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Accueil/Fanfics/Une seconde
Informations :
Auteur : Rily
: 20/12/2005
Note : 6
Nombre de votes : 1


Histoire :
- Elle est mourante, annonça sombrement le Docteur Beckett.
Ces mots résonnèrent dans la lugubre pièce. Un silence pesant s'installa. Seul ce faisait entendre le bruit de leurs respirations. L'éclairage terne donnait une sensation d'immobilité, le temps lui-même semblait s'être figé.
John Sheppard s'étrangla. La nouvelle lui fit l'effet d'une gifle. Il regarda en direction du lit où la concernée restait dans le coma. Puis se retournant vers Carson, il demanda d'une voix qu'il tentait de maîtriser :
- Qu'est-ce qu'on peut faire ?
- Rien, je le crains...
- Cela ne fait pas parti de mon vocabulaire ! s'emporta le militaire.
- Je sais que c'est difficile à accepter, se défendit le médecin, mais du fait qu'elle en soit arrivée à ce stade aussi rapidement...
Beckett soupira, puis ajouta d'une ton un peu plus calme :
- Tout ce que j'essaie de vous dire, c'est que nous avons peu de temps avant de trouver un moyen qui permettrait de contrer sa maladie...
Des traits, dessinés par la haine assombrirent le visage de John, ses yeux s'illuminèrent d'éclairs enragés, sa voix devint aussi dur que la glace :
- Ce n'est pas une raison pour l'abandonner...

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Le Colonel se tourna et se retourna plusieurs fois dans ses draps. Il cherchait le sommeil, mais la fatigue ne l'assaillit que tardivement. En plus d'être courte, la nuit fût agitée. Des images lui parvenaient désordonnées, mais toutes aussi troublantes. La dernière l'effraya à un tel point qu'il sursauta et se redressa brusquement dans son lit.
Son réveil affichait 5.00 am. Après un bref calcul, il soupira : il n'avait fermé l'œil que durant une trentaine de minutes. Sachant qu'il ne pourrait se reposer davantage, il se leva, s'habilla et partit en direction du centre médical.
Carson y travaillait, accompagné par d'autres scientifiques. Le médecin s'étonna de la venue du Colonel. Bien que Sheppard ne lui parut pas somnolent, Beckett ne fut pas dupe : les cernes noires et profondes qu'il aperçut sur le visage de ce dernier confirmaient ses doutes.
- Voulez-vous en parler au Docteur Heightmeyer ?
- Je ne suis pas venu ici pour prendre rendez-vous avec un psy, rétorqua froidement John.
- Oui, bien sûr, marmonna le docteur.
Carson proposa à Sheppard de s'asseoir. Celui-ci prit place sur une chaise peu confortable. Beckett en fit de même. Il fit un signe de tête en direction de la couchette où dormait paisiblement la condamnée, puis il déclara d'une voix neutre :
- Nous avons faits et refaits plusieurs examens. Il semblerait que le Docteur Weir ait inhalé une substance chimique, probablement mortelle. Mais la particularité de ce poison est qu'il n'affecte seulement le système cérébrale, d'une façon assez étrange, je dois l'admettre... Je ne vais pas vous faire tout un exposé, mais disons simplement que chaque neurone contaminée se dédouble. A première vue, cela ne serait pas effrayant, mais la vitesse à laquelle ce virus agit m'inquiète fortement. Le cerveau d'Elisabeth ne supportera pas longtemps une activité cérébrale aussi intensive...
- Comment peut-on la sauver ?
Carson Beckett hésita avant de répondre, puis tentant de garder son calme de médecin, il dit :
- Et si vous commenciez par me raconter comment tout cela est arrivé ?
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" Nous sommes arrivés pour la deuxième fois sur MS6 417, un monde inhabité... McKay l'avait surnommée la planète en ruine et pour cause : la ville sur laquelle débouchait la Porte était complètement dévastée...
La première fois, nous avions remarqué qu'un monument était resté intact. Une sorte d'obélisque recouvert de textes Anciens. C'est pourquoi le Docteur Weir nous avait accompagné lors de notre seconde visite. Elle tenait à déchiffrer les écritures, pour une raison qui m'échappe encore...
Je suis partit explorer les alentours, tendis que McKay restait avec elle. Peut-être que vingt minutes s'étaient écoulée avant que je ne l'entende appeler à l'aide à travers la radio...
J'ai couru aussi vite que je le pouvais. Quand je suis arrivé, il n'y avait aucune trace d'Elisabeth. Juste Rodney qui tournait en rond et gesticulait comme un diable. On aurait dit un gamin qui cherchait son jouet. Je me souviens encore de son expression, complètement perdu et affolé. D'après lui, le Docteur Weir s'était volatilisée...
Je dois admettre que j'étais probablement " un peu " énervé vis-à-vis de McKay. Il faut dire qu'il n'arrangeait rien à la chose : tout le temps en train d'émettre des hypothèses lugubres et inquiétantes. Dans ce genre de situation, ce n'est pas trop conseillé... Je crois l'avoir frappé... si ce n'est pas le cas, je suis sûr d'avoir essayer... Au moment même où je m'apprêtait à... le faire taire d'une manière assez brusque, il avait eut un flash blanc. Puis, Elisabeth était réapparue au sol, inerte.
Je l'ai portée jusqu'à la Porte. McKay a composé les coordonnées de la base sur le DHD... La suite, vous la connaissez... ".
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McKay, qui se trouvait lui aussi dans l'incapacité de dormir, rejoignit l'infirmerie, quelques minutes plus tard. A la vue de Sheppard, il se crispa. Le Colonel lui en voulait, c'était certain. De plus il avait raison : Rodney aurait dû surveiller un peu plus Elisabeth avant que celle-ci ne fasse un faux pas. Mais sur le moment, il avait été distrait, sans qu'il ne sache pourquoi. Quelle ironie ! Il était toujours le premier à envisager les risques, même les plus minimes, et là, il n'avait rien vu venir ! Même avec un QI relativement élevé, il n'était en fait qu'un imbécile !
- Com... Comment va-t-elle ? balbutia-t-il d'une voix blanche.
- Elle est toujours inconsciente. Sa fièvre ne baisse pas, au contraire... et elle a de nombreuse crampes...
McKay s'assit lourdement sur une troisième chaise. Le remord le dévorait. Il était aisé de le deviner en regardant ses ongles rongés, ses cheveux décoiffés, son front en sueur et ses mains tremblantes. John quant-à lui tentait de rester impassible. Mais le Docteur Beckett n'était pas naïf. Il savait que derrière cet air grave et solennel, tapis sous ce silence pesant, se cachait une profonde angoisse dont le seul témoin était cette lueur blanche qui vacillait dans le fond de ses yeux.
Un faible gémissement se fit entendre. Les trois hommes se retournèrent simultanément vers le lit d'Elisabeth. Celle-ci, éblouie parla lumière, cligna des paupières tout en grimaçant. John, Rodney et Carson accoururent à ses côtés en un éclair. Tout trois formulèrent simultanément :
- Comment vous sentez-vous ?
- Est-ce que ça va ?
- Vous allez bien ?
Elle referma les yeux, prête à repartir dans un autre rêve, mais John lui serra sa main, l'insistant à rester. Cette action ne passa pas inaperçue. McKay et Beckett se dévisagèrent l'instant d'une seconde puis haussèrent les épaules, attendant le rapport du Docteur Weir. Elle fronça les sourcils, un peu surprise, et tenta de clarifier ses idées.
- A part une sale migraine, je dirais que ça va... Que s'est-il passé ? demanda-t-elle un peu perdue.
Les trois hommes se dévisagèrent en silence. McKay expliqua sa version, semblable à celle du Lieutenant Colonel Sheppard, à deux ou trois détails près... Le Docteur Weir ne s'intéressa pas vraiment au récit de Rodney. Elle analysa plutôt leur mines assombries. John se mordait la lèvre inférieure tout en baissant les yeux vers ses chaussures. Quant-à l'astrophysicien, elle perçut de l'angoisse dans sa voix... Mais tous ses doutes se dissipèrent lorsqu'elle vit Carson grimacer devant les résultats des derniers examens et baisser lourdement la tête, d'un air vaincu.
- Que se passe-t-il ? l'interrogea-t-elle.
