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Informations :
Auteur : lyly
: 22/12/2005
Note : 7.5
Nombre de votes : 2


Histoire :
Se situe à la fin de la saison 8 de SG1, et à la fin de la saison 1 de SGA.

Quelque part en France, dans un hangar désaffecté en Picardie, à 90 km de Paris.

Les deux hommes étaient seuls dans le hangar. La nuit était tombée depuis deux heures déjà, et l'ampoule électrique, qui éclairait le centre du bâtiment, dissipait difficilement les ténèbres du lieu, diffusant autour des hommes un cercle de lumière d'environ trois mètres de diamètre, à peine suffisant pour éclairer l'ensemble de leur installation. Deux grandes caisses en bois faisaient office de bureau, sur lesquelles avaient été disposés négligemment matériel informatique dernier cri, papiers couverts de chiffres et de signes, notes, paquets de chewing-gum, canettes de bière vides et autres imondices. D'autres appareils électroniques entouraient ce bureau improvisé, dont l'utilité n'aurait sans doute pas été évidente sans la présence d'une antenne-parabole portative disposée au sommet des appareils.
Inconnu n°1, allumant sa quatorzième cigarette de la journée : Bon sang, ça va faire six mois maintenant qu'on se coltine cette planque de m****, et on a toujours rien appris ! Qu'est-ce qu'on fout là ?!!! On devrait être parti d'ici depuis longtemps déjà !
Son accolyte garda le silence. En fait, il douta même qu'il avait entendu ses plaintes, car il portait sur les oreilles un lourd casque d'écoute (des écouteurs x100 quoi !).
Inconnu n°2, après 10 minutes d'un nouveau silence, parlant avec un fort accent américain : Eteins ta foutue clope, tu veux ? Je tiens à mes poumons.
Inconnu n°1 : Tu parles ! Tu évites de fumer pour mieux boire tes trois litres de bière quotidienne ! Tu seras mort d'une sirose du foie avant que je clamse d'un cancer du poumon ou de la trachée !
Inconnu n°2 : Je veux pas savoir. Ecrases ta clope !
Maugréant pour la forme, son compagnon s'exécuta malgré tout.
Inconnu n°2 : Et pour répondre à tes gémissements de tout à l'heure, j'pense pas que perdre d'un coup 5 membres de sa famille ce ne soit "rien".
Inconnu n°1 : Pfff... J'suis orphelin et j'en fait pas une maladie.
Inconnu n°2 : Peut-être, mais toi tu l'es depuis que tu portes des couches. La gamine, elle a que 21 ans. Dur de perdre toute sa famille d'un coup.
Inconnu n°1 : Mais de toutes façons, si ça n'avait pas été cet accident de voiture, ça aurait été l'Agence qui s'en serait chargé. Tu sais bien qu'un jour ou l'autre ses parents lui auraient avoué. Et alors elle aurait commencé à faire des recherches et on aurait été dans une belle m**** !
L'autre ne répondit rien. Il n'aimait pas la façon dont l'Agence était dirigée, ni la façon dont elle surveillait ses protégés. Mais il respectait ce pour quoi elle le faisait. Surtout depuis qu'ils avaient appris voici plusieurs années la création du SGC. C'était devenu dangereux pour leurs protégés.
Inconnu n°1 : Les médecins ont rien détecté quand ils ont fait leurs exams sur la gamine, après l'accident.
Inconnu n°2 : Bien sûr que non ! Pourquoi voudrais-tu qu'ils trouvent quoi que ce soit ? La seule chose qui sépare la gamine de nous, c'est son code génétique. Les médecins n'avaient pas à fouiller de ce côté !
Aucun des deux n'ajouta plus un mot durant les deux heures suivantes, se relayant à l'écoute de ce qui se passait dans la chambre d'hôpital de la "gamine", pensant qu'elle dormait.
Mais ils ignoraient que dans l'hôpital de la petite ville de Chaumont-en-Vexin, allongée sur son lit certes mais ne dormant absolument pas, la "gamine" observait en silence le bas de son ventre, douloureux, sans comprendre ce qui lui arrivait. Ses yeux grands ouverts par la peur et l'incrédulité fixaient sans ciller la marque de forme triangulaire dont un côté manquait, surmontée d'un cercle de taille plus petite, qui apparaissait progressivement mais certainement sur sa peau blanche. Le glyphe "Earth" de la Porte des Etoiles.

Daniel Jackson regarda l'écran de son ordinateur les yeux fixes, sans expression, le front plissé, l'air songeur. Il se tapotait les lèvres avec un stylo. Sa tasse de café, encore à moitié pleine, répandait dans le bureau une odeur de café froid, pas vraiment désagréable. Cela devait bien faire un quart d'heure qu'il fixait ainsi son ordinateur.
S.Carter : Vous m'avez fait appeler, Daniel ?
La jeune femme entra dans le bureau sans attendre la réponse, le visage interrogateur.
D.Jackson : ... mmmh... quoi ?
Sam pouffa de rire, amusée par l'air totalement perdu de l'archéologue.
S.Carter : Alors pourquoi m'avez-vous fait venir ?
D.Jackson : J'ai essayé de vous joindre dans votre chambre et dans votre labo, sans résultat. Où étiez-vous ?
S.Carter : J'étais dans la salle de commande de la Porte. Nous avons renouvelé les mots de passe du dispositif d'autodestruction de la base.
D.Jackson : Je m'étonne que vous vous en souveniez à chaque fois, vu que vous le changer très régulièrement.
S.Carter : Je n'ai pas vraiment le choix.
L'archéologue garda le silence quelques secondes, puis, désigant l'écran de son ordinateur du menton : "Qu'en pensez-vous ?"
Sam s'approcha du bureau, et regarda avec curiosité l'écran. Il s'agissait, d'après ce qu'elle voyait, d'une page internet, à l'intitulé pour le moins intriguant et risible : "Les étrangetés du bizarre, tout ce qu'on nous cache sans vergogne par peur du scandale". Plusieurs photos illustraient le titre, et invitaient à lire divers articles édités par le site. On pouvait y voir une poule à deux têtes, un couple entouré de leurs six enfants - des sextuplés parfaitement identiques, un mauvais photo-montage d'un prétendu ovni volant au-dessus d'une ferme du Montana, un pêcheur posant avec sa prise - un poisson à l'aspect étrange d'une longueur d'au moins 2 m, etc...
S.Carter : Vous vous intéressez à ce genre de canulards, maintenant ? Je pensais qu'avec tout ce que vous aviez vécu jusqu'à maintenant, vous seriez blasé face à ce genre d'histoire.
Daniel eut un sourire, acquiessa d'un signe de tête, puis pointa du doigt l'une des photographies dans le bas de l'écran.
D.Jackson : Je vous accorde que la plupart de ces articles tiennent plus du torchon qu'autre chose, mais cet article mérite un peu d'attention.
Sam approcha son visage de l'ordinateur, yeux plissés. La photographie était de très petite taille, et de mauvaise qualité.
D.Jackson : Comme ça se sera mieux.
Il cliqua sur la photographie, qui aussitôt fit place à un article relativement court, mais illustré d'une dizaine de photographies au moins, à la qualité et la grandeur plus appréciables.
S.Carter : Je dirais même qu'il mérite beaucoup d'attention de notre part.
D.Jackson : Les photographies, d'après l'article, ont été prises sur 8 personnes différentes, toutes présentant la même singularité. Une forme étrange est apparu sur leur peau, comme une marque au fer rouge, il y a de cela plusieurs mois.
S.Carter : Ce sont des glyphes de la Porte des Etoiles.
D.Jackson : C'est exact. Et des glyphes reproduits au détail près ! Ils sont parfaitement reproduit.
S.Carter : Vous pensez que des informations ont transpiré de la base et que ces gens s'en sont servi pour monter ce canular ?
D.Jackson : J'en doute... D'autant que d'après l'article, ces 8 personnes ne se sont jamais rencontrées. Trois vivraient ici même aux Etats-Unis, deux autres en Chine, une en Inde, une en Afrique et une en France.
S.Carter : Oui, enfin, c'est ce que raconte l'article Daniel. Rien ne nous dit que ce soit vrai. Il faut rester extrêmement prudent.
D.Jackson : Il y a autre chose de troublant... Vous ne remarquez rien concernant ces glyphes ?
S.Carter, scrutant une nouvelle fois l'écran des yeux : Non... A priori il s'agit de glyphes tout à fait ordinaires...
D.Jackson : En eux-mêmes et pris séparément oui. Mais l'ensemble est très particulier. Sam... Il s'agit du code...
"D'Atlantis", acheva une voie grave dans leurs dos.
Sam et Daniel se retournèrent précipitemment, surpris. Face à eux se tenait Jack O'Neill, en pantalon de jean et pull gris.
"Jack ?! Mais qu'est-ce que vous ...
- Plus tard les explications Daniel. Nous avons un problème."

