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Informations :
Auteur : Rily
: 20/12/2005
Note : 9
Nombre de votes : 1


Histoire :
Il était dans sa cellule, attendant le verdict de la cour. Assis dans un coin de la pièce sale et humide, les genoux repliés sous son menton, il laissait peu à peu l'angoisse l'envahir. Il avait froid. Il respirait à peine et son visage qui d'habitude était remplis de malice, affichait l'air sombre du condamné. Sa vie défilait devant ses yeux éteints. Il avait accompli tellement de choses ces derniers temps : des découvertes fantastiques, des choix terribles, des affronts victorieux, des échecs... Certains le prenaient pour un héros, d'autres pour un simple soldat ou bien encore un coureur de jupons, téméraire et chanceux... mais sur cette planète, tous en étaient sûrs : c'était un meurtrier.
Il entendit un bruit de pas : on venait le chercher. Deux gardes de grande taille ouvrirent la porte. Ils lui passèrent des menottes électromagnétiques qui immobilisèrent ses avants-bras. Ils le poussèrent devant eux. Il marchait d'un pas lent. Il avait déjà pensé à s'échapper mais la technologie de cette civilisation dépassait de loin celle de la Terre : il n'aurait pas réussi.
Il arriva dans un endroit que les autochtones de ce monde nommaient le Temple de Justice. L'endroit lui rappelait vaguement un stade de football : ovale et immense, à ciel-ouvert avec des gradins où étaient assises des milliers de personnes. Tous le regardaient avec mépris et dédain. Il monta sur une plate-forme qui s'éleva dans les airs face aux trois juges, aux vingt jurés, et au huit procureurs qui l'avais accablé pendant des heures.
Il n'avait eu droit qu'à une seule avocate. Une avocate qui d'ailleurs n'en était pas une. C'est lui qui l'avait choisie et il ne le regrettait pas. Elle l'avait vaillamment défendu. Il la regarda. Elle soutint son regard pendant un long moment lui assurant que quoi qu'il arrive, elle serait avec lui jusqu'au bout.
Les trois juges le dévisageaient de leur yeux inexpressifs. Ils portaient chacun une robe noire, sans aucun plis. L'accusé serra les dents et les poings. Il ne respirait plus, attendant la sentence. Son cœur battait la chamade. Il avait peur. Il garda néanmoins la tête haute, le corps droit, témoignant d'un sens de l'honneur et d'une dignité, insoupçonnés jusque-là. Un silence lourd s'installa dans tout le Temple. Le plus âgé des juges annonça de sa voix monotone :
" Lieutenant Colonel John Sheppard, vous êtes reconnu coupable du double-meurtres de notre Protecteur, le Commandeur en Chef Tolnia'c et de sa femme, Huriana. Pour ce crime, la sentence n'est autre que la Mort... "
John Sheppard ne répondit rien. Il aperçu du coin de l'œil ses amis. Rodney s'arrachait les cheveux et rageait " C'est injuste ! ". Teyla tentait de le calmer mais une haine profonde envers tous ces gens l'envahissait et elle ne fit qu'empirer la situation. Ce fut Ronon Dex qui intervint en les secouant fortement tous les deux par les épaules en en leur murmurant d'une voix ferme : " Respect ! ".
Le Lieutenant Colonel se tourna vers Elisabeth Weir. Elle baissa la tête face à son échec. Elle avait trahit la confiance de John et n'avait pas réussi à le sortir de ce mauvais pas. La tristesse et la colère tourbillonnaient dans son être à un tel point que ce fut un ouragan de désespoir qui s'empara du Docteur. Elle se mordit la lèvre inférieure et serra les poings si fort que ses ongles pénétrèrent dans la chair de ses paumes. Toutes ces souffrances qu'elle s'infligeait dans le but de rester impassible.
Sheppard lui sourit tristement. Il hocha la tête en guise de remerciement : Elisabeth avait tout fait pour le défendre lors de ce long procès. Mais il était surtout reconnaissant de la foi qu'elle avait eu en lui. Pas un seul instant elle n'avait douté...Elle s'était dévouée pendant deux semaines à le défendre...Pas un seul instans elle n'avait songé à l'abandonner...Même aujourd'hui alors que tout était perdu, elle contesta :
- Objection vos Honneurs...
- Rejetée ! avait sèchement déclaré les juges d'une seule voix.
La plate-forme de John glissait en plein air, l'emmenant peu à peu vers l'autel d'exécution où dix soldats armés l'attendaient.
McKay lui avait expliqué le fonctionnement de leur armes dans l'espoir de le rassurer. C'était en fait des fusils à décharges électromagnétiques qui, à forte puissance, arrêtaient les battements du cœur et l'activité cérébrale empêchant ainsi le fonctionnement du système nerveux etc...En bref, il ne devait ressentir aucune douleur.
Il monta sur l'autel. Ses derniers instants lui parurent une éternité... Une éternité dans laquelle il se souvint comment il en était arrivé là...
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Ils traversèrent une fois de plus la porte des étoiles. L'équipe du Lieutenant Colonel Sheppard arriva dans une immense salle vide. Le vortex se referma derrière eux. Ils constatèrent en quelques secondes que le niveau technologique de cette planète approchait celui des Anciens : des accès bloqués par des champs de force, des escaliers mobiles, des hologrammes...
Le Colonel vit que McKay s'agitait. Le scientifique analysait avec désarroi son ordinateur. Le militaire s'approcha, et par-dessus l'épaule du Docteur, il observait l'écran de couleurs et de schémas clignotants. Il demanda :
- Un problème McKay ?
- Je ne comprends pas, répondit Rodney, nous sommes entourés d'énergie...
- Vous pensez à un E2PZ ?
- Non, hésita McKay, c'est quelque chose de différent...On dirait...
Il n'eut pas le temps d'achever sa phrase. Toutes leurs armes se dématérialisèrent sous leurs yeux. Sheppard regardait effaré ses mains vides qui, quelques secondes plutôt, tenaient fermement un P-90.
- Alors ça, c'est très fort ! déclara le soldat.
Teyla s'approcha doucement et, en se haussant légèrement sur la pointe des pieds, elle lui souffla à l'oreille :
- Je pense que nous sommes observés !
Sheppard hocha la tête, ça lui paraissait évident. Il plissa les yeux et scruta les murs de la pièce, dans l'espoir de trouver un appareil ressemblant à une caméra vidéo, mais rien n'attira son attention.
- Vraiment très fort ! répéta-t-il.
Il s'étonna de ne pas voir McKay s'inquiéter. Ils se trouvaient sur une planète inconnue, sans armes, face à un peuple nettement plus avancé dont ils ignoraient tout...De plus la porte venait de se refermer, et ils ne pourraient pas contacter Atlantis en cas de problème...Non, le scientifique était tellement absorbé par sa découverte qu'il en oublia tous ces détails alarmants.
- Bienvenus chers visiteurs ! annonça soudain une voix dans leur dos.
John et Teyla se retournèrent simultanément. Un homme, assez corpulent, portant une tunique crème, le front dégarni, vint à leur rencontre. Le Colonel Sheppard sourit avec peine mais Teyla, comme à son habitude, se montra chaleureuse et les présenta :
- Nous sommes des explorateurs. Nous visitons d'autres mondes dans le but d'établir des relations entre nos différents peuples...Voici le Lieutenant Colonel Sheppard, le Docteur McKay, Ronon Dex et je suis Teyla Emmagan.
- Ravi de vous rencontrer, répondit jovialement l'autre. Je suis Lukos. On me charge d'accueillir les gens qui traversent la...
- Où sont nos armes ? le coupa Sheppard.
- Elles sont stockées dans la mémoire d'un système de téléportation. C'est le règlement : tout étranger doit être dépourvu de ce qui ressemble de près ou de loin à un arsenal quelconque. Elles vous seront rendues quand vous repartirez.
Le Colonel acquiesça en silence. Teyla lui lança un regard réprobateur. Qu'avait donc John ce matin pour être de si mauvaise humeur ?
Ils suivirent leur hôte qui les guida à travers la capitale, laquelle portait le nom de sa planète : Aphrodis. Ce qu'ils y virent les laissa ahuris : des vaisseaux aériens par milliers se déplaçaient entre les gratte-ciel gigantesques. Des affiches publicitaires holographiques devant chaque boutique. Ceux qui ne possédaient pas de vaisseau avaient à disposition des plate-formes métalliques qui avançaient dans les airs à l'aide de propulseurs verticaux. Lukos leur expliqua que les moyens de téléportation n'étaient réservés qu'aux personnes de haut rang. C'est pourquoi ils patientèrent pendant vingt minutes dans une limousine aérienne.
Durant ce temps Sheppard ne put s'empêcher d'admirer Aphrodis. Il devait l'admettre, cette cité rivalisait avec Atlantis. La seule chose qu'il manquait était la brise fraîche et le bruit des vagues déferlantes, en clair : l'océan. Une question resta néanmoins en suspens dans l'équipe. John se tourna vers Rodney :
- Comment ces gens ont-ils pu en arriver à ce stade, dans cette galaxie infestée de Wraith ?
Le Docteur n'entendit pas la question, trop absorbé par les données de son ordinateur. Cela eut pour effet d'irrité un peu plus le Lieutenant Colonel :
- Eh McKay ! Je vous ai posé une question !
Teyla sursauta au ton agressif de John. Le scientifique releva la tête mais ne regarda pas son supérieur. Il observa un instant le ciel violacé dans lequel se baignaient quatre lunes roses et un soleil aux rayons légèrement bleutés. Un éclair passa sur son visage renfrogné. On crut qu'une ampoule venait de s'allumer au-dessus de sa tête. Il désigna de son index les satellites naturels :
- Ces Lunes sont essentiellement composées d'un matériau métallique, qui pour le moment m'est inconnu, mais qui doit être de la même composition que celui qui forme cette planète ! Leur force centrifuge et la gravité qui les attire à Aphrodis doit certainement créer un puissant magnétisme.
Comme ces compagnons le dévisageaient d'un air hébété, il continua en montrant le soleil :
- Cette étoile, je vous parie qu'elle émet des rayonnements électriques ou électrostatiques... Or, en combinant d'une certaine manière l'électricité et le magnétisme on obtient un champ électromagnétique qui englobe la planète et ces astres. Cela peut aussi servir de champs de force naturel...ce qui expliquerait que les Wraith n'aient pas approché cette planète depuis sa création.
Puis, tout en regardant son ordinateur d'un air nettement plus maussade, il ajouta :
- C'est certainement aussi pour cette raison que cette saleté de machine refuse de fonctionner correctement...
- Ils en ont de la chance, dit John d'une voix légèrement accentué d'ironie.
- Je vois Dr McKay que vous êtes très doué, approuva Lukos.
- Oui ! Je sais, je sais... certifia Rodney.
Le guide se retourna vers ses invités :
- Effectivement, nous sommes protégés par ce bouclier naturel. D'ailleurs toute notre technologie repose sur l'électromagnétisme comme vous le constaterez prochainement.
John remarqua que l'engin dans lequel ils se déplaçaient ralentit sa course. Lukos sourit de toutes ses dents et déclara joyeusement :
- Nous sommes arrivés au Siège de notre Gouvernement. Je vais vous présenter au chef de notre Nation, le Commandeur en Chef Tolnia'c, qui, je suis sûr, sera ravi de vous rencontrer...