Carson se retourna vers le Colonel. Devait-il lui dire ? John hocha la tête : Elisabeth avait le droit de savoir. Le médecin se racla la gorges avant de commencer un long exposé détaillé sur son état physique et mental, les perspectives qui s'imposaient, l'évolution de son état... Il semblait embarrassé. Apporter de mauvaise nouvelles ne lui plaisait guère. Au final, il relit les dernières estimations calculée par un ordinateur et déclara tristement :
- Dans approximativement trois jours... votre état sera tel que votre activité cérébrales cessera complètement et vous...
Il ne finit pas sa phrase mais tout le monde comprit. Pour le Lieutenant Colonel, cela représentait soixante-douze heures, pour McKay, à peine six repas, et pour le médecin très peu de temps... temps au bout duquel s'ils n'agissaient pas, Elisabeth voguerait vers une mort certaine.
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- Bon... Je vais devoir annuler mes vacances à Hawaï, dit Elisabeth avec un maigre sourire. Est-ce que je peux au moins sortir de mon lit ? Y-a-t-il un risque de contagion ?
- Non, pas pour le moment, confirma Beckett.
- Comment-ça " pas pour le moment " ? demanda Sheppard.
- Eh bien..., hésita le médecin, il semblerait que pour l'instant, la maladie ne se focalise qu'uniquement sur la personne du Docteur Weir... Mais quand elle viendra à mourir...
- Si elle vient à mourir ! rectifia John.
- Oui... Eh bien la maladie cherchera un nouvel hôte ou plusieurs. Il se peut même qu'en évoluant elle devienne extrêmement contagieuse qu'à ce moment-là, elle contamine toute la base...
- Mais ce n'est qu'une supposition, n'est-ce pas Docteur ? s'inquiéta soudainement McKay.
- En fait, répondit Carson, c'est plus que probable. Elisabeth peut aller où bon lui semble mais je recommande fortement à ce que personne n'entre en contact avec elle...
- Merci Docteur, lui fit-elle reconnaissante.
- Ne me remerciez pas... Il faut encore que parvenions à vous soigner...
- A ce sujet, le coupa McKay, je pense que la solution se trouve sur MS6 417...
Comme chacun le regardait, en silence, attendant la suite, il continua hésitant :
- Je me porte volontaire pour y retourner...
La mine incertaine, Rodney se tenait droit, les mains derrière le dos, évitant le regard de ses compagnons. Certes, il s'agissait là d'une décision qu'il ne fallait pas prendre à la légère et McKay avait déjà calculer les risques qu'il encourait. Il devait l'admettre, pour une fois qu'il n'était pas obligé de partir, le danger qui le guettait lui paraissait bien plus grand mais sa détermination à vouloir sauver Elisabeth l'aidait à rassembler le courage nécessaire. C'est ce que John apprécia. Bien entendu, l'astrophysicien ne put s'empêcher de préciser :
- Avec une combinaison, bien sûr...
- Oui, confirma Beckett, c'est essentiel. D'ailleurs je viens avec vous. Nos efforts combinés, nous parviendrons plus rapidement à trouver une solution.
- Je vous accompagne, annonça le Colonel.
- Non ! s'écria le Docteur Weir.
Sa voix résonna, distincte, triste, capricieuse, lointaine, souffrante et bouleversée. John l'observa un moment, le regard rempli de compassion. Elisabeth l'implora de ses yeux brillants. Pendant un long silence ils durèrent ainsi, sans rien dire, chacun lisant dans les traits de l'autre... Néanmoins, un détail choqua le Colonel : Rodney et Carson préparaient déjà leur matériel, semblant ne rien avoir entendu. Jouaient-ils la comédie ? Ce n'était pourtant pas leur genre de cacher leurs réactions. Après réflexion il demanda au médecin :
- Ma présence est-elle vraiment nécessaire ?
- Sans vouloir vous vexer, je dirais même qu'elle est inutile...
- La mienne en revanche vous est indispensable ! déclara Elisabeth.
- Désolé Docteur, mais vous ne bougez pas d'ici ! ordonna sèchement Carson.
La malade s'attendait à cette réaction. C'est pour quoi elle enchaîna aussitôt :
- Dans ce cas, écoutez attentivement ce que j'ai à vous dire !
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Les Docteurs McKay et Beckett arrivèrent sur MS6 417. Cette planète était semblable à celles qu'ils avaient déjà foulées : ciel bleu, végétation, une seule étoile et une atmosphère respirable à laquelle ils ne purent goûter, leur combinaison étant entièrement hermétiques.
Ils marchèrent côte à côte, à la tête d'une équipe médicale et de quelques archéologues. Seulement trois militaires les accompagnaient. Lorsqu'ils atteignirent les ruines, ils installèrent leur matériel et commencèrent leur analyses. Rodney et Carson commandaient les opérations.
Les deux hommes s'avancèrent face à l'obélisque. Il s'agissait d'une colonne de pierre couleur pastel, atteignant approximativement dix mètres de haut, et sur laquelle étaient gravés une multitude de symboles que le Docteur Weir avaient tentés de déchiffrer. Carson et Rodney regardèrent avec ahurissement le nombre de lignes et de paragraphes qui défilaient de la base jusqu'au sommet. Ils soupirèrent, découragés par le travail qui les attendaient. Un peu plus loin, certains membres de l'équipe prenaient des photos de l' édifice afin d'étudier tranquillement sous leurs tentes déjà montées.
Rodney hurlait auprès de ces fainéants qui ne semblaient pas conscients que le temps était un facteur crucial de leur réussite. Il était déjà de mauvaise humeur : obligé de porter cette combinaison alors que l'air de la planète ne présentait aucune anomalie ! De plus, il se sentait coupable, et exprimait ce sentiment par des emportements absurdes et des raillerie prévisibles. Et tous ces textes à traduire n'arrangeaient rien à la chose.
Il repensa à Elisabeth. A peine un quart d'heure auparavant, une infirmière avait contacter Beckett pour lui annoncer que la situation empirait. Elisabeth ne semblait pourtant pas en souffrir, mais Rodney en mettrait sa main au feu : elle cachait sa douleur dans l'espoir de ne pas les inquiéter davantage. Elle en était capable !
Le stress augmentait chez McKay, il avait l'impression par moment que sa poitrine allait exploser. Il souffla posément tout en écoutant Carson qui commençait à décrypter :
- Le temple de la vérité éternelle..., articula le médecin.
- C'est absurde ! s'écria de nouveau McKay. Aucune vérité n'est éternelle !
- C'est pourtant ce qui est écrit ! Je n'invente rien ! s'énerva Beckett.
- Vous devez faire erreur ! assura l'astrophysicien.
Tout en lui donnant tort, McKay lui retira le calepin et lu attentivement les lignes d'Elisabeth puis les compara à ce qu'il voyait. Il comprit qu'il se trompait mais n'en fit rien paraître et laissa Beckett, qui traduisit la suite en hachant chaque syllabe :
- Ceux qui pénétreront...découvriront...
Il relu attentivement et soupira bruyamment.
- Découvriront quoi ? s'impatienta Rodney.
Le médecin secoua la tête et murmura que cela n'avait pas de sens. Mais Rodney, de son optimisme naturellement négatif décréta :
- Je ne vois pourtant pas ce qui pourrait être plus énigmatique que "la vérité éternelle" !
- Parce que pour vous " la sagesse de l'infini " représente quelque chose ?
- Euh...non, pas vraiment avoua-t-il.
Tous deux restèrent planté devant le monument. Rodney enragait silencieusement en s'arrachant les cheveux et en se mutilant ses doigts. Il marchait trois mètres puis revenait et repartait dans la même direction, d'un pas vif et frénétique. Carson pouvait même apercevoir dans l'itinéraire qu'il empruntait, une tranchée qui se creusait. Pourquoi les Anciens aimaient-ils tellement formuler de belles phrases insensées ? Pour McKay qui ne comprenait que les chiffres et Beckett qui ne maîtrisait que ses outils de chirurgie, il s'agissait là de métaphores bien complexes. Et Elisabeth qui se mourait un peu plus à chaque seconde qui passait...
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Elle ferma les yeux, cherchant à profiter au mieux de cet agréable instant. La brise douce de l'océan caressait son visage devenu blême, soulevait ses cheveux dans un mouvement continu, répétitif, tel les vagues qui finissaient leur course sur les murs infranchissables de la Citée, dans un grondement sourd, un nuage d'écume et d'embruns.