Carter et Daniel se précipitèrent en courant en salle de briefing derrière O'Neill. Tous trois retrouvèrent Teal'c assis à la table et qui les attendait déjà.
Carter : mon Général que ce passe-t-il ?
O'Neill : vous le savez non ?
Daniel : ça a un rapport avec cet article sur le site ?
O'Neill : en effet. La mission Atlantis est fortement compromise.
Daniel (paniquant) : quoi ?
O'Neill : il semblerait qu'il y ait eu des fuites importantes. Des informations top secrêtes.
Carter : vous avez déjà quelqu'un en tête ?
Teal'c : O'Neill pense qu'une personne de l'expédition Atlantis pourrait y être pour quelque chose.
Carter : mais comment ? C'est impossible.
O'Neill : ce n'est qu'une hypothèse. Mais maintenant que les voyages entre la Terre et Atlantis sont possibles grâce au Dédale, ce n'est pas exclu. En attendant, il me faut un moyen pour contacter l'expédition d'urgence. D'ici là, je veux que tous les 3 vous enquêtiez discrètement pour savoir ce qui se cache derrière tout ça. Trouver qui sont les victimes, s'il y a un lien entre elles ou quoi que ce soit d'autre et surtout, qui leur a fait ça.
Daniel : ça risque de prendre un temps fou...
O'Neill (s'impatientant) : Daniel... Ca vous évitera peut-être de surfer sur le net pendant le service.
Daniel : quoi ? Mais pas du tout je...
O'Neill : disposez.
Daniel : Jack !
Mais O'Neill s'était déjà levé et avait quitté la salle avec un sourire au coin des lèvres.
L'équipe se leva et retourna dans les couloirs en direction du bureau de Daniel.
Carter : bien. En premier lieu je propose de trouver l'identité de l'auteur de l'article ainsi que celle des personnes présentes sur ces photos. Il faut aussi que je réquisitionne un jet, je sens que nous aurons du voyage à faire pour les rencontrer.
Daniel : inutile, vous n'avez pas lu tout l'article.
Carter : qu'est-ce que j'ai manqué ?
Daniel (qui s'était rassis devant son ordinateur) : les 8 personnes dont je vous parle, elles ont toutes été enlevées. Personne ne sait ce qu'elles sont devenues.
Teal'c : le coupable, lui, le sait.
Daniel : le plus étrange, poursuit l'article, c'est que chacune d'elles ont été enlevées juste après avoir perdu leur famille.
Carter : toutes ces personnes sont orphelines ?
Daniel : pas seulement orphelines. Tout le monde a disparu, frères, sœurs, cousins, cousines, tantes même... Et tous dans des circonstances d'accidents étranges. Tenez par exemple la française a perdu ses parents avec qui elle vivait dans un accident de voiture dont étrangement elle est la seule survivante.
Carter : en quoi est-ce étrange ?
Daniel : regardez l'état de la voiture.
Il cliqua alors sur une photo montrant une carcasse de voiture complètement calcinée et déformée sur le bord d'une route bordée de champs, témoignant de la violence du choc qu'avaient du subir ses passagers.
Daniel : Et il y a plus étrange au sujet de l'Africaine : une épidémie de variole dans son village décimant tout le monde, y compris sa famille, sauf elle.
Teal'c : pensez-vous qu'il s'agisse d'assassinats ?
Daniel : j'en mettrais ma main au feu. Il ne peut pas y avoir autant de coincidences.
Carter : l'article ajoute que selon l'enquête, le père de la française se serait endormi au volant. Désolée Daniel mais pour moi il s'agit bien d'un accident.
Teal'c : que toutes ces personnes aient été enlevées, c'est une chose, mais la rescapée de l'accident de voiture a sûrement été hospitalisée. Elle n'aurait sûrement pas pu s'en sortir indemne.

La chambre était entièrement plongée dans le noir. La jeune fille tournait et se retournait dans son lit d'hôpital. Elle était couverte de sueur, sa bouche était sèche et la marque à son ventre la brûlait. Elle finit par s'asseoir dans son lit, malgré la fatigue qui picotait ses yeux. Elle aurait pu appeler l'une des infirmières avec le bouton d'alerte fixé au mur, près de son lit, mais cela n'aurait servi à rien.
Elle n'avait parlé à personne de la marque sur son ventre. En tout cas, plus depuis l'incident dans le premier hôpital où on l'avait transféré, à Chaumont. En effet, elle avait commis l'erreur de se confier à l'une des infirmières de cet hôpital et avait vu apparaître, quelques jours plus tard, après que celle-ci lui ait fait passer de prétendus examens, une photographie de sa marque sur un site internet américain, un de ceux dans lequel des cinglés prétendant avoir été enlevés par des extraterrestres racontaient leurs expériences. C'était l'infirmière elle-même qui lui avait apporté l'article imprimé sur du mauvais papier imprimante.
Sans savoir pourquoi, le geste de cette infirmière avait rempli la jeune fille de terreur, et plus encore lorsqu'elle avait compris qu'elle n'était pas la seule à avoir une marque étrange et récente sur le corps, d'origine inconnue. Vingt quatre heures s'étaient à peine écoulées après cet incident, et elle avait appris son transfert vers une clinique privée. Lorsqu'elle avait voulu savoir qui en avait décidé ainsi, les infirmiers chargés de son transfert lui avaient donné de vagues explications, pour le moins incohérentes. Et c'était ainsi qu'elle s'était retrouvé dans cette chambre, dans une clinique dont elle ignorait tout.
La seule chose qu'elle savait, c'était que cette clinique se situait dans un lieu isolé. Très isolé. Des fenêtres de la chambre, on pouvait voir la forêt toute proche, qui semblait s'étendre loin, très loin. Et aucun signe de vie alentours.
Elle avait, les premiers jours, désiré sortir un peu de sa chambre pour prendre l'air dans le petit parc qui s'étendait au pied de la clinique, mais le médecin le lui avait formellement interdit. "Vous êtes encore faible, lui avait-il dit. C'est trop tôt encore."
Alors la jeune fille avait décidé de regarder par les fenêtres les autres malades déambulés dans le parc, pour se distraire un peu. Mais le parc restait vide. Désespérément vide. Etrangement vide.
"Il faut que j'en ai le coeur net, murmura-t-elle soudain."
Elle repoussa les couvertures qui l'étouffaient, se leva et enfila une robe de chambre sur la fine nuisette qu'elle portait. Elle s'avança à tâtons vers la porte de sa chambre, puis tourna tout doucement la poignée. La porte ne bougea pas.
"Peut-être est-elle coincée ? se dit-elle en forçant un peu. On n'enferme pas les gens dans un hôpital."
Rien n'y faisait. La porte n'était pas coincée. Elle était vérouillée. Hermétiquement vérouillée.
" Ce n'est pas possible."
Elle recula de quelques pas, considérant la porte avec incrédulité.
"On n'enferme pas les gens dans un hôpital", se répéta-t-elle.
Pourtant c'était bien le cas.
Une bouffée de colère et de peur l'envahit soudain, faisant monter des larmes dans ses yeux. Elle eut l'idée de se ruer sur la porte... mais l'abandonna aussitôt. Céder à la panique et faire du tapage nocturne ne feraient qu'empirer les choses. Et ses ravisseurs sauraient qu'elle-même savait. Ce transfert d'hôpital pour une clinique lui avait paru si étrange. Elle aurait dû se méfier.
Elle regarda autour d'elle, en quête d'une issue, et les fenêtres l'attirèrent immédiatement. Mais sa chambre se situait au second étage du bâtiment. Elle ouvrit la fenêtre sans difficulté. Sûre qu'elle ne tenterait jamais de s'échapper par là, ses ravisseurs n'avaient pas dû juger utile de la verrouiller.
"Eh bien je vais leur prouver leur tort, murmura-t-elle en passant une jambe par dessus le rebord de l'ouverture."