La journée passa, puis la nuit. John se réveilla, désorienté, dans la chambre qui lui était administrée. L'obscurité régnait en maîtresse dans la pièce. Une migraine atroce martelait son crâne au rythme de ses battements de cœur. C'est sans doute pour cette raison qu'il ne parvint pas à clarifier ses idées et à se remémorer la journée passée sur Aphrodis. D'ailleurs pourquoi avait-il dormi ici ? Où étaient Teyla, McKay et Dex ? Avait-il mangé depuis son arrivée ? Avait-il fait son rapport à Atlantis ? Autant de questions qui se bousculaient dans sa tête, amplifiant de plus belle ses maux.
Une odeur désagréable empestait dans toute la chambre. Il se leva et marcha un court instant avant de trébucher dans un pli de tapis et de s'étaler sur le sol. Il ragea, se redressa et atteignit tant bien que mal la salle de bain. Il voulait se passer un peu d'eau fraîche sur les tempes. Il alluma la lumière.
Un vertige le prit quand il se découvrit dans la glace. Du sang encore tiède recouvrait sa figure, ces habits en étaient imbibés tandis que des caillots se formaient sous ses ongles. Le liquide visqueux gouttait de son visage. Ses cheveux devenus poisseux se plaquaient contre son front où le mélange de la sueur et du sang perlait en goutte épaisse sur ces cils. John eu la nausée. Il s'enferma dans la douche mais ne put se décrasser : l'eau vint à manquer.
Il eut un haut-le-cœur et sortit de sa chambre.

Il ne reconnut pas les lieux : un couloir avec plusieurs portes anonymes. Son instinct lui conseilla à droite. Il frappa et entendit un grognement. McKay vint lui ouvrir, encore somnolent. A la vue de John en rouge, le scientifique poussa un cri semblable à celui d'une femme dans un film d'horreur puis recula en arrière. Effrayé, il perdit l'équilibre et tomba à genoux : le Lieutenant Colonel de ses cauchemars entra dans la pièce...
Le militaire referma la porte puis s'avança près de Rodney qui leva les bras devant sa tête comme pour parer un coup. Sheppard constata que la chambre ressemblait à la sienne et il n'eut aucun mal à trouver la douche.
Il se lava du mieux qu'il put. L'eau était trop chaude mais cela lui importait peu. Il s'interrogeait sans cesse : Etait-il blessé ? Pourquoi tout ce sang ? Pourquoi l'eau était coupée dans sa chambre ? Que s'était-il passé ?
Il s'inquiéta en se voyant indemne, sans aucune égratignure. Qu'avait-il donc fait cette nuit ? Toujours ce mal de tête intense... et le fait qu'il n'ait plus aucun souvenir d'hier le rendit nerveux. Il demanda à Rodney de lui apporter des vêtements mais comme personne ne venait, il parla à travers toute la pièce :
- McKay ne soyez stupide ! Ca ne vous ressemblerait pas d'ailleurs !... Je me suis réveillé comme ça et j'ignore encore pourquoi...Je n'ai pas l'intention de vous faire du mal ! Si ça avait été le cas, vous ne croyez pas que je l'aurais fais depuis bien longtemps en vous abandonnant sur une planète déserte ou bien aux mains des Wraith?
Une main tremblante apparut derrière la porte. Rodney envoya aux pieds du Colonel un T-Shirt et un pantalon un peu larges, mais propres. Il s'habilla rapidement puis il releva le scientifique et lui posa toutes les questions qu'il lui vint à l'esprit :
- Où sommes-nous ? Pourquoi avons dormi ici ? Où est la Porte des étoiles ? Pourquoi une équipe d'Atlantis ne revient pas nous chercher ? Avez-vous de l'aspirine ?
Le Docteur regarda John d'une mine éberluée. Il crut que Sheppard devenait fou. Le Lieutenant Colonel se massa les tempes, sa migraine redoublait. Il ordonna :
- Réveillez les autres ! On rentre à la base ! C'est malsain ici !

Teyla et Ronon Dex furent prêts en quelques minutes. L'Athosienne s'apprêtait à demander des explications au Colonel mais celui-ci l'arrêta d'un geste, et lui chuchota que plus vite ils seraient rentrés et mieux cela vaudrait. Discrètement, ils sortirent du bâtiment et réquisitionnèrent un vaisseau aérien. Sheppard pilotait, guidé par Teyla. Il arrivèrent enfin au bâtiment de la Porte. Ils y pénétrèrent mais, au moment où ils ouvrirent le vortex vers Atlantis, des soldats Aphrodiens les encerclèrent tout en les menaçant de leur armes.
L'équipe du Lieutenant colonel levèrent les bras. Seul John continua de parler à travers la radio :
- Atlantis nous sommes menacés ! Envoyez vite des renforts et si ...
Sa radio se dématérialisa. Vaincu, il tendit ses mains en l'air, comme ses compagnons. Un homme grand et maigre, le visage moqueur, s'avança vers eux et déclara d'une voix neutre :
- John Sheppard, vous êtes accusé de meurtre. Nous vous retiendrons prisonnier sur Aphrodis tant que cette affaire ne sera pas éclaircie. En attendant, vous serez incarcéré et interrogé de même que le reste de votre équipe.
Puis se tournant vers un capitaine Aphrodien, il ordonna :
- Emmenez-les et avertissez leur base !

