses cheville. Ronon se recula dans un léger bond. Avec une rage qui lui était peu connue, Teyla se redressa, prit son élan et couru à l'encontre de Ronon pour finalement sauter avec hardiesse sur ses épaules hautes et larges. Elle resserra ses bras autour du cou du guerrier et l'étrangla petit à petit. La détermination de vaincre luisait dans son regard farouche et dépourvu de toute compassion. Ronon se laissa alors tomber en arrière et écrasa de son poids la jeune femme sur son dos. Assommée, Teyla ne réagit pas immédiatement ce qui laissa à Ronon le temps de se retourner et de l'immobiliser au sol. Il se pencha sur elle puis lui avoua, toute pulsion de combat ayant disparu de ses traits :
- Quel que soit ce secret Teyla, vous n'avez pas à en avoir honte. Vous êtes extraordinaire et talentueuse, vous êtes l'emblème d'un peu fier et honorable. Rien ne saurait ternir l'estime que tous ici vous portent...
- Vous croyez ? questionna-t-elle hésitante.
- J'en suis sûr !
Elle hocha la tête sans commenter, le doute se ressentant dans son attitude. Dex la convainquit davantage :
- Je doute que vous soyez prête à sacrifier Sheppard pour votre réputation. Ce n'est pas votre genre, pas vrai ?
- Non, avoua-t-elle, mais c'est juste que les autres ne me feront certainement plus confiance si je leur disais que...
- Ce n'est pas à moi que vous devez en parler ! l'interrompit-il.
Sur ce, il la libéra doucement et l'aida à se relever. Ils quittèrent la pièce et se dirigèrent vers le bureau du Docteur Elizabeth Weir d'un pas pressé. Elle les accueillit assez sombrement, la mélancolie et l'ennui animant son timbre d'habitude si autoritaire :
- Que se passe-t-il ?
- Teyla a quelque chose à vous dire ! s'empressa Ronon.
Elizabeth haussa un sourcil en direction des deux guerriers. Elle referma lentement le dossier dans lequel elle avait noyé ses pensées, croisa les bras et reporta son attention à l'Athosienne :
- Je vous écoute !
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- Que fait-on exactement dans cette mine ? demanda John épuisé par la dure journée de labeur...
Le jeune homme à ses côtés lui expliqua les détails de l'exploitation :
- Ici il y a un gisement important de bélophéros...
- Le bélophéros c'est le minerai qu'on creuse, c'est bien ça ?
- En effet. Il possède des propriétés intéressantes lorsqu'il est bien traité...
- Tu sais de quoi il s'agit ? questionna Sheppard.
- Il émet de l'énergie, répondit l'autre d'un haussement d'épaules.
John passa une main sur son visage et soupira. Il régnait une chaleur étouffante dans le cœur de cette planète. En revanche, lorsqu'il remontait en surface pour apporter son butin de bélophéros aux Gardiens, le froid l'assaillait de parts et d'autres. Les mineurs ne semblaient pas atteints par cette amplitude thermique saisissante. Il suait à grosses gouttes et la poussière se collait davantage à sa peau. Sa cicatrice à l'épaule avait noirci. Il leva la pioche dans les airs et l'abattit violemment contre la paroi de pierre. Il répéta son geste, encore et encore, arrachant à cette roche noire quelques débris qu'il tassa dans un coin.
- Comment m'as-tu dit que tu t'appelais ? reprit Sheppard essoufflé par l'effort en cours.
- 4233, répondit le jeune homme d'une voix sourde.
- Quoi ? s'esclaffa John.
- Je suis le mineur 4233, confirma l'autre.
Sheppard analysa le jeune d'un œil incrédule. Vingt ans tout juste, si ce n'est moins. Une expression naïve hantait ses traits. Il avait le regard clair, marqué par deux yeux d'acier. Des tâches de rousseurs se distinguaient par-dessous la poussière noire et sa chevelure fauve tombait raide sur ses oreilles d'elfe. Contrairement à tous les mineurs, il souriait en taillant la pierre, satisfait d'affronter chaque jour la fatigue et la faim.
- Ce n'est pas un nom ça ! rétorqua Sheppard en imitant son geste. C'est un nombre !
- C'est comme ça que je m'appelle.
- Oui, mais tu as bien un nom ! rétorqua John. Du moins un prénom ! Comment on t'appelait avant que tu n'arrives ici ?
