Accueil Forum Episodes Galerie Liens Contact


Accueil/Fanfics/Juliet 3 And Never Let Him Go
Informations :
Auteur : vivelesunas
: 05/01/2007
Note : 6
Nombre de votes : 2


Histoire :
Auteur : Vive les Unas
Genre :Un peu de tout, slash McBeckett & McShep (si, si, je m'y suis mise...enfin, pas longtemps !), avec (bien sur !) quelques passages plus PG13 que NC17 (quoique...oui, enfin comme d'habitude quoi !), manuel de l'éducation à ne pas suivre pour " famille homoparentale monoparentale " comme le dirait Linda Lemay, tendresse, passages tristes, passages humoristiques, passages chamallow (navrée)...
Saison : Aucune idée... Je n'ai pas vu la deuxième, donc je fais totalement abstraction des spoilers qui sont parvenus jusqu'à mes oreilles.
Résumé : L'intrigue se passe 10 ans après la fin de Papa(s), donc c'est aussi la suite des tomes 1 et 2 de " Juliet ".
Cela fait donc déjà plus de dix ans que Carson et Rodney sont ensemble, et leur histoire commence à se gâter quand l'un des deux péte un câble et laisse littéralement l'autre en plan, qui va devoir apprendre à vivre sans lui. Ce sera donc le récit de ce long apprentissage, des difficultés rencontrées par celui laissé seul vis-à-vis de sa fille dont il doit s'occuper. Mais l'orage à toujours une fin, même si on doit l'arrêter par soi même...
Disclaimer : Les personnages que je n'ai pas inventés ne m'appartiennent pas, je fais ça gratos, ne pas publier sans mon autorisation merci !
Notes de l'auteur : Je vous conseille fortement de lire " Papa(s) ", " JulietLes Rois Des Couches " et " JulietRacines Terriennes " avant de commencer à lire cette fic, étant donné que c'est une suite !
J'ai, pour le titre, pris le nom d'un film dans lequel David Hewlett à un rôle (un moyen rôle, on peut dire ça comme ça), " And Never Let Her Go ", je n'ai pas vu ce film mais j'ai craqué sur le titre (il y a des titres comme ça pour lesquels j'ai un coup de foudre), et donc je l'ai un peu modifié pour qu'il colle à du slash, puisqu'il était de circonstance !
La fin est délibérément rose bonbon...Et oui, ça m'arrive aussi d'avoir l'âme romantique !
Avant dernière fic de la série, je tiens le coup ! Bon, le tome 4 tardera un peu à arriver, j'ai un peu beaucoup de travail en ce moment !
Je ne veux absolument pas vexer qui que ce soit dans certains passages, pardonnez moi si c'est le cas.

A tous ceux qui doivent continuer seul ce qu'ils avaient commencé à plusieurs...

---


Rodney : Juliet, pour la dernière fois, arrête de geindre !

La jeune fille se renfrogna et s'affala dans le fond de son siège.

Juliet : Si papason se démerdait un peu mieux pour slalomer entre les voitures, on serait déjà arrivés, bloody hell...
Rodney : Et surveille ton langage, tu parles comme un charretier.
Juliet : Ouais, parce que toi t'es Mr Politesse peut être ?
Rodney : Bon, ça suffit maintenant ! On part en vacances pour se détendre, pas pour se balancer des insultes, est ce que c'est clair jeune fille ?

L'intéressée leva les yeux au ciel.

Juliet : Oui.

Elle contempla le paysage immobile, tandis que leur voiture ne bougeait pas d'un poil dans l'interminable file de voitures bloquées en ce jour de bouchons, départ en vacances oblige. Ils avaient voulu aller voir les chutes du Niagara. En plein été. Et apparemment, beaucoup de touristes avaient eu la même idée.

Rodney : Elle a pas tord faut dire, tu te rends compte que la moitié des voitures qui étaient derrière nous nous ont doublées Carson ?

L'écossais soupira bruyamment et regarda sa progéniture en pré-rebellion dans le rétroviseur.

Rodney : Qu'est ce que tu es mou ! On dirait que tu viens de fondre au soleil...sans mauvais jeu de mots. La chaleur est étouffante.

Il essuya son front d'un revers de main. Une Ford Taurus les doubla et McKay se donna une petite claque sur la joue.

Rodney : Oh, non, mais dites moi que je rêve ! Tu le fais exprès ? Mais tu penses à quoi Carson, tu peux me le dire ?

Beckett s'humecta les lèvres, soupira de rage et se tourna vers son compagnon. Il plongea un regard glacé dans les yeux bleu-gris en face de lui, défit sa ceinture de sécurité et ouvrit la portière avant de sortir, les poings serrés.

Juliet : Qu'est ce qu'il fait ?
Rodney : Je me le demande...

Carson ouvrit le coffre, saisis son sac de voyage rouge et l'extirpa rageusement de l'automobile. Puis, laissant le coffre ouvert, il s'engagea dans le mince interstice qui séparait la file de voitures de gauche et celle de droite et s'éloigna rapidement, d'un pas décidé.

Rodney : C'est quoi ce bordel ? Carson !

Il sortit à son tour et entreprit de poursuivre l'écossais qui évoluait sur le macadam bouillant.

Rodney : Carson ! Carson !

Des bruits de klaxons retentirent. La voiture de Rodney et Carson, à ce moment sans conducteur, gênait la progression des autres automobiles.

Rodney : Carson, arrête toi immédiatement, qu'est ce que tu fous ?

Le médecin chercha quelque chose dans la poche de son pantalon et lança l'objet à l'astrophysicien, qui surpris, l'observa. Son portable.

Rodney : Tu peux m'expliquer ce qui te prend ?

Il arriva à son niveau et lui attrapa le bras. Beckett regarda une dernière fois et il compris. Il fronça les sourcils et lui lâcha le bras, sa voix montant dans les aigus comme à chaque fois qu'il avait peur.

Rodney : Tu...tu ne peux pas faire ça...
Carson : Au revoir Rodney.

Il repris son chemin, tandis que le canadien était pris entre le désir de le suivre jusqu'au bout du monde et l'obligation d'aller reprendre la voiture dans laquelle sa fille était toujours.

Rodney : Et tu va aller où comme ça, hein ?

L'autre accéléra le pas, augmentant la distance entre lui et Rodney.

Rodney : Carson !

Le scientifique soupira douloureusement et repartit en courant dans le sens inverse pour bouger la voiture, assaillie par des automobilistes grincheux qui klaxonnaient comme des carillonneurs. Il ferma le coffre et s'installa dans l'habitacle, sur le siège conducteur, avant d'enclencher le contact. Etonnée, Juliet posa une main sur son épaule.

Juliet : Alors ?

Rodney ravala sa salive, faisant son possible pour ne pas laisser transparaître ses sentiments, ce qui était extrêmement difficile. Une larme orpheline et discrète roula sur sa joue.

Rodney : Laisse moi une minute Juliet, ok ? Juste une minute...

