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Accueil/Fanfics/NOUVEL AN Partie 3
Informations :
Auteur : Rily
: 01/01/2006
Note : 9
Nombre de votes : 1


Histoire :
LA SUITE et FIN :


- Vous pouvez répéter ?
McKay souffla longuement, agacé par la stupidité du Colonel. Comment pouvait-il lui expliquer " simplement " la théorie de la relativité d'Einstein ? Sheppard ne parvenait même pas à différencier la relativité générale de la relativité restreinte ! D'accord, John n'était peut-être pas le dernier des imbéciles, mais dans ce cas de figure, il ne valait pas grand chose. De plus le Colonel n'était pas au plus haut de sa forme physique et mentale.
- Ecoutez, enchaîna John, on va reprendre depuis le début.
McKay soupira bruyamment. Sheppard en fit abstraction et continua :
- Lorsque nous vous avons perdu de vue, vous étiez en fait, en train de fouiner dans un bâtiment, c'est bien ça ?
- Oui.
- Et vous avez trouvé cet engin ?
- Oui.
- Et vous l'avez pris ?
- Oui.
- Pourquoi ? Vous saviez de quoi il s'agissait ?
- Non, à ce moment là je l'ignorait complètement. Je suis arrivé dans cette salle et j'ai regardé un peu partout. Sur le mur j'ai pu observé certaines inscriptions...
- Vous les avez comprises ?
- Oui, répondit Rodney agacé par cet interrogatoire, je les ai toutes comprises !
John, étonné que l'astrophysicien ait été capable de tout traduire attendit des explications de la part de ce dernier :
- Il s'agissait en fait des cycles de leurs Lunes et de leurs Soleils. D'un calendrier si vous préférez, de là c'était simple de...
- Puis il y a eu l'attaque des Wraith ! le coupa Sheppard avant que le scientifique ne s'engage encore dans des exposés sans fin.
- Oui. J'ai couru un moment avant de trouver la grotte. Je crois avoir manipulé l'engin, ou l'avoir activé involontairement mais tout est très flou dans ma mémoire depuis ce moment là...
- D'accord. Maintenant vous supposez que c'est une machine à remonter dans le temps, c'est bien ça ?
- OUI ! s'énerva l'autre.
- Et d'après vous, nous aurions remonté le temps cent ans en arrière ?
McKay, hocha la tête, irrité. Il avait prononcé assez de " oui " pour la semaine.
- Vous en êtes certain ?
- Comme je vous l'ai dit, le Soleil et la Lune sont utilisés comme repère pour les calendriers. Leur rotation est prise en compte pour déduire un certain nombre de jours, de mois, d'années. Ce truc était au milieu de la pièce. Que voulez-vous que ce soit d'autre ? Comment expliqueriez-vous tout ce qui nous arrive ? Vous avez vu le chiffre cent, ce qui correspond sans doute au nombres d'années traversées...
- On parle d'années terrestre ou de...
- Ne soyez pas stupide Lieutenant Colonel ! Nous sommes dans une Galaxie différente de la nôtre ! Que voulez-vous que la Terre vienne faire ici ! Je dirais que cela à équivaut à deux cents années de notre belle planète... M4X 481 est plus éloignée de son étoile que ne l'est la Terre de son Soleil.
- Bien et comment fait-on pour retourner à notre époque ?
- Je n'en ai strictement aucune idée ! s'angoissa le scientifique.
- Super ! lança John, ironique.
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Elisabeth Weir arriva enfin sur Atlantis. Malgré tout le soulagement qui l'envahit, elle resta néanmoins pensive sur sa découverte macabre. Teyla demeurait toujours à ses côtés, gardant le silence, respectueuse comme à son habitude de la souffrance qu'éprouvait Weir. Elle posa une main amicale sur l'épaule du Docteur et lui sourit avant de s'éloigner vers Carson pour lui expliquer ce qu'elles avaient vécu durant quelques minutes. Elisabeth se souvint d'avoir versé une larme pour chaque défunt. Le Colonel Sheppard et le Docteur McKay étaient morts depuis cent ans... Ils s'étaient éteint comme s'éteint la bougie sur laquelle on souffle simplement et dont la flamme disparaît subitement dans un filet de fumée grise. Qui était à l'origine de ce coup de vent, de ce courant d'air, de ce souffle qui avait ôter la vie de John et de Rodney ? Le Hasard ? Dieu ? La Mort ? le Destin ?