Il lui semblait que sa tête était un tambour sur lequel on tapait plus violemment à chaque coup. Il lui prenait même des vertiges à présents, mais elle se tenait droite, dissimulant avec peine tous ces tourments.
Elle commettait une erreur et rouvrit les yeux pour admirer le coucher de soleil. L'occasion ne se représenterait probablement plus qu'une seule fois, demain. Mais peut-être qu'à ce moment-là, elle n'aurait pas le loisir de sortir et devra se contenter d'une pièce vide et sinistre dans laquelle elle attendrait ces derniers instants.
Un frisson la parcourue. Elle n'aurait jamais imaginé mourir de la sorte. Mais dans une galaxie inconnue, qui pouvait savoir ce que leur réservait le destin ? Le sien, en revanche, semblait être scellé. Voilà toute une journée que Carson et Rodney étaient partis, sans résultats...
Etrangement, quand elle était petite fille, elle ne se voyait pas vieille, elle imaginait la vie éternelle, infinie... Puis, lorsqu'elle était devenue un peu plus mâture, elle avait imaginé plusieurs scénarios : mourir bêtement dans un accident de voiture, par exemple. Lorsqu'elle avait commencé sa carrière à l'étranger elle avait craint d'être la victime d'un de ces cruels attentats... Maintenant qu'elle se trouvait dans une galaxie lointaine, elle redoutait de mourir asphyxiée dans l'espace, de recevoir un tir ennemi sur un autre monde ou bien voir sa vie défiler en une seconde entre les mains d'un Wraith... Mais jamais elle n'aurait imaginé mourir trois jours après s'être montrée trop curieuse...
Le plus dur était de connaître l'inévitable et d'attendre, réfléchissant à tout ce qu'elle s'était promis d'accomplir et qu'elle ne réaliserait jamais. De plus, le fait de savoir que sa mort entraînerait toute une épidémie ne la rassurait guère...
Le soleil finit sa course et disparut derrière le clair horizon turquoise. L'éclat des premières étoiles apparut.
Elisabeth avait la gorge nouée et les yeux humides. Le cœur lourd, elle songeait à son départ. Elle allait partir et pourtant, elle n'avait toujours pas trouvé le courage nécessaire pour s'avouer ce qu'elle ressentait...
- Docteur Weir ?
Elle reconnut la voix de Sheppard. Elle essuya du revers de la main les larmes qui commençaient à perler au bout de ses cils puis se retournant vers lui, elle répondit d'une voix blanche :
- Oui ?
- Je... Je peux me joindre à vous ?
- Bien sûr.
Il s'avança, un peu hésitant, puis il s'installa à ses côtés. Le Lieutenant Colonel garda le silence pendant un long moment, cherchant un sujet de conversation positif, voir drôle, mais rien ne lui vint à l'esprit. Toute la journée il n'avait été confronté qu'a la tristesse, au remord, et à ce sentiment d'impuissance face à cet ennemi redoutable que l'on nomme la Mort.
Elisabeth fut la première à parler :
- Pourquoi êtes-vous resté ?
Le Colonel fronça les sourcils, un peu perdu, puis se justifia :
- Mais... C'est vous qui me l'avez demandé !
- Pardon ? s'interloqua le Docteur Weir.
- Vous ne vous souvenez pas ?
- Je vous assure que non !
John resta perplexe. A quel jeu jouait Elisabeth ? Ce pourrait-il qu'il ait rêvé ? Possible... mais pas prouvé. Comme la conversation prenait un tournant pour le moins bizarre, il changea de sujet :
- Toutes nos équipes reviennent sous les tirs ennemis depuis une semaine...
- Je suis au courant. On soupçonne encore un espion, n'est-ce pas ?
- Exact, approuva le Colonel.
- Ne serait-ce pas une fois de plus une erreur de jugement ?
- Non pas cette fois...
- Comment pouvez-vous en être certain ?
- Parce que nous pensons que l'informateur est parmi nous, les terriens... Une mission de reconnaissance a été lancée au sein du personnel. Quelques hommes de confiance ainsi que moi-même observons et notons tous les faits suspects, constatés chez certains membres d'Atlantis.
- Je comprends alors pourquoi vous êtes ici ! Vous me suspectez ?Vous savez, en moins de deux jours je vais avoir peu de temps pour informer les Wraith de tout ce que j'ai appris ici... dit-elle d'un ton enjoué.
- Quoi ? demanda le soldat déconcerté. Non... en fait... je... euh...
- Quoi donc ? l'interrogea-t-elle, intriguée.
Il parut gêné. Pourquoi était-il si mal à l'aise ? Il avait cette impression d'être épié, pourtant il savait pertinemment qu'ils étaient seuls. Il reprit de l'assurance :
- Venez, suivez-moi !
Il l'attrapa par le poignet et commença à courir. Elisabeth, un peu stupéfiée par le comportement étrange du militaire formula entre deux enjambées :
- Où va-t-on ?
John garda le silence, mais Elisabeth put distinguer son regard malicieux et son sourire espiègle d'adolescent rêveur...
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Le professeur Hélène Gironde, une achéologue d'origine française vérifia ses hypothèses. Elle relut les textes Anciens qu'elle avait traduit et analysa les notes que lui avait fournit le Docteur Jackson, avant leur traversée de la Porte vers Atlantis. Pas de doute, elle était sur une piste. Elle traversa toute la citée en ruine de MS6 417 afin de parler de cette découverte à ses supérieurs.
Rodney et Carson se disputaient depuis plus de trois heures :
- Il est pourtant clairement écrit qu'en tournant ceci...
- Ne touchez à rien ! C'est ainsi qu'Elisabeth s'est retrouvée mourante !
- Mais puisque je vous dis que vous êtes dans l'erreur depuis le début, c'est à partir de celui-là que...
- Bien sûr que non ! Regardez c'est pourtant simple ! Si nous faisons...
- Je vous dis que non !
- C'est vous qui ne comprenez rien !
- Moi ne rien comprendre ? Je vous rappelle que je suis le plus grand expert de technologies Anciennes et...
- " le plus grand expert en de technologie Anciennes ", comment pouvez-vous dire une chose pareille ? Vous qui n'avez même pas le gène !
- Je vous rappelle que c'est vous qui me l'avez inoculé !
- Oui et bien si j'avais su que cela vous rendrait aussi arrogant je pense que j'aurais trouvé un bon prétexte pour...
Hélène arriva en courant vers les deux scientifiques énervés. Dans son empressement, elle ne vit pas la caisse à outils qui traînait au sol et trébucha. Sa chute la propulsa aux pieds des deux hommes qui cessèrent de parler et dévisageaient ahuris, la jeune femme à terre. Melle Gironde se releva seule, dans un grognement et tenta de décrasser ses vêtements recouverts de poussière. Elle analysa Carson et Beckett. Après quelques instants elle déclara d'une voix autoritaire et légèrement accentuée :
- Je pense avoir trouvé une solution !
- Bienvenu au club ! soupira le Canadien, sarcastique.
- Mais je vous assure que... se justifia la linguiste.
- Oui, oui... je vous crois... la coupa McKay d'un air ennuyé : que pouvait-elle bien savoir de plus, cette fille ? Elle leur faisait perdre du temps voilà tout !
Suite à cette réplique désobligeante, Hélène se tût et lui lança un regard glacial. Si les Canadiens avaient mauvais caractère, ils arrivaient à peine à la cheville des Français. Surtout les femmes, de nature très susceptibles ! McKay ne prit pas garde et semblait l'ignorer. En revanche Carson se calma et déclara :
- On vous écoute.
La jeune archéologue l'en remercia et commença ses explications :
- J'ai remarqué de très fortes similitudes entre les notes du Dr Daniel Jackson, de SG-1, et les symboles que nous avons découvert ici...
- Arrêtez-moi si je me trompe mais si le Docteur Jackson était à la recherche des Anciens cela pourrait paraître normal que l'on trouve ce genre de textes dans ses notes ! railla l'astrophysicien.
Hélène ne répondit rien. Au contraire elle garda le silence un long moment. La goutte qui faisait déborder le vase venait de tomber. Elle remit en ordre ses affaire et avec un large sourire qui ne présageait rien de bon, elle déclara sur le même ton :
- Bon, très bien messieurs... Puisque ma présence est inutile et que vous semblez vous débrouiller à merveille, je vais rentrer. Merci de m'avoir accordé une seconde d'attention !