- J'ai toujours vécu ici..., marmonna le garçon. Je fais parti des Profondistes. Les enfants nés dans les abysses de Charonis.
Le Colonel en fut tellement frappé qu'il s'arrêta un instant de tailler la pierre. Alors ce môme à peine adulte avait toujours vécu dans cet Enfer ? Il n'avait jamais goûté à l'air pur de la liberté, ni même observé le jour ? Il n'avait jamais senti la brise douce de l'océan caresser son visage, ni écouté les bruissement des feuillages et le chant des vague déferlantes ? Voilà la donc la raison de ce sourire ! 4233 n'avait jamais connu autre chose que cette mine étouffante. Il était donc normal qu'il se satisfasse de cette vie !
John éprouva beaucoup de pitié vis-à-vis de son compagnon et repensa de nouveau à Atlantis. Bon sang ! Que pourrait-il donner pour y retourner ? Tout ! Absolument tout ! Ils lui manquaient beaucoup trop pour qu'il puisse se résigner à vivre ainsi en esclave... oui il devait l'admettre, il ressentait un immense vide et froid intense en se remémorant leurs visages et leurs rires. Sa Cité fabuleuse, ses amis et même plus encore... Les reverrait-il un jour ? Il n'osait pas désepérer. Il ferait tout pour revenir, il se le jurait... Mais à quel prix ? Sa vie peut-être... Peu importe !
Il se retourna vers son compagnon, et, détaillant chacun de ses faits et gestes, il lui déclara amicalement :
- Jack !
- Quoi ?
- C'est comme ça que tu t'appelle maintenant : Jack !
- Mais les Gardiens, balbutia l'autre, ils m'ont dit que...
- Je ne suis pas un Gardien ! répliqua John d'un ton las. Et crois-moi tu as le droit d'avoir un nom ! Moi par exemple c'est John Sheppard !
- Comme tu voudras, bougonna le jeune homme.
Jack tenta de rester impassible mais le Colonel n'était pas naïf. Il vit derrière la poussière noire qui recouvrait son visage un petit sourire d'enfant ému. Une sonnerie stridente résonna dans tout le tunnel. Chacun des mineurs s'agita et creusa la pierre avec frénésie. Un grondement sourd en ressortit, un tintement métallique et incessant qui martelait la roche. Sheppard imita le mouvement des mineurs sans pour autant taire sa curiosité :
- Qu'est-ce qui se passe ?
- C'est l'heure du repas ! expliqua Jack. Les Gardiens passent dans nos rangs pour inspecter le travail et jugent la quantité de nourriture selon les résultats.
- Quoi ? s'écria John ahuri. Mais c'est du chantage !
- C'est une sorte de salaire..., remarqua l'autre dans un haussement d'épaule.
- Tu parles d'un salaire ! Travaille ou meurt de faim ! C'est pour ça qu'ils s'empressent tous de creuser, ils ont peur de ne pas recevoir leur repas ?
Jack jeta un bref coup d'œil au minerai qu'avait extrait Sheppard et conseilla à ce dernier :
- Cesse de creuser, tu as suffisamment de minerai. Maintenant tu dois séparer le bélophéros de la roche. Je vais te montrer, ajouta-t-il en prenant une pierre ovale extraite du mur. Le bélophéros, un cristal vert, est de nature plus résistante que les débris minéraux qui l'entoure. Il te suffit juste de gratter avec le bout de ta pioche pour chasser les éléments indésirables.
Sheppard s'exécuta tout en prenant exemple sur son compagnon. Son ventre criait famine. Les mineurs ne mangeaient qu'une fois par jour ! McKay en serait probablement mort ! Les Gardiens inspectèrent les butins de chacun et récompensèrent plus ou moins les mineurs selon leurs préférences. Ouranos en personne se déplaçait dans la mine. Chacun des mineurs remplissait avec le bélophéros de larges récipients circulaires d'un mètres de diamètres qu'ils appelaient kappas. Tous baissaient les yeux au passage des Gardiens. Tous demeuraient terrorisés et attendaient dans une peur silencieuse la venue de leur repas. Ils tremblaient de fatigue pour la plupart et certains n'avaient pas même réussi à remplir leur kappas au quart. Tous s'inclinaient. John fut le seul à tenir tête à Ouranos si bien que ce dernier en fut sévèrement irrité :
- Moitié de ration pour le mineur 4599.