Elisabeth ignorait la réponse, néanmoins, au plus profond d'elle même, dans ce coin secret où réside l'âme, brûlait toujours un feu ardent, digne de l'enfer, qui la guidait vers l'espoir et le refus d'abandon.
Le Docteur Weir réfléchit rapidement au Colonel et à Rodney qui avaient passé un certain temps avant de mourir, sur M4X 481. Environ sept jours, d'après la pierre tombale de l'astrophysicien. Sept jours soit cent soixante-huit heures ou bien dix mille quatre-vingt minutes. N'était-il pas possible de revenir durant ce laps de temps, à leur époque, pour les reconduire dans le présent ? Elle posa la question à Zelenka :
- En fait nous avons deux solutions, commença ce dernier. Soit nous trouvons un jumper temporel, ce qui est fort improbable, soit nous traversons la Porte lors d'une éruption solaire.
- Quoi ?
- C'est arrivé à l'équipe SG-1, expliqua le Tchèque. Le vortex qu'ils ont franchi traversait le Soleil lors d'une éruption solaire. Ce passage les a renvoyés sur Terre une trentaine d'années auparavant.
- Le Colonel Carter avait noté les dates des différentes éruptions sous l'ordre du Général Hammond, rappela Elisabeth en se remémorant les rapports écrits par l'équipe de Jack O'Neill.
- Oui. Aussi lorsqu'ils ont franchi la Porte pour revenir à leur époque, ils l'ont fait trop tôt ce qui les a renvoyé dans un futur trop lointain.
- Donc si je comprend bien, enchaîna Elisabeth, suivant le moment on l'on passe à travers l'horizon des évènements, on peut arriver dans une époque plus ou moins éloignée sur la ligne du temps ?
- C'est bien ça, confirma Zelenka. Il est aussi facile de le calculer si l'on prend la distance de...
- Je vous crois sur parole, l'interrompit Elisabeth.
Weir s'interrompit une seconde, songeuse. Elle observa la pièce animée d'une vive agitation, les médecins se bousculant, les militaires réunis dans un coin, les scientifiques dans un autre. Aucun ne semblait réellement affecté du sort des deux disparus, ou bien aucun n'en avait pas été informé. Elle dévisagea ensuite Zelenka puis lui déclara :
- Voilà Docteur, j'ai besoin que vous me fassiez une faveur.
Le scientifique attendit la suite en silence, observant avec attention les traits de sa supérieure au travers de ses lunettes.
- Vous retournerez sur M4X 481 avec cette fois-ci deux équipes armées. Une fois sur place vous observerez et le ciel et...
- Je vois bien où vous voulez en venir, Docteur, l'interrompit le Tchèque. Mais il faut que vous compreniez une chose. Si l'on peut déterminer avec précision la date et l'heure d"une éruption solaire, on est en revanche incapable de la prévoir.
- Mais enfin ! Nous sommes à Atlantis ! s'écria Elisabeth. Nous avons sûrement la technologie nécessaire pour...
- Non, Docteur je regrette. Certes, il y a beaucoup d'appareils dont nous ignorons l'utilité et qui pourraient éventuellement répondre à ce genre d'attente, mais les recherches pour en découvrir le fonctionnement sont longues et fastidieuses...
- Combien de temps ? demanda froidement Weir.
- Des mois, des années, même des dizaines d'années... tout est possible et je regrette sincèrement qu'il n'en soit pas autrement, ajouta-t-il avec contrariété.
Elisabeth soupira. La chance ne lui souriait pas ces derniers jours. Le soleil se levait sur Atlantis et une lumière dorée envahit les couloirs. Pourtant Elisabeth ne fut pas sensible à ce spectacle de beauté et d'un air grave elle informa le scientifique :
- Voyez-vous, le Docteur McKay est mort le 31 décembre 1905...