Elle partit rapidement puis elle s'arrêta et leur déclara :
- Vous devriez vous dépêchez ! D'après ce que je sais, le Docteur Weir ne tiendra pas le coup bien longtemps ! Et si les personnes proche d'Elisabeth ont le malheur de savoir que vous avez refusé de m'écouter alors que je pouvais vous aider, vous risquez de passer le reste de votre vie à subir leurs foudres... Bonne chance et au revoir !
Elle s'éloigna d'un pas pressé.
Carson et Rodney restaient plantés-là, hébétés. Le médecin fut le premier à se reprendre :
- J'ignorais que les femmes de votre pays étaient aussi...aussi...impulsives.
- Elle est française ! rectifia Rodney.
- Ah, ça explique tout ! s'exclama l'autre.
L'astrophysicien semblait touché que quelqu'un se montre plus ingrat et plus hypocrite que lui. Il n'avait pas vraiment l'habitude qu'une femme autre qu'Elisabeth prenne le dessus sur lui. Et ce qui l'énervait le plus était de savoir qu'il avait eu tort. Beckett sembla lire dans ses pensées :
- Il faut absolument qu'elle revienne !
- Je ne crois pas que... protesta l'autre.
- Rodney ! Elle est certainement la mieux placée pour savoir ce que veulent dire toutes ces métaphores sans queue ni tête !
- Evidemment elle est française !
- Ne faîtes pas l'imbécile ! Vous savez très bien que nous avons besoin d'elle !
Rodney soupira. Ca n'était certainement pas lui qu'y irait lui parler. Carson ne voulait pas non plus être l'élu. Il décidèrent de choisir à pierre-feuille-ciseaux. Coup de chance extraordinaire, il y eu trois égalités de suite. Mais au quatrième essai, alors que McKay reprenait confiance, ce fut Beckett qui remporta la bataille.
- Non je ne suis pas d'accord ! Après tout c'est elle qui est partie et je...
- Rodney ! s'écria Carson. Dois-je vous r appeler qu'Elisabeth mourra demain ?
L'astrophysicien soupira. Non il n'avait pas besoin qu'on le lui rappelle. Il repensa tristement à sa supérieure. Son visage s'était assombri et il était fort possible que si elle venait à disparaître, il ne serait plus jamais illuminé comme auparavant... Mais ramener cette femme de mauvais caractère, cette Hélène Gironde, parmi eux était synonyme d'équation impossible à résoudre.
- Comment je vais faire ? C'est d'une française dont nous parlons, et je doute qu'avec mes sarcasmes arrogants, je puisse arranger la situation...geignit McKay.
Carson lui tapa amicalement sur l'épaule tout en souriant et prenant la voix de la raison, il déclara :
- Et si vous commenciez par lui faire des excuses ?
- Quoi ?
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- C'est magnifique ! s'écria Elisabeth.
- Vous parliez de Hawaï... J'ai pensé que l'équivalent sur cette planète vous ferait plaisir...
Sheppard et Weir marchaient tous les deux sur une plage de sable fin, laquelle était grignotée par les vagues de l'océan, toujours plus gourmand. D'après la végétation exotique et l'humidité dans l'air, Elisabeth supposa qu'ils se situaient au sud du tropique nord de la planète.
Le jumper reposait tranquille, à une centaine de mètres derrière eux. Il s'agissait d'une crique, en forme de croissant, bordée d'une végétation luxuriante au couleurs vives et variées. Il faisait nuit noire, seules les étoiles de Pégase scintillaient dans le lointain. Pourtant, le Docteur Weir se serait crue en plein jour. En effet, l'eau qui longeait la côte semblait éclairée par les profondeurs agitées.
- D'après les données du jumper, cette île repose sur une dorsale océanique, comme l'Island. Je pense que cette clarté qui illumine l'eau provient du magma en fusion, à quelques mètres sous la surface, expliqua le militaire.
Elisabeth acquiesça en silence. Après un bref instant, elle fut tenter de savoir :
- Ca vous arrive souvent de fuguer vers ce genre d'endroits ?
- Eh bien..., hésita-t-il, parfois... quand j'ai un peu de temps libre... je prend un jumper et...
Il laissa sa phrase en suspens et coupa le silence qui s'installa en cassant soigneusement le bout d'une branche fleurie d'un arbre épineux. Il se blessa mais n'en fit rien paraître. Il l'offrit à Weir qui sourit. Puis il s'expliqua :
- Se sont des fleurs de Werera.
Elisabeth haussa un sourcil en direction du Colonel, puis analysa ce qu'elle portait dans les mains. Les petites fleurs aux formes exotique, à mi-chemin entre le lotus et l'orchidée, se coloraient d'un blanc immaculé témoignant d'une grande pureté. Elles reposaient sur une tige turquoise et des feuilles bleues marines. Un caractère et une autorité prononcé par de petites épines émeraudes.
Elle remercia le militaire qui lui sourit. Elle rougit sans trop savoir pourquoi.
Un grondement sourd venu des profondeurs se fit entendre. Tous les oiseaux s'envolèrent simultanément dans un nuage d'ailes et de plumes. La terre trembla, si violemment que Sheppard et Weir trébuchèrent dans le sable. Le bruit devint épouvantable. Certains arbres se déracinèrent et s'écrasèrent à terre. Le paradis se convertit en enfer, le rêve en un cauchemar qui persista durant quatre minutes infernales. L'eau se retira de plusieurs centaines de mètres vers le large en l'espace d'une seconde. Tout cessa. Le silence pesant et le calme firent frémirent John et Elisabeth. Ils se relevèrent et virent au loin, une vague gigantesque qui s'avançaient vers eux deux à une vitesse effrayante, cachant une à une les étoiles du ciel, tel un mur d'obscurité, qui les emmènerait prochainement, elle et lui, vers les ténèbres de l'inévitable.
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McKay arriva près de la tente administrée à Gironde. Il resta dehors un moment, écoutant avec attention les bruits en provenance de l'intérieur : des affaires qu'on empaquetait, des sacs qu'on fermait. Il regarda sa montre.
Peut-être devait-il lui aussi retourner sur Atlantis ? Peut-être qu'Elisabeth était à l'instant même en train de pousser son dernier souffle ? Non, Carson avait dit demain. Mais si Carson se trompait ? Non, non, Rodney devait rester ici. C'est là qu'était sa place. Déchiffrer les diverses symboles sans signification, lui qui ne comprenait que l'alphabet grec et les chiffres arabes !
C'est pour cela qu'ils avaient besoin de cette française, de cette latiniste qui savait déjà de quoi il en retournait. Restait maintenant à aborder le sujet sans être agressif. Sans être agressif...ces mots résonnèrent longuement dans sa tête. Le temps s'écoulait, l'aiguille de sa montre continuait son chemin infini : tic...tac...tic...tac...
Il devait agir et vite ! Pourtant, il pressentait qu'il était déjà trop tard... Pourquoi un nœud se formait-il dans son estomac ? Pourquoi pensait-il que tout était perdu ?
Il se dit qu'il s'agissait sans doute de sa nature pessimiste, bien qu'il eut plus l'impression qu'il s'agissait-là d'une intuition. Le Docteur Weir lui aurait rit au nez ! Elisabeth... tic... tac... tic... tac....
Il se décida et entra. Le professeur Gironde buvait une tasse de café, assise sur une chaise. Elle ne portait plus de combinaison tout comme le reste de l'équipe. Elle était de grande taille, les cheveux fins et ondulés, la peau claire et les yeux bleu-nuit. Elle affichait un sourire mesquin. Elle semblait l'avoir repéré depuis longtemps. Rodney resta devant l'entrée, un peu surpris du fait qu'elle l'attendait.
Il ignorait par où commencer. Comme rien ne lui venait à l'esprit et que le silence se faisait long, ce fut la linguiste qui entama la conversation, d'un air narquois et railleur :
- Alors Docteur, les recherches avancent bien ?
Il lui jeta un regard de tueur. Cette femme ne savait pas ce qu'il endurait. Elle ne semblait pas même concernée. Elle était là, et elle se moquait.
- A merveille ! Je vous remercie ! s'écria-t-il dans un brusque élan de colère.
- Dans ce cas que faîtes-vous ici ? reprit-elle, l'air plus grave et plus agressif.