On jeta à Sheppard ce qui ressemblait à un maigre morceau de pain, de couleur bleue et au goût légèrement sucré avec en prime un bol d'eau sale rempli au tiers. Il avala l'eau sans rechigner, la soif ayant raison de son silence. Puis il attaqua son morceau de pain et le dégusta en seulement deux bouchées.
Il se massa l'estomac et geignit, ses maux devenant de plus en plus insoutenables, comme si une ceinture de douleur lacérait son ventre et se resserrait sur son abdomen, de sorte que chaque bouchée fut un supplice. Ce n'était pas suffisant, il ne tiendrait jamais ainsi sans manger ! Il avait passé deux jours à bord du vaisseau pirate, sans rien avaler ! Il se coucha sur le dos et grimaça. Jack se pencha au-dessus de lui et lui tendit la moitié de son morceau, en bon enfant naïf qui avait vu dans l'arrivée du Colonel la venue du grand frère qu'il n'avait jamais eu.
Sheppard salivait devant le pain bleu en suspension sous son nez et s'apprêtait à mordre dedans à pleines dents lorsqu'il observa de nouveau son jeune compagnon. Jack était très chétif et rachitique. Pas une once de chair ne recouvrait ses os. John serra les dents, sentant son estomac se contracter davantage. Il secoua la tête et réfuta son offre :
- Ca va aller, garde-le pour toi gamin...
Le mineur voulut insister mais des cris s'élevèrent et le coupèrent dans son élan. John se redressa et reporta son attention vers l'agitation qui avait lieu au fond du tunnel.
- Travaille ou tu le regretteras ! beugla le Gardien.
- Va te faire voir ! rétorqua une voix féminine.
Ouranos attrapa la jeune femme par les cheveux et la cogna contre la paroi noire. Une longue et profonde entaille apparut le front de la séduisante blonde et du sang s'échappa de cette blessure pour se mêler à son visage fougueux. Elle hurla et se défendit avec hargne mais Ouranos la dépassait de trois têtes et elle demeura impuissante face à cette montagne de muscles. Sheppard serra les dents, prêt à se lever. Jack le retint par le bras :
- Ne t'en mêle pas...
Ouranos était sans pitié. Il la cogna plusieurs fois de suite, alignant poings, gifles et pierres. Il lui brisa même un poignet. Elle s'affaiblit et ne put résister davantage. Finalement, épris par un désir soudain, le Gardien la plaqua au mur et s'approcha dangereusement de sa figure ensanglantée, sa main serrée sur sa gorge qu'il n'hésiterait pas à étrangler si jamais elle refusait ses avances. Un sourire diabolique se dessina sur son visage, tandis qu'elle cherchait à lui échapper, en vain.
Elle croisa le regard du militaire, la terreur hantant ses magnifiques yeux dorés. Elle l'implora silencieusement, le fixa avec intensité. John, qui ne pouvait concevoir un tel comportement de violence et de perversité, se leva, saisit une pierre relativement grosse et la jeta avec soin vers le Gardien. Ouranos reçut le projectile dans le dos mais n'en parut pas affaiblit. Au contraire, la férocité brûlait davantage dans son visage. Il se retourna et découvrit le Colonel debout, lui faisant face.
- Vous devriez peut-être passer vos nerfs sur quelqu'un capable de les supporter ! déclara John d'un ton enjoué.
- Tu te portes volontaire, peut-être ? ricana l'autre.
- Laissez-la ! ordonna Sheppard d'une voix dure.
Ouranos hésita. Il jugea le Colonel puis cette fille farouche, et se demanda lequel des deux s'avérerait être le plus drôle. Il cracha finalement au visage de la jeune femme et la jeta au sol, comme si elle n'avait jamais existé. Elle rampa discrètement et partit se cacher à l'ombre d'une cavité.
Il se frotta les mains et sourit au Colonel de toutes ses dents :
- Comme je te l'ai déjà dit, tu n'es rien d'autre que le mineur 4599...
- Et alors ? le défia Sheppard.
L'autre parla d'une voix claire forte, de sorte à ce que le message résonne dans chacun des tunnels du niveau sept :
- Alors j'offre une double ration à celui qui t'amènera à l'autel de la sentence !