---

Le trajet de retour jusqu'au SGC s'était effectué dans le silence. Juliet avait bien compris l'essentiel, c'est-à-dire que son papason était partit, visiblement sur un coup de tête, et que cette décision ne semblait pas provisoire. Elle se doutait bien de l'état d'esprit de son autre papa, qui cachait bien mal sa tristesse et son désarroi. Il gara la voiture dans la section du parking du SGC réservée aux atlantes. Après moult identifications, Rodney exprima son désir virulent de s'entretenir avec le général O'Neill à propos de la " fugue " de Carson. Il tenait toujours sa fille par la main, et il lui semblait qu'elle était la seule chose qui l'empêchait de sombrer. Il frappa donc à la porte de son bureau, entouré d'Airmen qui voulait l'empêcher de voir le général sans rendez-vous préalable. Alerté par le boucan au dehors, Jack sortit de son bureau et considéra la scène avec surprise.
Jack : Docteur McKay ?
Rodney : Général, je dois vous parler de toute urgence, vous pourriez dire à ces...énergumènes de me lâcher ?
Jack : Laissez le, c'est bon. Entrez, je vous en prie...

Il s'effaça pour les laissez passer.

Jack : Eh ! Vous n'étiez pas en vacances ?
Rodney : Si.

Le canadien avait une mine affreuse, et bien qu'ils ne soient absolument pas proches, Jack sentit bien que quelque chose n'allait pas.

Jack : Qui a-t-il ?
Rodney : C'est Carson. Euh, Carson Beckett, le médecin en chef d'atlantis...
Jack : Oui, je c'est qui c'est, votre compagnon...vous n'étiez pas en vacances ensembles ?

Rodney acquiesça et le militaire lui tendit une chaise car il semblait prêt à s'effondrer.

Rodney : Il est partit monsieur.
Jack : Partit ? Comment ça partit ?
Rodney : Il s'est enfui.
Jack : Où ?
Rodney : Si j'en avais la moindre idée, je serais avec lui !

O'Neill se gratta l'arrière de la nuque. Un membre du projet porte des étoiles en goguette était toujours quelque chose d'extrêmement embêtant. Tout de suite, le général songea au NID.

Jack : On ne l'a pas enlevé ?
Rodney : Non, il...il est partit de son plein gré, sur un coup de tête.
Jack : Il est partit de quel endroit ?
Rodney : La voiture. Enfin, on était près des chutes du Niagara, et il y avait un panneau " aéroport " pas très loin, il a du prendre l'avion pour aller...j'en sais rien !

Il se prit la tête dans les mains. Il avait l'impression qu'une bombe A avait explosé dans sa tête, et que seule sa main dans celle de sa fille lui permettait de rester éveillé.

Jack : On va le retrouver, vous savez qu'on possède des moyens énormes, le gouvernement américain ne va pas laisser un homme possédant autant d'informations confidentielles se balader. Et puis, c'est un membre inestimable de l'expédition Atlantis.
Juliet : Et vous allez le ramener, promis ?

Le militaire ébouriffa les cheveux mi-longs de la fillette.

Jack : Promis. Vous feriez mieux de rentrer sur Atlantis tous les deux.
Rodney : Oui. Merci monsieur.

Ils sortirent et se dirigèrent vers la salle d'embarquement. Et là, prés du Stargate, songeant qu'il y avait quelques heures à peine il avait été franchi par trois personnes et non deux, la fillette fondit en larmes. Son père se tourna vers elle et la serra dans ses bras.

Juliet : Pourquoi il est partit papason ?
Rodney : Je ne sais pas. Mais ça va aller, hein ?
Juliet : Je veux qu'il revienne...
Rodney : Oui, moi aussi ma chérie.

Il l'embrassa sur le front.

Rodney : On va le retrouver, ou alors il va revenir, ne t'en fais pas. Et puis, on est fort tous les deux, non ?

Juliet acquiesça et sécha ses larmes.
Ils traversèrent la porte des étoiles. De l'autre coté, ils virent John venir les accueillir, l'air surpris.

John : Qu'est ce que vous faites là tous les deux ? Vous n'étiez pas en vacances avec Carson ?
Rodney : Si.

Le militaire regarda attentivement le visage de Juliet et prit sa tête dans ses mains.

John : Tu as pleuré ma puce ?
Juliet : Parce que papason est partit.
John : Quoi ?
Juliet : Il s'est disputé avec papané et il est partit sur la route.
Rodney : Oui, enfin on s'est pas vraiment disputés, mais...mais j'ai du le vexer et...tout est de ma faute !

Il se mordit la langue pour ne pas pleurer mais Juliet ne pus se retenir.

John : Qu'est ce que c'est que ce bordel, où est Beckett ?
Rodney : Il est partit, vous êtes sourd ? On était dans la voiture et il est sortit, il s'est enfui et à mon avis il a pris l'avion pour je ne sais où, mais il est partit !

Il fallut quelques secondes au major pour encaisser le choc.

John : Vous avez prévenu les autorités ?
Rodney : Vous me prenez pour un idiot ! J'en ai immédiatement parlé au général O'Neill.

Il soupira et prit sa fille par les épaules.

Rodney : Tu doit être fatiguée par tout ça, va dormir dans ta chambre.
Juliet : Mais il faut qu'on cherche papason !
Rodney : On ne peut rien faire, il faut attendre. Je t'en prie, va dormir.

Il l'embrassa sur la joue et sa progéniture obéit. McKay se retourna face au Stargate.

John : " Je t'en prie, va dormir ? " Qu'est ce qui vous prend ?
Rodney : Je ne voulais pas...pas devant elle...
John : Vous ne vouliez pas quoi ?

Il posa sa main sur l'épaule de son ami.

John : Rodney ?

Le militaire se plaça en face de son coéquipier et ce qu'il vit lui fendit le cœur. Il pleurait. Rodney McKay, scientifique de génie, pleurait. Sheppard ne l'avait vu faire ça qu'une fois, à la naissance de Juliet, et c'était des larmes de joie, pas de la peine.

John : Venez là.

Il le prit amicalement dans ses bras, tandis que les larmes de l'astrophysicien mouillaient sa chemise.

Rodney : Je...je comprend pas pourquoi il a fait ça ! Je ne comprends pas...
John : Peut être qu'il a fait ça sur un coup de tête, peut être qu'il va revenir qui sait ?
Rodney : Non.

Cela n'avait été qu'un murmure, mais le désespoir se manifestait clairement dans ce " non ".

Rodney : Je le connais. Il...il ne reviendras pas tout seul.

Comme gêné, il se dégagea et monta les marches de la salle de contrôle.

Rodney : Je vais prévenir Elisabeth.

---

Ils étaient dans le bureau de Zalenka. Enfin, du Docteur Elisabeth Zalenka. Depuis qu'elle s'était mariée avec Radek, le chaos régnait. Deux docteurs Zalenka dans une même cité, c'était un peu confus ! Si Radek et Elisabeth se trouvaient dans la même pièce et que quelqu'un les appelaient, les deux se retournaient et cela était neuf fois sur dix la source de fous rires incessants. Rodney, Carson et John faisaient souvent des blagues au scientifique et à la diplomate, les voir répondre " oui ? " en cœur à l'énonciation de leur patronyme était un spectacle du plus caustique.