Une ombre passa sur le visage du Tchèque.
- Donc jusqu'au 31 décembre de notre année actuelle, vous irez sur M4X 481, vous observerez les deux étoiles de ce système et noterez la date et l'heure précise de chaque éruption. Après l'intervention turbulente de tout à l'heure, vous pouvez être sûr que les habitants de M4X 481 vous laisseront en paix le temps qu'il faudra. Préparez vos affaires, vous partez dans une demi-heure.
- Bien Docteur, répondit Zelenka après une longue hésitation.
_________________

Sept jours plus tard.
Le Colonel Sheppard revint aux côtés du scientifique en titubant. Il s'effondra sur le sol, complètement épuisé. Il avait allongé McKay sur un lit de branches mortes et de feuilles flétries par la sécheresse. En effet, le Docteur était au plus mal et jamais John n'aurait pu imaginer que la faim pouvait être à l'origine de tels dégâts chez un homme. Rodney était incapable de bouger et gémissait sans cesse. Ses mots de ventre devenaient de plus en plus insupportables. Le Canadien semblait même avoir de la fièvre. John, qui était lui aussi affamé, souffla à l'oreille du scientifique :
- Il n'y a pas âme qui vive dans cette jungle. Aucun fauve, aucun volatile, aucun rongeur, pas même un insecte !
- Je comprends alors le comportement de nos amis...marmonna l'autre.
Le Colonel acquiesça sans rien dire. Rodney avait effroyablement maigri. Ils portaient tous les deux une barbe sale et leurs vêtement recouverts de poussière et de sang se déchiraient en de nombreux endroits.
- Je suis allé au village discrètement pour rechercher la machine, je n'ai rein trouvé... avoua le militaire.
Rodney poussa un soupir de déception.
- Je suis aussi allé à la Porte, ajouta John. J'ai tenté de composer les coordonnées d'une autre planète, rien n'a fonctionné.
- Il semblerait, commença McKay d'une voix faible, que cette planète est une sorte de prison. On peut y accéder de partout, en revanche, il nous est impossible d'en ressortir sauf vers Atlantis...
- Il faut qu'on y retourne ! déclara soudainement Sheppard.
- Non, Colonel ! Je vous l'ai déjà répété une centaine de fois ! Si nous franchissons la Porte pour Atlantis, la Cité va se réveiller et remonter en surface devenant ainsi une proie facile des Wraith. De plus cela causerait un certain nombre de problème vis à vis du futur, euh non du passé... s'embrouilla McKay complètement égaré. Tout ce que je veux dire c'est que cela aura des répercussions très importantes sur notre histoire !
- Je ne vais pas vous laisser mourir ici ! s'emporta John.
- Si vous allez me laissez ici ! Et vous aussi vous resterez ! Je sais que c'est dur de mourir en sachant que l'on peut peut-être survivre, mais si nous voulons changer ces évènements, il ne faut absolument pas retournez là-bas et modifier le cours du temps ! Croyez-moi ! Si même moi je dis qu'il serait préférable que l'on crève ici, c'est que ce ne sont pas des paroles en l'air !
- Mais, c'est juste le temps de... protesta l'autre.
- Non ! Pensez à Elisabeth, John ! le coupa McKay. Cette Elisabeth qui a sacrifié toute sa vie dans un congélateur pour que survivions dix mille ans plus tard ! Elle aurait très bien pu passer tout le reste de son temps avec Janus sur la Terre en compagnie de nos " amis " les Anciens ! Mais elle a refusé ! Pourquoi ? Parce qu'elle savait qu'il n'y avait pas d'autre solution. On ne va tout de même pas ignorer son dévouement en arrivant là-bas, les mains dans les poches avec même pas de quoi manger, car la Cité ne contient rien de mangeable, dois-je vous le rappeler ? Et puis, si nous laissons une trace de notre passage ici, je ne sais pas moi, une date ou une signature, peut-être que cela suffirait à ce que moi et vous, ne tombions pas de nouveau dans le panneau dans le futur !