- J'étais venu m'assurer que vous aviez plié bagage !
- Comme vous pouvez le constatez par votre grand potentiel, c'est le cas !
- Très bien ! Qu'attendez-vous pour partir ?
- Parfait !
- Parfait !
Elle se leva subitement. McKay ne bougea pas de devant l'entrée, lui barrant le passage. Il ignorait pourquoi d'ailleurs. Peut-être qu'une infime partie de lui-même lui dictait encore que la solution à son problème résidait dans la tête de cette obstinée et qu'elle devait rester, bien que l'astrophysicien ne désirait plus qu'une chose, ce fut qu'elle franchisse la porte et ne revienne jamais !
Ils restèrent tous les deux face à face . Ils étaient si proches, que chacun pouvait sentir la respiration de l'autre effleurer son visage. Leur yeux étincelaient sous les foudre de la colère, leurs mains et leurs lèvres tremblaient sous le choc de l'énervement. Ils se dévisagèrent longuement, d'un regard de dégoût et de haine respective.
Ce fut elle qui agit la première. Remettant correctement son sac sur l'épaule, elle bouscula violemment le scientifique et partit.
Rodney resta un moment ahuri. Il reprit le fil de ses idées et se tapa le crâne de sa paume de main. Quel imbécile il faisait ! Il avait hâté le départ de cette femme au sale caractère alors qu'il était venu ici dans un but inverse !
Il se mis à courir, tout en maudissant cette Hélène. Il la rejoignit près de la Porte, alors qu'elle composait les coordonnées d'Atlantis sur le DHD. Il balbutia :
- Attendez ! ... ne... ne faîtes pas ça ! S'il vous... plaît !!!
Elle ne semblait pas l'entendre et continuait à appuyer sur les différentes touches. C'est alors qu'il l'attrapa par les épaules et plongeant son regard dans le sien, il lui déclara :
- Ecoutez-moi ! S'il vous plaît ! Moi et le Docteur Beckett ne parvenons à rien ! Même avec les notes du Docteur Weir, tout reste très complexe et flou et nous n'avons pas suffisamment de temps ! Vous l'avez dit vous-même : Elisabeth mourra prochainement et c'est inacceptable que la cause en soit nos chamailleries non justifiées ! Je me suis mal comporté à votre égard, je l'admets. J'ai été détestable et je vous demande pardon ! Mais je vous en prie ! Restez ! Si vous ne le faîtes pas pour moi, faîtes-le au moins pour Elisabeth ! Elle ne mérite pas de..., il s'interrompit l'instant d'une seconde et enchaîna d'une voix implorante : Je vous en supplie...
Elle se défit des bras de McKay et appuya sur le bouton central. Le vortex s'ouvrit dans un bruit qui leurs était à tout deux familier. Il ne la quittait pas des yeux. Elle souleva son sac, prête à partir. Elle soutint le dur regard de l'astrophysicien. Il lui apparaissait d'une manière différente en cet instant précis : atteint, triste, et probablement souffrant. Les yeux d'Hélène se détournèrent vers la Porte. A présent il ne revenait qu'à elle seule la décision de franchir l'anneau.
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Le mur d'eau s'avançait vers eux, une puissance implacable qui ne cesserait son chemin seulement après une longue avancée dévastatrice à l'intérieur des terres.
D'un œil calculateur, Sheppard constata que la vague atteignait facilement quinze mètres de haut, peut-être plus...
Il regarda en direction du jumper, à deux cents mètres derrière eux, et sut dès cet instant qu'ils n'y parviendraient jamais. Elisabeth sembla lire dans ses pensées. Elle le dévisagea l'instant d'une seconde : les yeux du Colonel brûlaient de rage, et pourtant elle y distingua très nettement une flamme de détermination, qu'elle n'avait jamais vu auparavant mais qu'elle avait longuement imaginée alors qu'il était en mission périlleuse : cette ardeur de vaincre, ce refus de cesser le combat, cette résignation à la vie qui l'avait sorti des situations les plus désespérées...
Il attrapa violemment Weir pas le bras et l'entraîna dans une course frénétique et difficile : le sable et la fatigue ralentissait un peu plus chacune de leurs enjambée.
Le militaire jugea qu'il leur restait une chance, bien qu'infime. En tout cas, il refusait de croire le contraire. Il avait affronté tellement de danger et d'ennemis ces derniers temps, que le fait de mourir sous le coup d'une catastrophe naturelle lui paraissait stupide.
La vague se rapprochait, à une vitesse approximative de cinq cents kilomètres par heures. Le jumper semblait se reculer, pourtant ils couraient à en perdre haleine. Ils l'entendirent arriver, immense, telle une lame tranchante au bord d'écume étincelante.
Elisabeth tomba, une crampe lui saisit la cuisse, elle gémit. John s'arrêta et regarda en direction du vaisseau spatial. Il pouvait y arriver, seul. Il se retourna vers le Docteur Weir puis vers l'engin et finalement vers le raz-de-marée. Il devait se décider. C'était une question de secondes, de précieuses secondes au bout desquelles ils serait trop tard. Allait-il finir sa course en solitaire, sachant qu'il survivrait ? Allait-il abandonner Elisabeth qui était déjà mourante ? La tentation était d'autant plus troublante, chaque être vivant se battrait pour la survie. Une voix martelait la tête de John et l'empêchait de penser clairement. Une voix à la fois familière et inconnu qui lui assurait que s'enfuir était le bon choix ! Il se massa les tempes, il ne supportait plus qu'on lui criât dans son crâne. Il fixa Elisabeth puis la plage, l'océan déchaîné, le jumper qui n'attendait plus que lui et revint vers le doux regard de sa supérieure. Il ne pouvait pas l'abandonnée, non jamais ! Mais que pouvait-il faire ? Il n'y avait strictement rien à faire ! Il avait perdu, voilà tout ! Elle ne pourrait jamais survivre, seule face à la colère de l'océan.
Sheppard tomba à genou, sous le coup de l'impuissance et tapa du poing dans le sable. Il ne pouvait pas riposter cette fois, l'échec n'en devint que plus amère. Il se releva et se rapprocha du Docteur Weir, toujours à terre. Elle s'opposa à cette décision :
- Vous devez partir !
- Non, je ne peux pas...marmonna le militaire.
- Mais...
- Je ne veux pas en débattre ! l'interrompit-il gravement.
De toute manière, il était trop tard. Il passa ses bras autour d'Elisabeth et l'attira à lui, tout en posant délicatement sa tête sur l'épaule de la doctoresse. Ensemble, ils faisait face à leur destinée et admiraient avec frayeur l'ombre de la vague, qui se défilait tel un spectre, recouvrant la totalité de l'horizon et bientôt qui s'emparerait de leur âmes et de leurs vies. Elle n'était plus qu'à une vingtaine de mètres...
John ne regrettait pas d'être resté. Mais le remord d'avoir échoué le rongeait. Il reprit néanmoins de l'assurance en se disant qu'Elisabeth n'affronterait pas seule le déchaînement de l'océan, si cruel soit-il.
Celle-ci trouva juste de lui murmurer :
- Vous n'auriez pas dû...
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- Je disais donc que l'équipe SG-1 a découvert, visité et parfois analysé des édifices semblables à cette ville et à cet obélisque...
Hélène Gironde et Rodney McKay étaient revenus au grand soulagement de Carson Beckett. Ils avaient tous trois enterré la hache de guerre, la question était de savoir pour combien de temps ? Le médecin observait l'astrophysicien qui écoutait avec la toute l'attention du monde les explications de l'archéologue. Carson le surprit même à sourire, toute rancune et moquerie ayant presque disparut de son visage admiratif. Beckett se concentra un peu plus sur l'exposé de la jeune femme :
- Or, continua celle-ci, le Docteur Jackson a déjà rencontré ces textes Anciens sur deux planètes de notre galaxie. J'ai pu comparer avec les vidéos et les photos qu'il avait prises : tout correspond.
Elle s'interrompit, les yeux pétillants, un sourire en coin. Elle connaissait déjà la réponse mais elle voulait évaluer les compétences de ses collègues. McKay en fut un peu irrité : il n'avait pas pour habitude de donner sa langue au chat.
- Et alors ? demanda-t-il une pointe de colère ans la voix.
- Eh bien il se trouve qu'en revenant de ces planètes, le Général O'Neill avait acquis une partie du savoir des Anciens...