Le Docteur Elisabeth Weir n'en crut pas ses oreilles : John ? Accusé de meurtre ?
- C'est impossible ! s'écria-t-elle devant Bates.
Le militaire ne répondit pas immédiatement. Il hésita :
- Je ne voudrais pas l'accuser d'avantage, mais sachez que lorsque l'on est militaire, il arrive à un moment ou à un autre d'abattre quelqu'un et...
- Qu'est-ce que vous insinuez ? demanda Elisabeth d'un ton glacial.
- Je n'insinue rien...mais...je dis simplement que ce ne serait pas la première fois que Le Lieutenant Colonel tue quelqu'un...
- Peut-être... mais le Chef d'une Nation et sa femme ? De sang froid ? Sans aucun mobil ? Je ne crois pas que le Colonel soit ce genre d'homme !
Elle regarda un moment la porte des étoiles, puis, elle se résigna :
- Je vais y aller.

Accompagnée d'une équipe, le Docteur Weir franchit la porte des étoiles et atteignit Aphrodis. Elle parlementa avec Lukos qui la présenta au Conseiller de Justice. Elle négocia un moment puis, on l'emmena directement dans la cellule du suspect.
Elle eut de la peine en le voyant. Il était seul, assis sur le sol métallique glacial, la tête enfouie dans les genoux. Le Docteur crut pendant un moment qu'elle avait affaire à un enfant. Il ne l'entendit pas arriver. Peut-être dormait-il ? Elisabeth en doutait. Les mains de John étaient crispées. Elle s'aperçut qu'il tremblait, faiblement elle devait l'admettre, mais il tremblait. La jeune femme se demanda qu'elle en était la cause : la nervosité ou bien le froid saisissant de l'endroit ?
Un bureau et une chaise étaient installés dans la petite pièce. Elisabeth ouvrit doucement le sac qu'elle avait apporté, puis elle questionna le Colonel en tentant d'être amusante :
- Poulet ou Thon ?
John releva la tête et la regarda effaré :
- Elisabeth ! balbutia-t-il.
- Désolée Colonel, je n'ai pas ce genre de sandwich dans mon sac ! Je n'ai que du thon ou du poulet ! plaisanta-t-elle. Vous avez choisi ?
Le visage lugubre de John s'illumina. Finalement il se décida :
- Je prendrais bien du poulet.
Elle lui apporta le sandwich dans lequel il mordit à pleines dents. Elisabeth sourit. Elle entama le sien avec plus de délicatesse tout en expliquant la raison de sa venue :
- Nous avons été avertis à Atlantis. Je suis arrivée ici dans l'espoir d'établir un arrangement...J'ai obtenu la liberté de Teyla, Rodney et Ronon Dex mais vous..., dit-elle d'un air plus maussade, ils ont refusé...
John haussa les épaule et objecta :
- Je ne mets pas vos compétences en doute, mais...Est-ce que ça vous étonne ?
- Non, lui confia-t-elle. Mais rien n'empêche d'espérer...
John considéra la remarque. Le Docteur Weir continua :
- J'ai proposé de faire un procès. Les Aphrodiens approuvent l'idée.
- Un procès ? Mais pourquoi faire ?
- J'ai pensé que cela nous donnerait assez de temps pour éclaircir toute cette histoire. C'est pourquoi vous devez absolument tout me dire... Tout me raconter, en détail, votre journée passée sur Aphrodis.
Le Colonel gloussa, ironique :
- C'est justement là qu'est le problème Docteur...
Puis, reprenant son sérieux, il plongea son regard dans les yeux bleus d'Elisabeth. Un long silence s'installa. Il se noyait dans ce bleu-mer qui lui rappelait tellement l'océan. Les gigantesques vagues déferlantes qu'il contemplait depuis Atlantis. Bien souvent, il admirait cet horizon tumultueux en compagnie d'Elisabeth, sur ce balcon qui leur était réservé et où ils parlaient librement, en confiance, avec la plus grande sincérité qui soit.
C'est avec cette même sincérité qu'il avoua :
- Je ne m'en souviens pas...
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Le procès eut lieu au Temple de Justice. Un planning fut mis au point : tous les trois jours, la cour devait se rassembler pendant 12h et assister au combat de ceux qui culpabilisaient contre ceux qui innocentaient le Lieutenant Colonel John Sheppard. Des centaines de milliers de personnes étaient présentes : c'était l'affaire du siècle.
Huit procureurs, dont un Procureur Chef : Icarro'v. Trois juges, dont le plus âgé était le Conseiller de Justice : Avègle, le seul à prendre la parole. Vingt jurés choisis parmi les civils d'Aphrodis.
Tout le gouvernement de la planète regardait le spectacle de loin, en hauteur sur les balcons. Le Conseiller Suprême Gemini, cet homme-là même qui avait empêché John de franchir la porte, qui l'avait fait arrêté, devint le nouveau Commandeur depuis le tragique évènement.
Lors des témoignages, un appareil était mis en place afin de vérifier la tension, la température, le rythme cardiaque,...en bref un détecteur de mensonges. Donc, obligation de dire la vérité.
La première question que le Conseiller Avègle posa au Colonel :
- Avez-vous choisi un avocat pour vous défendre ?
- Oui.
Instinctivement, John se retourna vers Elisabeth. Le Docteur Weir prit place à ses côtés. Elle avait préparé leur défense la veille mais elle doutait de ses compétences en matière de Droit. John lui avait assuré qu'elle était la seule personne qu'il aurait souhaitée pour ce rôle ce qui avait laissé Elisabeth perplexe : le pensait-il vraiment où ce n'était que pour lui faire plaisir ?
Icarro'v commença par interroger l'accusé :
- Lieutenant Colonel, pouvez-vous nous expliquer où vous étiez et ce que vous faisiez à l'heure présumée du crime, c'est-à-dire entre vingt trois heures et une heure du matin ?
- Je ne me rappelle pas, déclara froidement John. De même que je ne me rappelle plus de ma journée passée sur Aphrodis.
- Comme c'est étrange, ricana le Procureur. Vous êtes amnésique et pourtant, tôt le lendemain du meurtre, lorsqu'il faisait encore nuit, vous vous êtes enfui et traversé la moitié de la ville sans savoir où vous alliez ? Sans aucun souvenir des directions à prendre ?
- Je tiens à préciser, intervint le Docteur Weir, que le Lieutenant Colonel était accompagné de son équipe et que, par conséquent, il était guidé.
- Oui, je sais. C'est pourquoi je demande à parler au Docteur Rodney McKay !
Le scientifique arriva quelques secondes plus tard, sur une plate-forme volante dont il avait compris l'ingénieux mécanisme.
- Docteur, commença Icarro'v, quelles sont vos impressions vis-à-vis du Colonel lors de votre séjour sur Aphrodis ?
- Pour tout vous dire, je me moque éperdument du comportement que peut avoir le Colonel Sheppard. Vous pouvez vous renseigner, je suis quelqu'un d'extrêmement indifférent sauf envers deux choses : la première étant moi-même, la deuxième la nourriture !
- Parlons de la nourriture...Le Commandeur vous avait invité à dîner le soir de votre arrivée. J'ai entendu dire que vous étiez enthousiaste à l'idée de manger. Etait-ce pareil pour le Colonel ?
- Non, admit McKay. Bien au contraire. Je pense que le Colonel aurait préféré rentrer à la base. Mais peut-être qu'il n'avait pas faim...émit McKay, une once de sarcasme dans la voix.
Icarro'v sortit une boîte et l'ouvrit pour en sortir un couteau :
- Hier, le Colonel Sheppard et son équipe mangèrent à la table du Commandeur Tolnia'c. Lorsque le repas se termina, aux environs de onze heures du soir, un domestique remarqua, en débarrassant, qu'il y manquait un couvert : ce couteau même que je tiens et que nous avons retrouvé dans la chambre du Lieutenant Colonel...
- Objection ! s'opposa Elisabeth. Tant que nous n'avons pas la preuve que c'est bien le Colonel qui a apporté cette arme dans sa chambre, je refuse que nous continuions l'accusation à partir de cette pièce à conviction. Après tout, rien n'empêche l'assassin de glisser l'objet dans la chambre, durant la nuit !
Icarro'v pouffa : l'hypothèse d'un meurtrier imaginaire, insaisissable faisait une piètre défense. C'est pourquoi il justifia son opinion, qui lui semblait bien plus vraisemblable :
- Peut-être, mais l'assassin irait-il jusqu'à arroser le Colonel Sheppard avec le sang des victimes ? Sans que celui-ci ne s'en aperçoive ? Car c'est bien du sang qui recouvrait le Colonel, n'est-ce pas Docteur McKay ?
McKay qui se croyait oublié, fut prit au dépourvu :
- Hem...oui...oui je crois.
- Et cela ne vous a pas étonné ?
- Bien sûr que non, ironisa McKay. Après tout, j'ai tellement l'habitude de le voir fêter Halloween, que je ne m'en soucis plus depuis le temps...
Le détecteur de mensonge vira au rouge et émit un long bip sonore. McKay ragea :
- Oui... j'étais même effrayé pour tout vous dire...
- Une dernière question Docteur : pensez-vous que le Lieutenant Colonel John Sheppard ait pu commettre un tel acte ?
McKay ne répondit pas tout de suite. Il inspira profondément puis parla calmement, espérant dire la vérité :
- Non.
Rien ne se produisit. McKay eut un bref soulagement. Icarro'v continua :