Elisabeth...A l'écoute de son nom, le Colonel resta pensif. John n'y avait pas cessé d'y songer durant cette longue semaine. Que faisait-elle ? Lui avait-elle pardonné ? Avait-elle quitté le commandement d'Atlantis ? Avait-elle rejoint la Terre ? Etait-elle morte de peur pour le Colonel ou soulagée de ne plus jamais le revoir ? Il l'ignorait et cette question le hantait chaque jour, chaque heure, chaque minute au point de le rendre cinglé par moment, lorsqu'il était seul.
Rodney se tordit subitement de douleur. Il sentait que sa fin était proche. Il ne tiendrait plus le coup bien longtemps et Sheppard non plus d'ailleurs.
- Colonel ? supplia Rodney. Je vous en prie, accordez moi une faveur...
- Tout ce que vous voulez McKay.
- Vous me le promettez ?
John hocha la tête, écoutant silencieusement le service que Rodney attendait de lui. Le Canadien soupira longuement, trop épuisé pour parler. Néanmoins dans un dernier souffle il dit d'une voix sereine :
- Tuez-moi !
Sheppard déglutit. Quoi ? McKay voulait mourir ? Impossible ! John ne pouvait pas faire une chose pareille ! Non, il en était tout a fait :
- Hors de question ! rugit le Colonel
- S'il vous plaît ! Respectez au moins votre promesse...
- J'ai dit non, c'est non ! s'énerva Sheppard.
John était malgré tout conscient que si l'astrophysicien lui demandait une chose pareille, c'est qu'il devait souffrir à un point inimaginable et que seule la Mort était en mesure de le sauver de ce monde ignoble, rempli de douleur.
- Je vous en prie John, faîte-le... pleura McKay.
Le Colonel ravala sa salive et sortit son P-90 qu'il plaça sur la tempe de Rodney. Il serra les dents, sentant la tristesse et la peine l'envahir. Tuez le Docteur Rodney McKay. Mettre fin aux jours du désagréable scientifique surdoué. Son ami, le seul que Sheppard ait put pleinement apprécier depuis tout ce temps sur Atlantis. Celui qu'il taquinait sans cesse, à qui il jouait de mauvais tours, ou qu'il mettait dans des situations embarrassantes. Son complice, avec qui il conspirait secrètement, en qui il avait pleinement confiance et pour qui il n'hésiterait pas à donner sa vie. Pourtant, il s'apprêtait à presser la détente sur son compagnon et ne put s'empêcher de lui avouer :
- Vous êtes le seul que je considérais comme un véritable ami et même si vous êtes insupportable la plupart du temps, sachez que je vous appréciais beaucoup...
- Si vous êtes mon ami, marmonna le scientifique, faîtes-le...
McKay, durant ses derniers instants se surpris à croire en Dieu. Il existait bel et bien un Dieu, il en était certain à présent. Pour qu'il leur soit arrivé autant de malheurs en si peu de temps c'est que quelqu'un s'était acharné sur leur sort ! Dans ce jeu subtil de la Vie, McKay avait perdu et déclarait maintenant forfait par le biais du P-90 de son ami.
John tremblait et hésita longuement. McKay hocha la tête et le regarda une dernière fois pour lui signaler qu'il était prêt. Sheppard ferma les yeux et commença à refermer son index sur la détente...
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- John ! cria soudain une voix à quelques mètres derrière lui.
Sheppard prenant conscience qu'il était sur le point d'appuyer sur la détente, se recula brusquement de l'astrophysicien et jeta son P-90 au loin. Il avait failli le tuer ! Il avait failli le tuer ! Il avait failli le tuer ! Il se le répétait sans cesse, la tête enfouie dans ses mains recouvertes de terre. Il avait failli le tuer alors qu'ils avaient encore une chance ! Oui ! Tout n'était pas perdu, et cette voix, distante et indistincte lui prouvait qu'il avait raison.
