Accueil Forum Episodes Galerie Liens Contact


Informations :
Auteur : Rily
: 03/10/2006
Note : 8
Nombre de votes : 1


Histoire :
LA SUITE :

Rodney grogna et frissonna. Quel était l'imbécile qui avait encore oublié de fermer la porte de son laboratoire ? Les courants d'air circulaient aisément et il attraperait sans doute une otite des plus coriaces qui durerait un mois minimum...
Quelle poisse ! Il s'était encore endormit sur son bureau ! Où donc était passé le brave Zelenka qui le portait à son lit chaque soir ? La migraine saisit son cerveau et un malaise étrange s'empara de ses membres. Il se risqua à ouvrir un œil et découvrit avec horreur un jumper encombré, retourné sans dessus dessous. Il se souvint du crash et souleva sa seconde paupière pour entrevoir une marre de sang.
Du sang ? Il était blessé ? Atteint d'une hémorragie interne ? Il ne sentait plus ses jambes, les avait-il encore ? Etait-il devenu infirme suite au choc ? Allait-il mourir ? Serait-ce le froid de la Mort qu'il ressentait à présent ?
- Du calme McKay, murmura la voix d'Hélène à ses côtés. Tout ira pour le mieux...
- Tout ira pour le mieux ? Tout ira pour le mieux ? répéta-t-il agressif. Je suis mourant et vous me dîtes que tout ira pour le mieux ?
- Vous n'êtes pas mourant, soupira Gironde exaspérée. Vous n'êtes même pas blessé, ajouta-t-elle en dissimulant son appareil de guérison goa'uld dans sa poche de pantalon.
- Quoi ? s'écria McKay un peu ahuri. C'est... C'est vrai ?
- Pourquoi vous mentirais-je ? Essayez de bouger ! Vous verrez bien par vous-même !
Rodney s'exécuta. Il se redressa sans mal et remua les bras et les jambes. Il sourit, toujours surpris et inquiet par le liquide rougeâtre qui recouvrait le sol non loin de lui. Il analysa Hélène et constata avec un immense soulagement qu'elle n'était pas blessée. En revanche, il nota l'absence de Higgins.
- Il n'a pas eu autant de chance, avoua sombrement la jeune femme. Il est mort durant l'accident.
- Quoi ? Vous voulez dire que...qu'on est coincé ici ?
- Non, fit-elle en secouant la tête. En fouillant dans les ruines, j'ai découvert la source du bouclier. J'ai chargé mon Beretta et j'ai détruit l'appareil...
- QUOI ? vociféra McKay. Vous avez fait quoi ?
- Je l'ai détruit !
- Vous avez détruit un appareil susceptible de renfermer un E2PZ ? Vous avez réellement fait ça ? Etes vous folle à temps complet ou vous arrive-t-il de prendre des vacances ? beugla-t-il en se relevant.
- Nous sommes sur une Lune abandonnée, dans un appareil à moitié fracassé avec pour seule compagnie le corps en décomposition d'un soldat mort ! Si j'ai fait une erreur en voulant précipiter notre retour à la base dîtes-le moi tout de suite Docteur ! Evaluez par votre potentiel incroyable les chances de survie qu'il nous reste !
McKay garda le silence et analysa les circuits internes du vaisseau. Il jeta un bref coup d'œil au militaire allongé à terre puis se concentra à nouveau sur son travail.
- D'ici deux heures, je pense pouvoir initialiser les moteurs et le système de navigation. Nous pourrons donc rentrer chez nous...
- Parfait !
- Tout de même..., soupira le scientifique, vous avez bousillé un E2PZ !

****

Elizabeth se rongeait les ongles, perdue dans son bureau de silence et de lassitude. Depuis enfant, lorsqu'elle était nerveuse, elle avait pris la fâcheuse habitude de déguster ses doigts. Certes, ce n'était guère beau mais cela ne reflétait que très brièvement l'inquiétude qu'elle éprouvait. L'attente se faisait plus longue et chaque minute durait une heure.
Elle s'ennuyait. Elle aimerait tellement trouver la force nécessaire pour continuer son travail mais son nom revenait sans cesse hanter son esprit. John. Ce simple mot de quatre lettres parvenait à la déstabiliser, à la déconcentrer au point de lui faire perdre toutes ces capacités. Elle ne pouvait se permettre de réfléchir à des rapports techniques en sachant qu'il éprouvait peut-être la plus épouvantable des tortures... Il endurait le martyre. Elle ne se l'expliquait pas, mais elle en était certaine. A moins que ce ne soit elle qui souffre de son absence ?
Elle soupira. Elle aimerait tant se lever, composer une adresse quelconque et explorer une planète à sa recherche. Peut-être l'y retrouverait- elle ? Peut-être pas, et dans ce triste cas, elle reviendrait, composerait une autre adresse et repartirait, sans jamais abandonner. Oui, elle s'en sentait le cœur capable. Peut-être devrait-elle donner sa démission et commencer tout de suite ?