Mais aujourd'hui, Rodney et John n'avaient pas envie de rire. Parce que Carson était partit. Parce que Carson comptait beaucoup aux yeux de beaucoup de monde. Il était le compagnon de Rodney, le père de Juliet, certes, mais il était aussi l'ami de Teyla, John, Elisabeth, Radek, Aiden, et bien d'autres, le collègue de nombreux infirmiers, et surtout le médecin d'atlantis. McKay s'étonnait toujours du fait qu'être médecin donnait un statut à part. Le Doc. Le toubib. La personne que tout le monde allait voir pour les petits et gros bobos, l'âme qui hantait l'infirmerie jour et nuit -cela énervait particulièrement Rodney de voir Beckett se lever en pleine nuit pour voir si oui, il avait bien classé les échantillons de sang prélevés la veille.
Carson semblait connaître tout le monde, puisque son métier l'obligeait à côtoyer tout le monde. Il semblait proche de chaque membre de l'expédition, même si il s'entendait mieux avec certains membres qu'avec d'autres.

Il était partit, et chacun allait déplorer sa perte. Mais à ce moment, Rodney ne pensait pas aux autres, il pensait à lui et à sa fille. Comment accepter ce vide ?

Elisabeth : Vous avez une idée de l'endroit où il a pu aller ?
Rodney : Pas la moindre, malheureusement.
Elisabeth : Il a de la famille quelque part ?
Rodney : Sa mère en Ecosse. J'appellerais Emy demain, pour lui dire de me prévenir si elle entend parler de lui.
Elisabeth : Bien. En attendant, allez vous reposer, vous en avez besoin.
Rodney : Non, non, je vais essayer de faire avancer les recherches, je vais...
Elisabeth : Tatatatata, vous allez dormir, c'est un ordre. Radek, tu l'accompagne pour être sur qu'il se couche et qu'il dorme ?
Radek : Bien sur.

Il sortit, suivi du canadien. Ils se mirent à bavarder dans les couloirs menant aux quartiers de McKay et Beckett, le tchèque essayant de consoler son collègue.

Radek : C'est normal de vous disputer. Vous savez que vous êtes le plus vieux couple d'Atlantis ?
Rodney : Merci bien...
Radek : Non, mais je veux dire celui qui dure depuis le plus longtemps.
Rodney : Heighmeyer et Stackhouse sont mariés depuis un bail il me semble...
Radek : Sept ans. Et si je ne m'abuse, puisque Juliet à dix ans vous êtes avec Carson depuis...
Rodney : Presque onze ans ! Waw, ça passe vite.
Radek : Et donc c'est normal d'avoir des disputes au bout de dix ans, vous en trouvez pas ?
Rodney : Ce n'était pas la première dispute, loin de là. Juste la plus grave.

Il soupira en regardant hypnotiquement le bout de ses chaussures.

Radek : Pourquoi vous ne vous êtes jamais mariés ?
Rodney : Ben déjà avant on n'avait pas le droit, et puis quand le mariage homosexuel a été légalisé au Canada et puis en Angleterre...on a repoussé. On s'est dit que ça poserait trop de problèmes, par exemple au niveau de la nationalité, du nom de famille... Tenez, Carson est très attaché à son pays natal, et moi ça ne me dérangeait pas de perdre ma nationalité et mon patronyme, mais lui n'aime pas le sien, et il dit que " McKay " ça fait plus écossais que " Beckett ", et comme on était pas d'accord... Enfin bref, bien sur on pouvait faire autrement, mais on n'en avait pas très envie non plus, alors on n'a pas fait.

Il détourna les yeux.

Rodney : C'est idiot de dire ça, mais peut être que si on avait crée ce lien supplémentaire entre nous, il ne serait pas partit.

Il posa sa main sur son front.

Radek : Ca n'est pas de votre faute si il a...pété les plombs !

Rodney sourit. Le tchèque commençait -enfin !- à utiliser les expressions anglo-saxonnes à bon escient. L'influence d'Elisabeth, probablement.

Radek : Ca va ?
Rodney : J'ai juste la migraine, je vais dormir et ça va aller mieux.
Radek : Bonne nuit alors.
Rodney : Oui, c'est ça, bonne nuit, et merci.

Il lui sourit et entra dans ses appartements. Ils partaient en vacances, certes, mais rien n'était vraiment rangé. Des revues médicales traînaient sur la table basse, un saladier rempli de fruits sur la table et les baskets de Juliet traînaient près du vestibule.
Les quartiers des atlantes étaient à présent semblables à des studios terriens, le mess avait été fermé et des kitchenettes avaient été installées. Encore un problème soulevé par le départ de Carson : c'était lui qui faisait la cuisine, Rodney savait à peine réchauffer une pizza congelée, c'était le tribut de nombreuses années à manger tout ses repas dans une cantine, qu'elle soit universitaire où militaire.
Au centre de la pièce commune qu'on aurait pu appeler salon se trouvait une télé, un canapé vert pomme, une table basse et un pouf. La première porte de gauche donnait sur la salle de bain, la seconde sur les toilettes, la troisième ouverte sur la cuisine, la première de droite sur la chambre de Rodney et Carson, la seconde sur celle de Juliet la troisième était un grand placard muni d'un vestibule dans lequel régnait un bordel monstrueux. Et en face de la porte d'entrée se tenait une baie vitrée donnant sur un petit balcon.

Plus de dix ans dans ses quartiers et ils s'y étaient toujours sentit bien.
Rodney prit une banane et partit s'asseoir sur le canapé en allumant la télé. Des milliers de films étaient enregistrés sur le disque dur de l'appareil : la télé nouvelle génération !
Il enclencha un vieux film avec Peter Fonda et saisi un des magazines posés sur la table basse.

" SIDAM : un vingtième de la population mondiale décimé depuis la mutation du virus "

Le SIDAM (Syndrome d'immunodéficience acquise en mutation) était lui, le SIDA nouvelle génération, même mode de contagion, mais dégâts deux fois plus mortel. Si la paranoïa n'avait pas encore atteint les mœurs, elle n'allait pas tarder à le faire.

Il posa la revue de Carson et regarda l'écran. Carson... Peter Fonda avait presque les mêmes yeux que lui.
Comment avait il pu faire ça ? Pourquoi s'était il enfui ? Il savait très bien que Rodney et sa fille l'aimaient, il ne pouvait avoir aucun doute là-dessus. Pourquoi ce geste égoïste, sans préavis qui plus est ?
McKay connaissait son compagnon mieux que personne, et pourtant jamais il n'aurait pensé ça de lui. S'enfuir. Fuir. Mais fuir qui, fuir quoi ? Il savait fichtrement bien qu'ils étaient heureux. Il ne comprenait pas ce geste, et chez lui, ne pas comprendre était infiniment frustrant. Pourquoi cet homme qui l'aimait lui faisait ça ? Pourquoi laissait-il ce vide ?

Et merde ! Il pleurait encore. Pour la troisième ou la quatrième fois de la journée. Il ne se souvenait pas avoir pleuré autant en un seul jour.
Rodney se leva et partit se coucher. Le lit à demi vide lui foutait le cafard, mais il était tellement fatigué qu'il essaya d'oublier l'absence de son compagnon afin de pouvoir s'endormir. Comme si c'était possible...

----

Juliet cria qu'elle était là à la porte du bureau. Une belle et grande femme blonde d'une quarantaine d'années vint lui ouvrir.

-Juliet ! Mais qu'est ce que tu fais là ?
Juliet : Il faut que je te parle Kate. Comme tu m'as dit un jour que si j'étais triste, je devais venir te voir...

La psychologue sourit à la fillette.

Kate : Bien sur, entre.

Heighmeyer n'avait pas beaucoup de patients en ce moment. La plupart du personnel de la base était en vacances.