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Hélène Gironde fut la première à reprendre connaissance. A ses côtés gisait McKay dans un piteux état. L'astrophysicien avait apparemment essuyé les coups d'un violent choc. Elle l'examina un instant et constata qu'il avait la rotule facturée et l'épaule déboîtée. Peut-être une ou deux côtes fêlées. Elle soupira de soulagement car il restait pour le moment inconscient...
- Parfait je n'aurais pas à entendre ses jérémiades.
Elle se retourna vers le pilote, le Lieutenant Higgins qui l'avait déjà accompagné lors de ses précédentes missions. Sa nuque s'inclinait étrangement vers l'arrière, une plaie déchirait son front en deux parties distinctes. Elle prit son pouls et constata avec froideur qu'il était mort...
- Un de moins, murmura-t-elle. La liste est encore longue...
Elle se releva et sortit du jumper sans aucune compassion pour les deux hommes à terre. Elle analysa les lieux d'un œil observateur et se dirigea vers les ruines encore intactes. D'après ses parchemins, le temple dédié à Méduse était dissimulé dans les sous sols de la Lune. Elle atteignit une place pavée de pierre noire veinée d'émeraude. En son centre s'élevait une magnifique fontaine, dont le bassin circulaire principale s'étendait sur une dizaine de mètres de diamètre. Une splendide statue style grecque surgissait des flots. Elle représentait une femme nue, taillée à la perfection dans une pierre immaculé et scintillante. Elle luisait dans cet endroit de ténèbres, recroquevillé sur elle-même, insufflant à son entourage le mystère et l'envoûtement. Le visage figé de cette déesse silencieuse et occulte semblait divisé entre la menace et la peur...
- Un avertissement..., comprit Gironde.
La surface du bassin apparaissait comme un miroir, lisse et sombre, révélant le reflet intérieur de chaque âme. Hélène eut la curiosité de s'y pencher et découvrit dans ce psyché non pas la belle et jeune Française au regard fougueux, mais un spectre démoniaque aux yeux de braise. Elle sourit à la vue de cette image véridique puis plongea le bout de son stylo dans l'eau noire, de la fumée s'éleva et lorsqu'elle ressortit l'objet, ce dernier avait fondu...
- De l'acide... Décidemment nos amis les Anciens ne manquaient pas d'ingéniosité ! L'idée n'en est pas moins cruelle. Bravo Méduse !
Elle glissa ses doigts sur le rebords du bassin puis rencontra une imperfection, infime et presque indétectable, délimitant un rectangle parfait. Elle tira sur cette pierre coulissante et découvrit un panneau électronique composé de cristaux lantiens. Elle actionna plusieurs d'entre eux, débrancha certains autres. La marre d'acide disparut, s'engouffra petit à petit dans les profondeurs sans fin de cette fontaine miraculeuse. Les marches d'un escalier apparurent entre ses flots ténébreux.
Le Professeur sourit puis s'aventura dans les souterrains...
- A nous deux Méduse... Montre-toi ! Que je puisse enfin savourer la gloire que je mérite depuis tant de siècles !
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- Je vous écoute !
Teyla hésita un instant. Ronon la poussa faiblement par derrière ce qui l'incita à parler :
- Vous n'êtes pas sans savoir que les Athosiens sont un peuple de chasseurs..., commença la jeune femme...
- Bien sûr, acquiesça Elizabeth.
- Et bien cette chasse ne s'applique pas qu'au monde animal, annonça sombrement l'Athosienne en détournant le regard.
Weir plissa les yeux, comme pour mieux lire en elle et commenta d'une voix troublée par ses révélations :
- Je ne suis pas sûre de vous suivre...
- Il y a une vingtaine d'années, lorsque mon père était encore chef du village, expliqua Teyla en rougissant de honte, certains d'entre nous acceptaient d'exécuter des missions, comme par exemple la capture de personnes recherchées...
- Quoi ?! s'exclama Elizabeth le souffle coupé...