La nouvelle assomma McKay : comment avait-il pu être à ce point stupide ? Cela sortait de l'évidence ! Pourquoi n'y avait-il pas pensé plutôt ? Il était jaloux du raisonnement de cette linguiste, et ne s'en cacha pas. S'il avait trouvé ça plutôt, Elisabeth serait déjà guérie et il n'aurait pas été obligé de demander pardon à cette Française... mais il n'avait rien trouvé et devait s'y faire... Vexé, il se mit à bouder.
Beckett en revanche resta un peu plus dubitatif :
- Je ne comprends pas...
Rodney soupira bruyamment avant d'entamer une longue explication :
- Les Anciens archivaient des informations relatives à leur peuple, leurs découvertes, leurs technologie sous forme de données qu'ils stockaient dans des appareils. Ces appareils en question téléchargeaient leur contenu dans la mémoire de celui qui les initialisait. C'est ce qui arriva au Général O'Neill, étant donné qu'il possède le gène. Malheureusement pour nous, le quotient intellectuel de ce militaire n'était pas suffisamment élevé...
- Je pense qu'aucun membre de notre espèce possède le potentiel nécessaire pour emmagasiné et comprendre l'ensemble de ces informations, nota Gironde.
- Je crois que moi... commença fièrement l'astrophysicien.
- Quels en étaient les symptômes ? le coupa le Dr Beckett.
- Le général O'Neill commençait d'abord par prononcer quelques mots de la langue des Anciens. Il perdait son américain et finissait par ne plus nous comprendre, sa langue natale ayant été remplacée... Il utilisait le savoir qu'il avait acquis dans des cas extrêmes : la première fois, il s'agissait de sauver son équipe entière, la seconde fois pour contrecarrer l'invasion d'Anubis sur Terre. Le problème était que le cerveau de O'Neill ne supportait pas cette surcharge d'informations : il ne lui restait plus quatre jour à vivre. Il fut sauver de justesse mais j'ignore comment, conclut l'historienne.
- Certes, cela ressemble en certain points à la mésaventure du Dr Weir, mais je suis sûre qu'il ne s'agit pas de ça. Elisabeth ne semble pas contrariée par un savoir quelconque qu'elle aurait acquis : elle parle normalement et nous comprend parfaitement ! objecta Carson.
- Je suis d'accord, confirma Rodney. D'ailleurs, l'appareil découvert par SG-1 ne ressemblait pas du tout à ceci.
Il désigna d'un mouvement de tête l'obélisque qui s'élevait devant eux telle une énigme, et tout joyeux d'avoir trouvé la faille de cet ingénieux résonnement, il reprit :
- Comment l'expliquez-vous ?
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- Vous n'auriez pas dû...
Elisabeth eut envie de le gifler : Etait-il stupide ? Pourquoi décidait-il de rester ? N'avait-il toujours pas réalisé qu'elle mourrait, que ce soit aujourd'hui ou demain ? Effectivement, elle n'avait plus aucun espoir sur l'évolution de son état. Elle en devenait même folle car elle entendait parfois des voix qui n'auraient pas lieu d'être. Mais John... lui avait encore de nombreuses années... Qu'est-ce qu'il lui passait par la tête ? Maintenant il était trop tard...
Elle lui en voulait. A présent, le Colonel la rendait responsable de ce qu'il lui arriverait. Avait-il pensé qu'elle se sentirait coupable s'il ne vivait pas ? Elle tenait trop à cet homme malicieux, qui par des stratégies un peu osées parvenait toujours à s'échapper des pièges les plus ingénieux et à vaincre les ennemis les plus coriaces. Elle appréciait trop ce coureur de jupons, qui faisait bon nombre de ravages dans chaque coin de la galaxie ou il pointait son nez, à la fois fier et gêné de son charisme. Elle estimait beaucoup trop ce militaire distingué, qui défiait chacun de ses ordres et dont la volonté de se battre pour une juste cause rachetait tout les erreurs du passé...
En somme, elle refusait d'être la cause de sa mort.
Il leurs restait probablement une dizaine de secondes à vivre, avant d'être frappés et balayés par cette eau dévastatrice.
Neuf...huit...
La vague allait les engloutir, tel un monstre à la gueule titanesque qui se serait échappé du plus terrible des cauchemars.
Sept...six...
John resserra l'étreinte sans pour autant détourner le regard du cataclysme qui les enseveliraient. Il savait qu'ils n'avaient plus aucune chance de s'en sortir. Quelle drôle d'ironie après tout : en sa qualité de soldat, il avait affronté beaucoup d'ennemis ces derniers temps, et pourtant ce soir, il mourrait, dans un simple claquement de doigts de mère nature... Il sourit, tout en fixant sa mort qui s'approchait de plus en plus...
Cinq...quatre...
Elisabeth ferma les yeux afin de mieux voir au plus profond d'elle même. Une multitude d'émotions tel que la peur, le remord, la fierté, la honte, la colère, l'amour, le désespoir, la tristesse, la joie, la jalousie, bonheur, la passion, le désarroi et le courage... Elle se sentait divisée, en si petits morceaux qu'elle avait l'impression de n'être que poussière, qui s'envolerait au contact de la déferlante...
Trois...
Elle inspira profondément. Elle rassembla tout ses sentiments, les souda un à un, travail minutieux qui nécessitait une concentration extrême. Toutes ses pensées fusionnèrent, en une seule force condensée, unique et compacte.
Deux...
Elle rouvrit les yeux et toisa le fléau qui s'abattait sur eux. Jamais elle n'avait vu une telle masse d'eau en mouvement.
Une seconde...
Elle tendit sa main face à la mer dévastatrice. Ces doigts brûlaient d'une puissance qui s'embrasait au plus profond de son être. Un mur se formait devant eux, un abrit transparent constitué par les briques de l'esprit du Dr Weir.
Contact...

Violent et à la fois indolore. La masse d'eau s'aplatit sur eux, sans pour autant les toucher. Elisabeth tendait toujours sa main, concentrant toutes ses pensées en une seule : contrer la vague. Sous le regard abasourdi de John, le raz-de-marée s'écrasa contre le vide, un vide invisible mais dur comme le roc. Tous deux semblaient être pris dans une bulle dont les parois rétrécissaient. L'eau continuait malgré tout son avancée et les engloutissait peu à peu. Elisabeth souffrait le martyre, sa tête lui paraissait être la proie de la pression, cette pression même qu'éprouvent les plongeurs dans les bas fonds... Elle descendait trop vite dans cette abysse et sans protection, elle imploserait...
Sheppard, bien qu'impressionné par cette femme qui lui apparaissait maintenant comme Moïse face à la Mer Rouge, ne fut pas dupe. Il sentait qu'Elisabeth faiblissait et que bientôt elle ne pourrait plus supporter une telle concentration. Elle tremblait et de fine gouttes de sueur perlaient sur son front. La mer montait toujours vers l'intérieur des terres, et ne semblait pas vouloir se retirer vers le large avant un bon moment.
Le Lieutenant Colonel se prépara à l'éventualité plus que probable ou leur bouclier cesserait de résister et serra les dents, espérant que le courant ne serait pas trop violent.
L'effort mental devint trop énorme. Elisabeth ne put soutenir davantage la force de l'océan et s'effondra dans un profond coma. La mer les emporta. Sheppard tenta de les remonter vers la surface mais le mouvement de l'eau les remuait en tous sens. Il maintint le Docteur Weir du mieux qu'il put. Le arbres, le sable, l'éclairage magmatique... Tout se déchaînait sous la surface... tout, sauf le jmper. Il restait tranquille, là où l'on l'avait laissé. Il n'était plus qu'à une dizaine de mètres. Sheppard et Weir s'en rapprochaient à vive allure.
Ils en étaient à trois mètres lorsqu'un courant contraire les empêchèrent d'atteindre leur cible. Bien que le Lieutenant Colonel n'était pas un mauvais nageur, le fait de porter un poids mort ne l'aidait guère et l'épuisait un peu plus à chaque secondes. Le temps s'écoulait sous l'eau, l'air manquait. Ils furen transportés dans un autre courant qui les ramenait près du vaisseau spatial. John avait la nausée et luisemblait que ses poumons s'enflammaient. C'était sa dernière chance, après quoi il ne pourrait résister plus longtemps à cette eau qui cherchait à pénétrer en lui. Plus qu'un mètre, il ne devait pas rater cette occasion. Il pouvait toujours lâcher Elisabeth, il y arriverait certainement...Non, il ne l'abandonnerait pas...