L'alarme résonna en salle d'embarquement. Elle sauta de son fauteuil et accouru en salle de contrôle avec une vitesse dépassant l'entendement. Le Sergent Canadien haussa un sourcil en la découvrant essoufflée, penchée au dessus de lui.
- Euh... Activation extérieure..., balbutia-t-il surpris. Il semblerait que ce soit Teyla et Ronon.
- Eh bien ouvrez leur Christopher ! ordonna-t-elle avec une certaine impatience.
Il s'exécuta et elle s'empressa de rejoindre les deux arrivants. Ronon semblait satisfait et Teyla affichait un sourire rayonnant. Elle fit un bref rapport au Docteur :
- Nous sommes parvenus sur Dionysos, la planète marchande. J'y ai rencontré mon oncle Litus. Il m'a dit être au courant pour le Colonel Sheppard.
- C'est vrai ? s'exclama Weir qui sentit son cœur bondir dans sa poitrine.
- On ne peut plus vrai ! renchérit le Satedien.
- La mercenaire qui s'est chargée de sa capture est connue sous le pseudonyme de l'Ombre... Quand à son employeur, il a entendu parler d'un seigneur très puissant aux yeux de braise et dont la perfidie rivaliserait avec les Wraith !
Elizabeth resta un instant perplexe. Cette définition, elle la connaissait bien. Les rapports de SG-1 faisaient souvent référence à cette description, notamment pour désigner les goa'uld. Elle dévisagea les deux guerriers puis les incita à poursuivre :
- Ils nous est impossible de retrouver le vaisseau de l'Ombre, continua Teyla, mais Litus est loin d'être un homme stupide. Il s'est renseigné auprès d'un Affranchi et a repéré la trace du Colonel !
- Qu'est-ce qu'un Affranchi ? demanda Elizabeth confuse.
- C'est un ancien mineur. Voyez-vous, il existe une planète où les Wraith ont établi une immense mine de bélophéros. Il s'agit d'un minerai énergétique qui alimente leur technologie. Les humains y sont réduits en esclavage et travaillent au nom de la faim.
- Ceux que nous appelons les Affranchis sont les hommes ou les femmes qui ont réussi à s'échapper de cet Enfer. Certains ont été libérés pour une importante somme d'argent ou bien un travail exemplaire, expliqua Ronon.
- L'Affranchis nous a fait entendre que, récemment, un homme s'était révolté contre un des Gardien. Un militaire qui a enduré près de trois cent coups de fouet sans faiblir. Un homme d'honneur d'après lui.
- John ? supposa Weir avec malice.
- John, confirma l'Athosienne.
- Et sur quelle planète repose cette mine ? s'enquit Elizabeth.
- Sur Charonis, annonça Ronon. Elle n'est accessible que par vaisseau.
- Bon alors dans ce cas il nous suffit de réquisitionner un jumper, traverser la Porte la plus proche et se diriger vers cet endroit. Nous parviendrons certainement à négocier sa liberté.
- Nous ? répéta Teyla abasourdie. Vous nous accompagnez ?
- Je vous accompagne, acquiesça Elizabeth. Et je ne compte pas revenir sans lui...
_________________

John empoigna sa pioche et continua de creuser. Voilà deux semaines qu'il taillait la pierre à la recherche de bélophéros. D'après Jack, il était plutôt bon mineur. Il remplissait ses kappas au trois quart. En revanche il n'obtenait qu'une demi ration à chaque repas. Ouranos l'avait dans le nez et il est fort probable que John ne reçoive jamais de sa vie une portion complète du fameux pain bleu.
- Tu te débrouille bien, complimenta Jack.
Sheppard lui sourit. Jack s'avérait être le seul mineur qui lui adresse encore la parole. Les autres avaient probablement tous peur de subir les foudres des Gardiens en se liant à lui. Et la jeune femme dont il avait pris la place n'avait jamais réapparut au grand jour.
Un cri étouffé se fit entendre au fond du tunnel. Jack et John se dévisagèrent puis abandonnèrent leurs postes afin d'y jeter un œil. Ce qu'ils y découvrirent les figea de stupeur. Un homme s'étendait au sol, mort et extrêmement vieux. Sur son torse se distinguait la marque des Wraith.
- Un Wraith parmi nous ? s'écria un gamin à voix basse.
Tiens, tiens, tiens ! Intéressant comme découverte !
Dans le doute Sheppard analysa la paume de ses mains sans y distinguer une quelconque irrégularité. Depuis son aventure sur Hadésis, il craignait toujours de se regarder dans un miroir et d'y découvrir un Wraith. Non, ce n'était pas lui. Il soupira de soulagement, néanmoins ce cadavre l'intriguait. Il se retourna vers Jack et lui demanda des explications :
- Je croyais que cette mine n'embauchait que des humains ?