La jeune fille, perplexe, resta ainsi quelques secondes. Il fallait qu'elle sorte d'ici, qu'elle découvre la vérité, mais sauter n'était peut-être pas la meilleure solution...
Elle rentra à nouveau sa jambe et saisit ses draps. Elle les attacha soigneusement les uns aux autres pour en faire une corde.
" Après tout, si ça marche dans les films, pourquoi ça ne marcherait pas pour moi ?", se disait-elle.
La corde bien attachée, la jeune femme enroula l'une des extrémités au pied du lavabo, qui lui était fixé au sol. Puis elle passa la corde improvisée par la fenêtre et en examina la longueur. Heureusement que des draps supplémentaires se trouvaient dans la chambre, sans ça, elle n'aurait pas pu atteindre le sol. La jeune fille passa alors une jambe par-dessus le rebord, elle s'agrippa fermement aux draps et passa sa deuxième jambe. Retenue à la seule force de ses bras, elle ne put s'empêcher de lâcher un " Ah ! Humph ! " au moment où elle bascula. Alors qu'elle entamait une lente descente jusqu'au sol, deux phrases revenaient sans cesse dans sa tête : " qu'est-ce qui m'arrive ? " et " qu'est-ce je fais là ? ". Elle n'avait jamais fait ce genre d'exercice physique et elle savait que ses bras n'allaient pas tenir longtemps. Elle essayait bien de poser ses pieds sur le mur, mais la surface rugueuse les lui auraient mutilés. Alors qu'elle posait lentement ses pieds nus sur le rebord supérieur de la fenêtre du premier étage, la jeune fille entendit du bruit ; comme une porte s'ouvrir. Priant pour que se ne soit pas celle de sa chambre d'hôpital, elle se tenait tant bien que mal sur ce rebord de fenêtre en se tenant à ses draps.
Elle entendit soudain la voix d'un " infirmier " venant de l'étage inférieur. Soulagée, elle tendit l'oreille pour écouter ce qui se passait.
Infirmier : Monsieur Walt. Je viens vous informer que le dernier patient vient d'arriver à la clinique(l'infirmier avait une voix très grave, portant dans toute la pièce. Il parlait en anglais, mais la jeune française maîtrisait suffisamment cette langue pour pouvoir décrypter les paroles).
M.Walt : Bien, il s'agit d'un certain monsieur Xong ?
Infirmier : Exact monsieur, c'est l'asiatique.
M.Walt : Parfait. Tout est en ordre concernant les autres patients ?
Infirmier : Oui monsieur.
M.Walt : Alors contactez l'Agence. Dites-leur que leurs huit colis sont arrivés et que nous les attendons.
La jeune fille ne comprenait pas. Pourquoi un infirmier et un certain Walt parlent-ils en anglais dans une clinique française ? Qu'est-ce que l'Agence ? Qui sont ces huit personnes ? En fait-elle partie ? sûrement...Elle se concentra à nouveau pour écouter la suite de la conversation.
Infirmier : Monsieur. Je suis inquiet à propos de la jeune française.
M.Walt : Ah oui ? Et pourquoi donc ?
Infirmier : Eh bien...J'ai l'impression qu'elle se doute de quelque chose depuis que nous l'avons interdit de sortie.
M.Walt : Eh bien c'est simple : retournez la voir et inventez-lui un nouveau bobard. Gagnez du temps jusqu'à l'arrivée des gars de l'Agence, c'est tout.

La jeune femme réagit soudain. Elle avait deux solutions : terminer sa descente et courir à toute vitesse vers la forêt, ou remonter dans sa chambre et attendre l'infirmer qui était sur le point d'arriver. Dans les deux cas, il lui restait très peu de temps.
Elle fut alors sortie de ses pensées lorsqu'elle entendit un cri, celui d'une femme, probablement une infirmière.
Infirmière : Monsieur Walt ! Monsieur Walt !
M.Walt : Céline ? Qu'y a-t-il ?
Céline : C'est dehors monsieur ! Une voiture vient d'arriver devant la clinique. Monsieur Black fait patienter ses occupants, mais ils n'ont pas l'air commodes.
M.Walt : Et qui est-ce ?
Céline : Il s'agit...de l'Armée de l'Air des Etats-Unis.
Cette dernière phrase jeta un froid dans toute la pièce...

La voiture frappée à l'éffigie de l'US Air Force parcourait lentement l'allée menant à la clinique. A l'intérieur, les quatres militaires, plutôt jeunes, se demandaient ce qu'ils faisaient là. Ils avaient reçu l'ordre de contrôler toutes les cliniques privées de la région afin d'y voir si une jeune française ne s'y serait pas fait admettre. Le Sergent Bates, le plus jeune, était même déçu d'être là. Pas vraiment le genre de choses pour lequel il s'était engagé dans l'US Air Force.
Bates : dites les gars, on fait une inspection rapide et on retourne à la caserne.
Le Lieutenant Buckland ne l'entendait quant à lui pas de cette oreille.
Buckland : non non non, on nous a dit de faire ça sérieusement, alors on le fera sérieusement.
Bates : qu'est-ce qu'on cherche exactement ?
Buckland : je vous l'ai déja expliqué Sergent. Le Général O'Neill a reçu l'information selon laquelle une jeune française répondant au prénom de Jeanne Merlot qui avait été hospitalisée dans un hôpital français a été transférée dans une clinique de notre bel Etat du Montana. Nous avons donc ordre de toutes les visiter afin de la retrouver.
Bates : oui tout ça je le sais mais quel rapport avec l'armée de l'air ? Elle est dangereuse ? Ou alors elle a inventé un truc top secrêt ?
Buckland : je n'en sais pas plus, c'est top secrêt. Tout ce que je sais c'est qu'on doit la ramener à Cheyenne Mountain si on la trouve. D'autres questions ?
Bates rentra la tête dans son col. Il descendit de voiture et se dirigea avec Buckland et les deux soldats qui les accompagnaient vers le bâtiment dont quelques fenêtres étaient éclairées. Les 4 hommes entrèrent et se retrouvèrent dans un couloir sombre au bout duquel se trouvait un bureau. Les lieux semblaient assez vétustes et très calmes. Au bureau, une femme plutôt agée lisait des documents et faisait comme si elle ne les avait pas remarqués.
Buckland : excusez-moi madame, nous aimerions savoir si une certaine Jeanne Merlot aurait récemment été admise chez vous.
Secrétaire : désolé messieurs, aucune personne de ce nom ne figure dans nos dossiers.
Bates : bien merci madame.
Buckland : une seconde. Nous aimerions vérifier par nous mêmes.
Bates leva les yeux en l'air tandis que Buckland ordonna aux gardes de rester surveiller l'entrée.
Secrétaire : s'il vous plait, vous ne pouvez pas entrer là.
Tandis que Buckland se dirigeait vers une porte battante menant vers les chambres situées dans les étages, un homme en sortit.
Walt : bonjour, je m'appelle James Walt, directeur de cette clinique. En quoi puis-je vous aider ?
Buckland : nous sommes à la recherche d'une personnes qui aurait pu être admise chez vous récemment.
Walt : vennez dans mon bureau voulez-vous.
Les trois hommes se dirigèrent dans un bureau en désordre où se trouvaient pèle-mèle des papiers et montagnes de chemises éparpillées. Le Sergent Bates avait retrouvé toute son attention et inspectait les lieux d'un regard sceptique.
Buckland : est-ce ainsi qu'un directeur de clinique gère son bureau ?
Walt : oh vous savez avec tous ce travail... Mais attendez que je cherche un peu. Mademoiselle Merlot...
Le directeur tapa le mot dans la base de données informatique de la clinique. Lorsqu'il tapa sur entée, un bref signal sonore se fit entendre et il fit alors une moue désolée.
Walt : je m'excuse, aucune personne de ce nom chez nous.
Buckland : bien merci, nous ne restons pas plus longtemps.
Bates : accueillez-vous tous les visiteurs qui viennent dans votre clinique ?
Walt : oh, j'ai vu votre voiture arriver de loin.
Buckland : merci, nous retrouverons la sortie.
Walt : je vous en prie messieurs.
Buckland, Bates et les deux soldats qui les accompagnaient sortirent de la clinique pour se diriger vers la voiture.
Buckland : ce Walt ne me dit rien qui vaille.
Bates : allez, nous avons encore 4 cliniques à visiter.
Alors qu'il disait ça, une femme vêtue d'une robe de chambre et les cheveux ébouriffés surgit devant eux et se jeta dans les bras de Bates.
Bates : qui êtes-vous ?
La jeune femme, à la surprise des deux militaires, s'exprima à eux en français.
Inconnue : aidez-moi s'il vous plait.
Buckland : elle a du réussir à sortir de sa chambre. Il faut la ramener.
Bates : non attendez mon Lieutenant. Vous ne trouvez pas bizarre qu'elle parle français ? ( à l'inconnue) Jeanne Merlot ?
La jeune femme fit un oui timide de la tête.
A l'intérieur de la clinique, Walt avait observé la scène. Il se tourna vers l'homme à qui il parlait quelques minutes plus tôt.
Walt : contactez l'Agence, nous avons un problème.