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- Comment l'expliquez-vous ?
Hélène resta un moment silencieuse observant l'astrophysicien. Rodney se sentit gêné par ces yeux bleus-nuits qui le fixaient. La linguiste feuilleta ses papiers, et avoua qu'elle ne connaissait pas la réponse. Elle sortit ses outils d'archéologue et tourna autour de l'obélisque, l'œil attentif, prête à sauter sur tout ce qui lui parut suspect. Par maladresse, elle fit tomber son burin au sol. Il y eut comme un bruit métallique.
- Vous avez entendu ? chuchota-t-elle au deux scientifiques.
McKay et Beckett se dévisagèrent : pourquoi Gironde parlait-elle à voix basse ? Ils se turent un moment écoutant les diverses bruits qui se faisait entendre à travers le camp et en provenance de la forêt puis dodelinèrent de la tête en signe réponse négative.
La française soupira : décidément ils n'avaient pas leur place ici ces deux-là ! Elle s'agenouilla au sol et creusa la terre à l'aide ses mains. Il ne s'écoula seulement quelques secondes avant que l'on découvre un sol de pierre recouvert lui aussi de symboles. Elle utilisa un pinceau pour dégager les grain de terre et lut en silence.
- Vous pourriez peut-être nous en faire profiter ? l'interrompit McKay.
Hélène releva la tête vers les deux hommes qui attendaient les bras croisés qu'elle s'explique :
- Il s'agit d'un avertissement. Je ne suis pas sûre de tout comprendre...
- Faîtes un effort ! s'écria McKay impatient.
Elle plissa les yeux comme pour mieux lire. Elle pâlissait à chaque lignes qu'elle décryptait... Puis elle se recula et regarda l'ensemble, complètement blême et tremblante. Comme elle ne répondait rien, McKay haussa le ton :
- Hey ! Vous êtes archéologue ou caissière dans un magasin de hard discount ?
Elle le regarda, le teint livide, la mine affolée puis elle s' écarta précipitamment de l'édifice, abandonnant sa caméra vidéo, ses clichés photos, ses livres de traduction et tous ses outils qui gisaient au sol, recouverts par la poussière ocre de MS6 417. McKay s'en inquiéta :
- Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ? reprit d'une voix plus douce.
- Je... je n'ai pas le gène, reprit-elle paniquée, je ne dois pas rester ici, je... je...
McKay essaya de l'attraper mais il finit par trébucher et l'entraîna dans sa chute. Un peu assommée, Hélène ne se rendit pas compte que McKay la tenait dans ses bras, penché au-dessus d'elle qui restait à terre. Beckett s'empêcha de rire, tant bien que mal. Rodney l'ignora et se tourna vers la Française avant d'enchaîner sur un ton moins amère et plus aimable et plus attentioné :
- Ce n'est rien...calmez-vous. Moi non plus je ne l'avais pas après tout... Qu'est-ce qui vous préoccupe ?
Hélène se surpris à constater qu'elle était bien à cet instant, apaisée de tous tourments. Elle reprit ses esprits et s'écarta vivement de Rodney. Elle se releva de même que l'astrophysicien et secoua la tête, encore choquée. Elle s'expliqua, plus calme :
- Cette édifice ne contient pas seulement une partie du savoir des Anciens, au contraire, tout y est archivé du début de leur histoire jusqu'à... probablement jusqu'à la destruction de cette ville. Ce qui explique qu'il est de conception différente. Or, nous sommes dans une galaxie dont l'ensemble est conquis par les Wraith, n'est-ce pas ?
- Effectivement, c'est étonnant qu'ils aient laissé autant d'information en un même lieu, à la portée de l'ennemi, raisonna McKay, sauf si cette bibliothèque était protégée.
- Exact, reprit l'archéologue, et croyez-moi, c'est le cas !
- Par ce virus dont est atteinte Elisabeth, conclut Beckett.
- Parfaitement, continua Gironde, les Anciens ont placé sur cet appareil un système d'autodéfense : si la personne qui tente de l'initialiser ne porte pas le gène elle est dès l'instant infectée. Autant les Wraith que les humains normaux...
- Pourquoi nous ? demanda McKay.
- Je ne sais pas... Peut-être qu'au début il ne s'agissait que d'exterminer le Wraith qui s'approcherait puis, les Anciens ont peut-être reconfiguré la maladie pour qu'elle s'adapte aux hommes... Les Wraith ne sont pas idiots, ils nous auraient sans doute utilisés pour obtenir les information que renferme ces archives...
- Et comme les Anciens ont disparus et que les porteurs du gène sont pour le moins très rare, ils limitent les risques que ces informations ne tombent aux mains de leurs ennemis, comprit Rodney.
- Vous pensez réellement que les Anciens étaient prêts à sacrifier des vies humaines lorsqu'ils créèrent ce virus ? demanda Carson sceptique.
- On s'est déjà posé la question il n'y a pas si longtemps que ça...objecta Hélène, faisant référence à la fois où une zone d'Atlantis fut contaminée par des nano-robots.
Un militaire de grande taille fit son apparition, un talkie-walkie à la main. Tout en tendant l'appareil de communication au Canadien, il déclara d'une voix très grave :
- Un problème sur Atlantis.
McKay lui arracha l'appareil et parla à travers la radio :
- Que se passe-t-il ? demanda-t-il d'une voix rugissante de colère, énervé qu'on le dérange alors qu'ils avançaient à pas de géant dans leurs recherches :
- Il s'agit du Docteur Weir et du Lieutenant Colonel Sheppard ! répondit une voix masculine, déformée par les ondes radio.
Rodney releva la tête vers Hélène et Carson. Tous trois avaient pâlit en entendant la nouvelle... Que s'était-il passé ?
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- Il s'agit du Docteur Weir et du Lieutenant Colonel Sheppard...
Beckett et Gironde s'approchèrent de McKay, subitement devenus attentifs au son de cette voix déformée par le long voyage en provenance d'Atlantis.
- Pouvez-vous être un peu plus précis ? demanda Hélène.
- Ils sont revenus à la base dans d'étranges conditions...
Les trois scientifiques se dévisagèrent : Revenus ? Parce qu'ils en étaient partis ? Carson fut un peu déçu par le comportement d'Elisabeth : " restez ici " voulait bien dire " ne pas s'en aller " non ? Les explications qui suivirent ne firent qu'augmenter son inquiétude :
- Le Docteur Weir était inconsciente et le Lieutenant Colonel tenait debout par miracle, tellment l'effort avait été dur...
- A quel stade en est Elisabeth ? le coupa le médecin.
Non pas qu'il se moquait de l'état du Colonel, mais aux dernière nouvelles, John n'était pas mourant...
- Elle reste dans le coma. Nous avons quelques problèmes ici avec les systèmes de la base... Nous avons été obligé de la placée sous quarantaine.
- Très bien j'arrive, déclara Beckett.
McKay redonna le talkie-walkie au militaire qui s'écarta du groupe. Personne n'énonça un mot pendant un long moment. Beckett commença à donner son avis :
- Récapitulons, nous savons qu'Elisabeth est contaminée pas un virus créé par les Anciens parce qu'elle n'a pas le gène...
- Peut-être que si vous essayez de lui transmettre le gène, cela la guérira ? résonna l'astrophysicien.
- J'en doute, déclara Carson. De plus, maintenant, comme je l'avais prévu la maladie est devenue contagieuse... C'est synonyme que nous avons très, très peu de temps...
- En somme, soupira Rodney, nous avons beaucoup appris pour un résultat nul !
- Je n'en suis pas si sûre, murmura la jeune femme.
Ils se retournèrent tous les deux vers Hélène. Elle semblait pensive, et son regard errait dans le vide en direction de l'édifice. McKay la dévisagea longuement dans un silence gêné et admiratif avant d'analyser lui aussi l'obélisque. Au bout d'un moment, un éclair illumina ses yeux :
- Mais bien sûr !
Seul Carson ne percevait pas la logique de ces compagnons. Rodney se fit une joie de lui expliquer :
- Nous avons à notre disposition tous les secrets des Anciens, absolument tout ! Autant leur mode de vie, que leur croyance ou autre découvertes...Même la conception de ce virus y est répertoriée ! Il suffit juste de...