Cette voix... Elle l'avait appelé par son prénom... Il la connaissait... Il aurait pu être dans un concert de hard rock où tous les sons se mélangent, il l'aurait reconnue, faute de l'avoir appréciée et écoutée à en devenir sourd...Non ! Impossible ! Il rêvait, ou bien il était mort ! Peut-être même était-ce la faim qui lui donnait des hallucinations ? Il se retourna vers le son de cette voix qu'il avait tant désiré entendre durant cette longue semaine :
- Elisabeth ? demanda-t-il le visage rempli d'un mélange de tristesse et de joie.
Elle se tenait droite comme à son habitude et s'approcha de lui d'une démarche qui lui était familière. Elle semblait avoir un peu vieilli, juste un tout petit peu. Elle s'agenouilla en face du Colonel et hésitante, elle caressa la figure de celui-ci avec délicatesse, évitant les plaies et les coupures. Puis, comme si de rien n'était, elle détourna le regard vers le scientifique et s'approcha de lui d'un mouvement beaucoup sûr et beaucoup plus rapide :
- J'espérait ne pas arriver trop tard ! Il faut l'aider avant qu'il ne perde connaissance...
McKay la regardait, indifférent. La faim lui était apparue sous tous les visages...maintenant elle prenait les traits du Docteur Weir. Il souriait bêtement ne comprenant rien à la situation, trop affaiblit et trop affamé.
Elisabeth sortit de sa poche une seringue et déclara à l'attention de Sheppard :
- C'est une combinaison de plusieurs protéines et de vitamines ajoutées avec pas mal de solutions végétales découvertes par le Docteur Beckett. Avec ça il sera sur pied d'ici trois minutes...
- Attendez... qu'est-ce que vous faîtes ici ? demanda le Colonel un peu perdu.
- Le Docteur Zelenka aidé du Colonel Carter ont trouvé, après sept ans de recherche, le moyen de définir l'activité de surface d'une étoile et ainsi, ils ont obtenu la prévision de toutes les éruptions solaires que ce soit dans le passé, le présent, ou le futur. Ils ont établi un programme définissant le moment exact à travers lequel nous devons franchir la Porte pour arriver à une époque voulue...
John garda le silence observant Elisabeth qui soignait le Docteur McKay. Puis, il l'interrogea de nouveau :
- Qui a dirigé les recherches ?
- Moi.
- Oui, mais il y avait bien quelqu'un d'autre, au-dessus ?... Vous n'avez pas pu faire ça toute seule sans autorisation !
Comme le Docteur Weir ne répondait pas, il appuya sa question :
- Elisabeth ?
- Cette opération est restée secrète dès le début. Si quelqu'un l'avait appris, nous aurions eu des problèmes avec Cadwell et ses supérieurs... avoua-t-elle.
- Vous voulez dire, que vous avez passé plus de sept ans de votre vie à trouver le moyen de remonter le temps dans le seul espoir de nous sauver ?
- Oui..., chuchota-elle, c'est ce que j'ai fait...
Elisabeth détourna le regard des yeux perçants de John qui se risqua à demander, le sourire aux lèvres, amusé de mettre sa supérieure dans l'embarras mais aussi animé d'une curiosité dévorante qui le hantait chaque jour et chaque nuit depuis qu'il avait fait sa connaissance, qui le rendait stupide vis-à-vis des autres lorsqu'il la regardait l'air rêveur, qui avait fait naître cette envie de rentrer à Atlantis lorsqu'il était dans les situations les plus désespérées :
- Pourquoi ?
Weir réfléchit un moment à ce qu'elle allait dire. Elle s'apprêtait à parler lorsque McKay, nettement plus vivant que ces dernières heures, l'interrompit :
- Au fait, comment avez vous su en quelle année nous étions partis ?
- C'est assez compliqué, commença Elisabeth, et beaucoup trop long à expliquer. Pour faire bref : peu avant la mort d'Hélène Gironde nous...
- Quoi ? s'écria Rodney inquiet. Hélène... Hélène est morte ?
- Une dizaine de jours après que nous soyons revenus vous chercher sur M4X 481. Il y a eu des complications lorsque nous avons tenté de la soigner et...