Base de Cheyenne Mountain, douze heures plus tard, infirmerie.

Sept des lits de l'infirmerie étaient occupés. C'était la première chose que Jeanne avait remarqué en ouvrant les yeux. Huit en comptant le sien. Son lit se trouvait juste en face de la porte de l'infirmerie. Deux gardes s'y tenaient de part et d'autre. Elle se redressa sur son séant et les fixa. Ils l'observaient également. Les deux militaires portaient un uniforme similaire, de couleur verte, avec un haut noir. Deux lourdes armes pendaient sur leurs hanches. Un écusson étrange ornait leurs épaulettes.
Jeanne cligna des yeux pour identifier le symbole des écussons... et déglutit péniblement, une sueur froide recouvrant son front subitement.
O'Neill : Donner l'assaut sans mon ordre, Daniel ! Ces gamins mériteraient la cours martiale vous m'entendez ! La cours martiale !
La porte s'ouvrit soudain, un peu trop violemment du goût de Jeanne qui se recroquevilla sous ses couvertures. Elle jeta malgré tout un coup d'oeil, et aperçut deux hommes entrer. L'un d'eux avaient une chevelure d'argent, de petites rides et des pattes d'oie modelaient son visage, indiquant une quarantaine d'années bien senti, peut-être un peu plus. Son compagnon était plus jeune, mais devait malgré tout avoir plus de 35 ans. Ses cheveux étaient courts et châtains, et ils portaient une paire de lunettes, accentuant son air sérieux... Non pas sérieux, studieux.
O'Neill : Rien à signaler, lieutenant ?
L'un des gardes : L'une des rescapés s'est réveillée, mon général, peu de temps avant votre arrivée.
Puis il désigna d'un coup de menton le lit où se trouvait Jeanne. Les deux hommes s'approchèrent.
O'Neill : Je suis le général Jack O'Neill, et voici le docteur Daniel Jackson.
Pas de réponse.
O'Neill : Vous croyez qu'elle a compris ce que je lui ai dis, Daniel ?
D.Jackson : Aucune idée."
Daniel se rapprocha du lit de la jeune fille et l'observa avec gravité. Elle était jeune. Peut-être 20 ans, estima-t-il. De longs cheveux roux, des yeux bleus, très pâles, la peau blanche comme du lait, parsemée de tâches de rousseur. Plutôt pas mal. Il rougit un peu à cette pensée.
O'Neill : Est-ce que vous nous comprenez ?
Elle le fixa quelques secondes.
Jeanne : Oui... Un peu...
O'Neill : Formidable ! Elle parle un peu anglais !
D.Jackson : Oui... Enfin, c'est très relatif...
O'Neill : Il me semble que vous parlez un peu sa langue, de toutes façons.
D.Jackson : Cela fait un bout de temps que je ne m'y suis pas essayé.
Jeanne : ... ça... ça... je connais ça...
Les deux hommes fixèrent la jeune française avec surprise, sans saisir vraiment de quoi elle parlait. Elle tendit la main vers l'écusson du blouson d'O'Neill.
Jeanne : Ici aussi... J'ai la même chose...
Elle se rendit compte combien son accent rendait ses paroles difficiles à comprendre, et elle rougit violemment, gênée.
O'Neill : Euh...
D.Jackson : Je crois qu'elle veut parler de la marque sur son ventre.
O'Neill : Ah oui ! Et alors quoi ?
Jeanne regarda autour d'elle d'un air désespéré, cherchant en vain un moyen quelconque de se tirer de l'embarras.
O'Neil, s'énervant : On ne va jamais réussir à s'en tirer ! Bon sang, et l'interprête qui n'arrive pas avant demain ! Le mieux ce serait que l'un des trois gus qui sont nés ici et qu'on a réussi à ramener à la base se réveille, mais les médecins parlent d'un coma profond provoqué par les énergumènes de cette clinique de fous !
D.Jackson : C'est une chance qu'il n'y ait pas eu de mort, Jack. Et puis 24 heures, ce n'est pas la mer à boire...
O'Neill : Ah non ? Mais nous sommes pressés, Daniel ! Et je voudrais bien savoir à quoi rime tout ce cirque ! Huit personnes portant le code d'Atlantis qui se retrouvent dans un hosto, où on essaie de les faire dormir comme la Belle au Bois dormant parce qu'on a eu le malheur de se demander ce qu'ils fabriquaient... Il y a quand même de quoi s'arracher les cheveux !!!
D.Jackson : Jack, calmez-vous...
O'Neill : Et cette fille qui est là à nous regarder avec des yeux de merlants frits, sans pouvoir nous dire quoi que ce soit, c'est rageant.
D.Jackson : Allons Jack, vous allez finir par...
Jeanne : LAISSEZ-MOI TRANQUILLE !!! FOUTEZ-LE CAMP TOUT DE SUITE !!!
Elle avait crié en français, mais Jack et Daniel saisirent malgré tout le sens principal de ses hurlements. Effrayée par la colère subite du militaire aux cheveux gris, la jeune fille avait fini par céder à la panique, d'autant qu'elle ne comprenait plus un mot de ce qu'ils se disaient et avait craint le pire pour elle.
Elle sauta d'un bond au pied de son lit, bousculant au passage O'Neill, renversant couvertures et oreillers sur Daniel. Pris au dépourvu, Daniel s'emmêla dans les draps tandis que Jack se rattrapait tant bien que mal à la tablette près du lit, déséquilibré. Jeanne courut vers le fond de l'infirmerie, totalement perdue, sans trop savoir ce qu'elle faisait. Elle butta contre le mur, cherchant une issue qu'elle ne trouva pas. Elle fit volte-face, dos au mur, observant Jack et Daniel qui se rapprochaient d'elle, totalement terrifiée. Sur un ordre d'O'Neill, les deux gardes étaient restés près de la porte.
Jeanne : OU SUIS-JE ? QU'EST CE QUE VOUS ME VOULEZ ?!!!
O'Neill : Allons, calmez-vous...
Jeanne : NON, NON !!! J'EN AI ASSEZ DE TOUS CES SECRETS !!!
D.Jackson, parvenant à s'exprimer en français : Nous allons vous expliquer, mais calmez-vous avant...
Jeanne se lança glisser sur le sol froid de béton, le corps secoué de sanglots. Elle se prit la tête entre les mains et se cacha le visage contre ses genoux. Daniel s'agenouilla près d'elle, et doucement, la serra contre lui. Ce contact lui fit du bien. Elle éprouvait un peu de honte d'avoir ainsi paniqué, mais son esprit n'était plus très clair. Instinctivement, elle avait été vers les militaires lorsqu'elle s'était enfuie de la clinique, parce que la situation lui échappait totalement, et elle s'était dit qu'étant agents officiels du gouvernement, ils la protègeraient. Mais elle s'était à nouveau retrouvée enfermée, et elle n'était plus sûre de rien à présent.
O'Neill, s'adressant aux gardes : Allez me chercher immédiatement le docteur Landry, et aussi trouvez-moi un interprête. Où vous voulez, pourvu qu'il parle français.
Le lieutenant : Bien, mon général.
O'Neill : Lieutenant ! Passez aussi dans mon bureau ! Premier placard sur la gauche, vous trouverez une bouteille de whisky. Ramenez-la ici aussi. Elle en a besoin. Et moi aussi.
D'abord surpris, le militaire s'exécuta.

Lorsque le militaire fut partit, O'Neill se retourna vers Jeanne, l'air radouci. Il voyait maintenant en elle une jeune fille fragile qu'il fallait à tout prix protéger. Alors qu'il s'apprétait à prendre la parole, le Lieutenant revenait déja en courant.
Lieutenant : mon Général, Atlantis...
O'Neill : oui eh bien quoi ?
Lieutenant : ils nous ont répondus.
A ces mots, O'Neill et Daniel se retournèrent vers lui en même temps, surpris.
Daniel : déja ?
Lieutenant : si je peux me permettre, cela fait déja deux semaines mon Général que vous avez donné l'ordre de les contacter.
En effet Daniel et Jack n'y avaient plus repensés. Faire fouiller les hopitaux français, puis ceux du Montana et ramener les victimes à la base avait mobilisé des moyens tels qu'aucun n'avait vu le temps passer. Pendant ce temps, il avait été aisé de demander l'aide des asguard afin de parvenir à envoyer un message sur Atlantis.
O'Neill : j'y vais. Daniel, remettez là dans son lit et venez ensuite me rejoindre.
O'Neill partit après le lieutenant dans le couloir. Jeanne, qui n'avait rien compris de ce qui avait pu se dire, semblait néanmoins s'être calmée.