- Pourtant, à ce que j'ai pu comprendre, le Colonel ne vous traite pas vraiment de la meilleure façon. Il vous contredit sans cesse, il vous donne des ordres déplaisants, il vous remet à votre place la plupart du temps... Pourquoi alors cette certitude qu'il est innocent ?
- C'est vrai, avoua Rodney, que le Colonel et moi sommes rarement d'accord, pour ne pas dire jamais. Mais au fond...après avoir affronté des dangers côte à côte, après de longues expéditions périlleuses, après avoir été emprisonnés maintes et maintes fois dans les pires conditions qu'il existe, ces petites chamailleries entre lui et moi sont superflues. Je sais aujourd'hui, que quoi qu'il arrive, je pourrais toujours compter sur John, qu'il veillera toujours sur moi, non pas parce que c'est mon supérieur et qu'il est responsable de ma personne mais parce nous sommes devenus amis, malgré tous nos différents. Et c'est pour ça aujourd'hui, que je suis certain qu'il n'est pas coupable...que je le soutiendrais jusqu'au bout pour lui prouver qu'il peut aussi compter sur moi !
Le discours surpris Icarro'v et toucha l'assemblée. Le Procureur vit Elisabeth sourire ce qui l'énerva un peu plus. Il jugea le scientifique un instant : ce Rodney McKay n'était pourtant pas du genre à formuler d'aussi belles phrases. Et pourtant, aujourd'hui c'est ce qui marqua le point.
John fixait McKay de ses yeux clairs. Rodney affichait un sourire de vainqueur, content d'avoir remis en place cet Icarro'v qui commençait à l'agacer. Le soldat considéra un moment le scientifique. C'est vrai que lorsqu'ils se disputaient, ça ne durait jamais longtemps. Il estimait beaucoup Rodney même s'il ne lui avait jamais dit. S'il avait su que McKay pensait la même chose de lui, peut-être n'aurait-il pas été aussi dur, aussi énervant et aussi moqueur...
S'il avait su...
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John était tout seul dans sa cellule. Il se cognait la tête contre le mur, à intervalles réguliers. Sa migraine ne passait pas. Le Docteur Weir lui avait pourtant apporté de l'aspirine mais rien à faire. On vint le chercher, de nouveau pour répondre aux questions et écouter les déclarations des autres. Aujourd'hui, c'était au tour de Teyla du subir le terrible Icarro'v :
- Quel est votre rôle au sein de l'équipe, Melle Emmagan, en dehors de vos connaissances concernant les Wraith ?
- J'ai déjà établi des relations entre mon peuple d'Athos et ceux rencontrés sur les autres planètes, expliqua la jeune femme. Comme je suis déjà connue de plusieurs de ces mondes, cela facilite la confiance de ces gens envers Atlantis... Donc il est plus aisé de négocier et...
- Est-ce toujours facile de se faire des amis lorsque son supérieur ne desserre pas les mâchoires ? Qu'il ne répond que par des hochements de tête et des sourires vagues ? Car c'est bien ce qu'il s'est passé ici, non ?
Teyla n'apprécia guère le ton d'Icarro'v. Sachant qu'elle ne pouvait mentir, elle répondit honnêtement, tout en surveillant ses paroles :
- Le Lieutenant Colonel est d'habitude quelqu'un de très agréable. Il n'y a qu'ici que je l'ai vu dans cet état. Il était comme mal à l'aise...Je l'ai trouvé un peu plus...brusque envers le monde mais cela passa quand il rencontra le Commandeur Tolnia'c. Il était beaucoup plus plaisant et parlait librement, plaisantant sur tous le sujets...comme à son habitude...
- Lors du dîner ? Comment était-il ?
L'Athosienne lança un regard noir au Procureur qui ne cessait de l'interrompre. Elle enchaîna, la colère se faisant sentir dans sa voix :
- Nous avons commencé par parler des Wraith et de leur menace qui grandissait à chaque instant. Nous avions établi l'hypothèse que un jour où l'autre ils finiront par arriver sur Aphrodis. C'est pourquoi le Colonel avait proposé une alliance militaire...mais le Commandeur Tolnia'c avait dès l'instant refusé. Il expliquait que son peuple ignorait cette menace, et qu'il ne voulait pas envoyer des soldats se battre contre un ennemi dont ils ne connaissaient rien...
- Comment a réagit le Colonel Sheppard ?
Teyla eut du dégoût pour Icarro'v. Celui-ci posait des questions sans même attendre la fin des réponses qu'on lui donnait. Elle continua, un peu plus hésitante :
- Il n'a plus parlé du repas. Ce n'est pas pour autant qu'il resta froid et désagréable. Il avait remarqué que Vulk'in, le fils de Tolnia'c s'ennuyait au point de s'endormir à table. Il s'était donc occupé de l'enfant, en jouant, en lui racontant des histoires, et en faisant des tours de magies...Je crois que même si le Commandeur et sa femme Huriana (qui mangeait également avec nous), n'en laissèrent rien paraître, il avaient apprécié la sympathie du Colonel envers leur fils...
- Ce que vous croyez vis-à-vis de notre ancien Chef ne m'intéresse guère, Melle Emmagan, d'autan plus que Vulk'in a disparu depuis le drame...Néanmoins grâce à vous, nous avons obtenu le mobil du crime.
Icarro'v se tourna vers la foule et s'expliqua :
- N'est-il pas étrange que John Sheppard montre une si grande sympathie envers Tolnia'c si ce n'est pour le frapper lorsqu'il lui tourne le dos, confiant ? N'est-ce pas étrange que le Lieutenant Colonel soit devenu silencieux après le refus de notre Protecteur envers une alliance militaire ? L'enfant n'était qu'un prétexte pour cacher sa colère, car si John Sheppard a tué, ce n'est que par pure vengeance et jalousie ! Oui, exactement ! Sa rage qui s'est accumulée toute la journée en silence dans un sois-disant malaise constant, lorsqu'il contemplait notre belle citée protégée et évoluée, cette rage même qui explosa le soir du meurtre lorsque notre Commandeur réfuta l'idée de combattre les Wraith...
Teyla qui en avait plus qu'assez se leva et cria :
- Ne parlez pas d'un homme dont vous ignorez tout !
- Parce que vous, bien sûr, vous affirmer bien le connaître ? Bien le connaître au point de ne pas douter de son innocence ? Car à mon avis...
- Je me fiche éperdument de votre avis ! Le Lieutenant Colonel Sheppard et l'un des hommes les plus courageux et les plus honorables qui n'aie donné de rencontrer ! Il est toujours aussi service des autres sans presque jamais penser à lui ! Et c'est vous Icarro'v, vous qui ne lui avez jamais adressé la parole, qui l'accusez ? Vous qui cherchez sans cesse de nouvelles preuves dans l'espoir de le rendre toujours un peu coupable aux yeux de tous ces gens !
Elle montra de la main l'ensemble de la foule.
- Si je cherche toujours de nouvelles preuves, c'est dans l'unique but de faire mon devoir et d'aider la justice...
- Non ! Si vous cherchez tant ce n'est que dans vos propres intérêts ! Votre seul objectif est de gagner ce procès ! Que le Colonel soit innocent ou coupable, vous vos en moquez ! Car s'il s'agissait de justice, John Sheppard serait déjà libre !
Icarro'v analysa un moment Teyla puis lui demanda :
- Vous l'admirez n'est-ce pas ?
L'Athosienne fut surprise par la question mais elle répondit avec la plus grande franchise :
- Oui, je l'admire...Et je le défendrais coûte que coûte, quitte à mourir...
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Quelques jours plus tard, le Docteur Weir commença un long débat devant la cour :
- Imaginez que le Colonel John Sheppard soit la victime d'une abominable machination. En y réfléchissant, le Commandeur Tolnia'c n'était pas n'importe qui. Il était à la tête de cette nation et je suppose que beaucoup aurait aimé être à sa place. Et si, quelqu'un qui complotait depuis longtemps contre le Commandeur, avait vu dans l'arrivée de notre équipe d'Atlantis une occasion inespérée d'agir ? Il aurait d'abord observé puis choisi le présumé coupable. Il devait être invité au dîner et aurait discrètement dérobé le couteau qui lui servirait plus tard à tuer. Il avait peut-être fixé rendez-vous avec les victimes de même qu'avec le Colonel. Une fois tout le monde réuni, il assomme John Sheppard, massacre le couple à proximité. Ce qui expliquerait que le Colonel soit recouvert de sang. Puis, il téléporte le Colonel dans chambre et glisse l'arme sous l'oreiller...Ce devait être une personne de haut rang et...
- Objection ! la coupa Icarro'v. Je ne comprends pas pourquoi nous laissons le Docteur Weir nous conter cette histoire si elle n'a aucune preuve à nous fournir !
Après une brève concertation entre les trois juges, Avègle annonça en se tournant vers Elisabeth :
- Objection retenue. Docteur si vous vous n'appuyez pas vos soupçons avec des faits concrets nous ne pouvons vous permettre de continuer. Avez-vous quelque chose à nous apporter pour confirmer vos dires ?
Elisabeth s'empourpra. Le Procureur Chef eut un sourire victorieux. Elle le détestait. John vit l'expression amère qu'elle affichait. Il lui glissa trois mots à l'oreille et elle se calma instantanément. Elle répondit aux juges qu'elle n'avait rien à leur offrir.