Kate : Assied toi.

Elle s'assit sur un petit fauteuil blanc et la fan number one de Freud se plaça en face d'elle.

Kate : Tu es triste à cause de ton papa qui est partit ?
Juliet : Comment tu le sais déjà que papason est partit ?
Kate : Ce genre de nouvelle fait très vite le tour de la base. Tu es triste à cause de ça ?
Juliet : Oui.

La femme lui sourit et lui prit la main.

Kate : Tu veux en parler ?
Juliet : Pourquoi ?
Kate : Quelque fois ça fait du bien de parler des choses qui vous rendent triste, après ça va mieux, on n'est plus tout seul...
Juliet : Si tu veux.

Juliet tutoyait quasiment tout le personnel de la base, excepté ceux qui refusaient comme Kavanaugh. Elle était la seule enfant non athosienne de l'expédition, mais elle avait entendue dire que Melissa Strangerson était enceinte, et qu'un bébé serait bientôt parmi eux. La plupart des couples qui s'étaient formés durant l'expédition atlantis quittaient la cité ancienne quand ils fondaient une famille, préférant travailler au SGC et préserver leur progéniture des dangers d'atlantis, mais Strangerson semblait vouloir rester, pour le plus grand bonheur de la fillette.

Kate : Raconte moi comment tu te sent...
Juliet : Ben dans la voiture, avant que papason parte, j'avais pas été très gentille avec lui, avec papané on se moquait de lui parce qu'il avançait pas. J'ai peur que ce soit de notre faute, et papané aussi a peur même si il ne le dit pas.
Kate : Il te manque ?
Juliet : Ca fait trois jours que je ne l'ai pas vu, mais il a déjà eu des missions plus longues. Sauf que là, je sais qu'il ne va pas revenir, et ça me fait de la peine.
Kate : C'est normal.
Juliet : Et puis papané m'énerve. Il ne veut pas que je sache qu'il est triste, alors il fait semblant que tout va bien, il dit que tout va s'arranger alors que je sais qu'il ment.

Elle baissa les yeux et soupira.

Juliet : Hier soir, j'était triste alors j'ai frappé à la porte de sa chambre pour venir lui parler. Il n'était pas dedans. Il a passé toute la nuit dans le bureau de papason pour voir si il n'aurait pas laissé quelque chose dedans qui lui dise où il est. Papané travaille toujours beaucoup quand il est triste et qu'il ne veut pas le montrer. Son papa est mort quand j'avais huit ans, et il travaillait tout le temps, exactement comme ça jusqu'à l'enterrement. Après il a ralentis.
Kate : Juliet, si tu dis à ton papané de venir me voir pour parler comme on fait maintenant, il va venir tu crois ?
Juliet : Je sais pas, mais j'espère parce que moi ça va déjà mieux !

La psychologue lui sourit.

---

Juliet : T'as fait quoi à manger ?
Rodney : Des frites !
Juliet : Des vraies frites ?
Rodney : Non, des frites surgelées.
Juliet : Je préférais quand papason faisait la cuisine...

Sous le coup de l'émotion, Rodney lâcha la bouteille de ketchup en verre qu'il tenait, et celle-ci se fracassa sur le sol. Il partit chercher une serpillière et nettoya les dégâts, sans mouiller.

Juliet : Mais papa, il faut mettre de l'eau, sinon elle va être tachée la serpillière !
Rodney : Oh.

Il mouilla le tissu et nettoya la tache de ketchup pour de bon, mais se coupa en jetant les bouts de verre dans la poubelle. Il partit se mettre un pansement et sourit en excuse à sa fille.

Rodney : Désolé. Je suis vraiment nul comme papa.
Juliet : Mais non. Tu es le plus gentil de tous les papas du monde !

Elle lui fit un bisou sur la joue.

Juliet : Je t'aime du fond de mon cœur et de mes chaussettes.
Rodney : De ton cœur de naquadah et de tes chaussettes sales ?
Juliet : De mon cœur d'artichaut et de mes chaussettes propres.

Il lui sourit. Ils avaient inventé ce petit jeu idiot mais qu'ils faisaient à chaque fois.

Rodney : Mmmm, pas si propres que ça étant donné que je n'ai pas fait de lessive depuis qu'on est rentrés...
Juliet : Tu sais comment on fait ?
Rodney : Euh...ça ne doit pas être si compliqué...
Juliet : Après manger je vais appeler Elisabeth, parce que la dernière fois que tu as fait la lessive, tu as mis mon pull rouge avec le reste dans la machine à laver et après toutes mes culottes elles étaient roses.

Le scientifique éclata de rire.

----

Rodney : Si je viens, c'est uniquement parce que Juliet me l'a demandé.
Kate : Pourquoi rechignez vous à venir en consultation ? Ca fait des années que je ne vous ai pas vu sans que ce soit avec la pression de Carson.
Rodney : Parce que j'imaginais qu'après...qu'après ce que j'avais dit sur vous, vous m'en voudriez.
Kate : Vous parlez du fait que vous aviez dit à Teyla que nous nous fréquentions pour éviter de lui avouer que vous suiviez une psychothérapie ?
Rodney : Voilà. Et attendez avant de me trouver un profil de mythomane.
Kate : Je ne suis pas là pour ça.

Elle lui sourit et s'installa sur son siége préféré, montrant de la main celui d'en face.

Kate : Asseyez vous.

Il s'exécuta.

Kate : Pour commencer, racontez moi comment Carson est partit, si cela ne vous déranges pas...

Et McKay commença son récit.

----

Bon. Récapitulons. Elisabeth lui avait dit de trier le linge, de séparer le blanc et la couleur, puis de faire une lessive pour chaque couleur. C'était fait. Problème : faire marcher la machine à laver. Ca paraissait tout con comme ça, mais cela faisait près de vingt minutes qu'il cherchait le bouton d'essorage, sans succès. Il était capable de faire fonctionner une machine ancienne de plusieurs milliers d'années mais ne savait pas trouver ce fichu bouton !

Et puis tous ces symboles sur la machine, c'était du Chinois pour lui ! Heu, non, il maîtrisait un peu le Chinois, c'était des hiéroglyphes égyptiens, voilà !

Il entendit frapper à la porte et partit ouvrir.

John : Hello Rodney. Sexy le tablier, vraiment...
Rodney : Oh !

Manipuler la lessive en poudre ne lui inspirant rien de bon, McKay s'était assortit d'un tablier rouge et vert qui lui donnait un vague look de sapin de noël. Il l'enleva brièvement et regarda le major, un peu gêné.

John : Je me suis entendu dire que vous crouliez sous les taches ménagères, alors en tant que célibataire endurci lavant lui même ses caleçons, je viens vous donner un coup de main !
Rodney : Euh...

En temps normal, le canadien aurait refusé l'aide de quiconque, arguant qu'il était assez intelligent pour se débrouiller tout seul, mais là, il avait VRAIMENT besoin d'un coup de main. Oubliant sa fierté l'espace d'un instant, il fit un sourire forcé.

Rodney : Merci. Justement, j'aurais besoin d'un cours sur les machines à laver, et plus particulièrement à propos de l'art et la manière d'utiliser la fonction essorage.
John : Pas de problème. Où est ce gros bébé ?
Rodney : Hey ! On s'était mis d'accord, le terme " bébé " ne s'applique qu'aux Jumpers, et accessoirement à ma fille quand elle était petite mais...bref.