Dans la salle de briefing, Carter et Teal'c étaient déja assis, attendant O'Neill qui arrivait sans se presser. Lorsque celui-ci perçut l'expression sur leurs deux visages, il fit lui-même une grimace, s'attendant au pire.
O'Neill : qu'est-ce qu'Atlantis nous raconte d'intéressant ? Il fait beau là bas ? J'espère au moins qu'ils ont pris des photos.
Daniel : le Docteur Weir refuse d'envisager qu'il y ait eu une taupe parmi eux qui ait pu transmettre des informations sur Terre. Elle accepte malgré tout d'interroger un à un le personnel d'Atlantis mais elle estime que la situation n'est pas assez alarmante pour abandonner la mission Atlantis.
O'Neill : que 8 personnes à travers le monde se baladent en affichant partout l'adresse de la porte des étoiles d'Atlantis n'est pas assez alarmant pour elle ?
Carter : il faut la comprendre mon Général, elle n'a pas l'intention de sacrifier toute la mission pour si peu.
O'Neill : je me fous de ses intentions Carter, je veux que la mission Atlantis soit suspendue sur-le-champ.
Daniel : Avant de prendre une telle décision, vous devriez peut-être voir ce que j'ai là.
O'Neill, Carter et Teal'c se retournèrent vers Daniel qui était entré par la porte du fond. Il tenait à la main un dossier mauve avec des photos et des textes rangés en vrac. Visiblement, il était venu en hate.
O'Neill (énervé) : puis-je savoir ce que vous nous amenez ?
Daniel : nous avons les premières analyses médicales des patients... Regardez vous-même c'est incroyable.
O'Neill, dubitatif, regarda Daniel disposer sur la table radiographies, rapports d'analyses de sang, IRM et autres documents dont des graphiques plus ou moins complexes.
O'Neill (las) : Daniel...
Daniel : nous pouvons affirmer avec certitude que les 8 victimes n'ont pas été choisies au hasard. Elles ont toutes les 8 le gène Ancien.
O'Neill : je croyais que ça ne courait pas les rues ces choses.
Carter : non mon Général, c'est extrèmement rare.
Daniel : et pourtant, il y a plus étonnant...

Jack faisait les cents pas dans son bureau, une expression de vive contrariété peinte sur son visage. Les rapports des interrogatoires menés sur les suspects appréhendés dans la clinique n'avaient rien apporté de concluant. La plupart de ces suspects affirmaient de ne pas savoir que les huits patients de la clinique avaient été victimes de rapt. Les autres refusaient quant à elles de répondre, malgré des heures d'interrogatoire.
Daniel : Jack ? Vous m'avez fait demandé ?
L'archéologue entra dans le bureau sans attendre la réponse, une série de dossiers dans les mains. Depuis l'arrivée des huits " marqués " dans la base, ni Jack, ni aucun membre du SGC n'avait eu le temps de souffler. Outre le fait que la mission sur Atlantis soit fortement compromise, les résultats des analyses médicales des huits kidnappés laissaient également planer une menace sur le SGC.
O'Neill : Comment vont nos rescapés ?
Daniel : Le docteur Landry n'a toujours pas trouvé le moyen de les sortir de leur coma. Le produit qui leur a été injecté lors de l'assaut de la clinique semble appartenir à une famille de poisons pour le moins puissant et rapide. Bien que notre équipe médicale ait réussi à les maintenir en vie, le docteur Landry craint que le poison n'ait eu malgré tout des effets dramatiques sur leurs cerveaux.
Jack gromela quelque chose que Daniel ne comprit pas.
O'Neill : Et la petite française ?
Daniel : Toujours endormie. Thor nous avait prévenu que l'opération risquait de fatiguer son esprit, et qu'il lui faudrait une longue période de repos.
O'Neill : C'est bien notre veine !
Trente-six heures auparavant, peu de temps après que Jeanne Merlot ait eu sa crise de panique, et qu'ils aient eu connaissance des rapports d'Atlantis et des analyses médicales, il s'était avéré que la présence d'un interprète sur la base du SGC était impossible, d'abord parce que cela posait un problème de confidentialité, ensuite parce qu'à plus long terme, cela aurait été pénible autant pour l'avancée de l'enquête que pour la Française. Il fallait qu'elle acquiert en un temps très court suffisamment de bases en anglais pour pouvoir communiquer facilement avec le SGC. Ils avaient donc fait appel aux asgards, qui, comme se plaisait à répéter O'Neill, leur devaient bien ça !
Thor s'était donc fait télétransporté quelques heures plus tard dans le SGC, dans le bureau de O'Neill, alors en pleine sieste. Il avait amené avec lui un petit appareil, ressemblant assez à un appareil mnémonique goa'uld, qui, avait-il expliqué, apprendrait en quelques heures à leur jeune protégée la langue souhaitée. Mais Thor avait également prévenu O'Neill que l'absorption par l'esprit d'une telle quantité de données risquait de plonger Jeanne dans un coma léger de plusieurs heures. Cela faisait à présent vingt-sept heures qu'elle se trouvait dans cet état.
Daniel : Jack... Quelque chose d'autre vous préoccupe, n'est-ce pas ?
O'Neill : Pas une des personnes arrêtées dans cette clinique n'a voulu parler. Il n'y a guère que cette infirmière-là... Céline je-sais-plus-quoi... qui nous ait parlé un peu d'une organisation étrange du nom de l'Agence. Elle a aussi ajouté que cet autre type, ce James Walt, soit-disant directeur de la clinique, était le seul véritablement au courant des affaires qui s'y tramaient. Mais cet homme est une vraie tombe. Pas moyen de lui faire cracher quoi que ce soit...
Daniel : Vous avez tout essayé avec lui ?
O'Neill : Oh que oui ! Treize heures d'affilé d'interrogatoire en compagnie de Teal'c et de Carter... Cela n'a rien donné. Il refuse de parler à un membre du SGC... J'ai bien pensé à la torture...
Daniel : Jack...
O'Neill : Oui, je sais. Je plaisantais, Daniel. J'ai même demandé à Thor s'il n'avait pas un appareil forçant les gens à répondre aux questions, mais il m'a dit d'aller me faire voir.
Daniel : Thor vous a dit ça ?
O'Neill : Nan... Beaucoup plus poliment... Mais le résultat est le même. Ce type ne nous dira rien.
" Laissez-moi essayer alors. "
Daniel et Jack se retournèrent précipitemment vers la porte du bureau, surpris. La jeune Française se tenait debout dans l'encadrement, vêtue d'un uniforme du SGC, ses cheveux roux noués en natte serrée, qui lui descendait jusqu'à mi-dos. Samantha se tenait près d'elle, et la tenait par le bras.
" Elle est encore un peu sonnée... Elle vient juste de se réveiller, expliqua Samantha avec un sourire d'excuse.
O'Neill : Vous êtes ici depuis longtemps ?
Jeanne : Un certain temps, oui... "
Les joues de Samantha se colorèrent d'un beau rouge vif, et son regard trahissait une certaine gêne. Celui de la jeune fille en revanche était franc... et un peu vitreux aussi.
O'Neill : Vous devriez être à l'infirmerie... Pour vous reposer...
Jeanne : Laissez-moi essayer de parler à ce Walt.
Daniel, vivement intéressé : Qui vous dis qu'il vous parlera d'avantage ?
Jeanne : Parce que je ne fais pas partie du SGC. Parce que je suis l'une de ses victimes. Parce que de toutes façons, qu'il parle ou pas, vous êtes coincés. Et moi aussi. Je veux savoir ce qui se passe. Il détient les réponses que tout le monde ici attend.
O'Neill, après quelques minutes de réflexion : Très bien, on va tenté le coup. Mais si je vois que ça dérape, on arrête tout, c'est bien compris ?!
La jeune fille acquiessa, et Samantha la raccompagna en direction de l'infirmerie.
Daniel : Elle se remet vite...
O'Neill : Hum... Moui... En tout cas l'appareil de Thor est sacrément efficace. Vous croyez que je pourrais lui demander la même en version langue des anciens ? Histoire de pouvoir aller faire un petit tour sur Atlantis sans avoir l'air d'un touriste...