Après l'audience, le Docteur Weir rendit visite à John. Le Colonel affichait un regard abattu, les nuits blanches en étant la cause. Depuis combien de temps n'avait-il pas fermé l'œil ? Depuis son effroyable réveil...Elisabeth fixa un moment son visage livide, ses cernes profondes, ses yeux vitreux, ses mains tremblantes et eut un frémissement. Elle avança dans la pièce sombre, n'osant pas allumer la lumière : la moindre clarté amplifiait la terrible migraine du prisonnier. Il s'adossait toujours au même mur, à la même place, les genoux replié sous son menton. Elle s'avança près de lui. Elle sortit de son sac une seringue vide. Sheppard sursauta en voyant l'aiguille étinceler. Il n'appréciait pas les piqûres et s'apprêtait repousser Elisabeth en arrière quand celle-ci s'expliqua :
- Du calme Colonel ! C'est le Docteur Beckett qui le veut. D'après lui ce n'est pas normal que vous souffriez autant le martyre...Et je pense la même chose : ce n'est pas qu'un simple mal de tête ! Comme Carson ne peut pas venir lui-même vous soigner il m'a demandé de vous faire une prise de sang.
John regardait toujours d'un air apeuré la seringue. Elisabeth tenta de le rassurer :
- Je vous promet de ne pas vous faire mal ! Maintenant donnez-moi votre bras et cessez d'être un enfant !
Le Colonel grimaça lorsque le Docteur Weir fit pénétrer l'aiguille dans la veine. Mais son expression changea bien vite. La surprise apparut sur ses traits durs : il n'avait ressentit aucune douleur. Elisabeth préleva la quantité voulue puis se retira en arrière en lui souriant :
- Vous voyez ? Je tiens toujours mes promesses...
Elle rangea la seringue dans une poche et s'assit par terre, face à John. Elle lui demanda d'un air un peu plus sérieux :
- Qu'entendait Teyla lorsqu'elle disait que vous étiez comme mal à l'aise ?
- Eh bien je..., hésita-t-il, j'avais l'impression que...C'est compliqué à expliquer...Un frisson constant, une sueur froide dans le dos, un nœud dans l'estomac...Un peu comme si j'avais...peur, mais sans aucune raison apparente.
- C'est toujours ce que vous ressentez ?
John hocha la tête. Le Docteur Weir déclara :
- J'en parlerais à Carson. Je lui apporte les prélèvements et je reviens tout de suite après...
Elle sortit en silence en lui adressant un signe de salut. Sheppard resta un long moment seul. Il n'avait jamais perdu la mémoire auparavant. Il avait fallut que cette expérience lui arriva le jour où il en avait le plus besoin. Mais peut-être n'était-ce pas un hasard ? Il ressentait comme un grand vide. Et plus il cherchait, plus il se perdait dans cet espace froid.
Parfois des images et des souvenirs bien plus antérieurs venaient combler ce trou. Il se revoyait en Afghanistan, où il avait abattu un jeune garçon qui tenait un fusil et qui l'aurait tué s'il n'avait pas tiré d'abord...Plusieurs fois, il revivait les combats qu'il avait livré, lorsqu'il n'était pas dans son hélicoptère. Mais l'image qui l'effrayait davantage était celle du Colonel Sumner, dont presque toute l'énergie vitale avait été dévorée par cette Wraith femelle. Il le revoyait vieillit, dans le viseur de son arme et à chaque fois il sursautait en entendant la détonation...

Elisabeth Weir revint d'Atlantis d'où elle n'avait pas traînée. A peine le temps de remettre le prélèvement à Carson, et elle repartait déjà vers l'autre planète. Elle marchait rapidement dans un des couloirs du Siège du Gouvernement. La cellule de John se trouvait dans un niveau inférieur.
Elle s'arrêta un instant. Sur sa route, elle passait devant le lieu du crime. Il s'agissait d'un parc qu'on avait aménagé à l'intérieur du bâtiment. Un bassin d'eau claire, des arbustes, d'immenses conifères, des bancs et une lumière artificielle jaune-orangée. Elle s'approcha de l'espace d'eau. Quelque chose étincelait dans le fond. Un petit objet dorée. Elle se pencha afin de mieux voir...
Quelqu'un la poussa. Elle n'eut pas le temps de se retourner, elle tomba dans l'eau devenue subitement sombre. Alors qu'elle remontait vers la surface, on jeta quelque chose sur elle, qui l'attira inexorablement vers le fond : un filet avec d'épaisses mailles de fer et du plomb dans chaque coin. La profondeur du bassin avoisinait les cinq mètres. Les oreilles d'Elisabeth souffraient de la pression mais la femme ne s'en rendit pas compte : elle paniqua. Prisonnière comme un poisson, elle cherchait une sortie, se remuant dans tous les sens. L'ai vint à manquer. Ses doigts se resserrèrent sur les liens d'aciers qui la retenaient dans le fond. Elle avait les poumons en feu. Sa vision se brouilla, elle sentit l'eau glacée pénétrer en elle...


- Heureusement que le Commandeur Gemini, lorsqu'il était encore Conseiller Technique ait eu l'idée géniale de programmer les installations de vidéos surveillance dans cette partie du bâtiment..., déclara une voix grave d'homme.
- Oui...mais encore faut-il que le système fonctionne ! répliqua une autre. C'est la deuxième fois qu'il y a une défaillance et comme par hasard...
- Ca suffit ! S'il le responsable de la vidéo-surveillance n'avait pas remarqué les remous dans le bassin, nous ne serions jamais intervenus. Très peu de personnes auraient survécue après douze minutes sous l'eau. Elle a eut beaucoup de chance...
- Chut ! Elle revient à elle !
Elisabeth Weir gémit et toussa : ses poumons étaient encore humides. Elle ouvrit les yeux avec beaucoup de peine. Trois personnes se penchaient au-dessus d'elle. Elle jugea qu'il s'agissait de médecins à la vue de leur uniformes. Elle resta un moment silencieuse et terrifiée : que s'était-il passé ? La mémoire lui revint...
Elle paniqua. Ils tentèrent de la rassurer, mais Elisabeth n'avait plus confiance. Elle se débattit et trouva la force de se lever. Elle marcha quelques mètres puis trébucha. Les autres la rattrapaient. La fatigue engourdissait tous ses membres. Qui ne serait pas épuisé après un voyage aquatique aux côtés de la Mort ?
Elisabeth vit l'ascenseur à une dizaine de mètres. Elle se releva et dans un dernier effort, elle courut jusqu'aux portes béantes de l'appareil. L'ouverture se referma derrière son passage, et commença à descendre, abandonnant les trois médecins ébahis.
Le Docteur Weir s'agenouilla, incapable de tenir debout plus longtemps. Elle respirait rapidement, au bord de l'hyper ventilation. L'ascenseur arriva à l'étage voulu et ouvrit ses portes. Weir regardait le long couloir terne qui s'étendait devant elle. Jamais elle ne pourrait parvenir au bout et tourner à droite. Elle désespéra, les horrible images du filet, des bulles d'air qui s'envolaient vers la surfaces, de l'objet inconnu, de cette ombre qui l'avait piégée, lui revinrent à l'esprit. Elle frémit. Non, le seul endroit où elle serait vraiment en sécurité était au fond du long couloir, à droite.
Elle se releva, tremblante, et s'appuya contre un mur. Elle progressa lentement, ses jambes refusaient souvent d'avancer et dans ces moment-là, elle s'écroulait à nouveau. Tout en s'aidant du mur, elle parvint au bout du couloir dont la longueur atteignait environ deux cents mètres. Elle tourna à droite et arriva aux quartiers des cellules. Par chance, le Colonel logeait dans la première des salles d'incarcération. Elisabeth souffla puis entra.

