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Accueil/Fanfics/Nagoya - Chapitre 2
Informations :
Auteur : Sari
: 20/05/2007
Note : -
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Histoire :
La jeune femme faisait les cents pas dans sa cellule. Cette dernière avait accueilli d'autres personnes avant elle, dont un Wraith que le Colonel Sheppard avait baptisé Steve. Mais il était mort empoisonné alors que John avait donné son accord afin de tester un vaccin qui devait immuniser les hommes contre les Wraith. Au final, leurs interlocuteurs leur avaient caché le véritable but de ce vaccin : anéantir l'ennemi.

La cellule ne possédait pas murs, il s'agissait d'un enclos, munis de large pilier sur les quatre coins. Des barreaux placés horizontalement garantissaient aux visiteurs une sécurité, qui était elle-même renforcée par un champ magnétique infranchissable.

Cette situation lui rappelait les entraînements qu'elle avait subis. Elle se remémora le sentiment d'impuissance qui ne manquait pas de la ronger au début. Puis, avec le temps, elle avait appris à le maîtriser et à profiter de la situation à son avantage. Elle avait déjà noté que les méthodes militaires étaient similaires dans les grandes lignes. Bien sûr, les uniformes étaient différents et les grades qu'elle avait entendus ne lui évoquaient absolument rien. Il ne devait pas s'agir d'Anciens comme elle s'y attendait, mais plutôt de descendants, sinon ils ne pourraient pas faire fonctionner la cité et ne seraient plus là aujourd'hui.

La porte qui ouvrait sur le couloir s'entrebâilla. Nagoya reconnut le couloir par lequel elle était venue, du reste, il s'agissait de la seule issue possible. C'était la première chose qu'elle avait noté lorsque son escorte l'avait laissé seule. Cela lui convenait et lui ferait moins de travail : elle n'aurait qu'un unique lieu à surveiller.

Deux hommes et une femme entrèrent. Elle identifia immédiatement les trois profils : le militaire, le coureur et la guerrière. Apparemment, ils faisaient partie de la même équipe. Nagoya sentait une solidarité entre eux que seuls les combats insufflent, malgré les différences d'origine.

Elle les observa se placer en face d'elle, à quelques mètres des barreaux. Elle jugea les trois mètres entre eux comme étant une zone de sûreté due à l'incertitude de ses réactions. Allait-elle réellement tenter d'en éliminer un ? Certainement pas, si elle avait le moindre instinct de survie.

- Vous avez semé une vraie pagaille là-haut, commença John tandis que Teyla et Ronon observaient la prisonnière qui faisait de même.
- Je suis désolée, mais je ne m'attendais pas à avoir des hôtes.
- Nous n'attendions pas de visiteurs non plus.
- Alors nous sommes quittes.

Nagoya s'était immobilisée au milieu de la pièce, comme elle surnommait sa cellule, et avait pris appui sur ses jambes dont l'écartement était calqué sur la largeur de ses épaules. La posture de prédilection en cas de situation d'urgence. Ses mains, regroupées dans son dos, donnaient une fausse idée de décontraction, aussi bien que celle d'un rapport qu'elle ferait à un supérieur. Elle avait l'impression de revenir des années en arrière alors qu'elle entrait à la "Militeria Academia ". Depuis, elle avait été prisonnière et s'en était toujours tirée.

- D'où venez-vous ? questionna John.

Elle en déduisit qu'il s'agissait du meneur du groupe.

- Je pourrais vous retourner la question.
- Je ne crois pas que vous soyez en mesure d'en poser.
- Et bien, je pense que j'en aie le droit.
- Pourquoi ?
- Il s'agit d'un échange d'information, non ? Je vous réponds et vous me répondez. Sinon comment saurais-je où je me trouve ?
- C'est bien vous qui avez composé les coordonnées, non ?
- Elles n'indiquent pas un lieu avec précision.
- Vous le saurez plus tard.
- Quand nous aurons fait ami-ami, je suppose. Comme ça vous serez certain que je n'appellerais pas mes petits camarades en renfort. Ce sont bien vos habitudes ?
- Vous êtes bien informée.
- Toutes les logiques militaires se ressemblent, peu importe la localisation galactique.
- Cela signifie-t-il que vous répondrez à nos questions ? interrogea Elizabeth qui venait de débarquer.