Dans la petite cellule de détension, James Walt était assis à une table métallique ne comportant que deux chaises. Il réfléchissait à la suite. Il la connaissait déjà. On essayerait encore et encore de l'interroger, mais l'Agence finirait par savoir qu'il était détenu au SG-C et viendrait le sortir de là, il en était sûr. "Ces militaires du SG-C et ce Général O'Neill ne savent pas de quoi ils sont capables" se disait-il. Cependant, en voyant à travers le judas de la porte le garde s'écarter, en comprenant que l'on venait pour lui, son anxiété augmenta. Il joignit ses mains l'une à l'autre et commença à se tordre les doigts. Son genou s'agitait et il se mordait la lèvre inférieure lorsque la porte s'ouvrit dans un grincement bruyant. Comme il s'y attendait, il vit O'Neill rentrer dans la pièce. Mais sa stupeur se fit ressentir et il écarquilla les yeux en voyant Jeanne Merlot entrer dans la pièce derrière lui.
O'Neill (à Jeanne à part) : vous êtes vraiment sûre de vouloir faire ça ?
Jeanne : il le faut.
Jeanne s'avança vers Walt, qui essayait d'adopter l'air le plus dégagé possible en masquant sa nervosité. Elle s'assit à la table en face de lui tandis que O'Neill restait debout dans un coin.
Jeanne : que me voulez vous ?
Walt : ...
Jeanne : dites moi qui vous êtes et pour qui vous travaillez !
Walt : ...
Jeanne : vous avez plongé dans le coma 7 personnes innocentes, je veux des réponses.
Walt : je l'ai fait pour une noble cause.
O'Neill : tiens, il parle.
Jeanne : quelle noble cause vaut que l'on sacrifie des vies ?
Walt : ils ne mourront pas, pas avant d'avoir accompli leur mission, ils sont trop importants.
O'Neill en avait assez entendu. Il s'était précipité sur Walt et l'avait plaqué contre un mur en le tenant par le col.
O'Neill (furieux) : si vous ne parlez pas, je veillerai moi même à ce que vous ne revoyez jamais la lumière du jour. Ces enfants sont importants, pas votre vie.
Jeanne : Général, arrêtez !
O'Neill se tourna vers Jeanne et en voyant son air implorant, relacha Walt qui suait maintenant à grosses gouttes.
Walt : l'Agence sait où je suis et elle viendra me récupérer.
O'Neill : ben voyons.
Jeanne : quelle agence ?
Walt : ceux qui vous ont fait.
Jeanne : qu'est-ce que vous racontez ?
O'Neill : qu'a-t-elle de spécial pour vous ? Ca a un rapport avec ses gènes ? Ou alors les capacités psychiques ?
Walt et Jeanne regardèrent tous les deux O'Neill s'un air stupéfait. Jeanne, car elle ne comprenait pas ce que O'Neill voulait dire par capacités psychiques, Walt parce qu'il le comprenait trop bien.
"Ces militaires ne sont pas si bêtes que ça, ils ont trouvé ce qu'il fallait chercher, c'est impossible" se disait-il.
O'Neill : qui a-t-il Walt ? Vous pensiez que nous ne trouverions rien ?
Walt : vous ne savez pas vers quoi vous vous dirigez O'Neill. Vous allez au devant de choses qui vous dépassent de loin.
O'Neill : et vous vous savez peut-être...
Jeanne elle était recroquevillée sur sa chaise. La situation lui avait totalement échappé. Capacités psychiques, des choses qui dépassent l'Air Force... Mais qu'avait-elle dont fait pour en arriver là ? Elle était normale, du moins elle le pensait.
Walt : même si j'acceptais de vous dire ce que je sais, vous ne comprendriez pas un traitre mot de ce que je vous dirait.
O'Neill : comprendre quoi ?
Walt : tous ces êtres sont destinés génétiquement à accomplir de grandes choses, mais loin d'ici. Lorsque l'Agence aura trouvé ce que nous appelons la Porte des étoiles, alors ces êtres seront enfin prêts à remplir leur mission : la franchir, vers un lieu très éloigné d'ici. Et vous ne pourrez pas l'en empêcher.
O'Neill était subjugué. Walt savait tout. Le projet était bel et bien compromis. Quelqu'un sur Atlantis leur avait forcément parlé de la Porte.
O'Neill : qui vous dit que vous trouverez cette Porte des Etoiles ?
Walt : elle se trouve quelque part en Antarctique.
O'Neill commençait à comprendre et était rassuré. Un traitre n'aurait pas pu donner une information aussi erronnée.
O'Neill : et qui vous dit qu'elle y est réellement ?
Walt : parce que mes ancêtres l'y ont mise.
Ce fut le coup de grace pour O'Neill. Il ne comprenait plus rien. Qui étaient ses ancêtres ? Il n'y avaient que les Anciens qui auraient pu savoir, SG1 en avait même découverte une sur les lieux dans la glace. Il se décida quand même à aller plus loin.
O'Neill : votre Agence ne trouvera rien là bas.
Walt : pfeu, je savais que vous ne comprendriez pas.
O'Neill : elle ne trouvera rien parce que nous l'avons trouvée avant elle.
Walt faillit s'évanouir en entendant cela. L'Agence aurait-elle été devancée ? Il connaissait tout comme l'Agence l'existence du SGC, une organisation militaire très puissante et dangereuse qui tournait avec l'assentiment du Président des Etats-unis lui-même. L'organisation la plus susceptible de mettre la main sur les spécimens et les utiliser à mauvais essient. Jusque là, ils avaient vus juste. Mais jamais il ne se serait douté que la Porte s'y trouvait. Cela expliquait la puissance de cette organisation, ce SGC. Alors que tout se remettait en place dans sa tête, Walt paraissait totalement abattu. Il ne se doutait pas que l'organisation la plus dangereuse pour les spécimens avait pris autant d'avance sur l'Agence. O'Neill, en voyant l'air abattu de Walt, savait qu'il avait visé juste. Il n'avait simplement pas remarqué que Jeanne, en entendant tout cela, s'était sauvée par la porte de la cellule restée ouverte.