Quand John entendit des bruits de pas, il releva les yeux. Le Docteur Weir entra, sous le regard ahuri du militaire. Elle trébucha mais ne se releva pas. John se dépêcha et vint l'aider. Il la prit doucement l'adossa à une chaise. Elisabeth était trempée jusqu'aux os. Elle grelottait et de terribles crampes crispaient l'ensemble de son corps. Sa peau était glacée néanmoins son front était brûlant. Ses dents claquaient. Sheppard se plaça face à elle et l'assaillait de questions auxquelles le Dr Weir ne pouvait répondre, trop essoufflée :
- Que s'est-il passé ? Comment est-ce arrivé ? Vous allez mieux ?... Vous avez besoin d'aide il faut appeler quelqu'un...
A cette dernière phrase, Elisabeth, reprise soudain de panique, s'agita. Elle tenta d'expliquer au Colonel mais une violente toux la gagnait à chaque fois qu'elle essayait de parler. Alors, incapable d'énoncer un seul mot, elle posa son index sur les lèvres de Sheppard et l'implora de ses yeux bleus de se taire.
John comprit et hocha la tête. Comme il voyait que le Dr Weir tremblait toujours, il l'aida à se débarrasser de son uniforme lourd, imbibé d'eau glacial et lui enfila une veste chaude et sèche. Puis, se plaçant derrière, il l'aida à se réchauffer. Il passa ses bras autour d'elle et l'attira contre son torse.
Elisabeth se calma peu à peu. Elle cessa d'abord de trembler puis sa respiration redevint normale. La fatigue alourdissait ses paupières. Elle jugea qu'elle était en sécurité, dans les bras de cet homme que tous accusait de meurtrier. Alors confiante, elle ferma les yeux et s'endormit.
John garda Elisabeth longtemps contre lui et l'observa. On avait attenté à la vie du Dr Weir. Il ne voyait que cette explication. On l'avait noyée. Mais pourquoi ? Parce qu'elle représentait un obstacle à la condamnation tant désirée du Lieutenant Colonel ? Parce qu'elle avait vu quelque chose ? Quelque chose qu'elle n'aurait pas dû voir ? Ou bien parce qu'elle était sur une piste ?
Quoiqu'il en soit, John jugea que la planète devenait trop dangereuse pour cette femme et qu'elle n'aurait pas autant de chance la prochaine fois que quelqu'un s'en prendrait à elle. Elle devait partir...
Doucement, il souleva Elisabeth et l'emmena à sa couchette. Avec délicatesse, il la posa sur le matelas puis la recouvrit d'une couverture. Il s'assura de sa respiration, de son pouls, de sa fièvre qui avait chutée. Puis apporta une chaise près du lit et veilla sur elle durant toute la nuit et une longue partie de la matinée.

Elisabeth se réveilla, un peu surprise du fait qu'elle avait oublié où elle s'était endormie. Sheppard siégeait sur une chaise, à ses côtés. Elle se redressa et parut un peu gênée de dormir dans son lit. John se leva et lui apporta un plateau avec le petit-déjeuner : des céréales, du lait, un bol de café, des beignets, des œufs brouillés, du pain et un jus de fruit. Elisabeth n'en crut pas ses yeux. Comment John avait-il pu dénicher tout ceci ?
- Les gardiens sont très joueurs, répondit-il avec un petit sourire. Ces trois derniers jours, j'ai gagné de quoi faire une visite guidée sur Aphrodis. Mais après votre effort d'hier... j'ai pensé qu'échanger cette sortie contre de la nourriture vous aiderait à vous remettre...D'ailleurs en y réfléchissant, ça arrangeait les gardiens : ils ignoraient encore comment expliquer cette balade à leurs supérieurs...
Elisabeth ne quittait pas des yeux le somptueux plateau. Sheppard avait raison, elle avait besoin de manger. Elle manquait de calories. Beckett l'aurait sans doute confirmé. Elle se jeta dessus avec une faim vorace. Elle se permit cette fois-ci d'oublier les bonnes manières. Lorsqu'elle eut fini, elle sentit une vague d'énergie l'envahir. Néanmoins elle frissonnait encore. John lui apporta encore un de ses lots :
- J'ai aussi obtenu cet uniforme...Il risque d'être un peu grand mais c'est toujours ça...
Elisabeth rit. Effectivement, la veste était bien trop large et le pantalon beaucoup trop long mais elle s'en moquait, elle avait chaud et c'était le principal. Elle reprit son sérieux en repensant au événements de la veille...Elle les conta à John, dans les moindres détails...Celui-ci l'écoutait, l'air grave, tout sourire ayant disparu. Elle finit en expliquant comment elle pensait avoir été sauvée :
- Je ne suis pas sûre, mais je pense avoir entendu les conversations des médecins... Un système de vidéo-surveillance apparemment défectueux qui s'est arrêté de fonctionner durant une dizaine de minutes...Mais même après ce temps, des remous étaient visibles dans le bassin ce qu a attiré leur attention...
Elle relata sa fuite et se justifia :
- J'étais terrifiée...Je croyais que tous voulaient m'achever...Car c'est bien un Aphrodien qui m'a poussé...Je n'ai pas glissé ni même rêvé de ce filet...
Après un long silence, elle plongea ses yeux dans ceux de Sheppard et dit avec la plus grande reconnaissance :
- Merci.
John soupira, prenant en considération le long récit du Dr Weir. Il semblait être ailleurs, il cherchait ses mots. Hésitant, mais toujours sans quitter Elisabeth du regard, il déclara :
- J'ai un aveu à vous faire...
Le Dr Weir parut un peu surprise. Elle haussa un sourcil et l'incita à continuer. Le Colonel était embarrassé mais il enchaîna :
- Je...Je vous...Je vous ai...Je vous ai menti Docteur.
- Ah oui ?
- Oui. Vous restez sur cette planète uniquement pour me défendre parce que vous me croyez innocent et moi je vous utilise dans l'espoir que vous réussissiez. Mais voilà Docteur, alors que vous, vous vous acharnez à connaître la vérité, moi, je vous mens...Je ne suis pas amnésique...
Elisabeth vit là une occasion inespérée :
- Mais c'est fantastique ! Grâce à votre témoignage vérifié par le détecteur de mensonges, tous sauront que vous n'êtes pas coupable...
- Que vous êtes naïve et stupide ! s'écria Sheppard, un ton au-dessus. Il faut toujours tout vous expliquer en détails et ça franchement, ça commence à m'énerver. A votre avis si j'ai plaidé l'amnésie c'est uniquement pour ne pas faire ce témoignage ! Même si j'ai été entraîné à faussé un détecteur de mensonge, ce n'est que pour des réponses simples comme : oui, non, je ne m'en souviens plus... Pas pour tout un exposé !
- Qu'insinuez vous ? demanda-t-elle de plus en plus inquiète face cet homme qu'elle ne reconnaissait plus.
Un sourire sadique passa sur les lèvre du Colonel. Son visage s'assombrissait, ces traits de fatigues accentués lui donnant l'air d'un démon. Sa voix aussi changea, elle devint glaciale avec une pointe d'amusement diabolique :
- Je les ai tués !
Elisabeth en resta bouche bée. John enchaîna :
- Eh oui ! Ca vous étonne hein ? Vous ne vous y attendiez pas ? Cet Icarro'v est certainement bien plus malin que vous ! Au moins lui, il ne fallait pas lui faire un dessin ! Alors que vous...A chaque nouvelle preuve qu'il apportait, vous inventiez des histoire sans queues ni têtes ! A vrai dire, vous me faisiez honte ! Je pensais avoir choisi quelqu'un de compétent et voilà que je me retrouve avec une femme dont la mentalité est celle d'une gamine de quatorze ans et qui n'est bonne qu'à parler pour ne rien dire !
Il tapa violemment du poing sur la table. Le Docteur Weir était maintenant effrayée. Que se passait-il donc dans la tête du Colonel ? Elle recula.
- Pourquoi ? demanda-t-elle d'une voix faible.
John cria de plus belle :
- Pourquoi ? Vous êtes réellement une abrutie ! Je vais quand même vous le dire ! Cette planète, ces gens me dégoûtent ! Ils sont super avancés, ils sont protégés derrière un champs de force naturel, et ils ne veulent pas nous aider ? Ce sont tous des égoïstes, des lâches ! Ils ne savent pas ce que c'est que de souffrir ! Et moi j'ai voulu leur en donner l'expérience ! Alors ce soir-là, j'ai pris ce fameux couteau, j'ai rôdé dans les couloirs et j'ai saigné leur Commandeur en Chef et sa femme près du parc intérieur ! Oui, je l'ai fait ! Mais lentement, pour que la douleur soit si atroce qu'ils me supplient de les achever ! J' ai pris beaucoup de plaisir à voir leur sang gicler sur mes fringues et sur ma figure ! Je peux vous assurez qu'ils ont eut mal, très mal. Et comme ça, à travers eux, c'est tout leur peuple qui souffrira !
Les yeux de John brillaient d'une folie meurtrière. Il envoya un coup de pied dans la chaise qui vola et qui s'écrasa sur le mur, à une trentaine de centimètre d'Elisabeth. Elle prit peur. Les gardiens avertis par les cris et les coups arrivèrent. Ils ouvrirent la porte électromagnétique et le Docteur s'échappa de cet enfer où le diable était l'homme en qui elle avait eu le plus confiance...
Elle ignorait si elle était en sécurité de l'autre côté de cette porte invisible, mais elle posa une dernière question au Lieutenant Colonel :
- Et l'enfant ?
- Cet imbécile de gosse de neuf ans ? s'écria-t-il. Je suis allé dans sa chambre, lorsqu'il dormait. Je suis malgré tout d'une grande gentillesse, je l'ai envoyé rejoindre ses parents...Je l'ai pris doucement, j'ai ouvert la bée vitrée de la pièce puis je suis sortis sur le balcon. Là, je l'ai réveillé. Il était terrorisé mais ça n'a pas durer. Avant même qu'il ait pu crier, je l'ai balancé dans le vide. La descente à du être longue quand on considère que le sol de la ville est à plus de dix kilomètres...
Il rit, d'un rire démoniaque. Elisabeth frissonna. Elle le dévisageait, terrifiée : Comment un homme comme John Sheppard avait-il pu en arriver là ? Il tenta de lui donner une gifle mais la porte électromagnétique arrêta son geste, lui envoyant une puissante décharge. Le Docteur recula, par réflexe. John cria, enragé, le visage empourpré, les yeux fous. Il jeta tout son être sur cette porte invisible, mais de ce fait, l'électricité qui s'en libéra fut bien plus supérieure que la fois précédente. Il tomba dans l'inconscience sous les yeux horrifié d'Elisabeth.
Elle lui tourna le dos et partit, le cœur lourd. Elle ordonna à Teyla, McKay et Ronon Dex de la suivre sur Atlantis, sans pour autant leur donner des informations sur la cause de leur départ. Le vortex se referma derrière eux. Elisabeth resta silencieuse et partit dans chambre, afin que personne ne voit la tristesse qui commençait à envahir son visage.
Elle remarqua qu'elle portait toujours l'uniforme que John lui avait fourni peu avant leur dispute. Elle l'enleva rapidement et enfila une tenue plus adéquate. Puis elle analysa ces vêtements d'occasion. Soudain un éclair passa dans ses yeux. Elle sourit, de la même manière que les bons perdants. Effectivement, John s'était joué d'elle. Et elle, elle était tombé dans le panneau.
Elle courut en salle de contrôle et ordonna :
- Ouvrez la porte en direction d'Aphrodis !
Puis se tournant vers Rodney elle déclara d'une voix ferme :
- Je n'ai pas dis mon dernier mot !