- C'est vrai ! confirma l'autre. Je n'y comprends rien ! Les Wraith contrôlent cet endroit mais jamais ils ne l'attaquent, de peur de ne plus retrouver d'esclaves...
- Ce n'est pas un Wraith qui a tué cet humain, nota John en analysant la blessure. Je suis loin de m'y connaître, mais cette emprunte n'est pas très profonde. Les Wraith, lorsqu'ils absorbent l'énergie vitale, font davantage de dégâts.
- Il me semble avoir vu cet homme auparavant, remarqua Jack. Et il n'était guère plus jeune que ça.
- C'est vrai, confirma un autre mineur. Il était même très vieux et très malade.
- Pourquoi un Wraith s'attaquerait-il à un vieillard fébrile ? C'est pas vraiment leur genre ! s'exclama Sheppard avec un sourire ironique.
- Ce n'est pas un Wraith qui est à l'origine de ce meurtre, déclara une voix féminine à ses côtés, mais un Hybride.
John sursauta et découvrit une belle et séduisante jeune femme à sa gauche. Il reconnut sans peine sa chevelure blonde et ses yeux dorés. Elle se retourna vers lui et le dévisagea avec malice.
- Un Hybride ? répéta-t-il surpris.
- Les Wraith ont longuement étudié les humains et parfois même ont fait des expériences assez ravageuses sur leur organisme. Les Hybrides sont le fruit de leur création. Il ne sont pas totalement Wraith, mais pas humain pour autant. Ils peuvent manger comme nous, mais s'ils venaient à être blessés ou bien même en manque de nourriture, ils peuvent également assouvir leur soif d'énergie vitale pour se régénérer. Le problème c'est que...
- Quel est votre nom ? demanda John avec un sourire.
Comme si ça t'intéressait !
- On a un problème plus important ! rétorqua sèchement l'autre. Il est impossible de...
- Vous devez bien avoir un nom ?
- ... de les reconnaître.
Elle s'empourpra et continua d'une voix vibrante de colère :
- Vous comprenez ce que je dis ?
- Bien sûr, il y a un type à moitié Wraith qui se balade dans la mine, mais on ne peut pas le reconnaître car il est d'apparence humaine... Comment vous vous appelez ?
- Je savais que vous étiez stupide, mais à ce point-là ça devient inquiétant !
- Lorsque vous parlez de stupidité, vous insinuez le fait que je suis venu vous défendre contre Ouranos ?
- Entre autre ! Oui ! s'énerva-t-elle soudainement.
Sheppard haussa un sourcil et lui fit un sourire ravageur. La jeune femme ne semblait pas même le voir. Jack pouffa devant le caractère " aimable " du numéro 4600. Elle se rembrunit davantage et railla :
- Vous attendez peut-être des remerciements ?
- Je trouve que ce serait la moindre des choses ! acquiesça Sheppard.
Elle dodelina de la tête puis se releva brusquement sous les yeux ébahis des deux compagnons.
- Je n'avais pas besoin de votre aide !
Alors là ça me ferais mal !
- Je ne suis pas vraiment de cet avis..., avoua John.
- Ah oui ? Laissez-moi vous dire une bonne chose, Colonel : personne ici ne se soucie de la vie de son voisin. Alors arrêtez de jouer les justiciers car personne ne vous le rendra ! Même pas lui ! rugit-elle en désignant le 4233 de l'index.
Jack baissa les yeux, honteux. John se releva lui aussi et montra d'un signe de tête l'ensemble des mineurs qui taillaient la roche. Il ne voulait pas s'avouer vaincu, surtout pas devant cette dernière et déclara un ton au-dessus :
- Personne ne me le rendra ? Vous avez raison ! C'est justement pour cette raison que les Gardiens sont les plus forts ! Ils nous montent les uns contre les autres, nous séparent et nous divisent de sorte à ce qu'on ne puisse jamais se rebeller. Et comment font-ils tout ceci ? Par la faim et la torture ? Pourraient-ils fouetter une cinquantaine de mineurs alors que leur effectifs ne représentent qu'une douzaine ? Pourraient-ils prendre le risque d'affamer toute la mine ? Peut-être que je suis stupide ! Mais au moins j'essaie de leur résister ! Quitte à en mourir, je préfère que ce soit en homme libre et non pas esclave ! Parce que si personne ici ne tente rien, alors personne ici ne sortira de ce trou !
Tu es vraiment pathétique quand tu joues les politiciens !
- Vous devez être un grand chef sur votre monde pour parlez de la sorte, remarqua la jeune femme avec un sourire ironique.
- Non, pas vraiment, admit Sheppard. Mais contrairement à vous, je dis à voix haute ce que je pense !