Jeanne avait couru jusque l'infirmerie. C'était l'unique endroit au SGC qu'elle connaissait bien et où elle se sentait en sécurité. Parce que les sept autres s'y trouvaient. La jeune femme s'était sentie proche d'eux, c'est vrai, mais pas par un quelconque lien... génétique ou psychique.
Elle renifla bruyamment. Ne pas pleurer. Elle s'était promis de ne plus pleurer. Elle avait éprouvé une certaine honte face à sa crise de larmes de l'autre jour, devant le général O'Neill... et Daniel Jackson surtout. Ne pas pleurer... ne pas pleurer... ne pas...
Dr. Landry : Jeanne ? Mais que faites-vous ici ? Je croyais que vous étiez avec le général O'Neill ?
La jeune fille jeta au médecin un regard douloureux et suppliant.
Dr. Landry : Mais que s'est-il donc passé ? Vous avez l'air bouleversé...
Il la fit asseoir sur son lit, et elle lui raconta tout tandis qu'il l'examinait.
Jeanne : Voilà vous savez tout.
Dr. Landry : ...
Jeanne : Mais je ne comprends rien. James Walt dit qu'il ne voulait pas tuer ces personnes mais pourtant elles ont bien failli y rester. Et cette Agence qui soit-disant nous aurait créé... Et cette histoire de gènes... De capacités psychiques... De grande mission...
Dr. Landry :...
Le médecin se leva, prit quelque chose dans l'un des tiroirs de la pharmacie et revint vers sa patiente, toujours sans une réaction à son hsitoire.
Dr. Landry : Je vais vous injecter un calmant. Cela vous fera du bien.
Jeanne : J'ai suffisamment dormi, merci docteur. Ce dont j'ai besoin, c'est de comprendre ce qui se passe.
Dr. Landry : Et si je vous explique, moi, vous me laisserez vous faire cette injection après ?!
Jeanne le regarda, incrédule. L'expression du médecin avait changé. Son visage, habituellement amical, était grave à présent. Ses yeux avaient perdu cette lueur bienveillante et étaient devenus d'un froid glacial. Il s'assit à côté d'elle et commença à parler, sans la regarder.
Dr. Landry : James Walt n'était qu'un pion. Il ne savait de l'Agence que ce que nous avons bien voulu lui dire. Certes il fait parti des nôtres, mais c'est l'un des moins fiables. Je mettais d'ailleurs opposé à vous confier à lui, mais les autres étaient favorables alors... Seuls quelques rares élus ont le privilège de connaître vraiment l'ensemble des secrets de l'Agence, vous savez. J'ai le privilège de faire partie de ce cercle d'initiés.
Jusqu'à il y a quelques temps, nous ne nous préoccupions pas vraiment du SGC. Nous soupçonnions bien que cela avait un rapport avec la Porte des Etoiles, mais jamais, au grand jamais nous ne pensions qu'ils auraient été capables de la trouver et de l'utiliser... Quand il y a plusieurs mois nous avons compris, suite à l'apparition de ces marques, qu'ils avaient atteint un point bien plus avancé que tout ce que nous aurions pu redouter, il a été nécessaire d'infiltrer le SGC. Au cas où il y aurait eu un pépin. Nous n'avons rien dit aux autres membres de l'Agence. Cela aurait jeté la panique et beaucoup auraient par la suite désapprouvé notre conduite. Comme James Walt... J'étais le plus à même de parvenir à infiltrer le SGC. Ma vie officielle est parfaitement irréprochable.
Il avait esquissé un sourire en disant cela, ironique. Jeanne, elle, était trop abasourdie pour réagir... Pour se rendre compte qu'un ennemi dangereux se tenait à ses côtés.
Jeanne : Mais qu'est-ce que la Porte des Etoiles ? ... et l'Agence ?
Dr. Landry : La Porte des Etoiles est un invention d'un peuple très avancé aux origines lointaines, très vieilles, qui a vécu sur Terre voici plusieurs millions d'années. Leur technologie dépasse de bien loin toutes nos connaissances. Mais cela n'a pas empêché le SGC de faire fonctionner certaines de ces technologies. En réalité, il existe une quantité infinie de Portes des Etoiles. C'est un réseau... de transport intergalactique si vous voulez. Oui, ça a l'air complètement dingue, mais c'est comme ça. Les Anciens, le peuple qui a inventé cette Porte, ont quitté la Terre il y a fort longtemps déjà. A bord d'un vaisseau-cité... La mythique Atlantis, décrite par Platon. Officiellement, leur départ aurait été causé par une épidémie catastrophique de peste... C'est du moins la théorie connue du SGC. En réalité, il y a une autre raison à cette fuite, moins importante... Qui vous concerne.
Les Anciens étaient des êtres extrêment intelligents, et d'une inventivité incroyable. En atteste la Porte des Etoiles. Mais certaines limites régulant leurs connaissances scientifiques n'ont pas toujours été respectées, et même un grand peuple comme le leur était capable du pire. Lors de la construction de la cité, il est dit que certains Anciens cherchèrent à doter Atlantis d'une arme ultime de défense. Ces recherches se firent dans le plus grand secret, jusqu'au jour où l'arme fut mise au point et qu'elle fut présentée aux Atlantes. C'était une arme prodigieusement puissante, et sa fabrication avait été d'une complexité extrême. Mais lorsque les Atlantes et les Terriens découvrirent son mode de fonctionnement, un terrible chisme s'abattit sur ce peuple, scindant en deux clans inégaux la population terrienne et ancienne. Ceux réprouvant cette technologie, les plus nombreux, demandèrent le départ immédiat des Anciens favorables à cette arme. Ceux-ci acceptèrent, trop affaiblis par la peste qu'ils subissaient pour pouvoir lutter, et ils partirent avec leur cité... et donc l'arme.
Mais pour éviter qu'un jour cette arme ne soit utilisée lors d'un éventuel retour des exilés, les huits Anciens qui avaient subis les expériences des scientifiques atlantes et qui seuls étaient capables d'activer l'arme, furent retenus prisonniers sur Terre. Au fil du temps, ils purent reconquérir leur liberté, mais une organisation d'Anciens restés sur Terre avec eux fut créée sans qu'ils le sachent, avec pour mission la surveillance accrue de leur existence. Cette organisation changea de nom au fil des siècles, accroissant ses membres, surveillant continuellement la descendance de ces huits Anciens. Par un fait extraordinaire que nous n'avons jamais pu expliquer, le nombre de descendants se maintint toujours au chiffre fixe de huit. Mais pour être sûrs de ne jamais être découverts, nous volions régulièrement chaque nouvel enfant descendant de nos protégés et les plaçions dans des familles choisis par nous. Puis nous nous contentions de les observer. Jusqu'à il y a quelques mois...
Il tourna le visage vers elle, toujours souriant.
Dr. Landry : Stupéfiant, n'est-ce pas ?
Totalement dingue et absolument impossible, pensait davantage la jeune femme. Il devait se payer sa tête, ce n'était pas possible autrement. Et pourtant, malgré son sourire narquois, quelque chose dans son visage lui disait qu'il avait dit vrai. Cela aurait expliqué tant de choses...
Jeanne : Et le SGC dans tout ça ? Et nous ?
Elle désigna du menton l'ensemble des sept autres patients.
Dr. Landry : Le SGC a été créé après la découverte de la Porte il y a 7 ans. Je ne sais pas comments, des chercheurs, dont le docteur Jackson, ont réussi à percer ses secrets et à l'activer. Depuis, ces militaires jouent les explorateurs dans notre galaxie, s'alliant à certains aliens, mais le plus souvent s'en mettant à dos. D'après ce que j'ai pu lire dans leurs archives, nous sommes passés plus d'une fois au bord de la catastrophe, mais ils s'en sortent toujours. Ces mêmes archives m'ont aussi appris que certains Ancien avaient réussi à survivre mais à un plan d'existence plus élevé.
Jeanne : Et nous ?
Dr. Landry : Vous ? Vous n'auriez jamais savoir ce qui se cachait en vous ! Mais ces idiots de militaires sont parvenus à atteindre la cité d'Atlantis, je ne sais par quel miracle. Et d'après les informations reçues par le SGC de la part des équipes envoyées sur place il y a plusieurs mois, la cité est assiégée par des aliens pour le moins hostiles et dangereux. Les premières attaques de ces créatures correspondent exactement avec le moment où vos marques sont apparues.
Jeanne : Mais pourquoi ?!
Dr. Landry, patiemment : Parce que vous êtes reliés génétiquement et surtout psychiquement à cette cité. Cette marque est comme une sorte de message... d'appel de détresse pour vous ramener à Atlantis... Et maintenant vous me laissez vous faire cette piqure ?
Jeanne aperçut alors dans la main du médecin une seringue contenant un liquide vert pâle. La couleur de ce liquide ne plut pas à Jeanne. Pas plus que le sourire de dément qui défigurait à présent le docteur Landry.
Dr. Landry : Des centaines de milliers de vie consacrées à protéger ce secret anéanties en moins de quatre jours... C'est dingue, n'est-ce pas ?
Jeanne : Vous voulez moi aussi me plonger dans le coma ?!
Dr. Landry : Oh mais bien sûr !!! En fait, il n'y aurait eu que moi, je vous aurais tous tués depuis longtemps, pour être sûr que vous ne tombiez pas entre leurs mains, mais l'Agence possède un minimum de principes et d'éthique, alors nous avons opté pour ce compromis.
Le médecin, si s'en était réellement un, saisit le poignet de la jeune femme qui avait entamé un geste pour se lever. Elle poussa un cri, et chercha autour d'elle un moyen quelconque de fuir. Elle se débatit, saisissant de sa main libre le bras de Landry pour l'empêcher de lui injecter le poison. Mais il était bien trop fort pour elle. Il s'était levé également et lui faisait face, le visage rouge, soufflant comme un phoque, luttant pour accomplir sa mission.
Jeanne hurla de plus belle et soudain envoya dans l'entrejambe du médecin un violent coup de genou. Ce fut au tour de Landry de crier, de douleur cette fois. Il tomba à genou sur le sol, sans pour autant lâcher la seringue.
"Mais qu'est-ce que..."
Les hurlements avaient fini par faire réagir les deux gardes postés à l'extérieur de l'infirmerie. Ils regardèrent sans comprendre la scène qui se jouait sous leurs yeux. Jeanne voulut se précipiter vers eux, mais Landry la saisit par la cheville, un rire de dément secouant son corps de spasmes.
Dr. Landry : Par respect pour notre mission et vos ancêtres, laissez-moi achever ma...
Jeanne : NON !!!! AIDEZ-MOI, JE VOUS EN PRIE !!!
Landry brandit la seringue en direction de sa jambe, telle un poignard et...
Le coup de feu retentit dans l'infirmerie et se répercuta bruyamment le long du couloir. Jeanne sentit l'étau à sa cheville se desserrer. Elle recula du corps sans vie du médecin, le fixant, écoeurée.
Tandis que Teal'c s'approchait du corps pour vérifier la mort du médecin, une arme à la main, Jack se précipita vers la jeune femme et la prit dans ses bras, comme s'il s'était s'agit d'une enfant.
O'Neill : C'est terminé. Vous ne craignez plus rien...
Jeanne, regardant toujours Landry : Je n'ai pas pleuré...
O'Neill : Non, vous n'avez pas pleuré.