Sheppard se réveilla, encore sous le coup d'un cauchemar...Il soupira et se massa les tempes, toujours souffrant de ses maux de tête. Il se déplaça en rampant vers sa place habituelle, cet angle de la pièce où il s'adossait et pliait ses genoux sous son menton comme un enfant boudeur...Un nœud lui serrait la gorge. Ses yeux étaient un peu humides. Il avait fait ce qu'il devait faire. Il n'espérait qu'une chose : il aimerait qu'Elisabeth le comprenne, mais plus tard, bien plus tard, quand toute cette histoire aura prit une fin et qu'elle ne sera plus obligée de revenir ici...

Le Docteur Weir s'apprêtait à franchir la porte mais Beckett la stoppa et lui donna un dossier comportant les analyses qu'il avait menées sur le sang du Colonel. Elisabeth l'en remercia. Elle glissa le document dans son sac et traversa l'anneau. Elle marchait d'un pas rapide, déterminée. Peut-être faisait-elle une erreur en revenant ? Non, elle en était sûre. Néanmoins, elle resta prudente dans l'immense bâtiment. Elle arriva dans les quartiers des prisonniers. Elle observa Sheppard de loin, sans que celui-ci ne l'aperçoive. Elle hésita en revoyant la chaise brisée au sol, mais elle se décida et entra.
John la regarda, stupéfait. Il se leva, passa un revers de main sur ses yeux et la dévisagea. Elle était revenue. Il tenta d'aborder une mine sévère et inquiétante mais la surprise et la joie qu'il éprouvait l'en empêchèrent. Pourtant il se le devait. Elisabeth fut la première à parler, sur le même ton que le Procureur :
- N'est-il pas étrange qu'après avoir fait preuve d'une immense gentillesse et d'une douceur infinie vous soyez devenu fou, détestable et violent ?
John se rembrunit et chercha ses mots. Il reprit son air de démon :
- Comme d'habitude, Elisabeth, le message arrive difficilement au cerveau ! Vous vous croyez intelligente et ça m'excède. Non, je dirais même que ça me tape sur les nerfs. Si vous ne voulez pas finir défigurée à vie je vous conseille vivement de partir !
- Serait-ce des menaces Colonel ? Vous comptez me frapper ? Comme vous avez vainement essayé de le faire à travers le champ de force de cette porte ?
Elle désigna l'entrée de la pièce puis ajouta :
- Allez-y ! Je vous donne une seconde chance de me gifler ! Et cette fois, au moins, vous serez certain d'atteindre votre but !
John la fixa longuement. Elle le défia du regard. Il respirait fort, tentant de l'impressionner, mais Elisabeth resta immobile, calme et résolue. Les yeux fous de Sheppard redevinrent normaux. Il baissa la tête, vaincu. Dans un soupir, il avoua :
- Je ne peux pas...Je ne pourrais jamais faire une chose pareille...
- Comme vous n'avez jamais pu tuer le Commandeur, sa femme et son fils !
- Ca...on ne le sait pas encore...
- Moi je le sais. Même si vous l'ignorez par votre amnésie, moi j'ai la certitude que vous n'êtes pas coupable. J'ai confiance en vous. Je ne vous crois pas assez stupide pour avoir laissé derrière vous autant de preuves...Tout comme vous n'êtes pas assez stupide pour tenter de me frappez à travers ce bouclier électrique. Vous saviez que jamais vous ne m'atteindriez ! Ce n'était que pour me faire fuir...
- Comment avez-vous su ?
- Je me suis remémoré le moment où vous vous êtes occupé de moi, hier et ce matin...Ca ne collait pas avec votre profil de " malade mental ". Vous êtes trop attentionné pour ceux qui vous entoure que vous iriez jusqu'à signer votre arrêt de mort pour les voir survivre...Est-ce que un fou dangereux ferait la même chose ?
- Je ne sais pas...Après tout, on peut être fou des personnes qui nous sont chères...
Un lourd silence s'installa entre l'avocate et l'accusé. McKay arriva à cet instant :
-Vous avez demandé à me voir Elisabeth ?
Elle ne répondit pas de suite. Finalement le Docteur Weir se retourna vers le scientifique et lui demanda :
- J'ai fais le croquis d'un objet par informatique...j'aimerais que vous vous renseigniez auprès des gens de cette cité afin de découvrir de quoi il s'agit...
- Attendez une minute...s'opposa Rodney. Je ne crois pas que les gens de cette planète soient très aimables envers les étrangers comme...
- Pas très aimables ? répéta Sheppard. Voilà un point commun sur lequel vous pourriez débattre avec eux...Vous allez certainement vous entendre !
- Ha, ha. Très drôle ! dit McKay sarcastique.
Elisabeth ordonna à Rodney de se mettre tout de suite au travail. L'astrophysicien grogna puis partit avec le dessin. Le Docteur Weir s'installa de nouveau au bureau de cette cellule, sortit son sac et plusieurs documents.
- Que faites-vous ? la questionna John ?
- J'ai entendu dire que Icarro'v était en possession d'une preuve très convaincante...Il faut nous mettre au travail et préparer votre défense.
- Vous ne pouvez pas restez ici ! Repartez sur Atlantis ! lui imposa-t-il.
Elisabeth se leva et déclara à son tour d'une voix rugissante de colère :
- Vu l'importance du crime, vous serez condamné à mort si nous ne faisons rien !
- Je ne veux pas que vous risquiez votre vie pour moi !
- Et moi je n'ai aucunement l'intention de vous laissez mourir ici !
- Je n'ai pas peur de mourir...
- Moi non plus Colonel...
Il se dévisagèrent longuement, dans un silence assourdissant où chacun pouvait lire dans les yeux de l'autre et percevait le fond de ses pensées.