D'un coup d'oeil, Nagoya vérifia les positions de Teyla et Ronon. Ils étaient tous deux à proximité d'un mur. Ronon y était appuyé, comme pour être certain qu'il n'aurait pas de mauvaise surprise de ce côté-là. Son attention était entièrement dédiée à l'observation et la surveillance de Nagoya. L'issue était couverte. Ils devaient sans doute penser que son allure de roc la dissuaderait de tenter quoique ce soit.

A la vue des membres qui la gardait, elle estima qu'il devait s'agir des meilleurs, bien qu'elle garde à l'esprit que cela pouvait ne pas être le cas.
" Dans ce cas, ils doivent avoir la gâchette facile ", décida-t-elle.

Elle n'était pas sûre que l'homme fût un tireur d'élite. Il n'en possédait pas le calme. Elle le classerait plus dans la catégorie des " coureurs ", ces hommes, ou femmes, enlevés par les Wraith pour assouvir leur goût de la chasse avant de savourer leur victime. Teyla se trouvait dans la catégorie des " guerriers ", c'est-à-dire une personne douée au corps à corps et excellente au tir. Son impressionnante carrure laissait à penser qu'elle possédait une solide expérience du terrain.

En réalité, Nagoya redoutait bien plus le colonel Sheppard que les autres. Au moins, elle pourrait se servir de ses connaissances en matière de combat et de survie. Mais avec " John ", cela semblait différent. Il parlait d'une manière amicale dont Nagoya ignorait tout et qui constituait sa plus grande faiblesse. Elle reconnue cette émotion qui l'avait accompagnée lors de son passage à travers la porte. Cela faisait des années qu'elle ne l'avait pas ressentie.
Au final, Nagoya n'avait que le Colonel Sheppard en face d'elle, du moins jusqu'à l'arrivée d'Elizabeth. Le premier interrogatoire pouvait officiellement commencer.

- Je suis Elizabeth Weir, commandante de la cité d'Atlantis. Voici le Colonel Sheppard, Teyla Emmagan et Ronon Dex.
- Je suis Nagoya. Chef d'escadrille, précisa-t-elle pour la postérité. Elle savait déjà que son pantalon noir et son T-shirt de la même couleur, sans oublier ses bottes épaisses, avait trahi son côté militaire. Elle regretta aussitôt de ne pas avoir déguisé le " grand méchant loup " en inoffensif agneau. Cependant, elle doutait que ces autochtones comprennent ce que cela impliquait d'être chef d'escadrille.

Elle maîtrisait son personnage de prisonnière à la perfection et ne laissait rien transparaître de ses émotions ou réactions. Même ses cheveux blonds ramenés en queue de cheval étaient impeccables. Elle avait préféré les attacher suite à son incarcération, afin de parfaire sa façade de jeune femme blasée, de baroudeuse de l'espace, comme elle aimait à se considérer.

- Etes-vous prête à coopérer avec nous ?

Le Docteur Weir venait d'ouvrir les hostilités alors qu'elle enfilait sa casquette de responsable de la cité.

- Si vous faites de même, ce sera le cas, commandante.

Nagoya venait officiellement de se placer sous ses ordres. Toutefois, elle ne pensait pas qu'elle en comprendrait le sous-entendu. La façon dont elle menait l'interrogatoire trahissait clairement une formation de diplomate et de recherche de consensus.

- Vous devez avoir un sens de la morale développé pour refuser de " corser " l'entretien.

L'inflexion qu'elle utilisa confirmait à son " audience " qu'elle connaissait effectivement toutes les ficelles.