Elisabeth ne put continuer tellement Rodney affichait une expression triste et souffrante. Elle garda le silence et aida l'astrophysicien à se relever puis déclara d'une voix nettement plus autoritaire :
- Nous devons nous dépêcher. Dans dix minutes il sera trop tard. Venez ! Suivez-moi ! ordonna-t-elle en se levant.
Il marchèrent tous d'un pas rapide vers la Porte des Etoiles. Elisabeth composa les coordonnées d'Atlantis puis, lorsque le vortex apparut elle se tourna vers les deux hommes.
- Ne vous inquiétez pas si vous vous retrouvez encore sur M4X 481 après avoir franchi la Porte.
- Oui c'est tout a fait normal puisque la distance est à l'origine de..., commença McKay.
- Vous serez en l'an 2005, le 31 décembre, le coupa-t-elle. Il vous faudra recomposer les coordonnées d'Atlantis et envoyer votre signal, comme d'habitude !
Sur ce, elle les accompagna jusqu'au vortex. Elle regarda sa montre et les avertit :
- Il reste une minute avant que nos chemins se séparent, mais nous nous reverrons très bientôt, en 2005.
- Vous courrez un risque en nous renvoyant sept ans avant votre époque. On modifiera sans aucun doute votre présent, annonça John qui commençait à percevoir les complexités du voyage temporel.
Elisabeth hésita puis elle lui dit avec la plus grande sincérité qui soit :
- Je ne veux pas attendre de nouveau sept ans pour vous revoir !
- Pourquoi ? redemanda malicieusement le Colonel.
- J'espère que l'Elisabeth de 2006 vous le dira, répondit simplement Weir. Dix secondes, ajouta-elle en observant le minuteur de sa montre. Neuf, huit, sept, six, cinq, quatre, tr...
Elle fut brusquement interrompue par Sheppard qui lui déposa furtivement mais avec habilité un doux baiser passionné emplie d'affection et de reconnaissance avant de franchir la Porte suivit de près par McKay qui ne s'étonnait plus de rien...
_________________

- Activation extérieure ! C'est le Colonel Sheppard !
Les deux survivants de M4X 481 arrivèrent enfin dans la salle d'embarquement. Il n'y avait seulement que trois personnes pour les accueillir. Tous les autres membres de la Cité célébraient le nouvel an en salle de restauration. Sheppard s'arrangea à voix basse avec les trois hommes de garde sous le regard incompréhensif de McKay qui n'entendait rien de ce que manigançait John. Le Colonel se retourna vers ce dernier et lui demanda avec le sourire :
- On leur fait la surprise ?
Rodney lui rendit son sourire et hocha la tête. Oui pourquoi pas ! Ca fera plaisir à tout le monde, bien que le Canadien espérait fortement que les gens qui accourraient pour avoir de ses nouvelles ne l'empêcherait pas de manger...
Ils traversèrent les couloirs, leurs vêtements en lambeaux, recouverts de sang et de poussière, marchant avec difficulté, l'allure sale mais tous les deux fiers d'être en vie, d'avoir survécu à M4X 481 ! Les portes de la salle de restauration s'ouvrirent devant eux.
Ils purent observer trois rangées de tables recouvertes d'assiettes copieuses : des entrées, des plats de toutes sortes, de la salade, des desserts en quantité innombrable. Le chef avait même fait du homard, enfin ce qui ressemblait à une espèce de homard, pêché par les Athosiens qui avaient eut l'amabilité d'en faire cadeau aux Atlantes. Rodney regarda le crustacé d'un mauvais œil et grimaça en se remémorant de sombres souvenirs...
Le silence s'établit lorsque chacun aperçut le Lieutenant Colonel et le Docteur McKay. Certains ne les reconnurent pas tout de suite, mais Teyla et Ronon n'eut aucun doute sur leur identité et vinrent immédiatement à leur rencontre. L'Athosienne serra respectueusement la main de Rodney, flatté, mais dont l'expression changea bien vite lorsqu'il vit la jeune femme enlacer amicalement le Colonel. Sheppard regarda, moqueur, l'astrophysicien qui s'éloignait en boudant.