Sheppard entra et inspecta l'engin, avant d'enfin le faire marcher.

John : Comme sur des roulettes, ce n'était pas si compliqué ! Mais d'où vous sortez dites moi ? D'une grotte préhistorique ?
Rodney : Non, mais avant je ne m'occupait que du ménage et des devoirs de Juliet. La cuisine, la vaisselle, la lessive, le repassage...tout ça, c'était fait par Carson...

Le ton mélancolique de sa voix surpris John, qui se retourna.

John : Ca va Rodney ?
Rodney : Oh, oui, c'est juste que...je...je viens de m'apercevoir du fait que c'est lui qui faisait la plus grosse partie des travaux ménagers et je...enfin je m'en veux un peu parce que si c'est une des raisons pour lesquels il est partit, j'aurais pu l'éviter...

Il eut un drôle de rire.

Rodney : Quatre jours sans lui et c'est déjà le bazar, alors vous imaginez si il...

Il s'appuya dos à la machine et éclata en sanglots, la tête dans les mains.

Rodney : Je ne pourrais pas vivre sans lui ! Je ne pourrais jamais le supporter si...si jamais il ne revenait pas. Je suis incapable de vivre sans lui John !
John : Vous avez vécu plus de dix ans ensemble, il faut vous réhabituer à vivre sans lui, qui plus est avec Juliet. Et puis, il va peut être revenir...
Rodney : J'ai peur. J'ai peur de demain, j'ai peur de savoir que plus jamais il ne m'embrassera, plus jamais on se promènera à trois avec Juliet, plus jamais je ne le reverrais... Je pense à lui toute la journée, le matin plus personne ne me réveille à six heures avant d'aller travailler, plus personne ne m'engueule parce que j'ai conduit Juliet en retard à l'école, plus personne ne viendras me voir dans mon labo, et le soir venu, de savoir que le lit resteras à jamais à moitié vide, ça me rend malade, je passe mes nuits à y penser, je n'arrive même plus à fermer l'œil ! Il me manque tellement...

Il essayait de se calmer sans résultats.

Rodney : Il est partout. Son absence est partout. J'ai d'affreuses migraines mais je n'ose pas aller à l'infirmerie parce que je sais pertinemment qu'il n'y sera pas. Ses affaires sont dans mon placard, son parfum posé près de l'évier de la salle de bain, ses cheveux traînent encore sur sa brosse, comment voulez vous que je vive normalement avec ses petits bouts de lui un peu partout ? Comment voulez vous que j'arrive à oublier son absence alors que chaque objet, chaque pièce de cette foutu citée me le rappelle, hein ? Cela ne fait que quatre jours et je suis à bout de forces, qu'en seras t'il dans un mois, ou dans un an ? Je ne vais pas y arriver...
John : Les recherches avancent ?
Rodney : Non, tout est au point mort !

Il posa sa main sur l'épaule du scientifique.

John : Dans ce cas, espérons qu'il revienne, et vite.
Rodney : L'espoir n'a jamais été mon fort major.

----

Kate : Rodney, vous pensez être un bon père ?

La question surpris le scientifique.

Rodney : Heu...c'est-à-dire que...je pense, oui. Quelques fois j'ai des doutes, mais même si je ne suis pas parfait, je pense être un bon père, oui. En tout cas, à chaque fois que je doute, Juliet me le répète alors...
Kate : Avant la naissance de Juliet, pensiez vous avoir les qualités requises pour avoir des enfants et les élever ?
Rodney : Avant la naissance de Juliet, enfin, avant de partir pour Atlantis, je ne me posais pas la question, et avoir des enfants n'était pas vraiment dans mes plans.
Kate : Ah bon ?
Rodney : Non, je...je n'ai pas eu une enfance très facile, c'est le moins qu'on puisse dire, mais vous le savez ça. Alors honnêtement, pour moi avant, famille ça voulait dire...emmerdements, je crois que c'est le terme exact. Je n'en voulais pas. Et je pense aussi que je n'étais jamais tombé assez fort amoureux de quelqu'un pour vouloir fonder une famille avec lui.
Kate : Elle ou Lui ?
Rodney : Je fréquentait les deux, mais si j'avais voulu une famille, je n'aurait fait qu'avec des "elle", et je faisait avec des "lui" également, ça veut bien dire ce que ça veux dire. Mais quand j'ai vu Carson pour la première fois...Vous croyez au coup de foudre Dr Heighmeyer ?
Kate : Oui.
Rodney : Maintenant moi aussi. Enfin, ce coup de foudre n'a eu lieu que dans un sens, il a fallu du temps à Carson pour...oui, enfin bon.
Dés que je l'ai vu, j'ai su que je ne serais heureux qu'avec lui, et j'ai voulu alors fonder une famille, partager mon bonheur si il se faisait avec lui. C'est paradoxal, je suis sortit avec des dizaines de filles sans pour autant avoir envie de leur faire des enfants, et la seule personne avec qui j'ai envie d'en avoir est un homme, ce qui s'avère plus compliqué !

La psychologue sourit. Même en temps de dépression, Rodney savait être drôle ! Oui, car McKay faisait bel et bien une dépression. Les migraines, les crises de larmes, les sautes d'humeur, les introspections incessantes... Tous ces signes ne trompaient pas.
Cela faisait près de deux semaines que Carson était partit.

Kate : Mais le destin a joué en votre faveur.
Rodney : Ouais, on peut dire ça comme ça. Et je n'ai jamais été plus heureux que le jour de la naissance de Juliet mais...
Kate : Mais ?
Rodney : Mais dans l'album photo de famille qui traînait sur la table de ma salle à manger quand j'étais gamin, il y avait une photo de mon père, à la maternité, avec moi nourrisson dans les bras. Il avait les larmes aux yeux. Mais je ne considère pas que mon père ait été un bon père. Alors, le fait d'aimer Juliet me suffit il, moi, à être un bon père ?
Kate : Vous vous occupez bien d'elle ?
Rodney : Je fais tout ce que je peux.
Kate : Donc vous êtes un bon père.

Un sourire se dessina sur le visage de l'astrophysicien.

----

Juliet se réveilla en sursauts. Encore un de ses satanés cauchemars, de ceux où elle se voyait à l'enterrement de son papason. Le fait de ne pas savoir où il était et comment il allait la frustrait complètement. Et ne pas avoir pu le retenir, cela la hantait. La fillette s'appliqua à reprendre son souffle et essuya la sueur accumulée sur son front d'un revers de main. Elle posa sa tête sur l'oreiller et tenta de se rendormir, mais des bruits l'interpellèrent.
Des sanglots étouffés. Chaque nuit c'était pareil. Juliet savait que son papané lui cachait sa tristesse, mais Kate avait eu la présence d'esprit de lui dire qu'il n'allait pas bien, et qu'il le cachait à sa fille par orgueil. Mais la jeune atlante n'en voulait absolument pas à son père, au contraire, cela lui prouvait qu'elle n'était pas la seule à souffrir. Alors elle se leva et alla frapper à la porte de la chambre voisine.

Juliet : Papané, je peux entrer ?
Rodney : Quoi ? Heu, non, ma chérie, va dormir.

Sa voix voilée par le chagrin et le battant de la porte ne convainc pas la jeune fille.

Juliet : Je sais que tu pleures papa. Laisse moi entrer...