- Eh bien..., se justifia la jeune femme, les Wraith brûlaient assez souvent Athos pour nous punir, car nous trouvions d'excellentes cachettes et ils ne parvenaient pas à nous capturer. Nos récoltes en souffraient beaucoup et nous perdions de plus en plus nos relations avec les commerçants. La famine a commencé à attaquer notre peuple et nous avons été obligé de prendre des mesures... Nous nous sommes convertis en mercenaires. Nos meilleurs guerriers se sont mis en quête de contrat et nous nous sommes rapidement fait une réputation d'excellents chasseurs ! Le plus horrible, c'est que nos guerriers entraînaient même les jeunes à suivre leur exemple... Ils leur apprenaient à se battre, à survivre dans les pires conditions qu'il existe, à sentir la proie et à se faire aussi discret qu'une ombre, aussi silencieux qu'un courant d'air...
- Comme votre oncle Litus ? supposa Elizabeth en se remémorant son voyage sur Dionysos, une planète commerçante. C'est pour que vous deveniez un chasseur de prime qu'il vous a entraîné avec tant de sévérité ?
- Vous parlez de celui que McKay prénommait " Tonton Litus ", l'homme qui a faillit étrangler Teyla ? demanda Ronon.
La jeune femme hocha gravement la tête et enchaîna :
- Sur son lit de mort, mon père m'a demandé de faire cesser la chasse à l'homme. Il savait que ce n'était pas digne de notre peuple et il regrettait amèrement d'avoir donné son accord pour cette activité. Quand j'ai pris sa place, j'ai dicté ses dernières volontés et nous avons cessé de nous faire honte. Nous avons concentré nos efforts sur les récoltes, et nous avons remonté la pente, difficilement il est vrai, mais depuis cinq ans maintenant, plus aucun d'entre nous ne chasse autre chose que le gibier dont nous nous nourrissons.
Ce triste aveu se noya dans un silence lugubre. Teyla se sentit vraiment embarrassée. N'avait-elle pas commis une erreur en lui avouant toute cette histoire ? Ne venait-elle pas de signer la fin de leur alliance ? Son peuple dépendait à présent d'Atlantis. Si jamais les Atlantes décidaient de les renvoyer sur leur planète, jamais ils ne pourraient s'en remettre. Les Wraith les massacreraient ! D'un autre côté, si elle retrouvait John, alors qu'importe la méfiance qu'on éprouverait à l'égard de son peuple ! Au moins elle l'aurait sauvé !
Elle dévisagea le Satedien et le Docteur, inquiète. Ronon restait de marbre et Elizabeth mesurait l'information tristement. Finalement, elle releva la tête vers l'Athosienne puis demanda d'une voix douce :
- Pourquoi ne m'en avez-vous pas informé auparavant ?
- Nous sommes un peuple très fier Docteur, indiqua Teyla en levant le menton, et nous n'aimons pas parler de ces sombres années qui ternissent notre honneur...
Weir acquiesça avec respect, admirant cette femme jeune et rebelle qui mettait en risque les relations de son peuple pour sauver le Colonel. Elle la questionna davantage :
- Vous savez où est John, n'est-ce pas ?
- Je connais plusieurs planètes qui seraient susceptibles d'accueillir le Colonel, confirma l'Athosienne. Les repères des chasseurs de primes sont connus de tous les Athosiens. Si jamais vos équipes ne parviennent pas à l'y retrouver je reste cependant certaine qu'ils y rencontreront des personnes capables de les renseigner.
- Vous vous considérez déjà comme exclue de nos équipes ? remarqua Weir avec un ton enjoué.
- J'imagine qu'à présent que les membres d'Atlantis sont au courant, il y aura davantage de méfiance vis-à-vis de mon peuple et de moi-même...
Elizabeth haussa les épaules et répondit avec un sourire complice :
- Vous savez Teyla, tout ce qui se passe dans ce bureau, reste à jamais dans ce bureau... Vous n'êtes pas d'accord Ronon ?
- Si Madame ! approuva le guerrier.
Teyla ne semblait pas vraiment convaincue, c'est pourquoi Elizabeth ajouta :
- Nous avons tous des années sombres que nous aimerions oublier... Autant les Terriens que les Athosiens. Nous commettons tous des erreurs et sommes parfois dans la nécessité d'agir sans foi ni loi... Vous n'avez pas à avoir peur de nos réactions. Après tout nous sommes tous des hommes, dotés des plus beaux sentiments et des plus cruelles ambitions...
Teyla lui rendit finalement son sourire et inclina la tête en signe de reconnaissance.
- Merci Docteur..., déclara-t-elle solennellement.
- Merci à vous !