Puis le visage de John parcourut la pièce lorsqu'il vit Elisabeth, sur le balcon, le dévisageant l'air sévère. Elle murmura quelque chose à voix basse puis parla à Zelenka, qui se trouvait à ses côtés, avant de s'éloigner pour rester à l'écart, seule.

(quelques minutes en arrières...)
C'est alors qu'Elisabeth le vit, à l'autre bout de la pièce, en compagnie de Rodney tous les deux se tenant difficilement droits mais gardant la tête haute. La joie l'envahit, comme une douce chaleur qui la réchauffait en cette nuit froide. Elle marchait déjà à leur encontre mais la foule qui la précédait atteignit plus rapidement les deux survivants. Elle observa alors les gestes de chacun. Les poignées de mains, les embrassades amicales, puis Teyla avec John.
- Deux jours en enfer, à mourir de soif pour assister à ça ! marmonna-t-elle.
- Vous avez dit quelque chose ? demanda Zelenka un peu troublée du fait que sa supérieure n'aille pas aux côtés des revenants.
Weir croisa le regard de Sheppard. Aucune expression traversa le visage de cette dernière. Elle se retourna vers le scientifique et déclara d'une voix glaciale :
- Annulez toute l'opération. Il semblerait que le Colonel et Rodney aient trouvé le moyen de revenir sans notre aide.
Sur ce, elle s'éloigna dans un coin de la pièce et tourna le dos au groupe.

Rodney McKay ne s'était pas attardé à la cérémonie. Il pénétra en salle d'infirmerie. La pièce était baignée dans la pénombre. Il s'avança, hésitant. Il avait toujours eu peur du noir. Il se dirigea vers un lit où dormait paisiblement une jeune femme à la peau brûlée et aux cheveux blondis par les soleils de M4X 481. Dix jours avait dit le Docteur Weir. D'après le récit de Teyla, cela faisait déjà une semaine. Il s'assit sur le bord du lit et regarda attentivement le visage fougueux de la Française. Elle avait beaucoup de charme si l'on mettait à part son comportement excentrique et railleur. Trois jours avant qu'elle ne s'éteigne. C'était peu, trop peu, et il n'aurait probablement plus l'occasion de se retrouver seul avec elle. Il se pencha lentement et commença à l'embrasser avec délicatesse. Hélène ouvrit les yeux, et instinctivement elle envoya violemment un poing à la figure du scientifique qui se recula, la main plaquée au visage. Elle le reconnut avec difficulté :
- Docteur McKay ?!
- Oui... répondit Rodney gêné.
- Alors même quand je dors, il faut que vous veniez me déranger... dit-elle dans un soupir d'exaspération.
- Je...on m'avait dit que... vous mourrez... je... voulais... je n'aurais..., bégaya l'astrophysicien.
Il se confondit en excuse pendant une vingtaine de minutes tout en s'éloignant vers la sortie. Il trébucha même et se releva maladroitement. Lorsqu'il quitta la pièce, il ne put apercevoir le sourire grandissant d'Hélène qui se rendormit avec l'idée qu'il lui restait finalement encore une raison pour rester en vie.

Elisabeth réfléchit longuement à toute cette semaine puis à la nouvelle année qui s'annonçait. Une année de bonheur, d'espoir, d'amour ? ou bien au contraire une année de souffrance, de complot et de guerre ? Qui pouvait le dire ?
Elle soupira longuement puis cessa de respirer lorsqu'elle entendit derrière elle un bruit de pas suivit d'une voix :
- Docteur Weir ? demanda John.
Elisabeth se retourna vers lui, affichant une expression coléreuse. En cet instant elle le haïssait plus que tout au monde. Elle le dévisagea avec mépris et demanda sèchement :
- Lieutenant Colonel ? Vous avez quelque chose à dire ?
