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Accueil/Fanfics/J'ai peur de ne pas l'aimer
Informations :
Auteur : Johnelizabeth
: 06/06/2007
Note : 10
Nombre de votes : 2


Histoire :
Auteur : Johnelizabeth
Genre : Drame
Ships : Sheyla - Shweir - Teylon
Disclamer : Les personnages de SGA ne m'appartiennent pas !
Saison : Hors Saison
Remerciement : A Lily pour sa correction.
Dédicace : J'espère qu'il ne se reconnaîtra pas mais c'est pour toi...
Résumé : Les sentiments d'Elizabeth face à un foetus dont les parents sont John et Teyla.


***


J'ai peur d'écrire ceci. J'ai peur de laisser une trace de cette atrocité. J'ai peur que cela fasse de moi un monstre. Comment peut-on ne pas aimer un bébé ? Un petit être innocent...
Le pauvre... Il va naître dans un monde horrible, un monde où sa marraine se demande si elle doit l'aimer alors qu'elle ne le connaît tout simplement pas. Peut-être qu'il sera gentil et aimable, peut-être qu'il sera mignon comme un coeur, peut-être...
Ai-je le droit de le juger à cause des gènes dont il héritera ? Malgré l'éducation qu'il recevra, il arrivera peut-être à s'en dégager et devenir quelqu'un de bien. Mais qu'est-ce que je raconte ? Ses parents sont des gens biens et ils lui donneront une bonne éducation et je le détesterai pour tout ce qu'il représentera et tout ce qu'il saura sur les rites athosiens parce que ça signifiera que c'est elle sa mère. Et je me détesterai de haïr ce petit être qui bave, qui ne comprend pas le monde qui l'entoure et qui n'est responsable en rien de ce que je peux ressentir, qui n'a rien fait de mal, qui est juste né. Comment peut-on reprocher à un être humain d'être né ?
Le pire, c'est que je croyais ne pas être la seule à ressentir ce genre de choses. Ronon aurait dû être horrifié, casser le nez de John ou taper dans un mur mais non. Il a souri et serré l'heureux couple dans ses bras comme si c'était normal ! Ils sont peut-être mariés et alors ? Est-ce une raison valable pour faire un enfant ? Dans un monde comme celui-là ? Sur une cité aussi exposée au danger que celle-là ?
Et moi ? Moi, je suis restée prostrée là. Ne pouvant articuler un mot. Voyant tous les regards braqués sur moi, j'ai fait la seule chose que je devais faire : sauter dans les bras de la futur maman en lui souhaitant toutes mes félicitations. J'ai fait la même chose avec le futur papa. Ensuite, ils se sont embrassés, en plaisantant sur le fait que la famille allait s'agrandir. Et j'ai souri. C'est ce qu'il faut faire dans ce genre de situation. Sourire, c'est le plus important. Peu importe ce que l'on ressent vraiment, il faut sourire pour faire bonne figure.
Et là Ronon m'a posé la question fatidique : "Alors ? Contente de devenir marraine ?".
À cet instant, c'était comme si je perdais mon dernier lien avec le monde réel. Il était censé me comprendre lui. À lui aussi, on lui avait volé son amour. Lui aussi, il apprenait que de cette union qui nous semblait malsaine, allait naître quelqu'un.
À leur mariage, nous nous étions retrouvés en habits d'apparat dans le même couloir sombre à se demander pourquoi ça nous arrivait à nous.
Et il était là, content de devenir le parrain de l'enfant qu'allait mettre au monde la femme qu'il aimait, l'enfant d'un autre.
- C'est une super nouvelle, continuais-je avec le sourire.
À cet instant, un épais brouillard me sépara d'eux à jamais. Ils avaient tous une vie, même Ronon était passé à autre chose. Et moi, je restais là, je suis toujours là. Dans la même pièce, assise sur la même chaise que quand on me l'a annoncé, il y a quelques mois seulement. Neuf mois, c'est beaucoup trop court pour accepter la perte d'un être cher et l'arrivée d'un autre. Maintenant ils ont une vie et je ne peux rien faire pour les séparer ou le récupérer. Il lui appartient. Même si je ne suis pas sûre qu'il soit vraiment heureux, qu'il sache vraiment ce qu'est l'amour. Je le laisse vivre.
Il ne l'a pas mérité. Il n'a pas mérité la paix avec sa femme, pas après m'avoir fait croire par des regards complices et des sourires charmeurs qu'il resterait près de moi. Mais cependant, je vais la lui donner : sa paix.
Il faut que j'avance à présent. Mais quoi que je fasse, je le croiserai dans les couloirs, au briefing, au mess. Quoi qu'il arrive ils font partie de ma vie et je ne peux pas les effacer parce que quoi qu'il arrive je l'aime encore.
Il n'a jamais fait un pas vers moi, jamais fait comprendre qu'il resterait. Il a joué avec moi. Non, je ne sais même pas si c'était un jeu. Juste une passade. J'étais là alors il restait avec moi et puis quand elle était là, il restait avec elle. Je n'étais qu'une échappatoire à son ennui...
Je n'aurais jamais dû m'attacher à lui comme je l'ai fait, me reposer sur lui. Maintenant, qu'il est avec elle, je ne peux plus avoir confiance. Depuis le jour de son mariage, mon coeur ne s'est jamais arrêté de saigner. Je ne peux pas lui pardonner ça et à elle non plus : m'avoir pris l'homme que j'aime.
Alors comment pardonner à ce bébé d'arriver dans un tel chaos et d'être l'enfant de ses parents ? J'ai toujours trouvé horrible les personnes qui condamnaient les enfants pour les crimes de leurs parents. C'est vrai, ce n'est pas parce qu'on a hérité de certains gènes qu'on finira comme eux. Et pourtant, me voici en pleine contradiction avec mes idéaux. Ce n'est pas que je refuse de l'aimer. C'est que je ne sais pas si j'en serais capable. Le voir me rappellera tout ce dont je manque, me rappellera son père que je hais tant à présent. Il symbolisera tout ce que je n'ai pas, il symbolisera leur trahison, il symbolisera leur amour infect. Je vais être la marraine d'un enfant dont je déteste les parents. Et je déteste cette rancune, cette incapacité à pardonner que j'ai toujours eu, cette espèce d'orgueil mal placé.

THE END
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