Dis surtout que tu as trouvé un vieux discours, griffonné sur un coin de page et habilement caché dans le bureau de Weir !
La jeune femme hocha la tête puis s'éloigna sans rien commenter. Les mineurs qui s'étaient arrêtés de travailler reprirent leur travail, perplexes. D'où venait donc cet homme étrange aux paroles insensées ? A la voix grave et solennelle qui sait ranimer plus d'un cœur ?
Il y eut une violente secousse qui fit trembler tout le secteur. John perdit l'équilibre et tomba à genoux. La jeune femme s'écroula aussi au sol. Des débris chutèrent. Elle se releva mais une pierre la heurta au crâne et elle plongea dans un coma profond. Jack se crispa et colla son oreille contre une paroi. Son expression se figea de terreur, les yeux exorbités, la bouche grande ouverte. Les mineurs imitèrent son geste, puis ils s'agitèrent et coururent vers la sortie du tunnel, fuyant un ennemi redoutable qui aurait raison de leur vie.
- Que se passe-t-il ? demanda Sheppard inquiet.
Personne ne lui répondit. Tout le monde avait fuit. Jack restait paralysé de peur. Il ne pouvait se mouvoir, même s'il désirait par-dessus tout quitter ces lieux maudis. La terreur le pétrifiait. Quand à l'autre fille, elle ne se réveillait pas. Finalement, John comprit la nature du danger lorsqu'un bruit sourd et continu retentit dans toute la mine.
De l'eau. Il s'agissait d'un écoulement d'eau. Une source avait été perforée et, sous le coup de la pression, elle remontait à vive allure à leur encontre. Il la vit. Une immense vague apparut à l'autre bout du tunnel, s'élança avec rage entre les murs, dévastant tout sur son passage, prête à les engloutir d'une minute à l'autre...
_________________

- Bon tout le monde est-il prêt ? demanda le Major Lorne aux commandes du jumper.
Chacun acquiesça d'un hochement de tête. Teyla se tenait droite et concentrée, Ronon astiquait son arme et Elizabeth siégeait sur le fauteuil du copilote, nerveuse. Elle ne partait que très rarement en mission et délaisser ainsi Atlantis, la base dont elle avait l'entière responsabilité, lui pesait toujours très lourd sur le coeur. Elle inspira profondément et déclara d'une voix brusque à Marcus :
- Tout le monde est prêt, vous pouvez décoller !
Le militaire esquissa un sourire. Weir l'amusait toujours lorsqu'elle se mettait dans cet état d'anxiété. Le plus drôle était de voir avec quel mal elle cachait sa peur. Peur pour la base ou peur pour le Colonel ? Là dessus il restait perplexe, même s'il avait parié vingt dollars sur la question.
- Très bien, paré pour le décollage...
- Atlantis ? Ici le Professeur Gironde à bord de jumper 2 !
Weir leva les yeux au ciel et répondit un peu amèrement :
- Ici Atlantis. Que se passe-t-il ?
- Nous revenons de la Lune, annonça Hélène d'un ton lugubre. Nous avons un mort.
- Qu... Quoi ? s'écria Elizabeth en songeant immédiatement à Rodney.
- Oui, confirma l'astrophysicien pour son plus grand soulagement, nous avons crashé l'appareil et le Lieutenant Higgins n'a pas survécut à l'impact...
- Vous avez crashé un jumper ? vociféra Weir.
- On n'a pas fait exprès ! Qu'est-ce que vous croyez ? s'énerva aussitôt Rodney.
- Tout le monde se calme ! intervint Hélène. Nous avons besoin d'une équipe médicale.
Elizabeth Weir soupira et se prit le visage à deux mains tout en laissant s'échapper un long soupir. Pourquoi y'avait-il toujours un imprévu ? Pourquoi la vie était-elle si changeante ? Si impitoyable ? Elle ne pouvait plus partir avec, à l'esprit, la mort inexpliquée d'un homme. Elle ne pouvait pas rester sous peine d'en perdre un second.
Choisir, toujours choisir... et espérer que sa décision ne bouleversera pas la Cité ! Comment Rodney et Hélène s'étaient-ils retrouvés dans une telle situation ?... Comment Sheppard vivait-il à la mine ?... Ils s'étaient crachés, mais pourquoi ? Qu'avaient-ils découvert ?... Avait-il survécu ? Se battait-il encore pour la liberté ?
Les questions s'enchaînaient les unes à la suite des autres sans jamais trouver de réponse. Le temps s'écoulait, ce temps subtil et sans fin qui sait vous ôter la vie... John patientait dans les souterrains de Charonis et il n'avait pas le temps d'attendre. Trois cents coups... Elle pouvait entendre le claquement distinct fouet. Trois cents coups juste pour s'être opposé à l'esclavage !