Il s'interrompit, comprenant soudain qu'elle mauvaise tournure prenait cette si bonne idée :
- Il suffit juste de l'initialiser et de recevoir tout l'ensemble de ces informations dans son esprit.
- Oui, critiqua Hélène, il suffit juste !
McKay lui fit une grimace dédaigneuse. La plaisanterie n'était pas drôle. Il soupira.
- Qui s'y colle ? continua-t-elle.
Il se dévisagèrent tous trois un long moment. Ils en conclurent que ce ne serait pas l'historienne, premièrement parce qu'elle n'avait pas le gène, et deuxièmement parce qu'elle était l'une des seule à être en mesure de comprendre celui qui serait choisi...
Il ne restait donc que McKay et Beckett.
- Pierre-feuille-ciseaux ? proposa Carson.
- Non, vous êtes trop fort à ça, vous allez encore tricher ! s'opposa Rodney.
- Quoi ? s'écria Carson.
- Et si l'on faisait une partie d'échec ? C'est à part égal, non ? dit l'astrophysicien.
Ils contestèrent chacun l'idée de l'autre sans pour autant trouver le moyen de se départager. Ce fut Hélène qui sortit un papier, le divisa en six et écrivit le nom de chacun sur les six morceaux : trois pour McKay, trois pour Beckett.
Elle plia les papiers en quatre et les mélangea dans sa casquette. Elle appela le soldat qui traînait non loin de là et lui demanda d'en retirer un. Il obéit, sans rien dire et lut à haute voix le nom qui s'y inscrivait :
- Dr Beckett.
McKay ne put retenir sa joie et sauta au cou d'Hélène. La jeune femme ne réagit pas tout de suite, restant immobile... Finalement elle le repoussa. Elle se tourna vers Beckett qui paraissait désespéré et lui tapa amicalement sur l'épaule :
- Je ne vois pas quelqu'un de plus qualifié ici pour accomplir cette tâche. Vous avez plus de huit ans d'étude en médecine derrière-vous... Vous accéderez plus facilement aux informations qui vous intéressent et ainsi vous trouverez la solution...
- De plus, ajouta Rodney, nous avons un communicateur Asgard à Atlantis...Lorsque cette histoire sera finie, nous appellerons nos amis !
- Et si ils ne viennent pas ? s'inquiéta Beckett.
- Ils viendront...assura Hélène.
- Oui, mais s'ils sont en retard ?
- Nous vous installerons dans le compartiment de stase où nous avons découvert Elisabeth, enfin la vieille Elisabeth. Vous ne risquez rien finalement !
Carson secouait la tête : il ne risquait rien, il ne risquait rien... Si c'était le cas, pourquoi Rodney n'y allait-il pas ?
- Je suis essentiel à Atlantis ! s'expliqua l'autre.
- Parce que moi je suis négligeable ?
Les deux hommes repartirent encore dans une dispute sans fin. Hélène les interrompit et se retournant vers Beckett elle dit :
- Je vous en prie ! Vous l'avez dit vous-même : il reste très peu de temps. Une fois à la base, nous prendront les mesures nécessaire pour que les Asgards viennent avant que nous ne soyons obligé de vous plonger en cryogénisation. Je vous en donne ma parole !
Carson acquiesça en silence. Il se plaça devant l'appareil et sous les instructions de Gironde il fit coulisser plusieurs panneaux circulaires de sorte que les paragraphes incompréhensibles prennent un sens avec les mots inverses.
Il y eut un éclair blanc. Beckett disparut.
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John se réveilla péniblement à l'infirmerie. Il faisait un peu sombre mais la clarté du jour naissant flottait dans la pièce. Fait étrange, il était seul. Une infirmière entra, vérifia un dossier, nota quelque chose sur un graphique et sortit de la salle, sans même apercevoir la présence du Colonel.
Accueil chaleureux. Enfin, mieux valait-il être reçu ainsi que de ne jamais revenir... Il repensa aux évènements qui l'avait amenés ici et frissonna. Il avait atteint le jumper, il était rentré dans le sas et après une minute qui lui parut des heures, il put enfin respirer l'air du vaisseau. Il avait maintenu Elisabeth durant tout son périple avec lui, sous l'eau, mais une fois à l'intérieur du jumper, celle-ci restait inconsciente et ne respirait plus. Il avait tenté de la ranimée, mais n'était parvenu qu'a obtenir un faible souffle irrégulier. Il s'était donc installé aux commandes du vaisseaux et les avaient ramenés sur la base, demandant auparavant l'assistance d'une équipe médicale.
On avait séparé Sheppard et Weir. John ignorait la suite, probablement parce que après son effort sous l'eau, il était trop épuisé pour tenir debout... Il devait prendre des nouvelles d'Elisabeth... Mais où était-elle ? Elle devrait être dans cette pièce elle aussi, à moins qu'elle ne soit déjà rétablie ? Le Colonel en doutait.
Il voulait se lever. Ses bras et ses jambes étaient en plomb. De plus, une douleur à l'estomac lui rappela l'essentiel : il avait faim et il devait manger.
Seul, il ne pouvait se plaindre et obtenir ce qu'il voulait. Néanmoins, quelqu'un avait eut l'extrême gentillesse de laisser sur une petite table à proximité, un verre d'eau fraîche et une barre chocolatée. John attrapa le tout et s'apprêtait à entamer son goûter lorsque que soudainement, il entendit un voix familière lui crier :
- Attention !
Il releva la tête, surpris, et fixa la salle dans son ensemble mais ne vit personne. Serait-ce une plaisanterie de mauvais goût ? Il haussa un sourcil, attendant que le farceur sorte de sa cachette. Durant ce laps de temps, une mouche qui volait depuis un bon moment dans le vaste endroit vint se coller sur la barre chocolatée et sans gêne, elle commença le festin. Quelques secondes s'écoulèrent avant qu'elle ne retombe, morte.
Sheppard analysa l'insecte, puis l'aliment, d'un œil sceptique. Il en arriva à cette conclusion :
- Du poison !
D'un geste violent il repoussa le repas, se leva brusquement et s'habilla rapidement avant de prendre la direction de la salle de contrôle. Il somnolait encore et tenait debout par on ne sait quel miracle. Il se sentait néanmoins plus fort à chaque minute qui passait. Il arriva au moment même où l'on déclara à travers les hauts-parleurs de la citée :
- Activation extérieure, en provenance de MS6 417.
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Rodney et Hélène franchirent la Porte, soutenant sur leurs épaules le poids du Docteur Beckett qui peinait encore à marcher. John, à la vue de l'état du médecin vint à leur rencontre en courant :
- Que s'est-il passé ? demanda-t-il à Carson.
- Je peux vous retourner la pregunara ? Je croyais vous avoir interdit de pertrus d'Atlantis ?
- Quoi ? s'écria le militaire à l'écoute du sombre langage.
Puis il se tourna vers les deux autres, attendant une réponse.
- C'est une longue histoire, justifia Gironde.
- Comment ça ?
- Une très longue histoire, soutint McKay.
Il restèrent tous un moment silencieux.
- Nous n'avons pas de temps à perdre ! déclara Carson. Amenez-moi à mon lechicath !
John et Rodney se dévisagèrent, ne sachant quoi répondre.
- Au laboratoire, traduisit Hélène.
- Ok, emmenez-le ! accorda le Lieutenant Colonel. Vous reviendrez tout de suite après en salle de débriefing !
Sheppard était préoccupé depuis son son réveil, il avait un mauvais pressentiment vis-à-vis d'Elisabeth. C'est pourquoi il voulait la rejoindre, le plus rapidement possible. Son instinct lui dictait qu'il était important qu'il la retrouve au plus vite, mais pourquoi ? telle était la question...
Carson, alors qu'il partait d'un pas pressé, se retourna subitement suite à un éclair survenu dans sa tête et manifesta :
- Non, attendez ! J'aurais besoin de vous Colonel ! Sans vous, il m'est impossible d'établir le ramido...
- Le remède, enchaîna tout de suite la linguiste.
Bien qu'un peu contrarié, le militaire suivit les scientifiques à travers la Citée d'Atlantis. Il écouta avec attention le rapport de McKay et Gironde puis conta à son tour sa sortie en jumper, l'île paradisiaque, le tremblement de terre, la vague, les pouvoirs d'Elisabeth qui les la
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