Sheppard hésita face au ton glacial de sa supérieure. Néanmoins, il continua, espérant que son comportement s'adoucirait au fur et à mesure qu'il parlerait :
- Oui. J'ai passé près de sept jours sur M4X 481 et sachez que j'ai beaucoup réfléchi. Je me suis extrêmement mal comporté à votre égard, et croyez moi, le remords m'a assailli sans relâche pendant près d'une semaine... Et je tenais à vous faire toutes mes excuses dans l'espoir d'obtenir votre pardon.
Elisabeth ne répondit rien et analysa les traits séduisants du Colonel. Il semblait sincère et pour une fois il n'appuyait pas ses dires avec le sourire. Il restait sérieux, ce qui la surprit.
Comme Elisabeth ne réagissait pas, John baissa la tête, vaincu, et s'éloigna tristement en déclarant d'une voix peinée :
- J'ai exagéré lorsque je vous menaçais de vous relever de vos fonctions. Personne à Atlantis ne pourrait se passer de vous, surtout pas moi...
Il disparut des yeux d'Elisabeth qui se sentait soudainement plus sensible et plus tolérante envers le Colonel. Surtout pas moi... C'est bien ce qu'il avait dit ? Sa jalousie se dissipa quelque peu. Elle cessa de bouder comme une adolescente et le chercha du regard.
Quelques hommes, principalement des militaires, avaient emportés leurs instruments de musique sur Atlantis. Le tout comportait une guitare, un harmonica, un synthé ainsi que plusieurs instruments de percussions d'origine Athosienne.
Elle l'aperçut. Sheppard restait seul lui aussi, adossé à un mur, regardant ses chaussures d'un air éteint. Il ferait mieux d'aller se changer maintenant. Il s'apprêtait à sortir de l'immense salle lorsque Elisabeth l'interpella :
- Attendez ! Je... Je dois vous avouer quelque chose John...,commença-t-elle hésitante,... Vous... vous m'avez énormément manqué durant cette semaine... et je... je vous en voulais parce que la nuit, j'avais peur et je ne fermais plus l'œil à cause de vous.
John, dont le regard s'éclaira soudainement, saisit le sens de ces phrases pleines de sous-entendus. Il mesura aussi ce qu'avait dû endurer l'autre Elisabeth durant sept ans. Et il en avait été la cause. Il se reprochait de ne pas l'avoir compris plutôt. Il dévisagea Weir qui restait devant lui, ne sachant que faire et qui baissait la tête, embarrassée par ce qu'elle venait de dire. John fit discrètement signe aux " musiciens " qui entamèrent un morceaux plus lent et plus mélodieux.
- Vous dansez Docteur ? la questionna-t-il en prenant son air le plus charmant.
- Avec plaisir, répondit-elle en rougissant.
Il passa ses bras autour de sa taille et l'entraîna au milieu de la pièce sous le regard ébahi de toutes personnes présentes. Seul Ronon, installé au bar, n'avait rien remarqué. Teyla le poussa et il grogna :
- Quoi ?
Elle fit un signe de tête en direction des deux autres. Le guerrier haussa les épaules, indifférent. L'Athosienne leva les yeux au ciel. Tout était toujours normal avec Ronon, il ne s'étonnait jamais.
Sur la piste Sheppard et Elisabeth profitaient pleinement du moment qu'ils avaient attendu depuis si longtemps déjà, et savaient pertinemment que l'occasion ne se reproduirait pas de sitôt.
John glissa discrètement quelques mots à l'oreille de Weir qui se sentait perturbée par tous ces gens :
- Je suis désolé mais pour la nouvelle année je n'ai pas eu le temps de trouver quelque chose à vous offrir alors...
- Le seul cadeau que vous puissiez me faire Colonel, était de revenir sain et sauf à Atlantis, l'interrompit-elle en sondant son regard attendri.
Il l'observa attentivement, les yeux rêveurs et brillants d'une passion qu'il tentait de maîtriser. Elle aussi le fixait avec cette même expression éprise. Ne sachant quoi faire, il lui murmura doucement avec toute l'affection qu'il éprouvait pour elle :
- Bonne année Docteur...
- Bonne année Colonel..., répondit-elle sur le même ton doux.


FIN
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