Elle devait partir. Oui, c'était la meilleure solution ! Elle ne pouvait pas rester ici les bras croisés alors qu'il souffrait dans cet Enfer de labeur et de martyre, où les hommes justes tels que lui sont les premiers à périr.
- Vous allez bien ? demanda Teyla inquiète par sa mine accablée.
- Oui, oui..., balbutia Weir. Major décollez ! Hélène, je suis désolée, mais nous devons partir !
- Quoi ? s'esclaffa l'autre. Un homme est mort et vous voulez partir sans savoir ce que nous avons fait ?
- La vie d'un autre homme est en jeu, je me dois de...
- Ah oui ! s'exclama Gironde. Le Colonel ! Le valeureux John Sheppard ! L'homme prodige ! Le pauvre soldat perdu qui mérite toute l'attention du monde !
- Hélène ça suffit ! rétorqua sèchement Weir.
- Est-ce lui qui a tant besoin d'être secouru ? Ou bien serait-ce vous qui ne pouvez vous passer de sa présence plus longtemps ?
Elizabeth se crispa. Elle observa les membres présent dans le jumper et se sentit rougir sous le regard fuyant de ses compagnons. Hélène eut un rictus assez mordant au travers de la radio. Sans desserrer les mâchoires, elle signala au pilote de décoller.
- Et sans perdre de temps ! précisa-t-elle.
- Attendez ! supplia Gironde. Je m'excuse, je n'aurais pas dû mais vous savez ce que c'est ! Ca sort tout seul !
- Nous serons de retour très prochainement ! Ne vous inquiétez pas, nous en reparlerons, lâcha-t-elle d'une voix lourde de menaces.
- Non Docteur, insista l'autre. Il faut absolument que je vous voie ! J'ai découvert quelque chose sur Gorgonna. Ca vaut vraiment le coup d'œil ! Je n'en ai pas pour longtemps, un quart d'heure grand max !
Elizabeth ragea. Elle haïssait Gironde, maintenant c'était officiel ! Elle serra les poings, puis détacha son harnais et sortit du jumper tout en ordonnant d'une voix coléreuse :
- Restez ici ! J'en ai pour deux minutes !
Chacun la regarda sortir du vaisseau, abasourdi par son agressivité.

Elle arriva dans la salle d'embarquement. Le jumper présent remonta vers le hangar, laissant Hélène devant la Porte. Celle-ci affichait une expression machiavélique mais Weir ne s'en soucia nullement. Elle arriva à sa hauteur et cracha avec dégoût :
- De quoi vouliez vous me parler ?
- De ceci...
Hélène retroussa la manche de sa veste et fit apparaître un objet extraterrestre et pourtant si familier aux terriens...
- Mais c'est un bracelet goa'uld ! s'écria Elizabeth horrifiée.
- C'est le bracelet de Méduse, créatrice des Goa'uld..., expliqua posément Hélène. Pourquoi associe-t-on sa chevelure à un amas de serpents si ce n'est pour nous prouver une fois encore que les Anciens sont les fondateurs du Mal ? Car Méduse était une Ancienne ! Maléfique, je dois l'admettre... D'ailleurs c'est pour cette raison qu'ils l'ont banni sur Gorgonna. Ce bracelet est en réalité l'arme qu'elle a conçue...
Elizabeth regard l'objet d'un œil sceptique. Le cristal placé sous la paume virait tantôt au turquoise, tantôt au bleu nuit...Elle plissa les yeux et demanda d'une voix dure et froide :
- Vous l'avez utilisé je suppose ?
- Effectivement, j'en ai eu l'occasion mais je crois qu'il vaudrait mieux vous faire une petite démonstration, non ?
_________________

John tourna plusieurs fois sur lui-même, cherchant une sortie. Ses yeux se posèrent sur la silhouette exquise de la jeune femme à terre. Il s'approcha en vitesse et la souleva avec délicatesse du sol. Un sourire illumina quelque peu ses traits. Il devait l'admettre, elle était sublime, plus encore lorsque son visage fougueux se recouvrait de poussière. Il reprit ses esprits et courut à l'encontre du 4233.
- Jack !
Le jeune homme restait tétanisé, incapable de se mouvoir. Sheppard le secoua, hurla de plus belle. Il fallut une bonne minute au mineur pour comprendre que John lui criait dessus. Il ouvrit la bouche, ses dents claquèrent et le Colonel put distinguer la faible voix de son compagnon :
- On...on va... mou...mourir...
John déposa délicatement la jeune femme au sol. Il se releva et attrapa fermement le garçon par les épaules, le tournant dos face au déluge. Il plongea ses yeux verts dans son regard de glace. Le Colonel paraissait calme, extrêmement calme, comme si le danger qui les guettait n'existait pas...
- Reste tranquille Jack, on va s'en sortir... Maintenant il faut que tu réfléchisses. Comment peut-on sortir d'ici ?