- Il sera toujours temps de laisser Ronon vous faire une petite démonstration.
- J'en meure d'impatience, ironisa-t-elle, se rendant de plus en plus impertinente. Savez-vous qu'il s'agit du meilleur moyen de faire connaissance avec quelqu'un ?
- Dois-je comprendre que vous avez une expérience en la matière ?
Elle haussa les épaules, toujours immobile. Elle n'avait pas quitté sa place depuis l'arrivée de ses visiteurs.
- A vous de décider. Mais savez-vous pourquoi ?

Elle n'attendit pas la réponse d'Elizabeth, bien décidé à faire les questions et les réponses elle-même.

- Parce que le torturé se lie à son bourreau. Comment imaginer un autre moyen de soumission aussi efficace que celui-ci ?
Ses sourcils se levèrent de manière on ne peut plus équivoque, délivrant un message qui tenait plus de l'avertissement : elle ne faisait pas dans la dentelle.
- Je répondrais à vos questions si vous faites de même avec les miennes, proposa Nagoya.
- Il me semble que vous n'êtes pas en position de négocier, remarqua Elizabeth.

Nagoya réalisa à ce moment précis qu'Elizabeth se tenait à la même hauteur que le Colonel Sheppard. Elle devait donc lui accorder une estime relativement élevée.

- Au contraire. Si je refuse de vous montrer que je ne suis pas un danger pour vous, vous allez devoir me garder quelque part. Alors que si vous acceptez ma proposition, vous pourriez en apprendre plus.
- Qu'est-ce que j'y gagne ? demanda Elizabeth.
- Pourquoi pas une alliance ?
- Qu'est-ce qui vous fait croire que nous en avons besoin ?
- On en a toujours besoin. Personne ne sait quand votre allié va vous tourner le dos.
- Je suis d'accord, répondit Weir après avoir jaugée Nagoya. Elle la trouvait si jeune, mais son aplomb et ses propos trahissaient un nombre de mission sur le terrain impressionnant et totalement incompatible avec une jeune femme d'une vingtaine d'année, selon elle.

Le regard des autres membres de la pièce convergèrent vers Elizabeth, relâchant leur surveillance un instant pour manifester silencieusement leur désaccord. Avait-elle perdu la tête ? Certainement pas ! Tant que Nagoya restait sous une étroite surveillance, elle ne risquait pas de mettre au point un plan, ni d'avertir ses petits compagnons par l'intermédiaire de l'appareil qui serait bientôt confisqué. Elizabeth sentait qu'il fallait y aller en douceur. Elle venait de lui dire clairement qu'elle se refermerait comme une huître à la moindre menace consistante.

Au cours de ce temps, seule Weir soutint le regard de sa prisonnière. Il fallait que l'une d'elle fasse le premier pas, et la règle des emprisonnements voulait que ce soit à Nagoya de le faire, tout en testant les limites de son opposante.

- Je viens d'une planète nommée Lémure.

Sa bonne volonté ainsi prouvée, les autres se mêlèrent de la conversation. Elle aurait presque pu sembler se dérouler autour d'un café fumant s'il n'y avait pas eu de barreaux entre eux.

- Où se situe-t-elle ? embraya John.
- Je n'en ai aucune idée. Mon gouvernement est contre toute utilisation de la porte. Je ne connais que mon système solaire et un envahisseur venu de plus loin.
- Les Wraith ?
- Je vois que vous les connaissaient. En fait, il n'y a que moi qui travaille sur la porte. Avec l'aide d'une petite équipe, bien sûr. J'ai beau être mécanicienne à mes heures perdues, je n'ai que deux bras !

Sa blague n'eut pas le succès escompté, aussi, aucun sourire ne s'afficha sur les visages présents, y compris sur ceux des deux gardes qui étaient affectés à cette salle en permanence et ceci, jusqu'à nouvel ordre.

- Je ne suis pas votre ennemie, traduisit-elle.

A cet instant, la porte s'ouvrit à nouveau pour livrer le passage au Dr. Beckett. Nagoya perdit alors tout espoir de convaincre son auditoire du moins, au cours de cette conversation-là.