Il perdura un silence de respect mutuel puis Elizabeth, qui semblait reprendre de vie avec l'espoir de retrouver Sheppard s'empressa de conclure :
- Maintenant nous savons où chercher, ce n'est pas si mal ! Il faut nous mettre au travail ! Chaque seconde de perdue est une seconde supplémentaire que Sheppard endure peut-être dans la plus atroce des souffrances...
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- Alors j'offre une double ration à celui qui t'amènera à l'autel de la sentence !
Un silence lourd de menace s'installa dans toute la caverne. John regarda autour de lui d'un œil inquiet. Chacun des mineurs le fixaient intensément avec une expression affamée, comme si on leur offrait cet homme en guise de repas. Sheppard avait déjà observé des cannibales sur M4X 491, lors du Nouvel An, et revivre à nouveau ce spectacle l'effrayait considérablement, bien qu'il n'en fasse rien paraître.
Il se tenait droit, inspirant une certaine crainte à ceux qui l'entouraient. Il respira fortement, cherchant à les impressionner, mais sa force intérieure et sa détermination de soldat ne suffirent pas à les convaincre. L'appétit d'une double ration l'emporta : tous se jetèrent sur lui.
Il se défendit avec hargne, assomma plusieurs hommes à l'aide de ses poings, parfois même il leur brisait certaines articulations. Mais il ne put rien contre un tel nombre de bouches affamées. Les gamins mordaient ses chevilles jusqu'à l'os, les femmes le griffaient de leurs ongles crochus si bien qu'il ne resta plus rien de son T-shirt et que d'épaisses entaillent apparurent sur son torse.
Les mineurs lui saisirent les poignets. Il tenta vainement de leur assener des coups bien portés mais il fut traîné au sol, piétiné, réduit à moins que rien. Il se recroquevilla sur lui-même afin d'éviter le maximum de rossées mais ce ne fut pas suffisant. On tailla sa chair à l'aide de pierres aiguisées, le martela de poings et de gifles, frappa ses côtes et son dos par de vulgaires mais puissants pieds.
Il cria, de rage et de douleur, gémissant tantôt à la suite d'un coup, tantôt sous l'effet la poussière qui se mélangeait à son sang. Il frappait dans le vide, allongé sur le sol noir et poussiéreux de cet endroit sinistre où la lumière n'existait pas. Il ne réfléchissait plus, cognant tout ce qui passait à sa porté.
Une frénésie aveugle s'empara de ses membres. Elle l'incita à combattre, à détruire quel qu'en soit le prix. Elle le rendit violent et incontrôlable. Cette sauvagerie féroce lui insuffla l'envie de meurtre, ténébreuse et alléchante, si bien que dans le noir absolu, le craquement sourd d'une nuque brisée se fit entendre...
John se raidit d'effroi. Un frisson parcouru son échine et glaça son sang. Il regarda ému la jeune adolescente qu'il venait de tuer. Elle reposait à terre, proche de lui et pourtant si éloignée, tout trace de vie ayant disparut de son être...
Me revoilà mon Colonel... Je suis à nouveau à ton service ! Tu ne croyais tout de même pas que j'allais t'abandonner ? Non ce n'est pas mon genre ! ricana la voix vicieuse de son démon intérieur...
- Non pas toi..., souffla le militaire effrayé.
John frémit et ouvrit de larges yeux. Alors Il était de retour ? Prêt à lui faire endurer le pire ? Prêt à prendre possession de son corps au moindre excès de rage et de haine.
Il n'eut pas le temps d'y songer davantage car les mineurs redoublèrent d'effort. Sheppard se vit contraint de subir leur colère et leur faim sans pouvoir interrompre ce combat absurde...Malgré tout ce qu'il endurait, John parvint à se tourner vers le n°4233 et l'implora d'une voix écorchée :
- Jack... Je t'en supplie !
Crois-tu réellement qu'il t'aiderait ? Tu es vraiment trop naïf mon Colonel !
Le jeune homme détourna les yeux et continua à tailler la pierre. Ce fut la dernière image que John entrevit. On lui jeta sur le crâne un éclat rocheux, lourd et épais qui lui fit perdre connaissance.


John se réveilla sur une plate-forme surélevée, dans une place souterraine, une cavité immense dans laquelle d'innombrables visages sombres et froids l'observaient en silence.