Le jeune homme voulut se retourner vers la vague mais Sheppard l'en dissuada et le maintint face à lui. Il commença alors à lui expliquer quelles étaient les diverses options qui s'offraient à eux. Sheppard dû le faire répéter deux fois, tant il hachait ses phrases :
- Cage d'ascenseur... Principale sortie... Celle qu'on utilise le matin pour descendre ici... Mineurs... tous enfuis par là... Le temps que... cage d'ascenseur redescende... on sera mort... on va mourir...
John aperçut l'eau qui venait vers eux, elle emplissait le tunnel, le long tunnel dans lequel il travaillait depuis deux semaines. Il paniqua, mais n'en laissa rien paraître. Seul le battement frénétique de ses paupières indiquait une peur profonde. Il inspira lentement et demanda d'une voix qui se voulait sereine :
- Tu parlais d'une sortie principale... Y'a-t-il des sorties secondaires ?
Jack resta un instant hébété puis hocha la tête.
- Où sont-elles ? s'empressa John de plus en plus inquiet.
Le jeune homme, dont les membres s'étaient figés par la terreur, resta un instant immobile puis, l'usage de ses jambes lui revint et il courut comme un lièvre vers une petite porte hermétique, semblable à celle que l'on trouve dans les sous-marin. John arriva et l'aida. Ils l'ouvrirent puis s'y engouffrèrent tous les deux. John regarda à l'extérieur, où reposait la fille.
N'y pense même pas ! Cette petite hypocrite ne mérite pas que tu te sacrifies...
John ne l'écouta pas et revint la chercher. Il sentit les embruns de l'eau l'effleurer. Il s'empressa de revenir à l'abris et franchit la porte in extremis. Ils la refermèrent et observèrent les alentours. Il s'agissait en réalité d'un passage à niveau, de deux mètres de diamètre. Des barreaux d'échelle, cloués dans la roche, s'élevaient dans les ténèbres.
Ils entamèrent leur lente ascension en silence. Jack avançait en tête et Sheppard suivait de près, la jeune inconnue reposant sur son dos endoloris. Ils étaient plongés dans le noir le plus total et pourtant, John constata surpris qu'il y voyait comme en plein jour. Plus de deux semaines passé dans l'obscurité la plus complète avait aiguisé ses sens au point de lui offrir une vue affinée, un odorat développé ainsi qu'un sens du toucher hors du commun.
Ils atteignaient les cinquante mètres de haut lorsqu'un bruit sourd retentit en contrebas, suivit d'un autre coup et d'un autre encore... John baissa les yeux et demanda :
- Qu'est-ce qui cogne contre la porte ?
Jack resta un instant silencieux et s'arrêta de grimper. Il plissa les yeux et écouta les coups répétitifs et violents.
- Des Charoniens, souffla le mineur.
- Des quoi ?
- Ce sont des créatures qui hantent les bas fonds de Charonis. Il n'existe pas dans la Galaxie de monstres plus féroces et plus horribles... Ils chassent et se nourrissent d'hommes. C'est pourquoi ils remontent à la mine une fois par semaine. Ils te dévorent vivant, mais avant cela, ils jouent avec toi, t'arrachent un bras, et puis une jambe pour finalement te mastiquer des heures entre leurs dents acérées... Il ne cessent la torture que lorsque que tu arrêtes de hurler...
John écouta les coups frénétiques et enragés. La jeune femme qu'il portait sur son dos émit de faibles gémissements et se remua quelque peu.
- Tu crois qu'ils sont capables de défoncer une porte blindée ?
Avant même que Jack ne réponde, un coups plus dur fut porté, un bruit sourd suivit d'un grincement s'éleva. Il s'enchaîna l'écoulement brutal de l'eau qui filtrait à présent au travers de la porte ouverte.
- Monte ! cria John à l'attention du mineur.
Jack ne se fit pas prier et escalada les barreaux deux fois plus vite. Le Colonel quant à lui s'essouffla rapidement, le poids de leur nouvelle camarade se faisant de plus en plus ressentir sur son dos lapidé. Des cris stridents s'élevèrent de l'eau en mouvement. Le niveau s'éleva rapidement. Sheppard comprit à cet instant qu'il n'y arriverait jamais à cette cadence. L'idée de laisser tomber la belle inconnue dans le vide lui effleura l'esprit...
Ce n'est pas si bête mon Colonel ! Tu y gagnerais vitesse et temps ! En la jetant aux Charoniens, tu te libères d'un poids énorme ! De plus, tu les ralentiras car ils perdront leur temps à la dévorer ! Tu auras suffisamment de répit pour rattraper le gamin et lui réserver le même sort... ainsi ils s'acharneront sur eux deux, te laissant en paix ! Ingénieux non ?