De nouveau devant la cour, le Docteur Weir et le Colonel Sheppard s'attendaient au pire face à l'air triomphant du Procureur Chef. Néanmoins, celui-ci insista sur le fait qu'il était malgré tout indulgent et qu'il laisserait commencer Elisabeth. Le Docteur Weir cacha sa surprise. Cela ne présageait rien de bon. Elle commença d'abord par une découverte qu'elle avait faite hier :
- J'ai fais faire des analyses sur le sang du Colonel. Le médecin, Carson Beckett, est plus que formel : une toxine envahit le groupe sanguin de John Sheppard. Il s'agirait en fait des traces d'un puissant anesthésiant. Le Docteur Beckett affirme dans son rapport que si deux semaines après, le produit subsiste toujours, c'est en partie à cause de la forte dose que l'on a injectée au Colonel. Dose qui aurait pu lui être fatale, mais qui ne lui a laissé qu'une amnésie. Donc, si le Colonel a été victime de cette drogue, comment aurait-il pu assassiner Tolnia'c et sa femme ? Comment pouvons-nous tuer quelqu'un si nous dormons ?
- C'est très intéressant Docteur Weir, ricana Icarro'v, mais qui ne nous dit pas que c'est le Colonel lui-même qui se serait administré ce sédatif ? Après tout, cela fait un bon alibi : je ne suis pas coupable, je dormais ! Il commet son crime, il retourne dans sa chambre et s'injecte cette toxine...
Comme personne n'avait l'air convaincu par cette hypothèse, il ajouta :
- Dois-je préciser que cette analyse a été effectuée sans l'autorisation de la cour ? Par conséquent, votre preuve doit être refusée ! N'est-ce pas messieurs les juges ?
Le Conseiller de Justice Avègle se concerta un bref moment avec ses collègues puis déclara :
- Certes, le Docteur Weir a enfreint le règlement en agissant seule, mais si ce qu'elle dit est vrai, peut-être que cela nous empêchera de commettre une erreur de jugement...
Icarro'v lança un regard de tueur à Elisabeth. Celle-ci resta impassible. Le Procureur eut une moue dédaigneuse. Il annonça :
- J'ai ici une preuve implacable qui dénonce la culpabilité du Colonel. Cet homme qui, sans remord, ose nous dire qu'il est innocent ! Je demande à passer l'enregistrement effectué par la vidéo-surveillance, le soir du crime !
Le Docteur Weir sursauta. Si Icarro'v possédait cette preuve, pourquoi ne l'a-t-il pas soumis au tribunal plus tôt ? Pourquoi avoir attendu tout ce temps ? Quelque chose clochait...Elle n'eut pas le temps d'y réfléchir d'avantage, un hologramme gigantesque apparut et tous virent les images terrifiantes :

Il faisait nuit noire, c'est pourquoi la vidéo passa en infrarouge. Le Commandeur Tolnia'c et sa femme Huriana se tenaient debout, près du bassin d'eau. John Sheppard arriva, souriant. Ils causèrent un moment, puis John sortit de sa manche ce fameux couteau et les égorgea, l'un après l'autre dans un mouvement brusque mais calculé...
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Le Docteur Weir se tourna vers le Colonel Sheppard. Celui-ci ne quittait pas l'hologramme des yeux. On repassait le film en continu. Il y eut un déclic dans son esprit, pourtant il ne comprit pas ce qui venait de s'ouvrir. Une image lui revint à l'esprit. Une silhouette, une ombre. Il ne la distinguait pas, mais il savait qu'elle était là, sur cette vidéo, petite, cachée derrière un des nombreux buissons touffus de ce parc intérieur.
Elisabeth regarda, éberluée, les images. Elle ne s'en revenait pas. Etait-ce réel ? L'avait-il vraiment fait ? Elle ne s'en soucia pas pour le moment. Un autre problème plus urgent la troublait : leur défense venait d'être renversée, ils n'avaient plus rien pour se protéger...Elle répliqua face au Procureur :
- Je demande à ce que cette vidéo soit vérifiée !
- Elle l'est déjà, assura Avègle.
- Mais nous n'avons pas eu le temps de...
- Pas le temps de faire quoi ? la coupa Icarro'v. De préparer un nouveau conte afin de retarder l'inévitable ! Vous avez sous vos yeux la preuve imagée qu'il s'agit bien de Sheppard ! Que vous faut-il de plus ? Qu'on lui donne un couteau pour qu'il vous le mette sous la gorge ? Pourquoi refusez-vous de croire que depuis le début, il vous a manipulé, qu'il est mauvais jusqu'au plus profond de lui-même ?
Elisabeth ne répondit pas. Icarro'v continua :
- Mais, j'avoue que je me suis peut-être trompé...sur le mobil. Je crois que John Sheppard n'a pas tué Tolnia'c par pure jalousie. Non...il est sans doute plus intelligent. Je pense qu'il s'est décidé à passer à l'action lors du dîner, lorsque Tolnia'c eut refusé cette alliance militaire...
Icarro'v se retourna vers John et enchaîna :
- Car avouez-le ! Vous êtes au bord de la défaite ! Et c'est échec qui vous transforme peu à peu en criminel ! La faim justifie les moyens, c'est devenu votre devise n'est-ce pas ? Le Commandeur, le chef de notre Nation, notre guide ! Pourquoi auriez-vous assassiné notre protecteur si ce n'est que pour nous déstabiliser et nous embarquer ainsi dans votre combat perdu d'avance ?
Elisabeth qui n'avait rien préparé contre cette accusation s'écria d'une voix forte :
- Nous ne sommes pas au bord de la défaite ! Au contraire nous avons remporté de grandes batailles. Des batailles qui n'auraient jamais été victorieuses sans le courage et la détermination d'un homme tel que John Sheppard ! Je peux vous citer les nombreuses fois où il sauva des personnes qu'il n'avait jamais vues. Où il s'engagea dans un combat alors qu'il était blessé ! Où il partit en mission avec la certitude qu'il n'en reviendrait pas ! Il s'est toujours occupé des autres, sans jamais penser à lui. Il mourrait s'il savait que cela sauverait la Galaxie. Et vous, peuple d'Aphrodis, vous accusez un homme tel que lui, un homme qui n'aurait pas hésité à sauver vos vies, d'avoir tué de sang froid votre chef dans l'unique but de vous " déstabiliser " ? Parce que si aujourd'hui vous condamnez un homme tel que John Sheppard, alors j'espère que personne ne se retournera sur vous, le jour où vous aurez besoin d'aide !
Un long silence s'installa dans tout le temple. Tous prenaient en considération les paroles du Docteur Weir. Elle-même était étonnée. Ces mots qu'elle avait longtemps cherchés étaient sortis du plus profond d'elle-même, sans hésitation, sans défaillance, sans aucun doute, comme si elle avait toujours eu cette opinion vis-à-vis de John.
- La cour va se retirer pour délibérer, annonça Avègle.
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Durant les trois derniers jours qui suivirent, Rodney McKay se confronta aux gens de cette planète dans des disputes sans fins. Néanmoins il trouva ce qu'il cherchait. Ce qu'avait vu le Docteur Weir, était en fait une balise de téléportation.
- Une quoi ? demanda Elisabeth.
- Une balise de téléportation, répéta McKay énervé. C'est émetteur qui permet d'envoyer un signal pour téléporter avec précision un objet ou une personne. Normalement, ces balises fonctionnent par paires. L'une pour l'envoi, l'autre pour la réception, un peu comme un appel téléphonique...
- Donc, supposa le Docteur Weir, si l'on avait placé une balise sur Sheppard dans le parc intérieur, et une autre da
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