Le Colonel se tenait à genou, les mains hardiment liées derrière le dos. Un mince filet de sang s'écoulait de son crâne endolori. Il fit l'inventaire de ses dents et constata non surpris que l'une de ses molaires manquait à l'appel. Le nerf restait cependant à vif dans sa bouche et lacérait sa gencive à tel point qu'il crut que toute sa mâchoire inférieure avait périt.
Tous les regards se tournaient dans sa direction, tantôt apeurés, tantôt respectueux mais pour la plupart méprisants et hautains. Sheppard chercha Jack et découvrit ce dernier accolé contre un mur, les yeux baissés vers ses chaussures, se mordant la lèvre inférieure en vue de la sentence que recevrait le militaire.
Le fouet claqua, vif et distinct, déchirant profondément le dos du Colonel. John geignit et serra les dents, bien que cela ne fasse qu'accentuer sa douleur. Ouranos répéta son geste, encore et encore, arrachant à cet homme d'honneur un gémissement plus audible à chaque coup. Il ne visait non pas à atteindre son dos déjà meurtri mais son cœur noble et arrogant de soldat. La torture devint plus amère. La chair s'entailla plus profondément, s'écartela plus facilement, insufflant chez le rebelle bien plus qu'un martyre lancinant, bien plus qu'un supplice tiraillant.
Finalement, John laissa s'échapper un cri, au grand plaisir du Gardien qui s'acharna davantage sur ses épaules en lambeaux. Chaque coup porté lui retira un peu plus sa fierté. Il hurla, s'égosilla sous le fouet toujours plus féroce, toujours plus violent et barbare.
Combien de fois le cuir pénétra-t-il sa chair ? 170 ? 200 ? Il ne savait plus exactement. La souffrance embrumait son esprit, la douleur enveloppait son être, telle une vague âpre et froide qui assaillit chacun de ses muscles. Il lui semblait être sourd et aveugle dans cet océan de ténèbres, tous ses sens piqués à vif par le cuir cisaillant.
Il perdit le peu d'estime qu'il avait acquis auprès des mineurs. Ceux-ci se moquaient à présent de sa résistance face aux Gardiens et s'en allèrent d'un pas lent pour reprendre leur travail. John s'affaissa au sol, las d'être fouetté comme un chien. Mais Ouranos n'était pas satisfait et continua la torture sans jamais ralentir son geste, sans jamais atténuer ses coups. Il voulait le voir pleurer, entendre le chant mélodieux de sa voix implorante.
John n'en pouvait plus. C'était compréhensible, non ? Chaque homme possède ses limites, et il ne faisait pas obstruction à la règle... Il fut prit d'un sanglot et trembla sous l'effet de la honte. Le visage recouvert de poussière, il releva faiblement la tête et murmura d'une voix noyée :
- Arrêtez...
- Pardon ? se moqua le Gardien. Tu as dis quelques chose ? Articule ! Je ne t'entends pas !
- Je vous en supplie..., pleura le militaire à bout de force.
Ouranos hésita puis rabaissa son fouet au sol. Il attrapa Sheppard par le cou et le releva d'un seul bras. Il le dévisagea longuement dans un silence de dégoût et d'amusement.
- Tu jures de ne plus me défier ?
Sheppard ne répondit pas immédiatement. Probable qu'il lui restait encore un peu de courage, un peu d'honneur. Ouranos resserra son emprise sur sa gorge et John n'eut d'autre choix que geindre :
- Je vous promets obéissance et ce, jusqu'à ma mort...
Le Gardien sourit et jeta Sheppard par-dessus la plate-forme. John atterrit lourdement sur le sol. Il voulut se relever mais n'en trouva pas la force.
Il demeura immobile, las de tant de souffrances et d'accablement. Sans trop comprendre pourquoi, ses pensées retournèrent vers Elle. Celle qui lui insufflait audace et courage. Celle pour qui il trouvait la force de rentrer à Atlantis, l'énergie de combattre et de lutter face au pire.
Mais aujourd'hui, il n'avait plus le courage de lutter. Il était heureux d'ailleurs qu'elle ne soit pas là. Il n'aurait jamais supporté l'idée qu'elle l'observe dans cet état déplorable de lâcheté et de honte.
Perdu en Enfer sur une planète de ténèbres et d'esclavage, il resta allongé au sol, atteint et souffrant jusqu'au plus profond de lui-même, seul et abandonné de tous...
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