John serra les dents, chassant cette voix qu'il ne désirait pas entendre. Mais d'un autre côté, il se surprit à l'écouter avec attention. Il perdit sa vitesse et gémit d'épuisement. Ses plaies lui lacéraient le dos. L'eau montait à une vitesse surprenante et il aperçut dans les flots sombres plusieurs ombres mouvantes...
Cesse d'hésiter et agis !
Sheppard soupira et fini par lui obéir... Il laissa glisser la jeune femme par-dessus son épaule, lentement. Malheureusement pour lui, elle se réveilla au même instant. Elle tombait dangeureusement vers le vide et il la rattrapa de justesse par le poignet. Il la remonta difficilement et la ramena à l'abris, dans le creux de ses bras. Elle cligna plusieurs fois des paupières, secoua la tête et balbutia toute une série de questions incompréhensibles :
- Que...Qu'est-ce...Qu'est-ce qui c'est passé ?
Il lui sourit et déclara d'une belle voix masculine :
- Je vous ai sauvé la vie !
Tiens donc ? ricana la voix...
- Maintenant si vous pouviez grimper toute seule et en vitesse..., enchaîna-t-il avec un sourire forcé.
- Qu'est-ce qui passe encore ? aboya l'autre visiblement mal en point.
- Si on ne parvient pas à atteindre la surface, on sera noyé ou dévoré par les Charoniens... A vous de choisir !
Elle le regarda attentivement, la mine sévère, ses yeux dorés luisant dans le noir, puis sauta sur l'échelle et escalada la paroi avec une extrême agilité et une vitesse ahurissante. Elle jeta un bref coup d'œil sur le Colonel et déclara :
- Vous auriez pu le dire plus tôt !
- Je ne voulais pas vous gâcher la surprise ! railla John.
Il leva les yeux au ciel. Franchement, était-ce trop demander que d'avoir un simple " merci " ?
- Slike..., dit-elle soudainement.
- Quoi ?
- C'est comme ça que je m'appelle, soupira-t-elle. Slike Vega.
Elle lui sourit puis continua son ascension. John resta un instant hébété. Il repensa à son aventure sur Dionysos, où, dans un jeu vidéo, il avait eu affaire à un Sergent Vega. Une jolie blonde d'ailleurs, dont le métier de mercenaire en faisait une pirate remarquable... Il dodelina de la tête et se persuada qu'il s'agissait là d'une coïncidence. Il reprit de l'avance sur les Charoniens. Leurs cris insoutenables s'éloignèrent. Ils franchirent les cents mètres, puis les cent cinquante mètres.
Arrivé à cent soixante-dix, Jack se stoppa net. Sur sa gauche une autre porte était visible. Il fronça les sourcils. Il n'avait pas souvenir que des tunnels aient été creusés à cette profondeur... Le rouquin s'approcha, ouvrit l'accès et s'y engouffra, suivi de près par Slike et de Sheppard.
Ils pénétrèrent dans une cavité immense, ou l'écho de leur pas résonnait à l'infini dans les ténèbres. Ils s'avancèrent, hésitants. Personne, aucun Gardien ni même aucun mineur ne travaillait dans cet endroit titanesque.
- Qu'est-ce que c'est ? demanda Jack en désignant du doigt un large anneau aux symboles insolites...
_________________

- Vous l'avez utilisé je suppose ?
- Effectivement, j'en ai eu l'occasion... mais je crois qu'il vaudrait mieux vous faire une petite démonstration, non ?
Hélène afficha un sourire des plus méphistophéliques. Ses yeux de glaces d'illuminèrent de l'intérieur et c'est à cet instant qu'Elizabeth comprit :
- Vous êtes un goa'uld !
- Eh ben ! s'exclama l'autre d'une voix déformée par le symbiote. Vous y avez mis le temps !
Weir voulut se reculer mais Gironde l'attrapa violemment par les cheveux, se plaça derrière elle et l'utilisa comme bouclier. Elizabeth gémit et tenta de se débattre, en vain. Les soldats arrivèrent au pas de course et pointèrent le canon de leurs armes en direction de l'intruse. Ils ne purent cependant déceler un angle de tir adéquat, leur supérieure se trouvant dans la ligne de mire...
Hélène profita de cette troupe d'homme pour tester l'arme tant redoutée. Elle leva la main dans les airs, le bracelet goa'uld rayonnant de plus belle, puis sous un faible effort mental, elle envoya une onde de puissance à travers la pièce. Les soldats qui subirent la déflagration se tordirent de douleur puis se figèrent. La pierre se matérialisa au bout des doigts et des pieds, recouvrit les membres, gagna les articulations principales puis se referma sur l'ensemble du corps, ne laissant transparaître qu'horreur et désolation.
Hélène ne lâcha pas Weir pour autant et rejoignit la salle de contrôle. Tous les membres présents s'agitèrent et tentèrent de s'échapper, en vain. Chacun subissait le sort dévastateur de la paralysie et de la roche.