Le silence de l'autre coté. Finalement, le scientifique s'éclaircit la voix et autorisa sa fille à venir le rejoindre. Celle-ci activa la porte et s'exécuta. McKay était allongé, les yeux rougis, au bord de son lit, comme si il voulait laisser la place de Carson vacante, si il revenait tard de l'infirmerie. La fillette s'accroupit en face de Rodney et lui prit la main.

Juliet : A moi aussi il me manque tu sais.
Rodney : Oui, je sais.
Juliet : Ce n'est pas à cause de nous qu'il est partit, hein ?
Rodney : Tu n'as rien fait de mal, ne penses plus à ça.
Juliet : Mais toi tu pense que c'est de ta faute ?

Il fronça les sourcils et acquiesça.

Juliet : Je pense qu'il n'est partit à cause de personne.
Rodney : On était heureux tous les trois, non ?
Juliet : Oui.
Rodney : Je m'en rends compte maintenant que c'est finit.
Juliet : Ce n'est pas finit ! Il est juste partit depuis quarante jours...
Rodney : Tu as compté ?
Juliet : Oui.

Elle lui sourit.

Juliet : Papané, il faut que tu arrêtes de pleurer maintenant, ça ne sert à rien.
Rodney : D'accord, je vais m'arrêter.
Juliet : Promis ?
Rodney : Promis.

Elle l'embrassa sur la joue et se leva.

Juliet : Si tu es triste, je te promets de venir te consoler mon petit papa.
Rodney : D'accord. Mais va te coucher, tu as école demain.
Juliet : Bonne nuit papané. Je t'aime très fort.
Rodney : Moi aussi. Dors bien.
Juliet : Tu sais, je fais des cauchemars...
Rodney : Alors pense à des choses agréables.

Elle lui jeta un dernier regard et sortit.

----

L'homme à la casquette prit le dossier et examina le nom mis en valeur sur la couverture.

-Enzo Ballasta ! C'est un pseudonyme ?
-Comment vous avez deviné ?
-Un gars avec un accent bien de chez nous comme vous qui s'appelle Enzo, ça ne court pas les rues.
-Non, mais ça court peut être les halls des maisons d'édition...

L'homme en face de l'éditorialiste lui sourit. Il était plutôt mignon lui semblât t'il, avec un sourire à faire fondre ce qu'il restait de la banquise. Pas tout à fait son style, mais craquant.
Il ouvrit le carnet de papier glacé. En connaisseur, un sourire grandit sur ses lèvres et il leva les yeux vers son interlocuteur.

-Vous êtes doué.
-Merci.
-Et vous accepteriez de travailler pour notre magazine ?
-En effet. Enfin, si vous me rémunérez correctement !
-Cela va de soi. A 115£ par photo, à raison de vingt photos par mensuel, ça vous va ?
-Parfait. Je garde ce style ?
-Le noir et blanc me plait assez, ça donne une sensibilité, un coté artistique à la chose. Mais comme vous le savez, ceci n'est pas exactement un magazine de photos d'art...

Le dénommé " Enzo " sourit.

-Merci, j'ai eu l'occasion de feuilleter.
-Alors vous devez vous douter que nous allons demander...un peu plus d'investissement de la part de vos modèles. Et un peu moins de timidité de la part du photographe...
-Je m'y attendais. Cela ne devrait pas poser de problèmes.

Il voulait tourner la page, soit, il allait devoir faire des efforts. Et ce genre d'effort n'était pas très difficile et désagréable à réaliser.

-Vos coordonnées sont dans votre CV ?
-Oui.
-Très bien. Je vous appellerait pour que vous preniez rendez vous avec les modèles.
-Parfait. Au revoir.

Il sortit d'un pas déterminé mais l'éditorialiste se leva de son bureau et le rattrapa en l'attrapant par le bras.

-Mr Ballasta ?
-Oui ?
-Je finis dans une heure. Boire une ou deux bières au Pub du coin vous tenterait il ?
-Peut être bien.

Il sourit à nouveau à son employeur et sortit pour de bon.

Oublier. L'oublier. L'autre. Celui qui l'avait aimé et qu'il avait trop aimé. Oublier sa vie d'avant. Cette monotonie, cette routine devenue insupportable. Oublier Rodney.
Il appellerait Juliet pour lui souhaiter son anniversaire et s'en tiendrait à ça. Il avait assez souffert, sa nouvelle vie n'attendait que lui. Même si elle rimait avec bohème...

Carson Beckett, alias Enzo Ballasta, sortit de l'immeuble administratif de " Q te ", le nouveau magazine gay anglais à la mode, dont le siége se tenait à Edimbourg. Il faudrait qu'il pense à passer voir sa mère rapidement, il détestait l'idée de la savoir inquiète pour lui.

-----

Kate : Vous vous entendiez bien avez Carson ?
Rodney : Relativement bien, oui. Quelques fois, des petites disputes, la plupart du temps rien de grave. J'ai mon caractère et Carson aussi, mais nos petites engueulades se terminaient bien souvent sous la couette, alors...

Il pouffa et la psychologue sourit.

Kate : Sexuellement, ça se passait bien ?
Rodney : Waw.

Il vira au rouge pivoine et la température de ses oreilles augmentât sensiblement.

Kate : Ca vous gêne de parler de ça avec moi ?
Rodney : Un peu.
Kate : Parce que je suis une femme ?
Rodney : Oh non. C'est juste que ça me gêne de parler de ça...ouvertement.
Kate : Mais le sexe et un peu comme le ciment du couple. Je ne pourrais pas vous aider si on ne fait pas le tour de votre histoire avec le docteur Beckett, ce sujet est inévitable...
Rodney : Ah. Bon, et bien...allez y alors.
Kate : Répondez à la question. Sexuellement ?

Ses mains commencèrent à s'agiter dans tous les sens et ses yeux à se détourner de ceux de son interlocutrice.

Rodney : Ca se passait...bien.
Kate : Qu'est ce que vous entendez par " bien " ?
Rodney : Ben c'était bien. Tout se passait bien et heu...
Kate : Vous le faisiez souvent ?
Rodney : Relativement souvent. Enfin, bien sur, moins souvent qu'au début, mais c'est normal, au bout de dix ans, vous pensez bien...
Kate : Quelle fréquence à peu près ?

Le scientifique soupira et se gratta l'arrière de la nuque.

Rodney : Une fois...toutes les deux semaines. Environ.

Il paniqua devant le manque de réaction de Heighmeyer.

Rodney : Ce n'était pas assez ?
Kate : Vous trouviez que c'était assez ?
Rodney : Ben...être médecin c'est plus crevant que d'être astrophysicien, alors quand il voulait dormir, je le laissait. Bien sur, il y avait bien des soirs où l'envie me prenait de le réveiller mais...j'évitais.

Kate lui lança un regard genre je-sais-ce-que-c'est-mon-pauvre-ami.

Kate : Et géographiquement ?
Rodney : Comment ça géographiquement ?
Kate : Qui pénétrait l'autre ?

BOUM. Amis de la subtilité, bonjour.
La réponse un peu trop directe fit l'effet d'une massue sur la poitrine de Rodney qui balbutia.

Rodney : Et bien, heu...au début on essayait d'alterner mais, euh...après euh...

Il souffla un bon coup et continua.