Lorsque Jeanne se fut remise de ses émotions, elle se mit à raconter à O'Neill ce que le Docteur Landry lui avait confié.
O'Neill : je crois que ça répond à pas mal de nos questions.
Teal'c : s'il existe une arme plus puissante que les EPPZ pour combattre les Wraith, nous devons mettre Atlantis au courant.
Jeanne : je ne suis pas une arme.
O'Neill la regarda, gêné.
Teal'c : s'il s'agit d'une descendante directe des Anciens...
O'Neill : n'ajoutez rien.
Jack tenait toujours Jeanne serré contre lui. Teal'c comprit ce que Jack tentait de lui signifier et s'inclina.
O'neill : il faut que j'aille revoir ce Walt.
Il se leva et quitta l'infirmerie, laissait Jeanne seule avec Teal'c, tandis que les gardes s'apprétaient à évacuer le corps de Landry.

O'Neill : nous savons tout à présent.
Walt et lui étaientà présent seuls dans la cellule, tous deux assis à la table.
O'Neill : que savez vous de cette arme ?
Walt : qu'elle vous dépasse.
O'Neill : votre agence vous a menti depuis le début en vous tenant à l'écart de ses projets. Vous croyez toujours qu'elle viendra vous récupérer ?
Walt y avait songé en entendant le récit de l'incident fait par O'Neill.
Walt : je sais peu de choses.
O'Neill : dites toujours.
Walt : les Ancêtres nous ont transmis des connaissances fragmentées sur la cité d'Atlantis. Nous savons entre autres qu'elle possède un bouclier infranchissable, mais aussi une arme de défense redoutable.
O'Neill : de quoi s'agit-il ?
Walt : je ne vous dirai rien de plus, cela mettrait en danger la vie des spécimen.
O'Neill : pourriez vous s'il vous plait arreter de les traiter comme des animaux de laboratoire ?
Walt : ...
O'Neill : pourquoi croyez-vous que leur vie serait plus menacée qu'elle ne l'est déja ?
Walt : leur coma n'est que temporaire, réversible à tout moment. Leur vie n'est pas en danger. Mais si je vous révèle notre grand secrêt, vous vous en servirez pour combattre la menace qui plane sur Atlantis.
O'Neill : évidemment, ce sont nos hommes qui sont là bas.
Walt : vous n'y êtes pas. Les 8 êtres destinés à sauver Atlantis doivent avoir chacune une descendance pour préserver la lignée des 8 Sauveurs. Vous l'avez mentionné vous même lors de notre premier entretien, ceux-ci sont encore trop jeunes. Ils ont entre 18 et 21 ans pour Jeanne, la plus âgée et aucun d'eux n'a de descendant.
O'Neill : où voulez-vous en venir ?
Walt : si l'un d'eux vient à mourir sans avoir engendré de descendant, ce sera la fin de la lignée pure. Il n'y en aura pas d'autre et jamais plus l'arme des Anciens ne pourra fonctionner.
O'Neill : premièrement, pourquoi voulez-vous que l'un d'eux meure ? Ensuite, nous avons bien plus de huit hommes possédant le gène Ancien capable de faire fonctionner l'arme.
Walt : mais sont-ils des Anciens pour autant ?
O'Neill eut un haussement de sourcil résigné.
Walt : et je ne vous ai pas tout dit.
O'Neill : qui a-t-il d'autre ?
Walt : les Anciens qui ont fabriqué cette arme ont eu peur que des esprits mal intentionnés s'en servent à mauvais escient. Voila pourquoi ils ont fait en sorte que l'arme ne puisse etre utilisée qu'une fois par génération.
O'Neill : je ne vous suit pas.
Walt : c'est simple : lorsque l'arme est utilisée, ceux qui l'activent meurent, de sorte que l'on ne puisse plus la réutiliser.
Devant l'air consterné de Jack, Walt crut bon d'ajouter immédiatement :
Walt : mais rassurez-vous, l'arme n'a été utilisée qu'une fois.
Il comprit vite son erreur en voyant l'air révolté de Jack.

Salle de Briefing
SG1 et O'Neill étaient réunis autour de la table. Tous étaient maintenant au courant de la réalité.
Carter : il doit forcément y avoir un autre moyen.
O'Neill : alors il faut le trouver. Il est hors de question de sacrifier ces 8 jeunes, qu'ils aient une descendance ou non.
Daniel : il nous faut l'aide de Weir et de son équipe, en particulier de McKay.
En entendant ce nom, Carter fit une grimace que O'Neill remarqua.
Daniel : il pourra peut-être en étudiant l'arme trouver un moyen de la perfectionner.
O'Neill : et comment comptez vous faire ?
Daniel : il nous faut utiliser le Dédalus. Nous allons sur Atlantis avec les 8 patients. Nous avons aussi besoin de Walt pour nous aider.
O'Neill : vous plaisantez.
Daniel : vous avez une autre idée ?

Daniel enchaînait les allers et retours entre la salle d'embarquement de la Porte et son bureau depuis près d'une demi-heure déjà. Il était en sueur. Jack leur avait annoncé leur prochain départ pour Atlantis seulement deux heures auparavant, et l'archéologue avait tant de choses à préparer qu'il ne savait plus où donner de la tête. D'autant que lorsque lui et Samantha avait essayé d'en savoir plus sur ce départ pour le moins, précipité, O'Neill n'avait rien voulu leur dire.
Jack : Daniel !
L'archéologue stoppa net dans sa course, et attendit patiemment l'arrivée du général, un sourire innocent sur les lèvres.
Daniel : Oui, Jack ?
O'Neill : Peut-on savoir ce que vous comptez faire de la dizaine de sacs et de caisses qui s'entassent devant la Porte des Etoiles ?
Daniel : Les emmener sur Atlantis.
O'Neill : C'est une blague ? Nous ne quittons pas la Terre pour toujours vous savez ! C'est juste le temps d'éclaircir toute cette affaire...
Daniel : Qui selon vous prendra combien de temps ?
O'Neill : Une semaine. Peut-être deux au pire.
Daniel : Jack, j'ai besoin de mes livres et de mon matériel pour travailler...
O'Neill : J'ai demandé à Siler de venir visiter chaque votre bureau pour vérifier que vos petites affaires ne s'ennuient pas, si c'est ça qui vous inquiète !
Daniel : Jack, vous savez très bien que...
Un éclair aveuglant de lumière blanche le coupa en plein milieu de sa phrase. Lorsqu'il la termina, il se trouvait à bord d'un vaisseau asgard, dans la salle de commande visiblement.
O'Neill : Ah ! Thor ça fait plaisir de vous voir !
Thor : Le plaisir est partagé O'Neill.
Le Asgard était allongé sur son fauteuil de commande du vaisseau. Daniel, qui avait peu l'habitude de rencontrer des Asgards, fut saluer par un signe de tête respectueux, auquel il répondit.
O'Neill, la mine réjoui : Vous n'avez pas encore télétransporté les autres ?
Thor : L'ordinateur prépare leur arrivée. Nous vous avons amené sur le vaisseau les premiers parce que vous étiez ensemble et immobiles.
A peine eut-il prononcer ces derniers mots qu'un nouvel éclair les aveugla. Teal'c et Samantha ne mirent que quelques secondes à quitter leurs mines stupéfaites, mais Jeanne, qui était apparue non loin de Jack, poussa un petit cri de frayeur et se réfugia instinctivement contre le général.
Durant la semaine qui avait suivi son agression par Landry, Jeanne s'était vue offrir l'accès à presque l'ensemble des archives du SGC, suite à la décision d'un départ imminent pour Atlantis. Loin de se faire prier pour enfin comprendre ce qu'il lui arrivait, la jeune femme avait dévorer près de la moitié des rapports écrits par SG1 et le SGC. Samantha, avec qui elle s'était liée d'amitié, lui avait fait découvrir l'ensemble de la base, et la Française avait enfin pu découvrir ce qu'était la Porte des Etoiles. De façon curieuse, elle avait assimilé tout cela avec un calme étonnant.
Mais visiblement, l'assimilation de connaissances ne préparait pas à la téléportation, ni à la rencontre avec des extraterrestres.
O'Neill, tapotant le dos de Jeanne : Jeanne, je vous présente Thor. Vou avez dû lire deux ou trois choses sur lui. Un chic type... euh... enfin... Bref, c'est un...
Jeanne, timidement : ... Asgard...
Elle s'approcha un peu de lui, quittant la protection du militaire.
Thor : Je suis ravie de rencontrer une descendante du peuple des Anciens.
Il tendit vers elle une main squelettique à le pea
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