Zelenka, qui s'était caché derrière une console, ne fut pas épargné. Teyla et Ronon arrivèrent en salle d'embarquement et découvrirent un spectacle des plus terrifiants et des plus morbides. Chaque être vivant transformé en statue de pierre... Seule Elizabeth et Gironde restaient encore aptes à se mouvoir, et d'après la position d'otage de Weir, ils en conclurent que l'ennemi ne pouvait être que Hélène.
- C'est un goa'uld ! prévint Elizabeth. Elle possède un bracelet qui...
Gironde la frappa au niveau de la nuque et elle sombra dans un coma léger. Elle discernait des voix, des bruits, sans parvenir à comprendre... Il y eut des tirs de P-90. Peut-être Lorne avec du renfort ? Teyla combattait, Weir pouvait l'entendre de défendre avec hargne contre le Professeur. Ronon quant à lui déchargeait bon nombre de slaves.
Mais le bracelet que portait la jeune femme s'avérait bien plus qu'une arme. Un champs de force se matérialisa autour de son être et elle put aisément vaincre ses ennemis sans être menacée par une arme quelconque...
Elizabeth reprit peu à peu connaissance et remua au sol. Elle se massa le cou et rampa vers la salle d'embarquement. Un silence déroutant régnait dans la Cité. Un mutisme de mort...
Hélène était sans aucun doute partie s'occuper des autres habitants d'Atlantis... Weir croisa Teyla, en équilibre dans les escaliers lumineux, immobile et féerique dans la pierre immaculée. Ses cheveux en suspension semblaient glacés. Elle affichait une expression de rancœur et une rage de vaincre sans égale, mais malheureusement sans réussite. Ronon semblait avoir été frappé de par derrière et ouvrait une large bouche de surprise et d'effroi.
McKay apparut alors, en provenance du hangar. Il regarda autour de lui et resta un long moment béat. Jamais en se levant ce matin il n'aurait imaginer affronter un tel spectacle de détresse et d'immobilité... Il se ressaisit en apercevant Elizabeth toujours en vie et accourut à ses côtés. Il l'aida à se relever tout en balbutiant de nombreuses questions sans réponses :
- Qu'est ce qui s'est passé ? Vous tournez un film d'horreur ou quoi ?
- C'est Hélène, souffla Elizabeth. Elle... Elle... C'est un goa'uld et...
- Docteur McKay ! s'écria une voix derrière eux. L'homme sans qui je n'aurais jamais pu rentrer à Atlantis ! Des remerciements s'imposent !
Ils se crispèrent d'effroi lorsque Gironde apparut à l'autre bout de la pièce. La jeune Française s'avança à leur encontre, ses yeux étincelèrent une fois encore. McKay l'observa longuement sans rien dire, cherchant à comprendre. Hélène s'approcha de lui, le frappa au visage et dans le ventre avant de crier :
- A genoux devant ta déesse !
Rodney obéit malgré lui car les coups devinrent plus violents. Néanmoins, jamais il ne baissa les yeux devant cette apparition " divine ". Au contraire, il lui tint tête et lui lança d'un ton hargneux :
- Je ne crois déjà au Dieu de ma planète ! Pensez-vous franchement que je croirais en vous, Hélène ? Enfin peut-être devrais-je vous appeler Hécate ?
Il éclata de rire, un rire arrogant et provocateur. Le goa'uld n'apprécia guère son insolence et l'envoya bientôt rejoindre l'ensemble des Atlantes dans cet Enfer de roche...
Weir s'avança près de la Porte des Etoiles et se laissa tomber à genoux, impuissante. La dernière survivante d'Atlantis. Celle qui disparaîtrait bientôt comme ses compagnons, prisonnière du marbre inflexible et sans vie... Elle regarda chaque symbole de la Porte et composa mentalement l'adresse de Charonis. Hélène arriva par derrière. Elizabeth s'en moquait. Toutes deux savaient parfaitement qu'elle ne pourrait lui échapper. Le Docteur soupira et repensa une dernière fois à Sheppard. Elle ne pouvait plus rien faire pour lui à présent, juste se retourner vers cette Porte et guetter un jour son retour... Hécate lui envoya une déflagration de l'arme et un froid intense l'envahit peu à peu. Ses doigts se solidifièrent, puis ses bras et ses jambes. Des picotements insoutenables caressèrent sa peau et recouvrirent peu à peu l'ensemble de son corps. Par réflexe, elle retint sa respiration et eut juste le temps de souffler ses dernières pensées avant de devenir statue silencieuse et énigmatique :
- Je suis désolée, John...
_________________
Rechercher dans les fanfics (auteur, titre, mot, ...)


Reunion Stellaire David Hewlett - FR The Scifi World SeriesTele.net
Tous droits réservés © 2010 GateShip-One.net | Equipe | Copyright | Favoris
TinyButStrong