- J'ai demandé au Dr. Beckett de procéder à quelques examens. J'espère que cela ne vous ennuie pas.
- Que ce soit avec mon accord ou sous la contrainte revient au même : je n'ai pas le choix.
- Ce n'est pas tout à fait exact, corrigea Weir. Avec votre accord, vous nous prouvez qu'on peut vous faire confiance.
- Il y en a qui n'auront jamais confiance, quoique je fasse, riposta-t-elle en lançant un regard appuyé en direction de Ronon.

La jeune femme regretta aussitôt ses paroles. Pourquoi avait-il fallu qu'elle dise ça ?! Apparemment, sa réflexion n'eut pas l'air de provoquer des inquiétudes, ni des interrogations. Seule Elizabeth nota qu'elle analysait extrêmement bien les attitudes et comportements des gens. Immédiatement, elle extrapola ce qu'elle connaissait des chefs d'escadrille et en conclut qu'elle devait posséder un génie tactique impressionnant pour son âge. De son côté, Ronon remarqua qu'elle était méfiante à son propos et qu'elle le redoutait autant qu'il ne lui faisait pas confiance.

Elizabeth tourna les talons, signal implicite pour un débriefing dans son bureau. Ronon fut le dernier à faire de même, comme s'il hésitait à laisser Beckett seul avec cette fille. Rectification, seul avec elle et deux soldats chargés de la surveiller.

- Ne vous en faites pas, il n'est pas dans mon intérêt de lui faire subir une prise de clé.

Avec un soupire, elle détailla son jargon de chef d'escadrille.

- Maintenir sa nuque entre mes chevilles avant de la lui briser.
- C'est marrant, mais je ne suis pas rassuré, marmonna le Dr. Beckett alors que la cellule ouvrait sa porte.
- Il n'est pas rassurant pour moi de savoir que toute mon escadrille sache la pratiquer !
Ronon finit par s'éclipser non sans avoir mis en garde les sentinelles.
- Vous avez un prénom Dr. Beckett ?
- Carson. Et vous, vous avez un nom de famille ?
- Non. Tous nos prénoms sont répertoriés et il faut une autorisation explicite avant de baptiser un nouveau-né.
- On ne dirait pas, mais vous êtes sociable.
- Même les animaux sauvages ont un coeur, pourtant, ils tuent.
- La loi de la nature, c'est ça ?
- On peut dire ça. Vous avez l'intention de me vider de mon sang ? questionna Nagoya alors qu'il venait de remplir un troisième flacon avec son sang.
- Rassurez-vous, c'était le dernier.

La jeune femme parut soudainement fatiguée. Pour peu, on aurait pu croire à la transformation d'un acteur qui allait entrer en scène.

- Tenez ça, s'il vous plaît, ordonna Carson en parlant du coton qu'il venait d'appliquer au creux de son coude. Nagoya maintint le coton en place le temps qu'il pose un morceau de sparadrap dessus et ne poursuive son examen.
- Vous allez bien ? s'inquiéta-t-il. Vous me paraissez bien pâle.
- Ca passera, le rassura-t-elle. Trop de nuit blanche je suppose.
- Je connais ça. Quand j'étais étudiant en médecine, je dormais rarement 7h d'affilées, sans compter les nuits de garde !
- Est-ce qu'il n'y a pas trop de temps mort ici ?
- Un peu, mais ça me laisse du temps pour mes recherches.
Ils laissèrent durer le silence jusqu'à ce que Beckett finisse de ranger tout son matériel.
- Vous êtes sûre...
- Carson, le coupa-t-elle, ça va. J'ai juste besoin de dormir un peu.
- D'accord. Faites-moi appeler en cas de besoin.
- C'est gentil, le remercia-t-elle.

Elle ne bougea pas d'un pouce avant que la porte de sa cellule ne se fût refermée sur son sympathique visiteur. Elle regrettait presque son départ, elle qui n'avait jamais connu que l'errance au gré de ses missions.
Sa nouvelle position était plus stratégique, elle se trouvait dans le coin opposé à la porte. Le coin le plus éloigné, le plus sécurisant. De cette manière, elle n'aurait pas à craindre d'être prise à revers.
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