Rodney : Au fil du temps, c'est lui qui se faisait...enfin ...
Kate : Vous étiez au dessus quoi !
Rodney : Au dessus ? Comment ça au...ah, oui, si on simplifie, parce qu'il y a d'autre posi...ouais, schématiquement, un truc comme ça, c'était bien moi au dessus.
Kate : Pourquoi ?
Rodney : Sais pas. Ca s'est imposé machinalement, naturellement, si bien qu'au bout de cinq ou six ans, on ne faisait jamais plus autrement.
Kate : Mais pourquoi c'était Carson qui se retrouvait là ?
Rodney : Hein ?

La psy soupira et repris.

Kate : Vous êtes d'accord, être " en bas " dénote bien une féminisation du partenaire ?
Rodney : Ben non. Le principe d'un couple homo, c'est justement deux hommes.
Kate : Oui, bien sur, mais dans la symbolique, celui en dessous est en position de faiblesse, non ?
Rodney : Oui, si vous voulez...
Kate : Carson était il d'accord avec ce système ?
Rodney : Il ne s'en est jamais plaint, et pourtant quand il faut râler, il n'est pas le dernier !
Kate : Mais pourquoi avoir adopté ce système ?
Rodney : J'en sais rien. Peut être parce que c'est Carson qui a porté Juliet et qui fait les taches ménagères, où peut être parce que c'est dans notre façon d'être tous les deux, c'est moi qui le prend sur mes genoux et non pas le contraire par exemple...

Il lança soudain un regard interrogateur à Heighmeyer.

Rodney : Vous croyez que changer la dynamique nous aurait aidés ?

Elle haussa les épaules.

----

Marre de l'école. Marre des profs qui s'inquiètent à son sujet. Marre des élèves rieurs et des parents triomphants, qui clamaient bien fort il y a quelques mois qu'une " telle famille " se casserait forcément la figure.
Si, à ce moment précis, Juliet détestait ses papas, ce n'est pas parce que l'un était partit soi disant à cause de l'autre ou parce qu'ils avaient un jour pris le risque de fonder une famille. Elle détestait Carson parce qu'il ne viendrait pas la chercher le soir venu et elle détestait Rodney parce qu'il avait eu la riche idée de parler des " problèmes familiaux " de sa progéniture à la directrice qui, en bonne commère, avait tout répété à tout le monde.
Traverser la cour d'école de la " Colorado Springs Secondary School " n'était jamais une partie de plaisir, mais en général, son papason l'attendait dans leur vielle Espace, et quand elle avait le cœur gros il avait l'habitude de le lui faire oublier en la faisant rire avec de bonnes vielles blagues écossaises ou en lui décrivant la dernière connerie de John en mission, ou alors la tête de Rodney quand il avait récupéré le Jumper de ladite mission.
Mais aujourd'hui, personne ne viendrait la consoler. Elle allait devoir prendre le bus à l'arrêt où tous ses camarades de classe attendraient aussi, elle allait devoir supporter leurs moqueries, puis prendre le bus puant jusqu'au parc de Colorado Springs, et enfin elle allait devoir marcher une bonne dizaine de minutes avant d'atteindre le SGC.
Pour couronner le tout, ses notes dégringolaient et elle ne se voyait pas du tout en parler à son papané qui n'était déjà pas en grande forme.
Son anniversaire approchait, dans exactement sept mois, neuf jours, huit heures et quelques minutes elle allait avoir onze ans. Elle avait la mémoire des chiffres, et elle calculait tout, tout le temps. Les autres élèves de sa classe la prenaient pour une " intello ", une petite gourde capable à dix ans et dix mois de jouer au jeu des nombres premiers avec le professeur de Sciences, mais incapable de frapper correctement dans un ballon de foot ou de se souvenir des prénoms des héros du nouveau dessin animé à la mode. Elle devait tenir de Rodney.
Mais elle n'avait pas sa répartie, et elle était un peu trop sensible et têtue au goût de ses profs. Carson. Physiquement, elle avait des cheveux châtains raides qui lui tombaient sur les épaules, un nez légèrement en trompette, une peau diaphane- comme son papason elle cramait rouge tomate au soleil ou restait blanche comme ses fesses- de grands yeux bleus, une fine bouche et un menton fuyant. Plutôt maigre pour son age, Elisabeth s'étonnait toujours de la voir manger encore et encore sans prendre un gramme. Objectivement, elle se trouvait moche. D'ailleurs, les autres aussi la trouvaient moche. Ils le lui disaient tous le temps. Ses seuls amis étaient un groupe de filles riches et crâneuses à qui elle faisait leurs devoirs régulièrement. Et encore, quand il s'agissait de la défendre contre ses agresseurs, il n'y avait plus personne !

Juliet Beckett-McKay s'engouffra dans la porte béante du bus numéro six.

-----

Emily Beckett était en train de regarder la télévision quand quelqu'un sonna à la porte. Elle sortit de sa léthargie et ouvrit ladite porte d'entrée de sa maison de la banlieue de Glasgow.

Emy : Carson ! Enfin tu te montres !

Son fils lui sourit et entra.

Emy : Tu sais que ta famille est très inquiète pour toi ?
Carson : Quelle famille ?
Emy : Tu as une fille jeune homme, dois-je te le rappeler ?
Carson : Je vais avoir quarante-sept ans maman, je ne suis plus exactement un " jeune homme ", quoi que tu puisse en dire.

La vielle dame soupira et lui prit les mains.

Emy : Rodney est très inquiet pour toi, il n'arrête pas de m'appeler. Où était tu ?
Carson : Maman, jure moi que tu ne répéteras à personne ce que je vais te dire.
Emy : Même pas à ta famille ?
Carson : Maman...
Emy : Même pas à l'homme avec qui tu vis depuis plus de dix ans ?
Carson : S'il te plait...
Emy : Ce n'est pas bien ce que tu me demandes de faire Carson. Pas bien du tout...

Elle soupira puis le regarda dans les yeux.

Emy : Tu es mon fils. D'accord.

L'ex-médecin sourit.

Carson : Je vis à Edimbourg, là où j'ai toujours voulu vivre, et je fais de la photo, ce que j'ai toujours voulu faire...
Emy : Et faire souffrir ton entourage, ça faisait partie de ton rêve aussi ?

------

Marre de son travail. Marre de Elisabeth, qui s'inquiétait à son sujet. Marre de ses foutues expédition, durant lesquelles il devait rester " pro ", et tout oublier, comme si il en eut été capable.

Si, à ce moment, Rodney s'inquiétait pour sa fille, ce n'était pas à cause du fait qu'elle avait eu un contrôle de maths aujourd'hui ou qu'elle avait pris le bus toute seule.
Il s'inquiétait pour Juliet parce qu'il savait très bien que c'était déjà dur pour elle, et parce que ça le serait encore plus après.
Se faire poursuivre par un pseudo diplodocus en furie sur une planète tropicale de la galaxie Pégase n'était jamais une partie de plaisir, mais en général, Carson l'attendait à l'autre bout du Stargate, et si il se faisait une entorse ou éprouvait le besoin d'exprimer sa lassitude, son compagnon l'attendrait à l'infirmerie, le soignerait si besoin est et pourrait discuter de tout et de rien avec lui pendant des heures.
Mais aujourd'hui, personne ne serait là pour lui. Il allait devoir se faire examiner par le médecin remplacent, garder ses réflexions pour lui et s'occuper encore et toujours de sa fille, sans aide, sans reconnaissance et avec seulement l'amour filial en retour.
Pour couronner le tout, sa dépression allait en augmentant et même si il faisait son possible pour remonter la pente, tout le monde le prendrait bientôt pour un cinglé.
Il ne fêterait jamais son quarante septième anniversaire.
Cela devait faire une dizaine de minutes qu'ils fuyaient le diplodocus. Et courir à toutes jambes pour éviter de se faire écraser par les pattes d'un dinosaure mort sur terre depuis plusieurs milliers d'années était objectivement crevant. Le Stargate n'était plus qu'à 500 mètres environ, mais Rodney n'avait plus la force. Et il n'avait plus le courage de continuer ensuite, une fois rentré, il n'avait plus le courage d'attendre que son cœur lui revienne. Il fallait que tout cela se termine, c'était inévitable. Tout devait finir, enfin...

Rodney McKay s'arrêta de courir et se jeta résolument sous les pattes du diplodocus en furie.

----

Carson se réveilla en sursauts. Encore un de ses satanés cauchemars, de ceux où il voyait à la mort en face. Pas sa propre mort, celle de sa fille ou Rodney, comme aujourd'hui. Le fait de ne pas savoir comment il allait et de quelle façon il prenait sa " disparition " le frustrait complètement. Et d'avoir trop d'orgueil pour lui dire la vérité en face, cela la hantait. L'écossais s'appliqua à reprendre son souffle et essuya la sueur accumulée sur son front d'un revers de main. Il posa sa tête sur l'oreiller et tenta de se rendormir, mais son cauchemar l'en empêcha.

Il se leva et partit se servir un verre d'eau glacée dans le coin cuisine. Son appartement n'avait que deux pièces, une salle de bain avec commodités et un salon chambre cuisine bien pratique. L'habitation était assez grande, mais le propriétaire de l'immeuble avait voulu garder l'esprit " loft " dans chaque appartement.

Peut être devrait il l'appeler ? Demain ?
C'était un peu présomptueux de se dire que Rodney s'inquiétait à son sujet. Cela faisait quatre mois qu'il avait quitté la voiture, c'était un peu tard.
Et puis le scientifique devait sûrement s'en foutre. Depuis quelques temps, rien n'était plus pareil entre eux. Ils se disputaient pour un rien, Beckett avait la vague impression d'être devenu un moins que rien aux yeux de son compagnon, qui ne le respectait plus beaucoup. De son coté, Carson n'était plus autant attiré par Rodney. Physiquement, il n'éprouvait plus le besoin de lui faire l'amour, toute leur vie était englobée dans ce brouillard de lassitude, et c'est pour ça que l'ex-médecin était partit. Il avait l'impression de perdre son temps, il s'ennuyait dans son quotidien et ne le supportait pas.

L'écossais se recoucha.

----

Quand Sheppard avait vu McKay se jeter dans la machine à purée- oups, le diplodocus- il avait tout de suite crié et avait traversé à ses risques et périls la prairie tremblante sous les pas de l'animal, afin de pousser le scientifique à l'abri dans les fourrés.
Il tomba lourdement sur lui, et attendit que le dino soit passé pour lui hurler dessus.

John : PUTAIN DE MERDE, C'EST QUOI VOTRE PROBLEME RODNEY ?

L'astrophysicien, qui avait fermé les yeux, les rouvrit. John le prit par le col et le secoua comme un prunier.

John : Vous savez ce que vous venez de faire ? Vous avez pensé à Juliet ?
Rodney : Oui, et elle est mieux sans moi ! Pourquoi vous m'en avez empêché ?
John : Parce que c'est la plus grosse connerie que vous ayez jamais faite, voilà pourquoi !

Rodney se débattit mais le militaire resserra son emprise.

Rodney : Je peux plus continuer ! Laissez moi !
John : Bien sur que si vous pouvez !
Rodney : Non ! Pas sans lui ! C'est trop dur...

Il éclata en sanglots.

Rodney : Merde, pourquoi vous ne m'avez pas laissé faire...
John : Parce que je ne vous permettrait pas de mettre votre vie et celle de l'équipe en danger à cause de vos états d'âme, si justifiés soit ils, ok ?
Rodney : Je veux mourir, j'en peux plus...

Il pleura de plus belle et John relâcha son col de veste et le serra contre lui. Il tremblait.

Rodney : Laissez moi là. Pitié, laissez moi.
John : Je ne ferais jamais ça, et vous le savez.

Il se dégagea, se leva et contempla le canadien en pleurs. On aurait vraiment dit un gosse, trépignant pour qu'on le laisse faire ce qui lui chantait.
Ford et Teyla étaient derrière eux, Aiden s'était évertué à tirer dans l'arrière train du diplodocus pour le neutraliser, sans succès.

Teyla : Ca va ?
Aiden : McKay, qu'est ce que vous avez foutu ?

Voyant bien qu'il n'obtiendrait pas de réponse et s'inquiétant sur le sort de son ami, Ford s'agenouilla à ses cotés.

Aiden : C'était pas l'idée du siècle de faire ça doc. On a besoin de vous ici.

Sheppard essuya ses lunettes de soleil maculées de boue et soupira.

John : Allez, on rentre, debout.

Aiden se leva.

John : Debout Rodney.
Rodney : Non.
John: Vous n'avez plus cinq ans mon vieux, arrêtez vos caprices. J'ai dit debout.
Rodney : Je reste là.
John : Aidez moi vous autres.

Teyla le prit par le pied gauche tandis que le militaire le tenait par le gauche, alors que le major s'était saisi de ses bras. Rodney se débattit à nouveau.

Rodney : Lâchez moi connards de militaires ! Vous ne comprenez rien ! Laissez moi crever !

Une larme roula sur la joue de l'athosienne.

John : A trois on le soulève et on passe la porte. Un...deux...trois !

McKay n'avait plus la force de se débattre. Il continua à traiter ses compagnons de tous les noms jusqu'à ce qu'ils fussent rentrés sur Atlantis. Ils le relâchèrent enfin dans la salle d'embarquement.

Rodney : Vous n'êtes qu'une bande d'oiseaux sans cervelle ! Ca vous arrive de respecter quelque chose ?

Inquiète, Elisabeth sortit de son bureau perchoir, descendit à leur rencontre et demanda des explications à John.

John : McKay nous fait une crise d'hystérie apparemment.
Rodney : Oh, une crise d'hystérie ! Je ne suis pas une adolescente dépressive major !
John : Non, vous êtes un quadra suicidaire, si vous croyez que c'est mieux !
Elisabeth : Suicidaire ?
John : Il y a à peine cinq minutes, notre petit génie a eu la bonne idée de se sacrifier sous les pattes d'un dinosaure en furie, et maintenant il m'en veut de l'avoir sauvé.
Rodney : Vous n'êtes pas capable de respecter mon choix !
John : Ce choix est débile.
Rodney : Vous vous sentez toujours obligé de jouer les héros !
John : Votre jugement est obscurci par ce que vous ressentez, vous n'êtes pas dans votre état normal
Rechercher dans les fanfics (auteur, titre, mot, ...)


Reunion Stellaire David Hewlett - FR The Scifi World SeriesTele.net
Tous droits réservés © 2010 GateShip-One.net | Equipe | Copyright | Favoris
TinyButStrong